NÉLÉE
et Saidâs, Aristote légua sa librairie et ses ma- Dourits originaux à Théophrasle, son successeur. Après la mort de Théophraste, ses propres papiers et ceux d*Aristote passèrent aux mains de Nélée, qui les Tendit à Ptolémée II, roi d'Egypte, pour 'la bibliothèque d*Alexandrie. Nélée, garda les manuscrits originaux des deux pliilosophes. (Sur le sort de ces précieux papiers, cons. l'article Aristotb). Y.
Str»bon, un, p. «08. e. - Mogèae LaBree , V, «t, W, «, M. - Athénée, I, p. S. - PluUrqne, SuUa. — Fabriclns, êibL Craecst, vol. III. p. «M.
RELIS (CorneUle-FrançoH db), prélat et érudit belge, né à Malines, le 5 juin 1736^ mort près de Florence, le 21 août 1798. Il fit ses études à l'aniTersjté de Lonvaio, et y prit le grade de licencié, le 6 mai 1760. Presque aussitôt il devint principal du collège de Malines, et radroi* nistrationde la l>ibliothèque de l'Académie lui fut con6ée. Ce fut alors qu'il se fit avantageusement connaître du monde savant par quelques Dissertations sur divers points d'histoire et de philosophie. Nommé dianoine de Tournai en 1765, puis vicaire général de cette ville en 1767, il présida plusieurs fôis en cette qualité les états du Toumaisis. Lors de la destruction de la compagnie de Jésus en 1773, il fut désigné pour faire partie de la commission royale des études instituée è Bruxelles. L'archiduc Maximilien , depuis électeur de Ck>logne, ayant apprécié son mérite dans une visite qu'il fit' des provinces belgiques, le signala à l'empereur Joseph II, qui, le 25 octobre 1784, le nomma à l'évèché d*Anvers. Quoiqu'il dût son élévation à la maison d'Autriche , sa conscience ne tarda pas à être alarmée des innovations religieuses que voulait introduire l'empereur Joseph II, et dès le 22 mai 1786 il adressait des remontrances aux princes gouverneurs généraux, touchant l'ordre de publfer au pr6ne les édits de police et autres, et, quelques jours après, des représentations sur la suppression des confréries, des. processions et sur les empêchements dirimants du mariage. Il s'éleva la même année contre l'édit impérial qui instituait une nouvelle forme de concours pour la collation des bénéfices , puis sur la suppression des séminaires épiscopaux. La mort de Joseph II rassura un peu les esprits timorés. Le 19 juillet 1793, Nélis, qui s'était montré un des plus ardents ennemis de la France, écrivit à l'empereur François II pour justifier et excuser la conduite qu'il avait tenue pendant la révolution brabançonne. Le 21 avril suivant , il se rendit à Bruxelles, où les états avaient été convoqués et y fut parfaitement accueilli par l'empereur. Mais la révolution marchait à grands pas, et à l'approche de l'armée française, de Nélls, qui avait tout à craindre, dut le 28 juin 1794 s'éloigner en toute hâte d'Anvers. Il chercha d'abord un asile à Bréda , mais ne put demeurer longtemps dans cette ville; il gagna de là Rotterdam, et en 1795 il se rendit* en Allemagne. Après avoir aé-
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jonmé quelques mois à Gœttingue et k Osnabruck, puis à Zurich auprès deLavater, auquel l'unissaient les liens d'une étroite amitié, il passa en Bavière, et peu après en Italie, où il habita successivement Florence, Parme, Bologne, Rome et Naples. Il trouva enfin une douce hospitalité dans un couvent de Camaldules auprès de Florence. On a de ce prélat : Éloçe funèbre de V empereur François l^; Louvain^ 1765, in-4% en latin ; Bruxelles, 1766, in-4^, en latin et en français; — Éloge funèbre de Marie-Thérèse; Bruxelles, 1780, in-4* et in-8*. Cet éloge, écrit en français, est jugé bien supérieur à celui que composa l'abbé de Boismont; — Belgicarum rerum Prodromus , sive de historia belgiea ejusque scriptoribus prxeipuis commentatio; Parme, 1795, in-8^* M. de ReifTenberg en a fait le plus grand éloge dans l'édition qu'il a donnée de la Chronique rimée de Philippe Mouskes; — L'Aveugle de la Montagne^ ou entretiens philosophiques ^ 1789, 1793, 2 vol. in- 18; édition