‹ Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût, entièrement refondue, corrigée et augmentée, contenant des jugemens tirés des journaux les plus connus et des critiques les plus estimés, sur les meilleurs ouvrages qui ont paru dans tous les genres, tant en France que chez l'étranger jusqu'à ce jour:Chapitre 67 sur 240 · ROBERTSON · texte numérisé non relu

ROBERTSON

Dans son Histoire d^Ecosse , sous les règnes de Marie Stuart et de Jacques VI, jusqu'à ravénement de ce prince à la couronne d'Angleterre , avec un Abrégé de l'Histoire d'Ecosse, dans les temps qui ont précédé ces époques , traduite en français par Besset de la Chapelle , trois volumes in-12 , en 1764 , Robertson a su distinguer en philosopbo , le caractère des divers écrivains qui ont tracé les événemens du règne de Marie.' Animés les uns contre les autres de la haine la plus for te, 5 aigris par le zèle de religion ou par des intérêts de politique, ils. ont donné naissance à deux partis , entre lesquels doit marcher un homme jaloux de dévoiler la vérité , et de l'exposer aux iregards d'autruî : c'est ce qu'a fait Robertson*

Noblesse de style, profondeur de jugement, netteté dans le dessein et dans l'expression , voilà ce qui frappe le plus dans cet ouvrage : cependant il a beaucoup de critiques en Angleterre et en Ecosse ; mais le plus grand défaut de l'auteur est , sans doute , sa partialité , lorsqu'il s'agit de la France, do la religi( — romaine et de la protestante.

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M. MA-GEOGHEGAN.

Il est à craindre qu'on ne reproche à cet auteur d avoir fait plutôt un Panégyrique qu'une Histoire de sa nation. Son livre , en 3 vol. in-4*^. , est intitulé, Histoire de l'Irlande^ ancienne et moderne , tirée des monumens les plus authentiques ; e|J'ouvrage est divisé en trois parties : la première emhrasse les temps qui se sont écoulés depuis l'établissement des Scotd-Milésiens. en Irlande , jusqu'au cinquième siècle ; la seconde cpmmence à cette épo« que y c'est-à-dire , à la naissance du christia- Bisme en Irlande , et finit au douzième siècle; l'auteur appelle cette seconde partie Tirlande Gh^rétienne , et la première l'Irlande Païenne ; là troisième traite des difiFérentes irruptions que les Anglais ont faites en Irlande , de leurs établissemens dans ce pays , et de tout ce qui s'y est passé jusqu'à notre siècle. Vous trouverez dans la première partie , THistoire naturelle de cette île , un Essai critique sur les antiquités des Milésiens; l'Histoire fabuleuse des Gadéliens, la religion et les mœurs des Milésiens , leur gouvernement civil et politique , leurs guerres du dedans et du dehors^ les différens noms sous

IIQ BIBLIOTHÈQUE

lesquels cette île a été connue des étrangers et des naturels du pays; en6n, ses divisions générales et particulières , etc. La seconde présente , outre les détails de THistoire profane, les progrès que la religion et les lettres ont faits depuis le cinquième siècle jusqu'au neuvième ; le désordre et la confusion gui ont régné dans l'Etat et dans l'Eglise, causés par les incursions des Danois ; la tranquillité rendue à cette île , et l'exercice de la religion , rétabli après la défaite de ses ennemis ; enfin l'auteur parle dans la troisième ^ de la manière dont quelques colonies anglaises s'établirent en Irlande dans le douzième siècle ; des guerres qu'elles firent aux anciens habitans , pendant quatre cents ans ; de la réunion des deux peuples sous la domination de Jacques VI , roi d'Ecosse et d'Angleterre, et des révolutions qui , depuis ce temps, sont arrivées dans cette île. Ce plan est vaste; mais M* Ma-Ge^oghegan n'a rien oublié pour rassembler des matériaux ; il a puisé dans les véritables sources , dans les manuscrits , et n'a négligé aucun des auteurs qui ont pu lui fournir des observations ou des faits : on est fâché seulement des digressions continuelles qui fatiguent tout lecteur qui n est pas Irla

B'uN homme de GOUT. III

dais. Dès qu'il parle de quelqu usage déraî* sonnable , il s'attache à le justifier, par l'ejcem* ^ pie des Hébreux , des Egyptiens , des Grecs , des Romains , etc. , etc. Il parcourt tout le martyrologe ; et s'il y trouve quelque saint

" qu'il soupçonne être Irlandais , il donne un, précis de sa vie ; celle de Saint Patrice tient elle seule une partie du, livre. Il marque l'époque de tous les établissemens des évêchés, des abbayes , des monastères , des prieurés. Il discute longuement l'origine des Ecossais ,

• et leur enlève une partie des grands homme» qo'ils s'attribuent 5 et des faits mémorables qu'ils revendiquent- Il paroît aussi trop animé contre les Anglais ; mais son ouvrage est rempli de recherchés et d'érudition : le style ipn est diSu8«

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