‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 69 sur 128 · TURQUIE D'EUROPE · texte numérisé non relu

TURQUIE D'EUROPE

472. Bornée au nord-ouest et au nord parFempire d'Autriche et la Russie ; à l'est, par la mer Noire et le détroit de Constantinople ; au sud, par la mer de Marmara, le détroit des Dardanelles, rArchîpel et la Grèce ; à Fouest, par la Méditerranée et FAdriatique.

473. Les divisions civiles de la Turquie sont tro|^ arbitraires et trop peu connues pour qu'il soit possible de les indiquer d'une manière satisfaisante. Celles qu'on lit communément sur les cartes sont : au nord-est, la Moldavie, la Valachie^ et la Bulgarie 1 au nord-ouest, la Bosnie avec une partie de la Croatie et FHerzégovine^ et la Servie ; au sud, FAlbanîe etla Romélie — -la première de ces deux provinces comprend rancienne lUyrie grecque et FEpire — la fe'ecDnde. la Tlirace, la Macédoine, la Thessaîie, et ime partie de la Grèce.

P*après le dernier traité de paix conclue entre les Turcs et les Grecs, il paraît que la %ne de séparation entre les deux états commeace au nord du golfe de Lépante, à reHibouchure de l'As*

Abrège t>E la

propotamos (ancien Adiéîoiis) ; qu'elle remonte cette rivière qu'à Varacliovi, distance d'environ 12 lieues ; et que de là elle si prolong-e à l'est jusqu'au golfe de >Zeitouni, vis-à-vis la pointj nord-ouest de l'île de Négrepont. 1

474. Monta^nesy 8çc. : la chaîoe de THémus où dej monts Balkans, qui est une continuation des Alpes! traverse la Turquie depuis la Croatie jusqu'aux bord! de la mer Noire — elle se rattache au montagnes dk la Transylvanie ; vers le milieu de cette chaîne com Bience une seconde, qui, s'étendant au sud, donn îiaissance à toutes les montagnes de la Grèce propr et de TArchipel, telles que FOlympe, le Pinde, le Par liasse, FAthos, &c. En général, si Ton excepte 1 partie du nord qui renferme de vastes plaines, le se de la Turquie d'Europe est très montagneux. Le rivières sont le Danube et ses affluens ; le Marizza e le Vardar, qui se jettent dans l'Archipel \ le Drin qui se jette dans l'Adriatique, &c. Les côtes son entrecoupées de baies, de golfes^ et de détroits, qu offrent mille facilités à la navigation et au commerc que les Turcs négligent de mettre à profit.

475* Climat et productions : le climat est doux, quoi qu'il y ait quelquefois en Moldavie des froids de 2( degrés. Les productions de cette contrée^ aussi ri che qu'elle est mal cultivée, sont toutes celles de IT talie sous les mêmes latitudes, mais l'olivier et To ranger ne prospèrent au nord du 40e parallèle qu dans les parties basses, et sur les côtes maritimes Le tabac et le coton sont les principales productioni de la JMacédoine et du nord de la Grèce. La vign< est cultivée partout; les arbres fruitiers abonden dans la vallée du Danube. Il y a d'importantes sa lines, des mines de fer et de cuivre 3 celles d'or e d'argent ne sont point exploitées. On y élève beau'

Gkographie de l'Ecropk.

coup de chevaux, de bœufs, de moutons, de chèvres, et d'abeilles. Les ânes et les mulets ne sont guère moins beaux ici qu'en Italie.

Les montagnes sont remplies de cîievreuils, de daîras, de sangliers, &c. Les loups habitent surtout les bords du Danube ; ils se retirent dans les roseaux des lacs et des marais qui y communiquent. Les perdrix, les outardes, et les autres oiseaux de chasse, sont d'un gont délicieux et en grand nombre.

La Valachie produit une cire verte, ouvrage d'une espèce d'abeilles plus petites que les abeiUes ordinaires. Les bougies qu'on tait de cette cire exhalent, en brûlant, un parfum des plus agréables.

476. Commerce i soie, céréales, vins, laines, coton ; or, argent, pierres précieuses, qui viennent de FAsie \ cire, mieU maroquins, tapis, mousselines, crêpes, gazes, étolFes de soie et de coton, armes blanches, armes à feu, cuivre, pelleteriesi crins de chameaux^ drogues, épiceries, &c., &c.

L'industrie et le commerce intérieur de la Turquie sont prèsqu'exclusivement entre les mains des Juifs, d^s Arméniens, et des Orecs, Le commerce extérieur se fait le plus souvent sur des vaisseaux étrangers.