augmentée» Parme, 1795, in-8*' ; Rome; 1797, in-4o. Dans les recueils de l'Académie de Bruxelles, 1777 etaon» suiv., Mémoire sur Vancien Brabant; sur la vig<igne et V amélioration de nos laines; sur la pierre Brunehaut dans le Tournaisisf sur la constitution municipale et sur Us privilèges accordés aux villes des Pays-Bas ; sur les écoles et sur les études d'humanités. On doit encore à de Nélis de nombreux Afandéments et Lettres pastorales, soit en flamand , ^it en français. Parmi les manuscrits qu'il a laissés , deux notamment offrent de l'iatérét : Quxstionum Camaldulensium libri quatuor; — Europxfata, mores^ disciplinx^ ab ineunte sseculo XV usque ad finem sasculi X VI II, Ces deux ouvrages étaient sur le point d'être publiés lorsque la mort enleva lenr auteur, qui les légua au couvent des Camaldules» où il avait trouvé un asile. H. Fisqdet.
Sfnoptii actorum ecclctUe Ântuerpiensit, ete., par de Ram. — Mémoires de F^tcadémie des seUnees de Bruxelles^ paislm.— Documenté partieuHen.
9E.i.LEn (Georges-Christophe t comte), canoniste allemand , né en 1710 , à Aub ( évêché de Wurtzbourg), mort à Trêves, en 1783. Il entra dans les ordres, fut nommé en 1748 professeur de droit canon à Trêves, où il reçut un canonicat; il devint conseiller de Télecteur de Trêves et fut élevé à la dignité deconîte palatin. On a de lui : Principia Juris publici ecclesiastici catholicorumad statum Germanie accom' modatês; Francfort, 1746 et 1768, in-8**; — De Concordatis Germanise; Trêves, 1748, — De Jurisprudentia Trevirorum sub Romanis; ibid., 1752 î — De Jurisprudentia Trevirorum belgiea; ibid., 1752; — Jurisprudenlin. Trevirorum anteromana, sub Romanis, sub Francis et sub Germanis, dans le Prodromut historix trevirensis de Montheim ; — Kurzer Vnierri'chl von der alt-rômischen , Jrânhi-
^£LLER —
scheft, tvieriêdmi tmd rheinlàndisehen Pf&n* nigei» umi Èi^lbetn (Bi^e rnit>iicti«> sur Im liardft et toeiiue»v wobmîqs de Kandcniie Bame, des Fraaoa, de Tcèves el des pqrs- mt^nuur) ; itûd., 1763^ — Bisêertûti^ m litt9»btrt% ékpUma Uorrënse {Aîné., I77a;— beaiiMui^ de diâsertatioiie jiiridiique»,. réunie» ea un raoneily
puhlié à TrèveA, 1776^ io-4*. (K
MciMt;it L^xHian^ -> WauUicb» ikiuAricMeii, t. Il et If. - ilirschiog, Handbuck,
nA.iA {Pietrol, poète italien, né à Sienne» TiTail dans le seizième siècle On ne sait rien de sa vie; mais ses ouvrages ont gjirdé quelque notoriété. Le plus connu est un recueil de satires publié pour la première fois sous le titre de Satire alla Carlona di messer Andréa Bergamo; Venise, lâ46-1547; 2 tom. in-8''; réin^ primées en 1548 et en i56Vlôâ6. Satire alla Carlona signifie à peu près satires sans gêne ; «nefTel l'auteur a pris de telles licences à l'égard de la morale et de la religion qu'il crut prudent de se cacher sous le pseudonyme d! Andréa de Berqame; puis voyant que ses satires nVxcitaient aucun orage, il s'en avoua l'auteur^ elles sont au nombre de quarante-deux; une des plus piqjuàntes est intitulée Risa delta marte ; lepoëte y montre la Mort riant aux éclats des passions basses et ridicules et des circonstances comiques qui se mêlent au deuil dans les cérémonies funèbres. Suivant Ginguené, les deux meilleures 8atir4» de rielli sont les Capitoti adressés à l'Aretin. « Nelli, ajoute- t-il, y dit un mal épouvantable du bien, de tout ce qui passe pour bien, de toua les noms, de toutes les phrases proverbiales où le mot Irien est employé; il soutient enGn que c'est Tamour du bien qui fait U>ut le mal sur la terre. L'Idée de plusieurs autres salifes n'est pas moins originale ; mais on se lasse à la fin de ces originalité» uniformes , presque toutes tirées dfes deux mCmes sources, le contraste et la contre-vérité. » Le principal défaut de NeIK , outre la licence de ses idées et dé ses expressions, c'est l'obscurité de son style rempli d'allusions aujourdliui inintelligibles. On a. encore de Nelli : Rime dans la Raccolta d'OttaviaSammaroo; ffadoue, 1568; ^ Sonelli.ed SpiQi'auimaLi;Vetâse, ib72, in-4''.
