DE LA
GEOGRAPHIE de L'AMERIQUE.
1. L'Ambriquk est un vaste continent borné au nord par la mer Glaciale, à l'est par l'Océan Atlantique, au sud par le détroit de Magellan, à l'ouest par rOcéan Pacifique. Sa plus grande longueur est d'en viron 3200 lieues» et sa plus grande largeur de 1300.
2. L'Amérique était entièrement inconnue aux habitans de l'Europe, lorsqu'en 1492 elle fut découverte par Christophe Colomb, navigateur Génois. Ce grand homme s'était persuadé que s'il dirigeait sa route vers l'ouest, en partant de l'Europe, il arriverait beaucoup plus vite aux Indes que les autres voyageurs qui traversaient la mer du Sud, et la mer des Indes, après avoir doublé le Cap d^ Bonne-Espérance. Il proposa son projet successivement aux Génois, ses concitoyens, à Henri VII, roi d'Angleterre, à Jean II, roi de Portugal, et à Ferdinand II, roi d'Espagne, sans obtenir les secours nécessaires pour le mettre à exécution. Il allait donc y renoncer, lorsque la reine Isabelle, épouse de Ferdinand, lui procura trois vaisseaux et l'argent qu'il demandait. Il partit d'Espagne, le 3 août 1492, avec le titre A* Amiral et de Vice-roi de tous les pays ^u'il pourrait découvrir dans son voyage. Après deux mois de navigation, les gens de son équipage se mutinèrent, et voulurent le précipiter dans la mer, s'il refusait de revenir sur ses pas. Colomb leur promit d'abandonner l'entreprise si, dans trois jours, ils n'apercevoient point de terre. La même nuit ils arrivèrent à l'île àeSan Salvador, ou de Saint Sauveur, ainsi nommée par Colomb, parce que cette découverte lui avait sauvé la vie. Quelques jours plus tard, ils rencontrèrent les îles de Cuba et d'Hayti ou de St-Domingue : ensuite Colomb se hâta de retourner à la cour d'Espagne, où il rendit compte de ses succès. Il fit encore deux autres voyages dans lesquels il découvrit plusieurs autres îles, et enfin une partie <lu coutiueut qu'il apptla la Terre Ferme, (c'est aujourd'hui la
Abrège' dk la
ColombU.^ Ce fut néanmoins un marchand de Florence, nommé Americo Vespuccif qui eut la jTloire de donner son nom li l'Amcrique, quoiqu'il n'y eût abordé que long-temps après Colomb.
3. L'Amérique, s'étendant presque d'un pôle de la terre à l'autre, doit présenter une variété infinie d'aspects, de climats et de productions. Au nord, elle renferme plusieurs baies et lacs qui ressemblent à autant de mers : à Touest est une chaîne de montagnes qui la traverse depuis la Terre de Feu jusqu'à la mer Glaciale ; la partie de cette chaîne qui est au nord s'appelle les montagnes Rocheuses, celle qui est au sud, les Andes ou Cordillères : au milieu est l'isthme de Panama qui sépare le continent en deux immenses péninsules, dont l'une est l'Amérique ^c/j^ tentrionale, et l'autre, l'Amérique méridionale; près de cet isthme est un groupe d'îles très-intéressantes et très-importantes par leur commerce avec toutes les autres parties du monde : au sud, l'Amérique est partagée, dans toutes les directions, par des montagnes d'une hauteur étonnante, et par les plus grands fleuves qu'il y ait sur la surface du globe.
4. Le sol de l'Amérique est généralement fertile, jfel l'on en excepte les extrémités, au nord et au sud. On y trouve a-peu-près toutes les productions de ran«ien monde, et, de plus, une multitude de fruits, d'arbres, de planbes médicinales inconnues ailleurs ; des quadrupèdes, des oiseaux, des reptiles de toute espèce » des minéraux, du fer, du cuivre, du plomb, du charbon, des pierres précieuses, et surtout des mines d'or et d'argent inépuisables.
5. On estime la population totale de ce continent et des îles qui en dépendent à 37 millions d'habi-l tans, dont 24 millions environ sont catholiques, 12 1 millions protei&tans de toutes les sectes, et 1 million j îcblâtres. <.
Géographie de l'Amérique.