477« Capitale, Constantinople, que les Turcs appellent Stamboul^ élevée sur remplacement de l'ancienne Byzance, par Constantin, qui lui donna son îiom et y transporta, en 360, le siège de l'empire romain. Cette ville, dont on ne peut se lasser d'admirer le site et les environs, occupe un promontoire triangulaire partagé en 7 collines; sa circonférence est de 9,800 toises ; son vaste et magnifique port offre un asyle sûr à plus de 1,200 vaisseaux. 11 y a, dit-on, 600 mosquées? 130 bains publics, 518 écoles supérieures, 35 bibliothèques publiques, 87,000 maisons mal bâties en terre et en boi& sur des rues étroites et mal pavées, et 400^000 habitans. Ceux qui ne sont point musulmans ou mahométans ne peuvent y demeurer ; ils résident, ainsi que les ambassadeurs des puissances étrangères dans les faubourgs.

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Les plus beaux édifices de Constantînopîe ^ont le Sérail et Pé g-lise de Ste. Sophie, construite au sixième siècle par Justinien, e convertie maintenant en mosquée. Les incendies sont fréquent t dans cette capitale, et la peste y éclate presque tous les ans,

478. Villes principales : Andrinople, sur le Marizza, seconde vilîe de la Turquie— elle fut la résidence des sultans jusqu'à la prise de Constantinople- — son commerce consiste surtout en vins et er laines ; Salonique, dont le port est le meilleur et le plus fréquente ï après celui de Constantinople ; Bukarest, résidence de l'hospod de la Valachie, vassal du Grand- Seigneur-— ville forte et très corn' merçante — des madriers y tiennent lieu de pavé ; Jassy, planchéié comme Bukarest, résidence de l'iiospodar de la Moldavie ; Bosna- Serai ou Serajévo, capitale de la Bosnie—il y a des fabriques trè étendues d'armes à feu et d'orfèverie ; Sopbia, ville principale de L Bulfi^arie, sur la route de Belgrade à Constantinople ; Schoumla et Widdin, forteresses importantes dans la même province ; Belgrade^ dans la Servie, célèbre dans les annales de la guerre — principal en trepôt entre l'Allemagne et la Hongrie d'un côté, Constantinople; et Salonique de l'autre, &c., &c.

479. Population approximative, 8 millions et demî,| composée de Turcs, de Grecs, d'Albanais, de Serviens, de Bosniens^ de Bulgares, de Valaques, de Moldaves, de Juii% de Zigeunes ou Bohémiens, &ç. Le nombre des mahométans turcs est d'environ 3 millions, et celui des juifs 300,000; les autres sont chrétiens, la plupart grecs schismatiques.

La population totale de l'empire ottoman, y compris les provinces asiatiques, les îles turques, et l'Eg'ypte, s'élève à 24 millions, la plupart musulmans.

Armée ottomane, en 1829, deux cent soixante dix-huit mille hommes ; marine, avant la bataille de Navarin, 285 vaisseaux.

480. Gouvernement : les turcs sont gouvernés par un empereur qu'on appelle Sultan, ou Grand-Seigneur, et qui exerce le despotisme le plus absolu. Sou conseil d'état se nomme le Divan^ sa cour la Sublime- Porte ; son palais le Sérail : le Harem est l'habitation de ses femmes. Ses principaux ministres sont le Grand- Visir, qui est son lieutenant-général, et le Reis-Effendi, qui dirige les rélations extérieures.

Géographie de l'Europe.

Les gouverneurs des provinces se nomment Pachas. Ils font porter pour insignes de leur pouvoir des queues de cheval attachées à un gonfalon. Le nombre de queues indique l'étendue de l'autorité ; les pachas à trois queues sont les plus puissans ; ils ont le droit de vie et de mort sur tous leurs administrés. Le Muphtiest le chef de la religion et l'interprète suprême de la loi. Tous les sujets de Fempire qui ne sont pas musulmans paient la capitation, c'est-à-dire, une taxe^ pour la permission d'y vivre.

■ 481. Le nouvel Etat Grec, situé au sud de la Turquie, *omprend la Livadie, ou les pays anciennement connus sous les noms d'Etolie, de Phocide, de Béotie, et d'Attique ; la presqu'île de Morée ; l'île de Nègrepont, (ancienne Eubée) ; enfin les îles Cyclades et quelques autres îles dePArchipeî.

