‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 7 sur 128 · iAjbrîigî; de la · texte numérisé non relu

iAjbrîigî; de la

divisée en 9 paroisses, outre la ville de Montréal (a)-; Pîle Jésus^ séparée de celle de Montréal par un che-nal qu'on nomme la rivière des Prairies, longue de 22 milles et large de 6, fertile jen grains, contenant 3 paroisses et 7,000 liabitans ; Tîle d'Orléans, située dans le fleure à 3 milles et demi de Québec, longuede 19 milles un quart, et large de 5 et deux tîei^, qui renferme 5 petites paroisses et une population de 4j,500 âmesremarquable par la qualité excellente de son lard, de ses pois, de ses prunes, et de son fromage rafSné ; enfin, l'Ile d'Anticosti, située à Tembouchure du fleuve, longue de 140 milles et large de 35, couverte de rochers et de sapins rabougris, fréquentée pour la pêche du saumon qui abonde dans ses rivières et de la morue qu'on prend sur ses côtes.

Les plus considérables ensuite sont : Tîle de la Rivière-Noire et celle du Grand-Calumet, vers le haut de FOutaouais ; Tîle Perrot, paroisse, située près de l'île de Montréal ; Tile du Pads, paroisse, l'île St. Ignace, et un labyrinthe d'autres îles situées à l'extrémité supérieure du lac St. Pierre ; l'île aux Grues, petite paroisse, l'île aux Oies, et quelques autres situées au-dessous de celle d'Orléans, entre lesquelles on remarque la Grosse-Île, aujourd'hui lieu de quarantaine pour les vaisseaux d'outre-mer ,» i'ile aux Coudres., paroisse de 630 habitans, &ur les côtes de laquelle on prend quelques marsouins ; l'île aux Lièvres, sans habitaïjis ; l'île Verte, où s'élève un phare haut de 40 pieds ; les îles de la Maofdelaine, situées dans le ^olfe, mais dépendantes du Bas-Canada (ô) ; &e.

L'île aux Noix, au haut de la rivière Chambly, et l'île Ste. Hélène devant Montréal, quoique d'une petite étendue, sont très importantes comme forts, étant destinés Pun à fermer au besoin la route du lac Champlain, l'autre à défendre la ville et le port de Montréal,

25. Climat et productions : Le climat du Bas-Canada est très froid en hiver et très cliaud en été (No. 12); mais dans toutes les saisons il est extrêmement salubre. Le sol y est généralement très fertile. Le froment

(a) Voye? TAppçndicîe^ Noi V.

{b) Voyez le No. \X%>

Géographie de- LvAMÎERiguE.

âboride, ainsi que ravoine, Torge, le sarrasin^ le liri,. les pois, les patates et les adtres légumes. Le blé d'inde -est cultivé principalement à Montréal, le long de la rivière Chambly, et dans les townships. Les melons, les courges, les concombres, le tabae, &c. se voient dans la plupart des jardins. Les pommiers et les pruniers sont les arbres fruitiers les plus communs ; les principaux vergers sont situés auprès des montagnes du district de Montréal. La ville de Montréal est renommée pour ses poires . excellentes, et pour sës pommes, les meilleures, peut-être, qu'il y ait en Amérique. Dans les jardins on cultive avec succès le raisin muscat. Les champs, les bois et les savanes sont bien fournis d'arbustes à baies, fraises, framboises, mûres, bluets, &C.,. de raisins sauvages, de cerises, &c.

Les dernières gelées du printemps, à Montréal, sont celles de la fin d'avril ; lés premières de l'automne sont celles de la ûn de septembre. Les pommiers y fleurissent depuis le 15 jusqu'au 31 de Mai. Les pommes d'été se cueillent en août ; celles d'hiver, en septembre et en octobre. On sème le blé depuis le 15 jusqu'au 30 d'avril ; le blé d'iiide en mai. La récolte du foin se fait en juillet ; celle du blé, en août ; celle du blé d'inde, et celle des patates en octobre. Les prunes rouges mûrissent vers la mi-août ; les prunes de damas et les prunes blanches, en septembre. Les melons semés en pleine terre commencent à mûrir vers la fin d'août; les raisins, vers la fin d'octobre. La récolte du sucre d'érable, qui est assez abondante pour suffire à tous les habitans de la campagne, et même à beaucoup dans les villes, se fait depuis la fin de mars jusqu'à la fin d*avril ; on en estime le produit annuel à 25 ou à 30 mille quintaux.