Un autre écrivain de la même famille, né aussi. À Sienne et dont la vie est aussi inconnue que celle du précÀf enf y G itt5/iniano Selu,. est L'auteur de deux nouvelles intituléesi : Le amorose A'oaelle dalle quali ciascuno inamorato giovane pu4k pigliare molli utili accorgimenti nelU casa d^amorey in-8% sans date et sans indicatioD- de lieu. Ce petit volume, devenu ttès-rare, a été réimprimé à Livourne, 1798, in-8*. Dans cette*, édition » si l'on excepte un tiiage particulier de douze exemplaires, le texte des Ifouelle tu aubi« de graves et nombreuses altérations. Z.
Tiraboscbf, Storta delta letUratura italiana^ t. Vll^ part. III, p. rr. - Glngurné. £ristoire<ttf^rair«(r/falfr. t. vni. p.4si;t. ix% p. n».
RBLLi (Sœur PiautUta)y pcntre d« l'école
NELLI m
florentine , née* à PloRfoe, en tôftl, OMte es li«8Ay selon la pluinrl dis liiograpbeiyhicQ ^'m taiileaa du musée^ê Ilerlin, qui loi ett.itttibué, porte la dalede' i 334 . Prieure dnaoïif eitdsfitiste- Catlierine du Sienne à FleneBoe', ete wt-fomà avoir aaottii modèle mascaUn, et eUedvt se foimir par l'étude sente d'une ootteotien db d«HQs ds FratB qne possédait son couvent. EUe loili oe maiti e ; mais cependant sefftétaeooiisarfèfatk» jours quelque chose de féminin, souvcmr de^religieuses qui seules pesaient devant elle; Ule pàpà à l'huile et en miniature, et^ans tons sesoovng-s eUea fut praiive d'étude» conscicndeuscs «bavantes., là' Académie de Florewe possède l'an et ses. pins inportanto ou¥rages, LeaJUtsrieelpi» sieurs saints pleurant 9W* U mrpsé» Sawveur, tableeu qa'eUe «vatt peiiÉ ponrsos «os-
VeSt* B. D'H'*
Lactiv. Jtortapiltorica; -.>Tlisoai;.DWoN«rto.-C«p taioifiuâ de l'Acad-de Florence et^a.twuéc delsri»
KSLU. ( GiamàaUisUw: ),.arcbitMleîiiliMi né en 1«(81, à Florence, où i» est mod, le? W terobre 1725. Issu d'one famille patriàeais, il comptait parmi see aacètfea la nère dt Mtdû* vei, Bartolemmea de' Nell^. femme 4'iaefRt supédenr. Après avoif étudié la philesa|ites Pise, il s'appliqua en même teiii|)»-9UK muii^ matiquea, sous la dhwtioA de Yinasaao Vinis^ et À l'architecture, dontGianbatUsta fm*^^ donna les premières legoiis. Le premie de m maîtres conçut de lui une sii haute eitàs»¥^ lui légua en moaranl toute se« fiirtane. S«Ui ^^ vint séaateuji en L718, pois «Hraoteor d» ptf^ et chaussées. Bienr qu'il eût oonsacré sa w u travail, il ee mit au ianr aunuu'de 9»Mh^ ce Alt son fil» Cf amenda qui'SeciMi«(eaé!«abiis paratti^ le plus important : Diseersi dé ore^ teUwra (Florence, I7â8, i»^"). On y tronww» bonne description de la cattiédralede FlsKM^r avec dfs reoberdiea sur l'époque de sa 6)nit* tioD et sur les différent» aMhit«oles qui ) «1 travaiUé. Nelli avait composé une Vis dt ^a^ lée , plus complète que ccUe de BMnair<t ^ est restée inédite. ^-
Q -G. ds' NcâU, Motte» à U télé do OiiMi^
