‹ Nouvelle arithmetique raisonée ou cours complet de calcul théorique et pratique, a l'usage des élèves des colléges et des maisons d'education suivi de quelques leçons sur la planimétrie et la stéréométrie (arpentage et cubage) ou toisé des surfaces et des volumesChapitre 2 sur 48 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Au moment où, grâce à la sagesse du législateur, ce pays va être doté du plus généreux, du plus précieux des bienfaits ; dan* un tems où les amis de la propagation des lumières redoublent de zèle et d'efforts, pour procurer à la classe honorable et laborieuse du peuple les bienfaits de l'instruction qu'elle réclame, à juste titre, comme un moyen de perfectionner son travail et d'améliorer son bien être ; au moment enfin où, dans ce pays comme partout, l'instruction populaire va recevoir toute l'extension, tout le développement dont elle est susceptible, j'ai pensé que la publication de ce petit livre ne pouvait manquer d'être favorablement accueillie : car il ne suffit pas de fournir à l'instruction des moyens pécuniaires, il lui faut d'autres ressources plu» utiles encore, je veux dire de bons livres élémentaires.

Les livres classiques et surtout les Arithmétiques ne sont pas rares, il est vrai ; mais peu, je le dis à regret, très-peu sont rédigées sur un plan propre à satisfaire les besoins de l'époque : lei unes étant trop volumineuses sont hors de la portée de la classe peu ais'îée, et ne sauraient convenir aux jeunes gens qui ont trèspeu de tems à consacrer à l'étude ; les autres, écrites trop scientifiquement, sont plus propres à faire briller les talens des auteurs, qu'a avancer les progrès des élèves, qui se dégoûtent quelquefois d'une étude fort abstraite et peu attrayante pour le jeune âge ; d'autres enfin se bornent à un enseignement purement mécanique, fet un tel inconvénient est encore plus grave : l'enfant apprend très-difficilement ce qu'il ne comprend pas ; on sait d'ailleurs que toute définition, toute règle qui n-est confiée qu'à la mémoire est

(It^CCH 'Tuvc f t j-r<n<l au rcnurairr ur

(-aract* ,.• ;)rit u bien conçu la raison sur

laqtiollo ollo s*a[)puie.

Do pliiitt ^ une é{>oqiio où \a pltipart des villes «.'t des campagnol ont été privées d'écoles pendant long-tein», il kc trouve beaucoup de porsonnos qui n'ont pu acquérir la connaissance de < (% qui est cependant d^lne nécessité indispensable ou \ h rhommo qui cultive paisiblement son champ, au litteniteur et à la femme do ménage, et enfm à toutes les classes de. la société. Quels regrets ne doit pas éprouver un jeune qui, trayant étudié l'Arithmétique qu'imparfaitement, au moment 'l*embras--ter une profession, se trouve obligé de retourner à Té-

Kn publiant le petit traite que j'ui l'honneur d'ott'rir aujourd'iiui ati public, j'ai cru rendre service à ces personnes, puisque je leur donne les moyens d'étudier olles-mème.s cette science avec fruit et sans maître : un tel ouvrage n'avait jmis encore été fait, que jo 5aohe, du moins en ce pays. Aidé du secours de l'expérience et animé du désir de faire le bien, j'ai dirigé mes efforts contre tous onvénien- -io avoir réussi ! c'i

j lus longue , u e me diront. J'ai i

coup de choses en peu de mots, de faire entrer beaucoup de mafièrc dans I' , afin do le rendre

les bourse- porto de tems aux ;

obligées d*

J'ai choï . .liions et des démonstrations simples, clain\s

• fiirt couiL -, , -- que, IVsnrit les saisissant plus facilement.

noire les retient mit i.

Dans tout le cours des raisonneinens, je me suis servi du lan-

5ggc le plus naturel, des expressions le plus à la parlée de l'en-

fance. J'ai procédé par des comparaisons toutes les fois que je

l'ai cni néeesssaire, et je n'ai pas craint d'entrer souvent dans des

tît irill.-; fort :nîiitititux, parce quc je n'ai point perdu de vue que

rsonncs qui ont besoin d'apprendre, et non

Les propositions sont tellement liées les unes aux autres, qu'elles se trouvent ré'pétées presque à chaque page, depuis le commencement jusqu'à la fin de l'ouvrage : de sorte qu'il est comme impossible que l'élève, en apprenant de nouvelles choses, perde de vue ce qu'il aura déjà appris.

