‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 229 sur 240 · G E 0 R;G,E S K BATE · texte numérisé non relu

G E 0 R;G,E S K BATE

La Rtelatîoïi des Iles de Pelew , situées dans la partie occidentale de l'Océan Pacifique, traduite de l'anglais de Georges Eeate, membre de la Société royale , Paris ^ lygS , un voL m-4°. W dfeux vol. în-'8^. ;' cette Relation, dis-je , mérite d'être distinguée ; ce n'est p'a^ qu'on y' trouve ce qui fait valoir ordinairement cé5 sortes d'ouvrages , la variété des évékeniiéïis et des descriptions, la singularité des coutumes; mais si quelque

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chose peut attirer Taltention des observateurs philosophes , c'est sans doute un peuple qui 5 placé au milieu de cette vaste Mer du Sud, si fréquentée par. les navigateurs Européens , non-seulement étoit encore absolument inconnue , mais-ignoroit même qu'il ^ y eût au thonde d'autres habitans que les insulaires de son archipel : telle étoit la situation des peuples de Pelew , lorsque le capitaine Anglais , Wilson , fit naufrage sur leurs côtes en 1783. Tout ce qui n'étoit pas eux , étoit nouveau pour ces hommes , qui se croyoient les seuls enfans de la création. On ne sauroit être plus près de la nature primitive : et qu'on se figure de quel étonnemeat ils furent frappés, et quelle foule d'idées nouvelles vint assaillir leur antique et profonde ignorance , à la vue de tout i^e , que nous avoient appris tant de siècles écoulés inutilement pour cette peuplade isolée et perdue , pour ainsi dire , dans l'immen* site de rOcéan et séparée du genre humain! Jamais il n'y eut une plus belle occasion d'étudier l'espèce humaine près de son berceau; et heureusement elle se montre ici soàs de5 traits fort intéressans , et beaucoup meilleure qu'on ne 1& vit généralement dans

le Nouveau Monde , où elfe a paru plus avancée , et par conséquent plus corrompue que dans l'hémisphère austral. Cette Relation est écrite avec beaucoup de méthode , de clarté et d'intérêt ; plusieurs morceaux sont pleins de Féloquence du cœur , et respirent l'amour de la vertu et de Thumanité* La traduction est digne de l'original , et ne paroît pas avoir été confiée à des mains vulgaires; aussi l'attribue-t-on asspz générale* ment au célèbre comte de Mirabeau.

DOMPERNETTY.

La partie historique du yoyage de dom P émet ty aux Iles Malouines ^ Paris, 1770, 2 vol. in-8^. , se réduit à très-peu de chosç : son titre anuonçoit plus d'observations intéressantes. Des îles récemment découvertes, une nation colossale , dont noi^s révoquions en doute l'existence, sembloient promettre des détails neufs et pîquans ; mais dom Pernetty n'a point vu les Patagons ; et ce qu'il en dit se bortie amt Relations de deux où trois navigateuirs ) témoins de quelques apr paritions de ces géans sur les côtes- L'exis^ tence des Patagons constatée , leur histoire reste encore à .faire. Des, journaux exacts

d'un homme de ôout. 471 de plusieurs voyages aux îles Malouînes et au détroit de Magellan , et un grand nombre de remarques sur les diverses productions que présente cette partie australe du monde, auroient peut-être rendu ce livre utile aux marins et aux amateurs de l'histoire naturelle, si Fauteur eut écrit avec plus d'ordre, plus de goût et moins de prolixité.

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