‹ Nouvel essai d'interprétation et de classification des monnaies de la GauleChapitre 17 sur 36 · AV. — Tête imberbe, à droite, coiffée d'un diadème · texte numérisé non relu

AV. — Tête imberbe, à droite, coiffée d'un diadème

fermé dont le bord esl gai ni d'un cordon de perles qui, à la hauteur de Foreilte, forme deux roses et entoure complètement le profil idéal du dieu ; parmi quelques mèches de cheveux qui s'échappent sur le derrière de la télé, on voit un astre à huit rayons. En face de la bouche qui est fermée, un attribut en forme de pedum.

1^. Cheval galopant à droite, sa tête hybride est formée par le signe traditionnel du Lion, à la base droite duquel sadapte une volute. Au milieu du dos du quadrupède, qui est très-cambré, sadapte la voile et sur sa croupe, la poignée recourbée d'un gouvernail. Sous le cou du cheval, deux annelets réunis par un trait et sous son ventre une rosace composée de six annelets. (Coll. Leboucher.)

5- AV. ~ Tête idéale, imberbe, à droite; les cheveux disposés symétriquement composent, au moyen de deux grosses mèches réunies au sommet de la tète, la forme d'une lyre ; sur la joue du dieu, une croix.

^. Cheval galopant à droite, sa tête est hybride ; au-dessus de son dos, la voile quadrillée et point de gouvernail; au-dessous une rosace composée de six globules. Quart de statère.

(Musée de Rouen.)

Lorsque nous avons eu à déterminer, précédemment, le type du Navire sur un demi- sta 1ère du Cabinet de Paris et une drachme du Cabinet de Falaise, nous nous sommes appuyé sur un texte^de Tacite fort à propos rappelé par M. Lambert, pour faire sentir entre les pratiques religieuses des Druides et celles des prêtres derÉgypte, certaines analogies très-évidentes; nous avons eu occasion d'en signaler d'autres qui résultent, tant deTemploi de signes hiéroglyphiques ayant chez les deux peuples une même valeur, que de l'usage des types hybrides qu'ils pratiquèrent simultanément et selon les besoins do leurs croyances réciproques. Sur le groupe de médailles que mms venons de décrire, on rencontrera des exemples d'analogies bien mieux caractérisées encore, et qui nous montrent une fusion flagrante du symbolisme Gaulois avec les mythes astronomiques de l'Egypte* Nous allons voirie cheval solaire des Celtes emprunter, à son tour, la forme des nefs célestes dans lesquelles les Égyptiens faisaient vôpger le Soleil, la Lune, les planètes et les constellations.

Les têtes du droit de ces aureus, si on en excempte celles des n" 4 et 5, sont très-barbares, mais elles se distinguent par une certaine ampleur de modelé qui les rattache plutôt à Tart gallo-grec qu'au style armoricain ; les emblèmes accessoires qui les accompagnent sont peu nombreux et presque tous expliqués ; mais il en est un que nous rencontrons pour la première fois : nous entendons parler du ruban et de la bobine cylindrique, autour de laquelle il est plus ou moins enroulé. Est-ce

an signe technique, du genre de FAiguille Solaire, du Niveau, du Cône tronqué, du S ou de la Roue ? ou bien un symbole désignant un astérisme ? Nous nous arrêtons volontiers à cette dernière interprétation, parce qu'elle peut s'autoriser du texte suivant.

Pars Yinculi lind (Sphœra Barbarica Decanas tertius

Pisciom).

(Poet<B latini minores^ vol. 6) p. 615 a 631. Excorsus 1, ad Manilii, lib. V. Éd. Lemaire.)

Il y a donc, parmi les décans de la sphère barbare, une constellation figurée par l'image d'un ruban qui se déroule ; ce point établi, il n'est pas difficile de reconnaître qu'il s'agit ici de l'astérisme appelé vulgairement le Lien des Poissons. Son emploi dans la circonstance présente s'explique par l'habitude consacrée dans la numismatique gauloise de mettre, au droit et au revers d'une même médaille, des constellations opposées d'aspect, les unes avec les autres.

C'est, très-probablement, dans les mêmes conditions que sont représentées : 1** l'étoile qui décore la chevelure du dieu sur le statère n® 4 ; 2^ la croix posée sur la joue de la tête n^ 5. L'étoile est assez difficile à déterminer, pourtant ce pourrait être le Cœur du Sc(Nrpion, Ântarès ou Wéga de la Lyre. La croix est le symbole reconnu de la constellation du Cygne qm se lève le soir à l'opposé du Navire.

Un intérêt dominant s'attache surtout au revers de

ces aureus de noire troisième période, parce qne, en effet» de tous les modes d'hybridation imposés au type du cheval solaire, celui que nous allons examiner o£fre la plus grande singularité. Nous avons décrit» tour à tour, ce quadrupède avec une tête d'homme, d'oiseau, dTiydre, etc., se coiffant même d'un attribut; il ne fallait rien moins que l'étude instructive de cette suite de transformations bizarres, pour nous mettre sur la voie d'une interprétation qu'au premier aspect nous jugions invraisemblable.