Bien que j'aie évité avec soin cette sèche et aride routine, cet enseignement tout matériel qui n'instruit pas, parce qu'il ne présente aucun attrait à l'esprit des jeunes élèves, me conformant au précepte d'un célèbre académicien,* j'ai multipUé les exemples autant qu'il m'a été possible, afin de faire marcher ensemble la pratique et la théorie. Les questions placées à la fin de chaque matière, où j'ai renforcé le raisonnement lorsque je l'ai jugé nécessaire, sont comme autant de commentaires des définitions et de règles qu'elles accompagnent. Ces questions sont variées de telle marùcre que l'élève, en apprenant à calculer, apprendra nécessairement de l'histoire, de la géographie, de l'astronomie, de la géométrie, de la cosmographie ; il trouvera même quelquefois des leçons d'économie, de morale et de religion. Ces changemons plaisent aux enfans et font diversion à une attention qui, trop prolongée, les fatiguerait. Les raisonnemens réitérés répandent d'ailleurs quelques attraits sur les premières études, (jui sont djordinaire si ennuyeuses et si rebutantes.

J'ai soigneusement écarté tout ce qui m'a paru de peu d'utilité, tels qu'une foule de problêmes d'une extrême longueur et de pure curiosité, parce qu'ils font perdre du tems à l'élève, et détournent son attentr'on des choses les plue utiles. Tous les exemples que j'ai donrv s sont applicables aux usages les plus communs de la vit'.

Les progressions par difi'érencc, ainsi que les progressions par quotient, étant d'un usage fort rare, je n'ai pas cru devoir en parler. Quant aux proportions, tout le monde sait qu'elles embarrassent beaucoup les jeunes commerçans : je les ai supprimées, et j'ai donné les moyens de résoudre, par la force seule du raisonnement, tous les problèmes qui peuvent s'y rapporter D'ail

MutU cxcDipIa meliiu raient quàm prscepta.

U'JINTII rvN.

leurs, il osl bon que l'cnfunl apprenne do bonne beure à pen««r . il faut que rboininc exf^rcc non jugement dès l'âge le plus tendre ; qu*il fortifie sa raison en se rendant compte des opérations de son entendement. Que de talens restent enfouis et sont perdu» au Hoin <1e la Hori<''t^, faute de trouver Ifs moyens de »e développer !

l/an> uii ji.iV.-^ Oii l'oli .■> w» « iijn- Im-iKK (Mil; u lUii 11 uiliJM- il liU

commerce des bois, j'ai cru ne pouvoir mieux terminer mon travail, qu'en donnant quelques leçons sur le toisé des surfaces et des solides.

Enfin, instruire, mais d'une manière prompte, sûre et facile ; présenter aux enfans les pri^ceptcs avec ordre, méthode et précision, en ne leur laissant rien ignorer de ce qui peut contribuer au développement de leurs facultés intellectuelles ; mettre les choses îl la portée de leur intelliçjence naissante, en éclaircissant Ibs point difficiles, par les exemples et par le raisonnement : faire concourir à ce résultat l'analyse et la réflexion qui déduisent les défmitions et les règles : tel doit être, je crois, le but de ceux qui écrivent pour l'éducation de la Jeunesse ; tel est celui que je me suis proposé.

Au reste, je dois cependant déclarer ici que je n'ai pas la prétention de croire que mon ouvrage soit sans défauts ; aussi recevrai-je avec reconnoissance toutes les observations que MM. les professeurs et les pères de famille voudront bien m'adresser à ce sujet.

Cat ce champ ne se peut tellement moiMoner, Que le» dernière tcbus n'y trouvent à glaner.

Puisse, en attendant, cet essai produire tout le fruit que j'ose •n espérer, et ce sera la plus belle, la plus douce récompense d« mon zèle et de mes efforts !

Page 1