MEXIQUE
90. Le Mexique est borné au nord par les Etats- Unis ; à Test, par les même Etats et le golfe du Mexique ; au sud-est, par le Guatimala ; au sud et à l'ouest, par rOcéan Pacifique.
Le Mexique fut découvert et soumis au jouo^ espagnol par nne troupe d'aventuriers sous la conduite de Fernand Cortez, en 1.519. C'était alors un empire florissant, dont l'origine remonte, à travers plusieurs révolutions et plusieurs migrations de peuples venus du nord, jusqu'au-delà du 7e siècle (aj.
(a) ** Veîasquez, gouverneur de Cuba, dans le dessein d'illusf rer son administration par quelques découvertes, entreprit une petite expédition, qu^il confia à Fernand Cortez, Celui ci partit, en 1519, à la tête de 600 hommes, 18 chevaux et quelques pièces d'artillerie, cotoia la presqu'île de Yucatan, descendit à Tabasco, où il prit connaissance du riche et puissant empire du Mexique, et fut fonder plus loin la colonie de la Vera- Cruz; là il secoua Tautorité de Vclasquez, et se déterminant à la plus hardie des entreprises, il biûla sa flotte et marcha droit â Mexico. Il accompagne néanmoins sa témérité de toutes les ressources de la sagesse : sur sa route il séduit par sa politique autant qu'il subjugue par ses armes ; enfin il arrive à Mexico, où l'empereur Montezuma croit ne pouvoir mieux faire que de le recevoir comme ami. Au milieu des fêtes que lui prodigue ce prince, Cortez apprend qu'il a conspire contre lui, et que des Espa^rnols ont péri à la Vera-Cruz. Il marche au palais, se saisit audacieustment de Montezuma dans sa capitale même^ et l'emmène dans son quartier pour lui servir d'otage. Cependant uu dani^er plus grand le menaçait. Velasquez, outré de ce qu'il appelait la révolte de son lieutenant, envoyait Narvaès à la fête de près de 1,000 fantassins et cavaliers pour remplacer Cortez ou le combattre : c'était au moins le double des forces de celui-ci. Cortez n'hésite pas un moment ; laissant la moitié de son monde à la garde de Mexico et de Montezuma, il vole avec l'autre à la rencontre de Narvaès, le défait, et se renforce de toute son armée. Il revient aussitôt aux Espagnols qu'il a laissés dans Mexico, et que les Indiens serraient
de
AbrectE de la
91. Divisions : Ea 1831, la république mexicaine comprenait 19 états, outre 4 territoires, et un district fédéral.
Voici les noms de ces divisions : Au nord, le territoire du Nouveau-Mexique ; à Test, les Etats de Tamulipas, du Nouveau- Léon, et de San-Luis de Potosi ; à l'ouest, l'Etat de Sonora et 8inaloa, et le territoire des deux Californies ; au centre, les Etats de Guanaxuato, de Xalisco^ de Zacatecas, de Chili uahua, de Cohahuiîa et Texas, de Durango, et le territoire de Colima, enclavé dans le Xalisco ; au sud, le district fédéral, les Etats de Mexico, de Queretaro, de Mechoacan, de Vera-Cruz, de la Puebla, d'Oaxaca, de Tabasco, de Chiapa, de Yucatan, et le territoire de Tlascala, enclavé dans l'Etat de la Puebla.