Nous l'avons dit, en imaginant le cheval solaire assimilé à la nef céleste, la Gaule s'inspirait de l'Egypte, et nous montrait par là qu'elle était initiée au culte dlsis. C'est en mémoire de la constellation d'Argo ou du Navire dont la mâture paraît se détacher sur le fond de la Voie lactée, que le graveur a \oulu représenter cette voile parsemée de petits globules, qu'il a mis le gouvernail d'arrière, sur la croupe du cheval, et qu'à la place de sa tête il a figuré une poupe avec un acrostolium empruntant sa forme au signe traditionnel du Lion. Rien n'est plus clair, mais ce n'est pas tout : les deux annelets réunis par un double trait et placés sous le cou du quadrupède, désignent les Gémeaux dont le lever du soir précède celui du Lion ; ainsi, sur ce revers l'aspect sidéral est composé de trois astérismes qui paraissent ensemble aux environs de l'équinoxe du printemps, et se couchent ensemble après le solstice d'été.

Les Égyptiens^ dit le savant Francœur, créèrent la constellation du Navire» parce que le lever héliaque de

ce groupe d'étoiles annonçait le débordement du Nil. La principale du Navire se levait alors avec les premières du LioD, signe dans lequel se trouvait à cette époque le Soleil au solstice d'été. C'est probablement à ce fait qu'il faut attribuer l'usage qu'ont suivi tous les dessinateurs de cartes célestes, en décorant la poupe du Navire d'un acrostolium en forme de léte de Lion. Sur le revers de nos statères nous avons seulement le signe traditionnel indiquant la présence de la constellation zodiacale du Lion, mais c'est une très-beureuse particularité, parce que ce symbole est un des plus importants à déterminer; comme il se trouve sur beaucoup de monnaies gauloises, en compagnie d'autres attributs non expliqués, il nous aidera cerlainement à en retrouver la signification ; ainsi, nous pouvons déjà constater que ce même signe est grefiFé sur la tète du cheval dans un groupe de monnaies armoricaines, au revers desquelles nous avons cru reconnaître la constellation du Navire. Nous avons décrit ces types, lorsque nous avons déterminé les symboles du Corbeau et de la Coupe» (V. ch. VI.)

On est provisoirement convenu d'attribuer à la contrée des Parisii ces statères, parce qu'ils ont été trouvés, en assez grand nombre, à l'occasion de draguages pratiqués dans le lit de la Seine ; cette raison serait en elle-même assez mince, mais, au point de vue du type de ces monnaies, il se présente une autre considération plus décisive, et qui confirmerait, bien mieux que le Rameau Douaisien^ la justesse des vues du savant Le-

lewel sur la persistance des emblèmes. Ce n*est pas notre affaire de traiter cette grande question qui touche à l'histoire générale delà numismatique; mais, nous ne devons pas négliger de mettre en lumière un fait d'une grande importance : à savoir que l'existence de ces rer vers, où le cheval des monnaies gauloises est assimilée la nef céleste de TÊgypte, ferait remonter bien haut l'origine des armes de la cité de Paris.

Nous avons eu occasion de voir, au cabinet impérial des médailles, dans la collection de M. le duc de Luynes, plusieurs de ces aureus qui, depuis qu'ils avaient été publiés, en 1610, par P. Petau, n'avaient pas reparu ; ils diffèrent peu de ceux du musée de Rouen, qui ont été trouvés dans les mêmes circonstances. Il y a une dernière observation à consigner relativement à ces statères; ils sont, pour la plupart, entaillés au revers par un coup de cisaille ou d'un autre outil tranchant, mais cette marque, quoique faite après coup, n'a pas les caractères qui, d'ordinaire, indiquent la démonétisation, elle n intéresse pas les bords de la médaille et parait avoir subi un travail de seconde main semblable à un guillochis. Selon M. Lambert, cette entaille ne serait rien autre chose qu'un signe de consécration à la divinité topique du fleuve ; nous y verrions volontiers, quant à nous, un souvenir de ces aiguilles solaires que nous avons décrites dans ce chapitré*

— tu —

Troisième classe.

La série des bronzes dont se compose le groupe soivant, 6*éloigne d*une manière sensible des types que nous avons déjà décrits, et nous conduit presque à Fépoque épigrapbique. On n'y rencontre au droit qu'un seul motif : c'est un personnage en pied, nu et agenouillé, toujours dans la même attitude, mais accompagné de nombreux symboles et accessoires. Trouvées aux environs de Rouen, ces monnaies sont attribuées aux Yéliocasses*

1 , — JE. — Personnage nu et agenouillé, tourné à

gauche ; il étend le bras droit en avant, le gauche est appuyé sur sa hanche ; deux cercles concentriques et accouplés avec un point au milieu sont placés en avant, à la hauteur de la main droite ; sous le pied, une ligne ondulée en grenetis, terminée par un globule.

Ifc. Cheval à tête hybride galopant à droite, entre deux globules posés verticalement; en face, un croissant.

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