COURT DE GÉBELIN LE PERE
Il paroît p qu*en général , la vérité a conduit la plume de Court de Gébelin ^ -4e père , auteur de THistoire des Troubles ^es Cévennés ou de la Guerre des Garnisards, sous le' règne de Louis -le -Grand, Tillefranehe , 1760, 3 vol. in- 12. C'est un -protestant éclairé , qui ne se laisse prévenir ni par la haine ni par le fanatisme :. peut-être a-t-il trdp appuyé sur la sévérité des catholiques ; mais le style est la partie qu'on est le plus en droit de blâmer dans cet ouvrage.
, Les Mémoires du Maréchal de Touri^Ule , jdont on a donné ime nouvelle édition en irois tomes in-id , en ijb^j ont p^ru , pour la première fois , dans le mi^me nombre dç .volumes, et du même format, en 1742. Je n aï ;pa$ besoin de .prévenir que cet ouvrage y qui se fait lire avec plaisir , est «iusaî romane^ue qu'historique. 0^ voit , au premier coup d'œil , que c'est un mélange de quelques faits :vrais , et de plusieurs amouretljes qui peuvent /être vraies ^ussi ; mais ce livre n'a jamais éjté
3Ô BÏB LIO T ït feQUlS
adopté par la fëmille : o'ie^t une productîcMl informe de l'abbé de Mâfgdn.
L'ouvrage qui a feît le plus d'honneur au comte Hamilton, et qu'on peut regarder comme son chefrd'œuvre , ce sont , à mon avis , les Mémoire^ de Grammont.Qne de légèreté dans le style , de naturel dans les pensées, de finesse dans les réflexions , d'enjouement dans les récits , de variété dans les tableau?:] Tous les caractères sont exprimés par lès traits qui leur sont propres; et chaque trait est représenté sous la couleur qui lui convient Rien de répété ou d'inutile. Les portraits méme^ qui ôfiriroient dès rapports trop ressemblails ^ sont nuancés d'une manière qui répand sur eux touii les charmes de la Variété : le badiûage craybtirie les uns ; là raillerie trace les autres; le sentiment , le respect , la^récoiinoiissance , prennent le pin^ ceau tour à tour ; mais c'est toujours des mains de la^ vérité qu'ils le reçoivent; c'est toujours elle qui lé conduit ' Je ne dissittiulerai cependant pas quelques observations que j'ai faites en lisant ces Mé'tuôii'és î laét , -d^abord , m'en a paru trop
v'tStS BâttMB: DX GOUT. 3i
briif c^qiei ^t tf pp f)]:|^ipi^e ;; eiv second lieu , l'auteur perd trop souvent et trop long-temps de vue son héros;' et l'on n*y. fait d^ailleurs presdxie aucune meptîqn de3 événéxnens mi* litaireis auxquels M. de Gramniontpeùt avoir eu ' quelque part ; enfin , ce qui fôrmé^es deui^ Vdlumés dé 'cet ouvrage-, cè*son]t uniquement les aventures amoureuses dû dlievalier de Grammont '&mk iés cours àe France , d'Anf^iBtTe.etéelSavioià y on ^Iviiét le& galantetiesde cep trioîA^copis du tetatips diiélievalkv de Ggâmmant*- > ■ ' ^ . , . v o: ; .,