92. Les Montagnes du Mexique sont principalement les Cordillères^ dont les sommets offrent le spectacle singulier d'une suite de vastes plaines élevées de six à huit mille pieds au-dessus du niveau de la mer. De
de près depuis son absence : alors la guerre éclate avec fureur entre les deux peuples. Montezuma, voulant haranguer ses sujets du haut des remparts espagnols, eu est tué ; et les Castillans sont heure ux d'évacuer la ville au prix de leur artillerie, de leur butin, et d'un grand nombie des leurs. Le reste allait périr dans la fameuse vallée d'Otumba, sans la bravoure personnelle et la présence d'esprit de Cortez, qui dans la chaleur du combat tond sur le drapeau impérial, et saisit ce gage assuré de la victoire, qui devient son salut et celui de ses compagnotjs. Ferme dans ses revers et toujours grand dans ses projets, l'inébranlable général médite dans sa retraite» la conquête nouvelle du pays qu'il vient de perdre li reparaît bientôt, assisté de la plupart des nations voisines qu'il a gagnées par la force ou par l'adresse ; il marche vers Mexico, l'attaque, et l'emporte en dépit de la défense désespérée de ses habitans et des actions héroïques du jeune Guatimozin, leur nouvel empereur. Ce prince t<imbe dans les mains des Espagnols, et devient martyr de l'avarice et de la cruauté de ses forcénés vainqueurs; ilsTélendent sur des charbons ardens pour le forcer à dire où étaient cachés les trésors de l'empire. Un de ses favoris partageait son supplice et se plaignait ; et moi, lui dit tranquillement son prince,
suis-je donc sur un lit de roses.., ? La chute de Mexico entraîna
la soumission de tout Tempire ; et Cortez, après trois ans de campagne, au comble de la gloire et de la fortune, n'eut plus à combattre que la défi ince et l'envie, contre lesquelles il fut moins heureux que contre les Mexicains. Il mourut en Espagne, trente-deux ans après en 1554, privé de ses emplois, abreuve de dégoûts, disputant ses biens contre le fisc, et sa gloire contre la calomnie."— (Lesage, jitlas Bistorique,)
Géographie de l'Amérique.
ces plaines on voit s'élancer dans les nues plusieurs pics qui sont toujours couverts de neige, et qui cependant vomissent sans cesse des tourbillons de flammes. Le plus remarquable est le Popoca-Tepetl, ou la montagne fumante, près de la ville de Mexico.
93. Climat et Productions : Les côtes maritimes éprouT vent une chaleur excessive etcontinuelle, qui les rend très malsaines : on y cultive avec succès la canne à sucre, le coton, l'indigo, les cocos, et les autres productions des tropiques ; les bananes {a) surtout, le ma7iioc{b)y et le maïs— ces trois dernières plantes sont la principale nourriture des liabitans du Mexique. Sur les terrains élevés des Cordillères, ou sur le grand plateau Mexi-^ cain, on jouit d'un air pur, d'une température constamment douce et agréable; le sol y produit abondamment les grains, les pommes, les pêches, les figues, les raisins, les olives, &c. Il arrive souvent qu'on y fait jusqu'à deux ou trois fois, dans une seule année, la récolte du maïs.
Cependant par le défaut d'humidité, toute cette partie du Mexique qui est située vers le nord, au-delà des Provinces Intérieures, est stérile et déserte, ou n'est habitée que par des sauvages.
{a) Le bananier est avec les cocos et les dattes, la nourriture d'une irnraense portion du genre humain. Cette p!ante précieuse se propage par réjetons, qui portent des fruits au bout de 10 ou de 11 mois. De la tige qu'on coupe alors, sort un rejeton nouveau qui donne des fruits au bout de trois mois. Tout le travail de la culture consiste à couper les tiges chargées de fruits mûr<., et à creuser une ou deux fois par année, autour de la racine ! une grappe de bananes sur un seul tronc principal, en contient souvent 160 à 180, et pè^e 70 à 80 livres. D'après M. de Humboldt, le produit du bananier est à celui du blé comme 133 : 1, et à celui de la patate comme 44 : 1
On fait sécher les bananes au soleil comme les figues. Pour en tirer de la farine, on les divise en tranches, qu'on fait sécher au soleil et qu'on pile ensuite dans un mortier.
; (Z>) Appelé aussi cassave, arbrisseau de la hauteur de 5 à 6 pieds, qui porte deux ou trois racines semblables au panais et grosses comme la cuisse d un homme. Il est très fécond: un arpent de terre planté de manioc nourrira 6 fois plus de personnes qu'un arpent du meilleur froment. Oa le propage par rameaux. La racine préparée tient lieu de pain; on ealir^ aussi une boisson qui vaut la bière.
Abrège DE la
94. Lacs : Le lac Chapala, qui se déeliarge dans rOcéan Pacifique ; le lac Tezcuco, devant la ville de M exico ; le lac Tamiagua, sur le golfe du Mexique, &c.
95. Rivières : L'Arkansas, la Rivière Rouge, le Rio del Norte, le Colorado ; le Santiago, qui sort du lac Chapala ; le Rio Gila, qui se jette dans le Colorado, &c. Toutes ces rivières, excepté le Santiago, arrosent des pays peu connus et presqu'inhabités.
