K Œ M P FER
Le Père Charlëvoix n'a pas manqué d'insérer dans son Ouvrage tout ce qu'il y a de vrai et d'intéressant dans l'Histoire du Japon , par Kœmpfer, Ainsi, on y trouve tout ce qui peut satisfaire également une curiosité religieuse et profane. Il faut avouer pourtant que ce dernier, est cité plus souvent que Charlëvoix. H à été traduit en français en 172g , en 2 volumes in-folio, avec quantité de figures. Kœmpfer voit en Savant ^ il écrit de même. Il est un peu sec j et quelquefois niinutieux; mais il est si estimable à tant d'autres égards; il entre dans de^rd^tails^si curieux; il les rend avec tant d'exactitude et de véracité , qu'il mérite^ bien qu'on lui pardonne quelques défauts.
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L'Histoire des Etablissemens ^t du Commerce des Européens dans les deux Indes , par Tabbé Raynal , 6 vol, in-8*^. et in-i 2, 1 770, et ensuite dix vol. in-8^ et in-12 , 1780 , a eu un succès que le temps a confirmé. Il est vrai qu'elle n'a joui que tard de cette brîllante réussite. Ou eut d'abord de bonnes raisons pour ne pas l'exposer publiquement en vente : tous les exemplairesfurent vendusàun libraire C(Hmn^ établi à Amsterdam * mais celui-ci ne fut pas long-temps à s'apercevoir qu'il 's'étoit flatté.gratuitement d'un prompt débit ; et ce qui de voit naturellement précipiter cette production philosophique dans un oubli éternel .^ fiit précisément ce qui la fit sortir tout à coup de. l'obscurité à laquelle elle paroissoit condanmée. Le gouvernement français flétrit cette Histoire, dont les principes l'alarmer rent ; dès ce moment , le livre fn^ recherché avec un empressementincroy^ble; Qtlc publÎQ en épuisa féditioa.
J'ai lu cettis Histoire politique, qu'on attribue, avec raison, à diver^. auteurs. Ces messieurs déclan^nt plus qu'ils ne racontent ; et ce livre est moins une l^istoire , qu'une
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compilation hardie et irréligieuse de tout ce qu'ont dit les voyageurs.
BT O B E R T S O N,
Est-il dans les Annales du inondé , nn objei plus frappant qt d'un intériêt plus général , que la découverte de l'Amérique? Une nouvelle terre 5 de nouveaux hommes i ce contraste' dé la nature simple et grossière avec la nature civilisée ; ce combat de l'homme policé contre^ l'homme sauvage ; la navigation et la géographie perfectionnées ; le •commerce agrandi";^ ces métaux précieux, jusqu'alors inutiles datis les mines du Mexique et du Pérou , devenus funestes aux ravisseurs , et qui ont corrom^tf plutôt qu'enrichi l'Europe ; ce fléau terrible qui a infecté les sources les plus pures de ta génération , et qui seul pettt contrebalancer* les avantages que l'ancien Mondé a retirés du nouveau : quelles sources abondantes de réflexions profondes et d'observations utiles ï Fhumanité! ' •
Nous avions déjà plusieurs relations particulières des différentes découvertes des Espagnols- dans rAinérique 5 Ja plupart défigurées par l'amour du merveilleux- et le ianatisine; M. Robertson, si âvantageùàeiiiétit connii par
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son excellente Histoire de Charles-Quint , a rassemblé , avec une saine critique , ce qui iui a paru le plus digne de foi dans les écrivains qui Tavoient précédé ; il s*est procuré , par ses recherches , de nouvelles lumières sur plusieurs articles ;*et son Histoire de l'A*mérique , traduite de l'anglais par MM. Suard ^t Jansen , 1 778 , a vol. in-4^» , ou 4 vol. in-i 2, renferme ce qu'il y a de plus exact et de plus certain sur cet événement mémorable. L'auteur entre en matière par; une Dissertation sur la géographie des anciens et sur l'état de leur navigation , qui annonce l'érudition * la plus vaste , guidée par un goût sûr et une critique judicieuse. On reconnoit, dans la. manière de M. Robwtson , cettç noble simplicité du style grec qu'on admire dans le» antiques ; et s(m art est d'autant plus par^t qu'il ne se montre point.
M« l'abbé Morellet a publié , en t^^S, in-i a ^ la Traduction des livres IX et X de l'Histoire de l'Amérique , par Robertson. Cet ouvrage posthume du célèbre principal de l'université d'Edimbourg, contieiit P Histoire de la Vir^ ^iide jusqu^à V minée 1688; et celle de la NotweUe Angîcttrre ^ jusqu'à l^ année iQf>%.
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HILLIARD D'ÀUBERTEUIL.
Quel grand et magnifique spectacle déploya aux yeux de l'univers étonné TAméfique septentrionale , au moment où elle se détacha de la monarchie anglaise ] où un peuple nouveau conquit la liberté par ses armes et par ses vertus f Mais ce qui n'excite pas moins d'intérêt et de curiosité , c'est la formation de ces puissantes colonies , qui ont pris un rang honorable parmi les grands empires; c'est l'origine des troubles de l'Amérique septen- . trionale et de son indépendance. M. Hiiliard d'Auberteuil , dans ses Essais historiques et politiques sur les Anglo-Américains, 1782, 2 vol. in-40. et in-8^. , a traité d'une manière satisfaisante ces objets importans. Il fait trèsbien connoitre la constitution et les progrès des colonies ; et dans le tableau rapide qu'il nous retrace , et de leur établissement et de leurs entreprises , on voit les causes de cette révolution qui a changé le système poCtîque de l'Europe. L'auteur mérite d'autant plus de confiance dans son récit , qu'il a étudié et connu sur les liewc ^ les mœurs et le carac* tère des Angle-» Américains , qu'il a vu et calculé leur commerce , et , pour ainsi dire ,
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se îormçT leurs^nouveaux Etats. Sa narration est, V en général, simple , noble et nourrie d'excellentesi réflexions. On lui a reproché un peu d'emphase et quelques incorrections de style*