iuuAi.{Gimmbmitiêlm'€lememêeK'), ^^ précédent, né en 172&v à'FloiiBBoe,où il estoM^i Ie23 décembre 1793. U reçut à Piseetà Bsio^ oneexceMenleédecaCion, et oeonpa entre aufe» digMléf celle d^ sënatiar. Il ne fut paeéftai^ aux arts dii'deasî»;: maie iJ s'adonna pies ptdl^ culièreneirt èi l'élMlë^lea anUqnité» et detbeH»' lettnesi Oii^ a de hii> : D^serinmie ddte^*^ lica d$ Santa- âÊtria-dei'Fiotie; F*»*»»
1756» Ui-4' ; réirapr. dan» La mtftfo^^ Horent^a iUustretia:(,\h\Aiy «W,iiHPr<^)j — Saggio di stÔHa letteraria jlorentme fl» seeolo XVfi; Lacques, 17i9v in-*". »*w^ mécontent de te notioe relative à son V^^T^ sandro, écrivit contm cet oevrage dwx wf|« (Lacques; 1762, et Pise, 17T4> în-4*); -Jj^ e eommercio lellerariû di GaHlieo «&<««,
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LaiisanDe (Florence), 1793, 2 part. in-4°, fi| Xelli a tiré, dans cette Tie, un exodlenl parti des matériaux amassés par son père. P.
R. deTipaldo. Bioçr. dagli Itaiiani Uluitri, 111.
jfKi^tiir ( Robert ), auteur reli{$ieux anglais» né le 22 juin 1656, à Londres, mort le 14 janvier 1714, à Ken&ingtun. A deux ans il perdit Hon père, riche marchand, qui avait gagné une grande fortune en commerçant avec la Turquie. Après avoir terminé sa première éducation sons la sarreiltance du savant Georges Bull, il alla prendre ses degrés à Cambridge. De bonne heure il fut très-lié avec Tillotson et Halley. Ce fut même dans la compa^^e dé ce dernier, qui Tavait fait admettre en 1680 à la Société royale de Londres, qu'il visita la France et l'Italie. A son retour ( 1682), il épousa une veuve de grande naissance, de beaucoup plus âgée que lui, et qui lui avait inspiré une vive passion. Peu de temps après il apprit qu'elle avait à son insn cédé aux conseils de Bossoet et du cardinal Philippe Hévrard, et embrassé la foi catholique. Sensiblement affecté de cette nonvelli* , il ne perdit rien de sa tendresse pour sa femme, mais il se joignit à Tillotson et à d^autres théologiens pour la ramener au protestantîsme. La contraverse inotite qui s'engagea par lettres à ce sujet a été publiée par Hiclies ( Londres, 1675, in-S*). Après la chute des Stuarts, Nelson se rallia au parti des non-jureura, et norni des relations intimes avec plusieurs évêques dé)H}ssédés, entre autres avec KettlewelT, Kenn et Lloyd. Bien q^MI se fût séparé de l'Ég?i!u> officielle, il n'en déploya pas moins un grand zèle pour la propagande chrétienne et Tes établissements d^ bienfaisance. En 1709 il se rallia an clergé assermenté. Par son te^^tament, il légua tous ses biens, qui étaient considérables, aux écoles de charité qu'il avait fondées. On a de lui : A*compnnion for ihe festivals and feasts ; I.ondres, 1704, in-8*; réimpressions nombreuses; — Tàe Praclice o finie dévotion ; ibid., 1708, in-8!; — Ufe oflnshop Bull; ibid., 1713, fn-8^; — plusieurs ouvrages de piété. K.
