IV. HISTOIRE D'ESPAGNK LE PERE D'ORLÉANS
Depuis que FEspagne est , pour ainsi dire , française par le testament de Charles II en faveur .des Bourbons , il n'est pas permis d'ignorer Ttistoire d& ce pays. Nous conseillons de «commencer cette lecture, par l'Histoire des Rét^olutions d^ Espagne , depuis la destruction de l'Empire des Goths, jusqu'à rentière et parfaite réunion des royaumes de Castille et d'Arragon en une seule monarchie 5 par les Pères d'Orléans, Rouillé et Brumoy , in-12 , en cinq volumes, 1737. Ce livre donnera du goût pour l'histoire de cette monarchie ; les faits principaux y sont ramassés avec beaucoup de goût et d'exactitude , présentés avec adresse , et racontés avec chaleur.
On pourra ensuite entreprendre les gran< des histoires. Je citerai d'abord celle da Mariana ; nous en avons une traduction française par le Père Charenton , ^suite , im« primée à Paris en lyaS ^ en . six volumes
in-4*^. 5 sous ce titre : Histoire générale cTEs* pagne , du Père Mariana , jésuite , traduite en français, augmentée des sommaires du même auteur , et des fastes jusqu'à nos jours, avec des notes histpriques, géographiques et critiques , 4es médailles et des cartes géographiques.
Mariana tient le premier rang parmi les . historiens de sa nation. Il naquit ,à Talavara dans la nouvelle Castille , fit ses études à Al- • cala , et enseigna à Rome , en Sicile , à Paris et en Espagne , avec une réputation distinguée. Il composa un livre sur l'institution des rois 5 qui fut censuré à Paris par la Sorbonne, et dondamné au feu par le parlement. On y soutient qu'il est permis de se défaire d un tyran ; et l'on y admire l'action détestable du, régicide Clément. Mariana écrivit en latin un autre ouvrage sur les monnoies , pour lequel il fut mis en prison par ordre du ministère. C'est durant sa captivité qu'il travailla à cette célèbre Histoire d'Espagne , que je ne balancerois pas de comparer aux meilleurs ouvrages de l'antiquité , par la grandeur dû dessein, la noblesse du style , la majesté des réflexions , si l'auteur avoitsu se garantir de la superstition de. son siècle y et de la crédu-
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d'un homme de GOUT. 7I
rlité de son pays. Cette Histoire fut d'abord écrite en latin , et entité en espagnol ; mais la première est bien supérieure à la seconde ; la latinité est digne du siècle d'Auguste. L'é-dition la plus recherchée est là première, imprimée à Tolède en 1 5g2 , in-folio. Mariana n'osa pas aller au delà du règne de Ferdinand -et d'Isabelle; car il ne faut compter pour rienSalcedo, Soto et Miniana, ses continuateurs, qui s'étendent successivement jusqu'à la fin du dix-septième siècle»