AMÉRIQUE MÉRIDIONALE
139, L'Amérique méridionale est bornée au nord par l'isthme de Panama et la mer des Antilles ; au nord-est et à l'est, par TOcéan Atlantique ; au sud, par le détroit de Magellan ; à l'ouest, par l'Océan Pacifique.
140, Montagnes : L'Amérique méridionale, ainsi que l'autre moitié du continent, est traversée par deux
î chaînes de montagnes, qui sont les Andes ou Cordi- I lières à l'ouest, et les monts Brésiliens à l'est. Les An- I des sont remplies d'immenses richesses minérales et I d'innombrables volcans : vers le nord, elles se divisent
en deux chaînes distinctes ; l'une se détourne à l'ouest, : et passant l'isthme de Panama, s'unit aux Cordilières du
Mexique ; l'autre forme la chaîne de Venezuela, qui suit I les côtes de la mer des Antilles et se termine au golfe
de Paria, devant l'île de la Trinité.
141, Baies : celles de Tous-les-Saints, de l'Assomp- I tion, de St. Mathias, de St* George, la Grande-Baie, t celle de Panama, &c.
I; Golfes : ceux de Darien, de Maracaïbo, de Paria, de [! Guaytecas, et de Guayaquil,
Abrège de la
Détroits : ceux de Magellan et de Lemaire.
142. Lacs : ceux de Maracaïbo, dans la Colombie, de los Patos, sur la côte du Brésil, de Titicaca, dans la Bolivie, &c. Les saisons pluvieuses en forment beaucoup d'autres très étenduS; que la sécheresse fait disparaître.
143. Fleuves et Rivières : le fleuve des Amazones ou le Maranon, le plus grand de la terre, prend sa source dans les Andes du Pérou, à une petite distance de rOcéan Pacifique ; il traverse tout le continent, recevant dans son cours les eaux de 10 à 12 grandes rivières, et se jette dans TOcéan Atlantique, sous Péquateur, par une embouchure large de 60 lieues. Sa longueur est de plus de 1,000 lieues : il est navigable jusqu'au pied des Andes même. La riche et fertile vallée de ce fleuve des fleuves embrasse une superficie de 333,000 lieues quarrées.
Le Rio de la Plata ou Rivière d* Argent est un autre grand fleuve formé par la jonction du Paraguay avec le Parana et l'Uraguay ; il se jette dans l'Océan Atlantique à Buenos Ayres, par une embouchure large de 50 lieues. L'Orénoque prend sa source dans la Colombie, qu'il traverse, et se jette dans l'Atlantique par 50 embouchures différentes. Ce fleuve communique par le Cassiquiare, un de ses afiluens, avec celui des Amazones.
Les autres sont la Magdelaine, le San-Francisco, le Parnaïba, etc. Nulle division du ^lobe n'est arrosée par un si grand nombre de fleuves et de rivières.
Il n'y a aucun fleuve considérable qui se décharge dans l'Océan Pacifique, parce que les Andes n'en sont éloig-nées que de la distance de 50 à 200 milles.
144. Les Iles sont : celle de Marajo, à Tembouchure du fleuve des Amazones ; les îles Malouines ou Falkland,
Géographie de l'Amérique. * 69
lland, à Pest de la Patagonie ; la Terre de Feu, au-delà du détroit de Magellan — ce nom lui vient des érup- 'tions volcaniques de ses montagnes ; la terre des Etats, à Test de la précédente ; TarcMpel de la Mère de Dieu à l'ouest de la Patagonie, et celui de Cliiloé à Fextrémité sud du Chili ; l'île de Juan-Fernandez, à 140 lieues de la côte du Chili, où fut laissé Selkirk, marin Ecossais, dont les aventures ont donné l'idée du roman si connu de Robinson Crusoé ; l'archipel de Gallapagos, ;sous la ligne équinoxiale, à l'ouest de la Colombie, &c.
145. Climat^ 8^c.: L'Amérique méridionale par sa forme et sa position ressemble à la grande péninsule africaine, située comme elle presque totalement sous la zone fcorride. Mais tandisque la seconde est couverte de sables arides et brûlans, que les rivières y manquent, que les montagnes qui bordent ses côtes concentrent dans l'intérieur les rayons d'un soleil toujours vertical ; la première est remplie de montagnes dont les plateaux et les déclivités offrent tous les climats divers, de fleuves 3t de rivières, de forêts majestueux et de plaines ou iSavanes éternellement verdoyantes. Au niveau de l'Océan et dans les plaines de l'intérieur qui avoisinent l'équateur, l'air est malsain et les chaleurs sont excessives. Ailleurs la température, plus salubre, varie suivant la latitude et surtout suivant l'élévation des lieux. Au nord de la ligne équinoxiale, l'hiver, ou mieux, la saison des pluies, dure depuis avril jusque en septembre; au sud, elle commence en octobre et finit en imars, mais vers l'extrémité du continent elle dure depuis mars ou avril jusque en août. Les nuits dans cette rlernière région sont beaucoup plus froides l'été que 'Thiver, Le phénomène redoutable des tremble mens de terre, commun dans toute l'Amérique méridionale,
se fait sentir le plus fréquemment près de l'équateur.
;;,146. Productions: L'Amérique méridionale réunit
Abrège de la
les plantes et les fruits du Mexique (No. 93), des An^ tilles (No. 123), et de l'Europe (215), outre beaucoup d'autres qui lui sont indigènes, particulièrement un( foule de plantes médicinales et teinturières. Le règne minéral y est très riche en or, en argent, en cuivre &c. ; en diamans, en topazes, en émeraudes, et er d'autres pierres précieuses; en sel, en soude, en souf fre, en antimoine, en sources thermales et minérales. &c.- Parmi les animaux sauvages se trouve plusieurs races communes à l'Afrique, quoique inférieures er taille et en beauté, tels que le jaguar ou tigre, h cougar ou léopard, le lion, l'autruche, le singe, le caï-| man ou crocodile, le boa et d'autres serpens, &c. L€ tapir a des ressemblances avec l'éléphant et le rhinocéros. Des espèces intermédiaires entre le chameau et le mouton, sont le lama, le vigogne et l'alpaca, très utiles pour leur laine et même comme bêtes de chargé, Le bœuf et le cheval, devenus sauvages, parcourent en troupes immenses les prairies, Pampas^ ou savanes, Entre les oiseaux, toujours admirables dans les climats tropiques, on peut citer les perroquets, le colibri, l'oi-l seau du paradis, le camichi à tête de serpent, Fagamijl qui ressemble au chien par ses qualités sociales, l'yacou, le condor, le toucan, des cignes superbes, &c.
Population totale, environ 14 millions, composée è peu près comme celle du Mexique (No. 102).