Montagnes, etc.: La chaîne de l’Hémus ou des
monts Balkans, qui est une continuation des Alpes,
traverse la Turquie depuis la Croatie jusqu’aux bords de la Mer-Noire—elle se rattache aux montagnes de la Transylvanie ; vers le milieu de cette chaîne s’en élève une seconde, qui, s’étendant au sud, donne naissance à toutes les montagnes de la Grèce propre et de VArchipel, telles que l’Olympe, le Pinde, le Parnasse, V'Athos, etc. En général, si l’on excepte la partie du nord, qui renferme de vastes plaines, le sol de la Turquie d’Europe est très-montagneux. Les rivières sont le Danube et ses affluents ; le Maritza et le Vardar, qui se jettent dans l’Archipel ; le Drin, qui se jette dans lAdriatique, etc.
Les côtes sont entrecoupées de baies, de golfes et de détroits, offrant mille facilités à la navigation et au commerce que les Turcs négligent de mettre à profit.
475. Climat et productions : Le climat est doux, uoiqu’il il y ait quelquefois en Moldavie des froids de 0 degrés. Les productions de la Turquie d'Europe, aussi riche qu’elle est mal cultivée, sont toutes celles de l'Italie sous les mêmes latitudes, mais l’olivier et (a) La Valachie, la Moldavie et la Servie sont des principautés chré-
tiennes tributaires, gouvernées par leurs propres chefs, ou hospodars, (Voyez No. 479.) ‘ jé: 4
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Turquie d'Europe. 209
J'oranger ne prospèrent au nord du 40e parallèle que dans les parties basses et sur les côtes maritimes.
Le tabac et le coton sont les principales productions de la Macédoine et du nord de la Grèce. La vigne est cultivée pons ; les arbres fruitiers abondent dans la vallée du Danube.
ly a d’importantes salines, des mines de fer et de cuivre;
cel!es d’or et d’argent ne sont point exploitées. On élève en Turquie beaucoup «le chevaux, de bœufs, de moutons, de chèvres et d’abeilles. Les ânes et les mulets ne sont guère moins beaux ici qu’en Italie.
Les montagnes sont er à de chevreuils, de dains, de sangliere, etc. Les loups habitent surtout les bords du Danube ; ils se retirent dans les roseaux des lacs et des marais qui ÿ communiquent. Les perdrix, les outardes et les autres oiseaux de chasse, sont d’un goût délicieux et en grand nombre.
La Valachie produit une cire verte, ouvrage d’une espèce d’abeilles plus petites que les abeilles ordinaires. Les bougies qu’on fait de cette cire exhalent, en brûlants, un parfum des plus agréables.
476. Cammerce: Soie, céréales, vins, laines, coton ; or, argent, pierres précieuses, qui viennent de l’Asie; cire, miel, maroquin, tapis, mousselines, crêpes, gazes, étoffes de soie et de coton, armes blanches, armes à feu, cuivre, pelleteries, crin de chameau, drogues, épiceries, etc., etc.
L’industrie et le commerce intérieur de la Turquie sont presque exclusivement entre les mains des Grecs, des Arméniens et des Juifs. Le commerce extérieur se fait le plus souvent sur des vaisseaux étrangers.
477. Capitale, Constantinople, que les Turcs appellent Stamboul, élevée sur l’emplacement de l’ancienne Byzance, par Constantin, qui lui donna son nom et y transporta, vers l’an 320, le siége de l’empire romain. Cette ville, dont on ne pent se lasser d’admirer le site et les environs, occupe un promontoire triangulaire partagé en 7 collines ; sa circonférence est de 9,800 toises ; son vaste et magnifique port offre un asile sûr à plus de 1,200 vaisseaux. Population (en 1850), 76,990 habitants.
Il y a, dit-on, 344 mosquées, dont la principale est l’église de Ste. Sophie, es par Justinien, en 532, et l’un des plus beaux
T'urquie d’Hurope.
édifices du monde ; 300 bains publics, 518 écoles supérieures, 85 bibliothèques, 87,000 maisons mal bâties en terre et en bois sur des rues étroites et mal pavées. Ceux qui ne sont point musulmans, où mahométans, ne peuvent y demeurer ; ils résident ainsi que les ambassadeurs des puissances étrangères, dans les faubourgs.