« Il exisie de belle» éditions de eect Mémoires:} Time imptiiâëè par tes. soins d'Horace Wàl^ pôle ^ dans sa «aaisôn de dattipagiiâ , ht 1^2 ; âëtë réimprimée à I^iotufa^es eh* 1789 , aVéé trois portraits ;«Ale^utrè /pc^ée^ii^àX/On« dres', k uite é^oqëé péstériéûre', est enrichie de soiMant^ofùif^ p€îrtrftif5. '^ • ' '
Ces Ménv>ii^è^'^ment le prëiinîër vol. deé GBiivres complétés d'Kamiltoh , Paris , CoU net, x8o5,3 vôfc m«\ Lé te3ttea*étéreTa sor rédiiliOBdé i7^2, dans'l^ue^les noms anglais , é^ffig^^âé^dëfigurës^danstéuites le^ aisAa^aéàS^diÊSf} se #<M>feBt édiits selon leur véintàl^le k»r<|iôgrâ^||ë; Les éditeurs se sont atiswi servis des notes de cette belle iédition«
3fl B I B 1. 1 a T ir f; Q uE' t
BU88Y-RABUtlN ET OOÛRVILL'Er '
LesMén^ires de BussY'Rabutin^ imprimes eh 1696^ en detix volumes in-4**.^, sont purement écrits , mais moins intéressans que'çeu3( deGouryilïe*. que nous, avons en deux volûmes in-i 2, 1 724. Il y a dans ceuX-ci des fp^ç: dotes singuUère$.. ,.....,. .,,, i 1
Xes âmes sublimes dB'iiodi»il^€rraftd*)et éà grand) Gblbçrt y n'ont tpent-iêtrë jamaSs<éié repif^ésentëes sous des traits plus' finappàiis:^ qa'ellestîrïe paroissent rjélàredànî UsMëmoi^es 4e, Cha^kg 1?^aùU. ^ ; 4e i XJ^^^ààm» Fra&4 çaise:, ^t pi^^p^r eoitunis-idiis ibâtimensidu rpi;;Cpnj^a^|^j^ea!i^i9»|[ de^l^wticulainitës^ei d'dnecdot€}3 , i;di|^i:e9S9li^r;4.«r 2n;iniBtère 1 d0 Çolbert,:up vAlume :wn M^ Jt^ôg* Qe> Ji6 sont point ici des pani%yi;ique$ dao^ ;l^;foib pies.) des^flîp^lirs piratoii'^s:,;^^^! phr^se^gim* pocdëes; 9 / jle vieilles Keurs. de irhétorifOS ra&dîchiçs. paç Iqa e^ux de. . l'HéMiOim jno^ dernç ^î^ioms: Xiy et le igr^md' G0{bi$]4is«Dl Jou^s paii^ l^eD^.^tipn^ ^ imril^i^s piu:pl'e$^; 9t ces actions; et) cç^pf^o];esv sont juûe^^^sî^ug ?i08 yeu|Ç:ayf;Q;;îipe sipij^Ucité quin^'p^r^et pas de Je^lïiViftqpj^r en^Q^ et qmc^v
mer*
d'un HOMMB de GOUT. 33
mera tout tecteiir seasé. Gharleft Perraoit^ antenr de ces Mémoires, est lemême qui fat si bafoué ptar Boileau , au sujet de ses mau^ yaises poésies ^ surtout de son poème de Saint Paulin 9 et de ses quatre volunies des Parallèles des Anoiens et des Modernes. Les deux der** oiers livres de ces Mémoires sont beaucoup moins piquans que le second; on y trouve néanmoins quelques anecdotes intéressante^w En tout ^ Q'est un fort bon livre ; on y apprend un grand nombre de particularités <]e Tadministration de Colbert , ignorées! tm peu connues. Personne n'étoit pfais à portée def nous en instruire que Fauteur , qui étoit 4aus la confiance intimide ce ministre.;, il mérite d'ailleurs d'autant ^us de créance ;» qu'il n'avoit composé cet ouvrage que peur l'instruction de ms enfans, ^auxquels il csft adressé. C'est une espèce de teMàmeht , oir H leur rend compte j avec n^veté-, dé la part qu'il a eue à' difiB^entes affaires ^ pëÀdant^ lé règne de Louis XIV , et où il détaille les servioes qu'il a rendus aux'bâtimensdd roi en divOTses occasions.. ' •-> ' - '' \
MADAME. DE CAYcLUS.