La récolte du blé, en 1830, année commune^ fut de 3 millions 400 mille minots.

Sur la rivière Chambly et dans les townships du sud-est, le printemps commence environ 8 jours plutôt qu'à Montréal ; à Québec, cette saison est moins avancée qu'à Montréal d'environ 15 jours. La navigation du fleuve entre ces deux villes, se ferme au commencement de décembre, et ne s'ouvre qu'à la fin d'avril.

Entouré des eaux salées du fleuve, du golfe et de la baie des Chaleurs, le district de Gaspé éprouve un hiver moins rigoureux que celui de Québec; mais le

printemps

Abàegs de la

printemps y est tardif, Tété frôîd ét pluvieux : les habitans s'occupent moins de la culture des grains que de celle des patates et des légumes. En revanche, la mer leur fournit avec profusion la morue, le hareng, le maquereau, le saumon, la petite-baleine, les huîtres, &c., dont ils font une exportation considérable (voyez r Appendice No. III).

26. Mines : On n'a pas encore trouvé, dans le Bas- Canada, de mines d'or ni d'argent ; mais le fer de la meilleure qualité abonde en plusieurs endroits (No. 21 et No. 22). Des minerais de cuivre et de plomb y ont été découverts, mais jusqu'à présent en trop petite quantité pour qu'on ait pu les exploiter.

Les sources minérales les plus célèbres sont celles de Varennes, à 13 milles de Montréal.

27. Commerce : Les principaux articles d'exportation que fournit le Bas-Canada sont le blé et la farine, le bois de construction, la potasse et la perlasse, la morue, le saumon, le hareng, les huiles, les pelleteries, les viandes salées, &c.; ceux d'importation sont lerum, les vins, l'eau-de-vie, le thé, le sucre, la mélasse, le café, le tabac, le sel, les marchandises sèches, la clincaillerie, &c., &*c, (voyez l'Appendice No. III).

On verra dans l'Appendice (No> III.) quelles sont les principales manufactures de la province. Les habitans des campagnes se servent universellement d'étoffes de laine et de toiles fabriquées chez eux.

28. Villes : Le principales villes dû Bas-Canada sont Québec, Montréal, et les Trois- Rivières.

29. Québec, la capitale de cette province et de toute l'Amérique britannique, ville très florissante et très commerçante, est située au confluent du fleuve St. Laurent et de la rivière St. Charles, sur le penchant d'un promontoir appelé le cap Diamant. La ville s'élève majestueusement en foriîie d'amphithéâtre au-dessus du

fleuve

Geographix DE j/ Amérique,

fleuve et des campagnes voisines, présentant ainsi de tous, côtés les plus beaux points de vue qu'il soit possible d'imaginer. Quoique puissamment fortifiée par la nature, cette ville l'est bien davantage par ses murailles hautes et massives, par ses tours, et surtout par sa citadelle, dont les ouvrages immenses excitent l'admiration de tous les étrangers. Elle se divise en haute et en basse-ville.

Le faubourg St. Koch forme à lui seul une grande paroisse ; le faubourg St. Louis et surtout le faubourg* St. Jean s'étendent au loin dans la campagne, où Ton voit une foule de sites pittoresques habités durant la belle saison par la classe la plus aisée des citoyens. La Haute-ville a cinq portes de guerre ; celle de St. Louis conduit aux plaines d* Abraham, célèbres par la bataille qui s'y livra le 12 septembre 1759 et qui décida du sort de la Nouvelle-France.

Les principaux édifices publics de la capitale, sont : la cathédrale catholique et la protestante^ l'église de St. Roch, l'église de la Basse-vilie, et plusieurs autres; le château St. Louis, résidence du gouverneur-en-chef ; le palais épiscopal^ q^ii fait place actuellement à un superbe édifice en pierre de taille du cap Kouge, destiné aux séances du parlement provincial ; le palais de justice, la prison, l'arsenal, l'antique collège des Jésuites, aujourd'hui converti en casernes, le grand et le petit séminaire de Québec, réunis ea un seul vaste corps de bâtimens ; les couvons des Dames Ursulines, de l'Hatel-Dieu et de l' Hôpital-Général; l'hôpital de la marine, la douane, la bourse^ l'école nationale, l'école de la société d'éducation de Québec, &c., &c., &c (o).

La chapelle du séminaire renferme la collection la plus précieuse de peintures sacrées qu'il y ait dans le pays.

Les maisons delà ville sont généralement bâties en pierre, et celles des faubourgs en bois»

La rade de Québec est sûre, commode, et assez spacieuse pour contenir plusieurs centaines de vaisseaux.

