ET PAYS DES HOTTENTOTS
660. La colonie du Cap, très-importante par sa position, puisqu'elle commande la route aux Indes, fut fondée par les Hollandais en 1652, et conquise par les Anglais en 1795. À la paix d’Amiens, en 1802, le Cap
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312 Cap de Bonne-Espérance.
fut rendu à ses premiers maîtres ; mais les Anglais le reprirent en 1806, et s’y fixèrent d’une manière permanente.
661. Le Cap, en y comprenant le pays des Hottentots, occupe toute la pointe méridionale de l’ Afrique et s'étend à 300 lieues dans Pintérieur. La colonie proprement dite est située toute entière au-delà du trentième parallèle de latitude méridionale ; elle st traversée par trois chaînes de montagnes, qui forment autant de terrasses de plus en plus élevées, à mesure qu’on s’éloigne du Cap, et de moins en muins fertiles : la 8e est inhabitable. : Pour le climat, voyez le numéro 626.—Productions de l’Europe mêlées à plusieurs de celles qui sont propres à la zone torridle--vins excellents-grande variété de beantés végétales—forêts, bois pré cieux.—Buflles à petite tête et à cornes énormes, trèsredoutables.--Mines de cuivre et de fer, sources. de pétrole, salines, eaux minérales.—Commerce : vins, eaux-de-vie, savon, chandelles, peaux de bufles, etc.
Capitale, Cape-Town (vie du Cap), où il y a une bonne forteresse, une église pour les catholiques, une autres pour les calvinistes, une troisième pour les anglicans, de vastes casernes et une population de 25,090, dont 15,000 nègres et Hottentots.
Population totale, environ 270,000, dont 90,000 européens ; le reste se compose de Hottentots, nègres libres et d’esclaves.
Les colons d’origine européenne se divisent en trois classes, savoir : les vignerons, qui demeurent près du Cap ; les cultivateurs, qui en sont éloignés de la distance de 2 ou 3 journées de chemin, et les pasteurs, qui mènent une vie nomade,
Les Hottentots paraissent une race distincte des Nègres et des Cafres ; leur couleur est le jaune brun ; leur tête est petite, leur visage fort large d’en hant, finit en pointe ; ils ont les pommettes des joues trés-saillantes, les yeux en dedans, le nez plat les lèvres épaisses, les dents très-blanches, la main et le pie
tits en comparaison du reste du corps ; ils sônt droits, bien
aits et d’une grande taille ; leurs cheveux, de couleur noire, sont ou frisés ou laineux : ils n’ont presque, point de barbe, Couverts d’une peaux de mouton, de gazelle, ou de lion, inondés de graisse mêlée à une couleur noire ou rouge, armés d’une
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Côtes Orientales de l'Afrique. 918
courte massue, les Hottentots sauvages errent en chantant et en dansant au milieu des troupeaux qui font toutes leurs richesses. Ils se divisent en un grand nombre de tribus, Leur culte est une espèce de fétichisme grossier.
La branche des Hottentots, que l’on nomme Boschimiens ou Saabs, se trouve réduite à un état de dégradation au-dessous duquel on ne conçoit guère que la nature humaine puisse descendre : leurs femmes surtout font horreur. Munis la plu du temps d’un carquois rempli de flèches, d’un bonnet et d’un ceinturon, de sandales, de cuir, d’une toison de brebis, d’une calebasse ou d’un œuf d’autruche pour porter l’eau, de deux ou trois nattes d’herbe qui, étendues sur des bâtons, forment leurs tentes, et quelquefois suivis de chiens barbets, les Boschimiens traînent l’existence la plus déplorable , tantôt ils sont mendiants, tantôt voleurs et brigands, tantôt on les voit rôder seuls ou en petites bandes dans les deserts arides qui bornent au nord la colonie du Cap, vivant de racines, de baies, d’œufs de fourmis, de chenilles, de sauterellex, de souris, de crapauds, de lézards et de rebut de la chasse des colons. On dit que la vue du sang et l’odeur des cadavres leur procurent des sensations agréables. Dans les combats, ils se servent de flèches empoisonnées, Les autres tribus, surtout les Cafres, leur font une guerre à mort ; la vue même d’un Saab les met en fureur.