Cbaliaen, Gênerai biograph, Di^ionart.
NiSLSCMr ( fforatio, vicomte), le plus célèbre amh^l anglais de notre époque , né le 29 septembre 1758, à Bûmliam Thorpe, village du comté de Iforfolk , mort le 2 1 octobre 1805, à la bataille de Trafalgar. lî était le cfnquième fils^ d'Edmond Nelson, recteur de Bnmbam. Sa mère s'appeleif Snckling: et était petite -fille d'une sœor aînée de sir Robert Walpole. A la mort démette mère, la famiire se trouvait composée de hait enfants, et ses ressources étaient médiocres. Le jeune Nelson reçut les premiers éléments de l'éducntien à l'école de Norwich. Il venait d'accomplir' aer douze ans quand il vit dans on jovmal que son^ oncle, le capitaine Snckling, venait d'être pronm an commandement d'un vaisseau de Kgne. « William,, dit-il à un de ses
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frères, plus âgié, écrivez à mospère queje voudrais aJter à la mer avec l'onck Mamâee. ■• Le père y censeatit volontiers. Ce fut le capitaiae qnt fit des objectiooA : « Que vous a fait ce pauwi») Horatio, si petit, si malingjre, peur 6tre destiné* entre tous ses frère» à notre rude métier? Qu'il vienne pourtant : au premier combat,, on bom^ let de canon peut bii emporter k tftte, et le pour*voir ainsi à tout jamais. »• L!enfant? partit, tont seol, le cœur bien grœ^ et arriva ainsi k bord du navire, alors à Vmmt» sw le bord de la Medr wa). Il éprouva dana toute leur amertume lai tristesse et le» fatigues qu'entraîne l'initiation k la vie de marin. Qiielqfies mots apvë\ le capitaine Suckling, ayant passé sur un vaisseau de 74, ea station dans la Tamise, jugea que ce service ne convenait pas- à l'édoeatioa de son neveu^ et le fit embarquer sur un navire nuirchand qû allait aux Antilles. Il n'en revint qu'au bout devingt mois (juillet 1772), et ayant appris qu'on équipait une expédition pour le pâle nord', il tenta tontes sortes de démarche» pour être' ad^ mis sur le Carcas». Le capitaine, touché de son ardeur et de ses prières, y consentiL
Nelson avait rapporté de son voyage aox Antilles, une certaine instruction pratique. Il retendit et la perfectionna dan» la: nouvelle expédition. « Lorsque les embarcations furent équipées pour quitter les deux vaisseaux tiloqués par les glaces^ dit-il naïvement dans on récit abrégé de sa< jeunesse,, je m'efforçaii d^obteoir le commandement d'un cufter à quatre ranes, lequel, en effet, me fut confié avec douae hommes d'équipage* et je voulus croire, non sans, un peu d'orgneil, que c'était de toutes nos embarcation» la mieux, conduite et la mieus. commandée, w- Uf montm bientôt un fonds de singulière intrépidité. Unei nuit , il s'échappa avec un de ses eamarcides* pour poursttvf re un. ours qu'ils^ avaient aperçn. Le capitaine et ses officiers, ne saehant ce qn'ièft étaient devenus , commençaient à être fort ia-* quiets. Le temps s'étant éclairci de grand matin^ l'on distingua, à une grande distanee, non deux aventiiriers aox prises avec, un enm énorme. A l'instant,, le signal leur fut donné- de. revenir. Malgré les conseils de so0 oamaïade, Nelson n'obéit peint. Les munitions éiaieqf épui«> sées, le bassinet du fusil hors d'état : « Si je puis seulement l'atteindre avec la crosse» criaib>< il, il est à mot » Le capitaine, vojant que ans premier signal n'avait rien produit^ fit tirer ua Cpnp de canon, qui força Tours à battre en re^ traite. Nelson revint alors^ an peu inquiet den suites de sa désobéissance. Il reçut nue sévère réprimande, et le capitaine ayant demandé dana qnel but il s'était exposé à poursuivre cet ours : « Monsieur, dit l'aspirant, d'un air sérieux. Je voulais tuer Tour» pour en rapporter la peau k mon père. » Au retour de l'expédition (1774)^ Nelson, toujours dirigé par son oncle, pasea sur le Sea-Honet de 20 canons, q^i parlait pour les Indes orientales, avec Tescadre oemmaÎMlén