Les Grecs secouèrent le joug* des Turcs en 1820. La lutte opiniâtre et sang-lante qu'ils eurent à soutenir, ne s'est terminée qu'en 1829, par l'intervention de l'Angleterre, de la France, et de la Kussie. A cette époque, leur indépendance fut admise par la Porte, et par les autres états européens. Mais cette nation malheureuse paraît encore en proie à de grandes dissentions politiques. En 1829, son territoire était divisé en 13 départemens, dont 7 pour la partie continentale et 6 pour la partie insulaire.

482. Montagnes, 8çc, la Grèce est généralement montagneuse. On y trouve, comme en Italie, toutes le^ variétés des climats suivant la diversité des niveaux. Quelques sommités conservent la neige durant toute Tannée, tandis que les parties basses et les îles voient mûrir le riz, le maïs, le coton, les olives^les oranges, les ananas, en un mot, toutes les productions de la Sicile et de la péninsule espagnole. La température des îles est plus égale que celle du continent. Plusieurs localités sont exposées au sirocco, dont le

GEECE.

Î58 AbrEgk de la

souffle est quelquefois pestilentiel. Après les cére aies, les plus importans objets de culture sont ] vigoe, l'olivier, le mûrier, et le cotonnier. 11 y a de mines d'or, d'argent, de fer, de plomb, d'étain, &cv de riches pâturages ; des trou^îeaux nombreux d moutons d'une très belle laine ; et une grand abondance de gibier et de poissons.

Le miel de FAttiqiie a été de tout temps renommé, ainsi que 1 raisin de Corinthe et de quelques autres endroits.

Les marbres de Fîle de Paros sont célèbres par leur éclat et îeu extrême blancheur. Les anciens sculpteurs les ont employés de pré férence à tous les autres.

raiii'

483. Commerce: vins, huile d'olive, coton, soie, cé réaies, raisin de Corinthe, figues, oranges, citronsj |J laines, miel, fromage, &c.

484. Villes: Athènes, qui fut la patrie des lettres et des arts-elle a vu naître les hommes les plus illustres de la Grèce ; Lépante qui donne son nom au golfe dans lequel Don Juan d'Autriche rem| porta en 1571, une victoire fameuse sur la flotte turque ; Missolo gbi, célèbre par la défense héroïque des Grecs, en 1826 ; Napoli-de Bomanîe,rune des places les plus importantes delà Morée— le co te Capo d'îstria, premier président de la Grèce y fut assassiné le octobre 1831 ; Tripolitza, bâtie sur les ruines de Mantinée ; Mistra: près de l'ancienne Sparte ; Maina, dont les habitans, appelés Mai notes, descendent des Lacédémoniens ; Napoli-de-Malvoisie, conj nue par ses vins ; Navarin, oii les flottes combinées de l'Angle terre, de la France, et de la Russie, défirent en 1827, la iiott Turco-Egyp tienne ; Patras, ville très commerçante ; &c.

485. Population approximative, 1,500,000, composée de grecs schismatiques, de catholiques, d'armé] niens, et de juifs ; les premiers sont en beaucouj plus grand nombre, (a).

486. Curiosités naturelles : 1 ® . Le labyrinthe de Gortyne dan^ l'île de Candie, (Crète). C'est un vaste antre, qui, par mille détours, semblables à des rues souterraines, s'étend sous une coliinej située au pied du mont Ida, du côté du midi. Parmi une infinité|

(a) L*intention des hautes puissances médiatrices paraît être d'établir dans la Grèce utie munarchié constitutionnelle*

Il Géographie de l'Europe. ^ 159

de routes qui ne mènent, qu'à des recoins ou culs-do-sac, il se trouve une allée principale, long-ue d'environ 1,200 pas ; elle est haute de 7 à 8 pieds, lambrissée d'une couche de rochers horizontale et toute plate. Le pavé est uni. Les murailles sont taillées à plomb ou construites de pierres qu'on a entassées les unes sur les autres. Vers le milieu de l'allée, il y a un endroit où il faut marcher à quatre pattes pendant l'espace de 100 pas. Enfin on arrive à une grande et belle salle située au fond du labyrinthe. 2 ^ . La grotte d'Antïparos, dans l'île de ce nom. On n'aperçoit en y entrant qu'une caverne rustique ordinaire; mais bientôt des précipices horribles se présentent; on s'y glisse au moyen d'un cable, on s'y coule sur le dos le long* des rochers, on franchit sur des échelles les sombres crevasses ; enfin on arrive dans la grotte. On compte 300 brasses de profondeur depuis la surface de la terre; la grotte paraît avoir 40 brasses de hauteur sur 50 de largeur ; elle est remplie de plu.«* belles stalagmites du monde.

On trouve ailleurs dans cette contrée des cavernes curieuses, des ossemens fossiles, des sources bouillantes, des rivières souterraines, &c., &c.

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