478. Filles principales : Andrinople, sur le Maritza, seconde ville de la lurquie—elle fut la résidence des sultans jusqu’à la prise de Constantinople—son commerce consiste surtout en vins et en laines; Salonique, dont le port estle meilleur et le plus fréquenté après celui de Constantinople ; Bukarest, résidence de l’hospodar de la Valachie, vassal du Grand-Seigneur— ville forte et très-commerçante— des madriers y tiennent lieu de
avé ; Jassy, planchéiée comme Bukarest, et résidence de Bcxbodar de la Moldavie ; Bosna-Seraï ou Serajevo, ville principale de la Bosnie--il y a des fabriques très-étendues d’armes à feu et d’orfèverie ; Sophia, ville principale de la Bulgarie, sur fa route de Belgrade à Constantinople; Schoumla et Widin, forteresses importantes dans la même province ; Belgrade ‘dans la Servie, célèbre dans les annales de la guerre—princip\l entrepôt pour l’Allemagne et la Hongrie d’un côté, Constantinople et Salonique de l’autre, etc., etc.
479. Population (en 1856), 15,584,000, composée de Turcs, de Grecs, d’Albanais, de Serviens, de Bosniens, de Bulgares, de Valaques, de Moldaves, de Juifs, de Zigeunes ou Bohémiens, etc. Sur ce nombre, 1,100,000 appartiennent à la race ottomane.
La population totale de l’empire ottoman, y compris les
rovinces asiatiques, les îles turques et l’Egypte, s’élève à Ë5 750.000, divisée comme suit: Race Ottomane, en Europe, 1,000,000 ; en Asie, 10,700,000. Race S'ave, 7.200,000 ; Arabes, 4,700,000 ; Roumains de la Moldo-Valachie, 4,000,000 ; Arméniens. 2,400,000,. dont 400,000 en Europe ; Grecs, 2 millions, dont 1 million en Europe ; Albanais, 1,500,000 ; Kurdes, 1,000,000 ; Tartares, 230,000 ; Syriens, Maronites, Jacobites, 210,000 ; Juifs, 170.000 ; Turcomans, 997,600 ; Druses, 25,000 ; Chaldéens, 25,000. L’empire entier contient 20,550,000 Musu'mans ; 14,630,000 Chrétiens, dont 13,730,000 grecs schismatiques et 900,000 catholiques de divers rites. Le reste de la lo suit la loide Moïse. (Voir les Nos. 615, 616 et 639 (a).
(a) La population de la Turquie d'Europe, de la Turquie d’Asie et de ses possessions en Afrique, est de 36,550,000, comme suit : en Europe, “ange À en Asie, 16,050,000 ; en Airique, 6,000,000.—[Annuaire de PÉcon, Polilique de 1961.] R
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Grèce. ou
Armée ottomane, 308,000 hommes ; marine militaire, 8 vais seaux de ligne, 12 frégates, 23 vapeurs et 21 bâtiments infé: rieurs. Revenu, £27,200,000. Dette publique, £25,881,624.
480. Gouvernement : Les Turcs sont gouvernés par un empereur qu’on appelle Sultan ou Grand-Seigneur. Le gouvernement est une monarchie limitée. Son conseil d'état se nomme le Divan, sa cour la Sublime-:Porte, son palais le Sérail ; le Harem est l’habitation de ses femmes. Ses deux principaux ministres sont le Grand- Visir, qui le représente partout, et le Muphti, qui est le chef de la religion et l’interprète suprême de la loi. Le Reis-Effendi dirige les relations extérieurs ; le Capitan- Pacha est le commandant en chef des forces navales. Les gouverneurs des provinces se nomment Pachas. Ils font porter pour insignes de leur pouvoir des queues de cheval attachées à un gonfalon. Le nombre des queues indique l’étendue de leur autorité.
480 bis. Depuis 1839, époque où le Sultan Mamhoud est monté sur le trône, la Turquie est entrée dans les voies de la civilisation. Le gouvernement a cessé d’y être despotique. L'administration a été formée sur d’autres bases et ressemble à celle des états de l’Europe. L’instruction publique y a été organisée sur un pied qui peut faire honte à certains pe s qui se targuent de leurs progrès et de leur civilisation. Elle est divisée en primaire, secondaire et supérieure. L’instruction est obligatoire pour tous les enfants âgés de six ans. Constan-tinople à lui seul posséde 400 écoles. Il y a des écoles normales, de médecine, de navigation, du génie, d’agriculture, des écoles militairés, d’artillerie et de vétérinaire. La Turquie a aussi une presse périodique qui publie plus de 30 journaux.
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