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par sir Edward Hagbes. Sa boDoe conduite lui valut bientôt le grade de midshipman. Son service fut très- pénible, mais étendit beaucoup son expérience. Il visita, dit il lui-même, presque tous les ports entre le Bengale et Bussorali. Les fatigues et la terrible influence do climat altérèrent gravement sa santé. 11 n*y avait d'autre chance de se rétablir qu'un retour en Europe. Il s*y résigna bien à regret; déjà une haute ambition échauffait son Ame, et les moyens de distinciion et d'avancement semblaient lui échapper. Le découragement le dominait. « Un jour, cependant, raconte-t-il , après une longue et sombre rê?erie, qni m'avait fait songer à me jeter par-dessus bord, une sorte d'exaltation patriotique vint m'animer. Un rayon de lumière, qui me semblait venir du ciel, dissipa le nuage qui obscurcissait ma vue. Je me figurai que mon roi et mon pays seraient mes patrons : eh bien ! m'écriai-je, je serai un héros digne de l'un et de l'autre! je me confierai à la Providence, et braverai tous les dangers. » Ce moment d'exaltation exerça une grande influence sur sa carrière; il avait toujours devant les yeux une étoile pour le guider à la renommée. Pendant sa traversée sur le Dolphin^ sa santé s'améliora, et à son arrivée en Angleterre, il se trouva en état de reprendre du service (1776). Son oncle le fit nommer lieutenant aspirant sur le Warcester^ de 64, qui accom^iagnait un convoi destiné à Gibraltar. A son refour, il passa avec distinction son examen de lieutenance, et fut promu au grade de second lieutenant sur la frégate la Lowesioffe, de 32 canons, destinée à un service actif dans les Indes occidentales. Elle était commandée par le capitaine Locicer, qui devint un de ses amis les plus intimes. « C'est à lui que je dois, disait-il plus tard, de savoir aboitler un Français; — Lay a Frenehman close; — me répétait-il sans cesse; — and you foill beat htm, » PTy a-t-il pas là le principe de sa tactique si audacieuse à la mer? Chaudement recommandé par son capitaine au commandant de la station, il passa sur le vaisseau le Bristol^ devint bientôt premier lieutenant, et monta sur le brick le Blaireau, qu'il commanda en chef (déc. 1778). L'année suivante, il passa comme post-capitaine sur le ffincMnbrook, de 28 canons. C'est à bord de ce bâtiment qu'il fut chargé de transporter et de convoyer cinq cents hommes de Port-Royal au cap Gracias-a- Dios. Sa mission se terminait dès que le corps aurait atteint la rivière San- Juan; mais voyant que pas un homme de l'expédition n'était en état de la guider, il pénétra avec ses chaloupes dans les eaux basses de la rivière. Il courut beaucoup de dangers, ainsi que le reste des troupes. On a'empara de douze forts ; mais le succès fut chèrement aelieté. De dix-huit cents hommes qui composaient le corps, il en revint à peine trois cents. Nelson fut attaqué d'une maladie grave, suites du climat et des fatigues, et partit pour
la Jamaïque (1780). II obtint la peimissios de revenir en Angleterre pour se rétablir. Après avoir usé quelque temps des eaux de Bath, il sollicita de l'emploi. On lui donna le commandement de VAlbemarle, de 22 canons, qui fut envoyé dans la Baltique. Dans l'état de sa santé, la transition était un peu brusque, de la Ja-. maîque à la côte danoise ; mais il ne voulut ni se plaindre ni désobéir. Toujours ardent poor s'instruire, il acquit une parfaite cooDaissance de la côte du Danemark et de ses différents sondages. Ces études semblaient alors sans bot; mais elles prirent une grande importance en 1801. VAlhemarle fut ensuite envoyé