30. Montréal est une grande et belle ville, située dans l'île du même nom, au pied d'une montagne qui fut appelée le MorU-Royal par Jacques Cartier, lors de

(a) Voyez, rouvrage récemment publié qui a pour titre Picture qf' Québec,**'

Abrège de la

la découverte du pays. Montréal entretient un commerce très étendu avec les autres parties de la province, et avec le Haut-Canada. Il y a des fonderies, des manufactures de doux, de cardes, de tabac, &c. On y trouve une abondance de fruits, surtout des pommes et des poires excellentes. Les édifices publics et la plupart des maisons sont construites en pierres tirées des superbes carrières de la montagne.

Les principaux édifices publics de Montréal, sont : la magnifique église paroissiale. Tune des plus grandes de l'Amérique, bâtie par les contributions libérales des citoyens de cette ville ; l'église anglicane, l'église de St. Jacques, et quelques autres ; le palais de justice, la prison, le grand et le petit séminaire de St. Sulpice, i'Hôtel-Dieu, l'ancien hôpital ou le couvent des Sœurs- Grises, le nouvel hôpital, le couvent des Dames de la Congrégation, &c., &c.

L'église paroissiale est d'architecture gothique ; elle a 256 pieds de long et 133 de large; elle peut contenir 10,000, et même, au besoin, 15,000 personnes. La voûte, que soutiennent de chaque côté de la nef principale 7 gros faisceaux de colonnes, est à 84* pieds du plancher ; les murs ont 60 pieds de carré. Les stalles, les balustrades, et les autres ornemens du chœur sont en noyer noir du Haut-Canada. La grande croisée, haute de 45 pieds, est en vitres peintes de diverses couleurs ; la voûte est peinte à fresque. La nef et les deux vastes rangs de galeries, qu'il a fallu supporter latéralement par les colonnes, renferment 1,300 bancs. L'extérieur de cette église, tout en pierre de taille qui égale presque le marbre en beauté, offre aux amateurs un coup-d'œil des plus imposans. Les frais encourus jusqu'à présent pour cette noble entreprise, se montent à £55,000. Les tours ne sont pas achevées.

Sur la place du marché neuf est le monument de Nelson, élevé par la ville de Montréal, à la mémoire de l'immortel vainqueur d'Abonkir et de Trafalgar. Les environs delà ville, particulièrement du côté de la montagne, sont embellis de maisons de plaisance, de vergers, de jardins, &c.

A quelques pas au-dessus du port, on aperçoit l'entrée du beau canal de Lachine, construit aux frais de la province, afin d'.épargner aux navigateurs le passage du saut St. Louis. Il finit au village de Lachine, à la distance de 9 milles environ de Montréal.

3L La ville des Trois- Rivières est bâtie sur la rive

Geograpiiie m L'Amérique.

nord du fleuve, à Fembouchure du St. Maurice. La position de cette ville, peu avantageuse pour le commerce intérieur, fait qu'elle augmente beaucoup moins rapidement que les autres. Il y a une fonderie très considérable, où l'on emploie le fer qu'on tire des célèbres mines et des forges de St. Maurice, situées à 3 lieues de la ville.

Les principaux édifices des Trois-Rivières sont : l'église catholique, le couvent des Dames Ursuliues, qui renferme un hôpital, le palais de justice, et la prison.

Entre les Trois-Rivières et Montréal, à l'erahoachure de la rivière Chambly, est le bourg de Sorel, qui fut nommé William- Henry en l'honneur de Notre Très-Gracieux Souverain, le roi Guillaume IV, lorsqu'en 1787 il visita ce pays.

La petite ville de Dorchester, communément appelée St. Jean, est située sur la rivière Chambly, à quelque distance du lac Champlain. Une grande partie du commerce de la province avec les Etats-Unis, se fait par cette ville^

32. Outre les viUes, il y a plusieurs villages en divers endroits de la province qui mériteraient une description particulière, si les bornes de cet abrégé le pouvait permettre. La plupart sont situés sur les bords du fleuve ou des rivières qui s'y jettent : tels sont les villages de Laprairie, de St. Hyacinthe, de l'Assomption, de St. Eustache, de Terrebonne, de Napierville, de Nicolôt, de Boucherville, de Berthier, de St. Thomas, &c.; et, dans les townships du sud-est, les villages de Stanstead, de Charleston, de Sherbrooke, &c.