96. Mines : Le Mexique contient beaucoup de mines d'or et d'argent, outre celles de cuivre, d'étain, dé plomb, de fer, &c. Les plus célèbres sont les mines d'argent de Guanaxuato, à 50 lieues au nord-ouest de la ville de Mexico,
Les mines du Mexique ont fourni plus des neuf-dixièmes de tout l'argent monnoyé qui a cours dans le monde entier, et l'on en tire encore annuellement plus de 5,000 livres pesans d'or.
97. Commerce : Or et argent, cochenille, sucre, farine, salsepareille, indigo, vanille, jalap, bois de campêche, acajou^ &c,
98. Capitale, Mexico, une des plus belles villes du monde. Elle est située sur le plateau, près du lac ïezcuco et de plusieurs autres petits lacs salés, dans une vallée charmante qu'entourent de tous côtés des montagnes de porphyre. Les églises, au nombre d'environ 60, les couvons, les hôpitaux, les palais, et les maisons sont bâtis de porphyre et d'amygdaloïde ; les rues sont spacieuses, bien pavées, bien nettes et bien éclairées. Les campagnes voisines abondent en vergers, en champs fertiles de maïs, en jardins remplis de végé-. taux et embellis de riches parterres ; ces derriiers étaient autrefois construits sur des radeaux qui flottaient sur les lacs qu'on vient de nommer. Cette ville est élevée de 7,4G0 pieds au-dessus du niveau de la mer.
La cathédrale de Mexico est la plus grande de TAmérique, et surpasse en richesse toutes celles des deux hémisphères ; la balustrade qui entoure le maître-autel est d*ar^ent massif ; on y voit une lampe du même métal, si vaste que trois hommes entrent dedans pour la nettoyer ; les statues de la Vierg-e et des Saints sont ou d'argent pur ou recouvertes d'or et de pierres précieuses.
Mexico renferme encore un superbe hôtel de monnaie, une école des mines, une université, une académie des beaux arts, un jardin botanique, une école de médecine, diverses manufactures, surtout d'orfèvrerie et de bijouterie, etc. De semblables établissemens se retrouvent à Guatimala (No. 108) et dans les grandes villes de l'Amérique méridionale.
99. Villes principales : On peut citer entre une foule d'autres, Guadalaxara, qui possède une université florissante ; Puebla, dont la grande place est ornée sur trois faces de portiques, tandis que la quatrième est occupée par une cathédrale qui rivalise en magnificence avec celle de Mexico ; Guanaxuato, entourée de mines d'argent, et remplie de magasins : Zacatécas, célèbre aussi par ses mines ; Oaxaca, dans une vallée délicieuse, couverte de jardins Oli fleurit le nopal, plante qui nourrit la cochenille ; &c.
100. Le Mexique, avec des côtes maritimes très-étendues, est privée de presque tous les avantages du commerce par le défaut de ports et de havres. Ces côtes sont ordinairement des bancs de terf^ sablonneuse qui s'avancent au loin dans la mer, et qui ne laissent aux navigateurs aucun chenal pour gagner les rivages. Les meilleurs ports sont Vera-Crnz, sur le golfe du Mexique, pour les vaisseaux d'Europe et des Antilles ; et Acapulco, sur l'Océan Pacifique, pour ceux qui vont aux Indes-Orientales. La population européenne de ces villes est souvent renouvelée par les ravages de la Jièvre jaune»
10 L Gouvernement : Le congres Mexicain de 1824 adopta une organisation constitutionnelle modelée sur celle de l'Union américaine, et prit le titre à^Etats-Uîiis Mexicains. Mais depuis cette époque le Mexique n'a
cessé
♦ Plusieurs additions faîtes à la Géographie de 1* Amérique, réimprimée avant celle des autres parties du monde, ont dérangé îa pagination ; on a joint le sicçne * aux pages surnuméraires. Les renvois se font toujours «iux numéros du livre.
Aèrege de la
cessé d'être en proie à des orages politiques dont il est "difficile de prévoir le terme. ( a).
102. Population, huit millions, composée d'Espagnols, de Créoles, de Sauvages, de Métis, de Zambos^ de Mulâtres, et de Nègres.
■ Les Créoles sont des descendans d'Européens, nés en Amérique; les Métis sont nés dé parens dont l'un est blanc et l'autre sauvag-e ; les Zambos, de parens dont l'un est sauvage et l'autre nègre; et les Mulâtres, de parens dont l'un est blanc et l'autre nèg*re.
Religion : Les Mexicains, ainsi que les habitans du Guatimala et de toute TAmérique méridionale font profession de la foi catholique.