LcsSaût^nmSiâBi^c^ttfd ddiçie ont paru Jen Tome IV. 5
34 B l'BI/îO T H i QUE
.1770 5 avec des note» de Voltaire. On voit par sa manière d'envisager les choses , qu'au 4;em|)s dont^ elle nous parle , elle étoit une |etinê femme aimable , bonne y^pîritueHe , insouciante et légère : totrt n*est pour 'elle qu'une afiaère de société. Louis KîV n'est pâ$. •un grand ^oi poù* elle ; c- est tin prince afmable , se brouillant , se riaccotnmttdant avèfë ses msiUresse^ Elle ne parle -pokit de ses victoires , eiles appartiennêhûPt à l'Histoire : et d'ailleurs^ dit-dle^ une féknitiè ^ et surtout de l'ége do»t j'^tois , tourne ées plus grandes atte&tions sur dès bagatelles* Cette façon d'^sxam^neriaxie cour et des personnages qA inqrus ^nt oonïitiS', d^illéurà , f>ar de gralidei cb-Qses 9 n'est pais sans intérêt.
LeS'aneieiûics éditions éB^,S0UVânirsétoient remplies idei^ujtQSi tjipograpftiiqQes : les li-^ braires Colnet .et.£B.enouard «a tant publié de beaucoup plus, exactes en 18044 Ces éditions sont précédées d^tme Notice aar Madame do C^ylus 9 par M.: Auger.^n y^donme) sur la vie de M^4A9mid^lC2ajli» ; quelques détatb qui ne se trouvent pas danM^jioà^oaêfenirs.
ï.S-AjïDrTi-SI»[:0!N\
' i^Fous lie crc^ohs pks qiQsaoïuis Mémove;
D'UvN homme 4)E 60UT. 35
du. temps piiii^nt être lus. avec autant de plaisir que cç^ix du duc dp Saint «-Simon 2 9jant auta2i>;dagré9e(tit^(p2iç qeux de Fabbé de Choisy , dUlMIgu^^ par j^: tism de h plu» aimable familiarité , ils les surpassent infi^ inment par ^ p^pipndeur des vues , et on ne peut les tax^r dQ. flatterie /^«Oime^ ces* der- BÎers.
Le style jie Sa^t^Simo^'^ Clivent iuoorrect , quelquefois un peu^jj)^!^ » est toujouj?s ^, piquant ^éo^rgîque; ^çs tournures sont neuves et hardies. S'il s'est permis de créer des mots , on doit lui en savoir gré , car il est rare qu'ils ne soient pas beureûx : ce n est jamais par afijpptf^tion ; il olr^i^, ^ besoin de rendre sa pensée* d'mie manière plus ra{^de. Il a quelquçi^is .^ tpn dédaigneux! , il montre même de rbumemr ;; mais 09. ^^ met à.sa place , on s^qt ^'ilne pouyoit fpifï de §aç^ ^oid les ^la^Qses monstn^ause^.dont il, nou^ trace l'histoireV; ,, :.;..:;
Son talent marqué-, c'est c^ni des poi^t traits : il les faU de main ^e.m^tre. Habile à peindre , il l'est moins à raisonner ; la discussion ne lui va pas : des images vives , des traits brilians, de la francbîsè , mais âpre et brusque ; voilà notre autëitr. Un peu trop
'BS BIBttOTHÈQUF
entiéhé* des préjuges de son siècle snr la noblesse,, il a su se défendre de ceux du fe'» natîsmej iî blâme , il détesfe la révocation de Fédît de Nantes , et les dragonnades des Gëvennes. .;,...:
II y a deux édifions de ces intéressans Mémoires : la première est composée de trois volumes , publiés en 1788 , am»}uels on joint quatre voluinés dé supplément , qui parurent en 178g. lia secondé édition poHe le titre A'ŒiSi^res du Due éh Saint-Simon , Strash bourg, 179 1 , i3 vol. in-8^.