‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 65 sur 240 · L*ABBÉ PRÉVÔT · texte numérisé non relu

L*ABBÉ PRÉVÔT

Les couleurs romanesques que Letî aemr ployées quelquefois , se font encore plus sentir dans r Histoire de Guillaume le Conquérant , duc de Normandie et roi d'Angleterre , en deux volumes in-ia, par Tabbé Prévôt, et dans ceUe de Marguerite d'Anjou, par 1«

même auteur. Cette ^simplicité noble , qui est le viéritable ornement de l'Histoire, n'est point le caractère de ces deux ouvrages.

C'est aux Essais historiques sur Paris , par de Saint-Foix , Épi'est due l'idée des Essaie historiques sur l ^Angleterre > volume in- 1 2 , par Genest, Le but de l'auteur est de faire connoître par les faits , l'Histoire des Anglais, leurs constitutions, les sources de leur puis^ sance , les mœurs de ces peuples , leurs usages , et même, à quelques égards , leur littérature. Mais si ce plan est le même que celui de Saint-Foix , Texécution en est bien difierente. Vous ne trouverez ici , ni cette élégance de style, ni cette tournure également pîquaûtei et philosophique , que j'ai fait remarquer dans les Essais sur Paris. Les faits seuls ren* dent ce nouveau recueil intéressant , et ne doivent rien à la plume de l'auteur ; encore sont-ils' moins curieux par eux-mêmes , que par une sorte de singularité étrangère à nos mœurs.

L'ouvrage intitulé ^ Tableau di^ la Gran^

Bretagi

d'un hovmb de GauT. io5 Bretagne et de V Irlande , et des postassions anglaises dans les quatre parties du monde ^ par M. Baert, ci-devant membre de l'assem* hlée législative , Paris , 1801 , 4 vol. iIl-8^, est un des plus détaiilës, des pins exacts et des plus complets qui existent sur la Grande Bretagne. Il comprend la description géogra» phique de tontes les provinces , des curiosités d'histoire naturelle , et des monumens anti* ques qu'on y rencontre ; on y trouve des détails sur les établissemens d'industrie et les manufactures ; sur l'état de l'agriculture et du commerce ; sur le gouvernement , les lois , les usages et les mœurs ; sur les forces de terre et de mer, les finances, les revenus, la dette nationale , etc. L'auteur s'est étendu particu^ iièrement sur l'Ecosse et l'Irlande, moins connues que l'Angleterre proprement dite, et il a donné sur ces deux royaumes des ren- «eignemens qu'on chercheroit vainement ail* leurs. En général , il s'est principalement oc« cnpé de recherches de statistique et décono* mie politique ; il a moins étudié la partie de la littérature , qui est traitée d'une manière beaucoup plas détaillée et plus satisfaisante dans Touvrage de M. Perri de Saint-Constant, qui a pour titre , Londres et les Anglais , et Tome IV- 14

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dont nous parlerons à TaFticle des Voyages^ M. COLQUHOUN.

On][>eut compter entre les ouvrages^ utiles qae possédé l'Angleterre , le Traité sur la Po- Uce de Londres, par F. Goiquhoun, dont M. le Goigneux de Belabre nous a procuré une bonne traduction en 1807 , 2 vol. in*8^. ; çn voici quelques résultats.

Ce qui est volé annullement dans cette ca-^ pitale^est estimé 2 millions de livres sterling*

La part des filous et des escros, dans la masse des richesses mobiliaires de Londres y est à peu près du centième de leur valeur.

Tous les matins vingt mille personnes se le* vebt à Londres» , sans savoir où elles coucheiront le soir , comment elles vivront le jour.

On compte *5204 cabarets à bière , ou à eau-de-vie , qui servent de repaire auj( filous.

On compte ^000 boutiques dans les quar^ tiersw éloignés 5 où l'on vend les effets volés ^p depuis les clous jusqu'aux diamans.

On compte 5o^ooo femmes publiques^ ef 9,000 maisons de prostitution.

$0 quatre ans » il est sorti des prisons i

d'un homme de GOUT, io7

mille personnes, qui toutes, dît-on, avoient mérité la potence , etc.

Si nous avions un état de Paris bien calculé et bien authentique , nous pourrions'en tirer un grand avantage indépendamment de toute comparaison : ou nous ressentirions un salutaire efiroi à son aspect, ou nous jouirions avec un orgueil tranquille du bonheur de vivre dans une cité où les jouissances sont sans mesuré , ^t où la corruption n'est pas au dernier terme.

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