‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 14 sur 123 · VII · texte numérisé non relu

VII

Toute maladie est originairement locale .

On s’est livré à de longues discussions sur la question de savoir s’il y a des maladies locales, et l’on aurait peut-être pu s’en dispenser si l’on s’était entendu avant tout sur l’étendue de l’idée de maladies locales. Tout ce que je puis comprendre sous ce nom, c’est une affection morbide, restreinte dans une place qui n’est pas le produit d’un trouble général de l’activité vitale, mais qui a sa source dans l’affection d’un organe particulier.

On a prétendu à tort qu’il ne peut y avoir de maladies purement locales, parce que le principe vital est une propriété indivisible commune à tout l’organisme, qui ne peut être atteinte par la maladie dans aucune de ses parties sans que le principe tout entier de l’organisme soit soumis à la même perturbation (l). Il suf-

(i) Untersuchung über Patliogenie von Dr. Andr. Rœschlaub. i pari. Frankfurt aus Main, 1800. Pag. cj4.

Uber die relative Stellung des œrlliehen zum allgemeinen von Jos. Herrmann Schmidt. Ln Rust’s Magazin für die Heilkunde. 45 vol. 2 cah.

PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE

fit de répondre que les maladies locales, surtout si elles sont douloureuses, ont sans doute pour suite nécessaire une perception dans tout l’organisme, mais que cette perception , comme l’expérience le prouve chaque jour , peut être si légère qu’elle n’influe en rien sur l’état général de la santé, qu’elle ne provoque souvent même aucune conscience de souffrance , et qu’elle disparaît toujours en môme temps que le mal local. La douleur causée uuiquement par une dent cariée cesse aussitôt que cette dent est extraite. L’ulcère occasionné par une brûlure ou par un vésicatoire n’est également qu’une maladie locale, puisque, à l’exception de la sensation passagère, il n’est accompagné d’aucun trouble fonctionnel, et n’en laisse aucun non plus. Si une dyscrasie empêche la guérison, si l’ulcère prend un aspect pliagédénique, la durée en dépend d’un état morbide général qui préexistait, et il n’en doit être considéré que comme un reflet topique, d’autant plus que la guérison n’en est possible que par un traitement convenable de cet état. Plus un individu est sain et vigoureux, plus il possède le pouvoir de retenir les maladies locales dans des bornes aussi restreintes que possible.

Mais il y a un grand nombre de phénomènes d’un état morbide local auquel le reste de l’organisme ne paraît avoir ni prendre aucune part, et qui n’est qu’un reflet d’une maladie plus générale , suspendue, parce que la force vitale est parvenue à concentrer et à isoler en quelque endroit l’activité anormale (1). Une fièvre rhumatismale disparaît souvent dès qu’un léger exanthème se montre aux lèvres, et la formation d’une teigne délivre souvent les enfans d’une propension à de fréquentes affections inflammatoires du cerveau. Les médecins humoristes voient dans ces faits une preuve en faveur de l’hypothèse que la matière qui trouble l’organisme doit être expulsée pour que l’équilibre se rétablisse entre les fonctions. Nous ne voulons pas précisément nier l’excrétion de certaines matières nuisibles, qu’elles aient pénétré dans l’organisme par l’extérieur, ou qu’elles soient les pro-

(i) Uber Krankheiten als Mille! zur Verhuetung und Heilung von Krankheilen , von Dr. Karl Ludwig Kloose. Breslau, i8s>,6.

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