33. Education : Les princiaux établissemens d'éducation dans le Bas-Canada, sont les séminaires ou collèges de Québec, de Montréal, de Nicolet, d'Yamaska, de Chambly, et de Ste. Anne. Les trois derniers n'existent que depuis quelques années ; mais déjà par les bienfaits de la législature, et par les efforts généreux de leurs fondateurs, ils méritent d'être comptés au rang des meilleures institutions en ce genre,

, Le collège McGill, fondé et doté par J. McGill, écuyer, riche citoyen de Montréal, mort en 1814, n'est pas encore construit. En attendant, on enseigne à Montréal, aux frais de la fondation, des cours d'anatomie, de médecine, et de chimie.

Abrège be la

Dans les sëmîîiairùs ou collègues, la jeunesse canadienne Yé^ jçoit, moyennant une pension très modique, souvent même gratui*tement, une éducation qui la met eu état de remplir avec succès tous les emplois ecclésiastiques ou civils du pa)rs.

On y enseigne le français, l'anglais, le latin, le grec, l'arithmétique, la géographie, l'histoire ancienne et la moderne, tant sacrée que profane, ks belles-kttres, la rhétorique, la logique, la métapliysique, la morale, les mathématiques, la géométrie, la physique, ia chimie, l'architecture^ le dessin, la musique^ &c., &c.

34. A la suite des collèges, il convient de placer les couvcns des Dames Ursulines à Québec et aux Trois* Rivières, et celui des Dames de la Congrégation à Montréal.

Les jeunes personnes du sexe- y apprennent le français et Taiiglais, l'arithmétique, la géographie, l'histoire^ le dessin, la mu* sique, la couture, la broderie, &c., et surtout les leçons de toutes les vertus morales et chrétiennes. Les Dames delà Congrégation ont une école très fréquentée à la Basse-ville de Québec, et, dans les campagnes, un grand nombre d'autres qui portent assez ordi* nairement le nom de Couvens,

La législature provinciale vient de faire ouvrir à Québec une 4cole pour l'instruction des sourds-muets.

Il y a des académies ou. écoles primaires à Québec, à Montréal, à Stanstead, à Berthier (district de Montréal), à l'Assomption, et dans quelques autres villages. Les écoles élémentaires se multiplient graduellement dans toutes les paroisses de campagne.

35. Population et Religion : Les détails sur ces matières se trouveront dans l'Appendice, No. III, No. IV, et No. V,

36. Sauvages âu Bas-Cdnada : Les principales na* tions sauvages qui habitent encore le Bas-Canada sont les Iroquois, les Algonquins, les Hurons, les Abéna- Ms, les Micmacs, et les Montagnais. Les Iroquois sont réunis en village au saut St. Louis, et à St. Régis, sur la frontière des Etats-Unis ; les Algonquins avec les Iroquois et quelques Nipissingues, au lac des Deux-Montagnes ; les Abénakis, à St. François, près 4u lac St, Pierre ; ks Hurons, à Lorette^ près de Québec^

Geograi^hie de l'Amérique.

bec ; les Micmacs, à Rîstîgouche, vers Tentrée de la rivière de ce nom. Les Montagnais n'ont point de séjour fixe; ils errent au loin dans les montagnes du nord, vivant uniquement de chasse et de pêche. Ils viennent aux postes^ traiter avec les blancs, situés sur le fleuve, à rembouchure des principales rivières de la côte nord-est ; tels sont Tadoussac, Portneuf, St. Jérémie, Betsiamis, Mingan, &c.

37., Ceux qui sont réunis en village cultivent le maïs ou blé d'inde et quelques légumes, pour se nourrir ; mais la plus grande partie de leur temps est employée à la chasse du castor, de la loutre, du rat-d'eau, du chevreuil, de l'orignal, &c. Ils ont des églises, et des missionnaires qui demeurent avec eux, ou qui les visi-» tent régulièrement. Le gouvernement de Sa Majes-» té Britannique leur fait distribuer chaque année deâ présens d'étoffes, d'armes à feu, de bijoux, &c., afin de mieux s'assurer de leur fidélité dans les temps de guerre, et en reconnaissance de leurs services passés.

Les Montagnais ont des chapelles à Tadoussac, à Portneuf, &c., où ils rencontrent chaque année le missionnaire qui leur est envoyé. Cependant plus de la moitié de cette nation, qui comprend plus de 300 familles, est encore infidèle.

On peut estimer à 5,000, ou 5,500 âmes le nombre total des sauvages du Bas-Canada.

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