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BYRON, CARTERET, WALLIS ET COOK

Rien n'est plus célèbre que la Relation des Voyages entrepris pour faire des découvertes dans rhémispbère austral , et exécuté par le chef d'escadre Byron, et les capitaines Garteret, Wallis et Cook, tirée des jonmaux des différens commandans , et des mémoires de Joseph Banks et du docteur Solander , par Jean Hawkesw^orth , traduite en français par MM. Suard et Demeunier , et enrîcliie' de' cartes , planches et figures, Paris , 1774 , 4 vol, in-4**. Si Ton joint à cette Relation le second Voyage de Cook autour du Tome IV. 37

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Monde , traduit par M. Suard , Paris, 1778 J 5. vol. iii-4%, et le troisième Voyage de Cook, ou Voyage à l'Océan Pacifique , traduit par M.Demeunier,Paris j 1785 , 4 vol. m-4^ , on aura la collection des Voyages modernes la plus digne de lattention des lecteurs philosophes.

On doit à Byron , Carteret et Wallis , de savantes observations «sur la navigation des détroits de la mer du Sud ; une description exacte des côtes de la terre des Patagons ; une dissertation lumineuse sur cette race d'hommes extraordinaires : cette dissertation se trouve dans Fintroduction qui précède les trois Voyages. On doit aux mêmes^ navigateurs la réformation de plusieurs erreurs sur le gisement des terres, des renseignemens précieux sur la Nouvelle Bretagne; la dé^ couverte d'un nouveau détroit, et des îles George et Charlotte ; enfin , la qonnoissance de cette fameuse île de Taiti, que Wallis paroît avoir vue le premier , puisqu'il y aborda en 1767, une année avant l'arrivée de Bougainville dans cette île*

Cook, dans le cours de se3;>Y^yages, a donné des notions plus étendues qu'on ne Jes avoit eues jusqf^i'à lui, des deux ^trémités

D'tfN HOMME DB GOUT. 201 les plus opposées de l'échelle des peuplés ^uvages ; aucun voyagepr na autant con- \ couru que lui à ramasser des matériaux pré"cieux pour l'histoire de la partie de l'espèce humaine , qui est plus ou moins éloignée dô recueillir les avantages de la civilisation.' Aux droits que Cook a, par ses découvertes , acquis à la reconnoissance éternelle du genre humain, il faut ajouter lès avantages inappréciables que Fhistoire naturelle peut recueillir de ses trois Voyages , -et les rapprochemens précieux que. peut faire l'objservateur philosophe , d'après les tableaux de tant de nations soumises au seul empire de là nature.

Mais an sentiment de l'admiration , se joî- - gnent les mouvemens d'une sensibilité profonde^ lorsque l'on considère toutes les mesures que l'amour de l'humanité suggère à Cook, soit pour la conservation de son équipage an moyen dés alimens les plus sains et des antiscorbutiques les plus surs, soit pour' ménager aux voyageurs à venir, ou pour procurer aux insulaires eux-mêmes des moyens assurés de subsistaiice , par les plus utiles espèces d'animdux et les^ plus salutaires plantes potagères qu'il transplanta

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dans les îles de là mer du Sud et dans le» Terres australes ; on est attendri, surtout, de la sollicitude de Cook pour la conservation de l'espèce humaine, dans quelque degré d'abrutissement qu'elle fût tombée. C'est cet esprit de philantropie , si rare autrefois chez les marins , qui lui fait donner, à tant de reprises, les ordres les plus rigoureux à son équipage , d'éviter toute espèce de provocation avec les peuplades sauvages ; dç n'emplpyer même contre elles la force qu autant qu'on y sera contraint par quelque violente agression; d'épargner dans ce cas-là même, autant qu'il sera possible , l'effusion du sang. Faut-il qu'en dépit de ces précautions si touchantes , et par un funeste malentendu , l'infortuné Cook ait été assassiné à la vue 4e spn équipage , par ces mêmes insulaires !q?*i , jusqu'à ce momeiit , l'avoient regardé comçue une divinité bienfaisante !

Rappelons ici un fait, qui fait honneur à la France: en 1779,1e ministre de la marine adressa une lettre circulaire à tcrusies cornmandans des vaisseaux du roi, au plus fort des hostilités entre la F^^IPCe et l'Angleterre , pour leur enjoindre de respecter , partout oii ils le rencontreroient , le pavillon du ca-»

d'un HOMME DB GOUT. 29?

pitaine Cook, et de traiter ce voyageur comme le cosmiandant d'mie puissance neutre et alliée : cette démarche noble et généreuse fut suggérée au ministre par Turgot, et l'influence qn'ilyavoit eue, n'a ëté'révélée que depuis sa mort par son digne ami Gondorcet.

La collection' des Voyages de Cpok a été aussi imprimée en i8 voL in-8^*, avec atlas in-4^

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