au Canada poor une croisière, et peu après la paix de 1783 revint en Angleterre. « La fin de la guerre to'a laissé sans fortune, écrivait-il & un négociant de ses amis ; mais aussi , -> je puis m'en assurer aux égards qu'on me témoigne, — avec uoerépfh tation saAs tache ; le véritable honneur remporte chez moi sur toufe pensée cupide. * Il avait vingtcinq ans, et, comme on a pu le voir, ses débuts dans la vie avaient été pénibles, étson serriceactif et souvent dangereux. Mis à la demi-solde, obligé de vivre avec beaucoup d'éiconomie, il passa ea France avec un de ses amis, le capitaine Macnamara. Le but ostensible était d'approidif le français et de voir une société nouvdie. Us deux amis s'établirent à Saint-Omer, et ils y restèrent jusqu'en mars 1784. Nelson nous doue dans son Journal un tableau plein d'intértt et d'amusement des mœurs et de la société do temps. Nous y renvoyons les lecteurs. Il était disposé à reprendre dû service, et à soo reloor en Angleterre lord Howe, premier loid de IV mirauté , lui confia le Boreas , frégate de 28 anous, destinée à la station des Iles sous le Vent Nelson y passa plusieurs années, et y rencontra avec le duc de Clarence ( depuis roi d'Aagie terre) ; ce prince nous a donné longtemps après la mort de Nelson , un récit piquant de cette entrevue, et de l'impression que lui fit « ce jeune capitaine, le plus petit qu'il eût encore vu, d'un aspect bizarre et presque ridicule, avec v^ habit galonné sur toutes les coutures, mais dont la conversation et les manières lui parurent séduisantes, plein de feu et d'enthousiasme toutes les fois qu'il était question de marine, et paraissant dévoré, sans la moindre afTcdation, du désir de servir utilement le roi et le pays ». Dans la position où il était, le second à donner des ordres, Nelson eut à lutter contre des difficultés de plus d'un genre. Les Américains, se prévalant des papiers de bord qui leur avaient été délivrés tandis qu'ils étaient encore sojeU anglais, continuaient alors , dans les lies sous le Yent appartenant à l'Angleterre, un commerce très-actîF et illicite. VActe de navigation interdisait aux étrangers toute sorte de néj^ooe avec ces ties. Depuis leur séparation, les Américains l'étaient devenus. Nelson résolut de faire exécuter les prohibitions, et de concert stcc
NELSON
àon atni Collingwood (alors capitaine da Mediator), il agit anprèa de sir Richard Hnghes, commandant de Tescadre. Mais la mesure froissait trop d'intérêts pour ne pas susciter une tîtc opposition et de deux cdtés. Nelson s'étant rendu près du gouverneur des tles pour lui communiquer les résolutions qui avaient été prises , celui-ci, tout courroucé, lui répondit que « les TÎeax généraux n'étaient pas accoutumés à demander avis aux jeunes gentlemen, » — «Monsieur, répliqua aussitôt le jeune ofHcier, je suis du même âge que le premier ministre d'Angleterre, et je me crois aussi capable de commander un vaisseau qu'il peut l'être de gouverner !e royaume. » Résolu à faire ce qu'il considérait comme son devoir, Nelson saisit à Nevis, quelque temps après cette fière réponse, quatre navires américains, richement chargés. L'orage éclata contre lui. Les planteurs, la douane, le gouverneur lui-même se déclarèrent contre un acte qualifié d'inique. Toute la colonie se souleva contre le rigide capitaine. L'afTaire suivit son cours replier; mais en définitive les quatre navires furent condamnés par la cour de l'amirauté. Nelson ne se laissa pas effrayer par les menaces de procès et d'arrestation qui le. poursuivaient jusque sur son bord. Il s'était formé contre lui une coalition d'intérêts et d'inimitiés qui l'accablaient d'accusations et de dégoûts , et il n'était soutenu que par le sentiment d'avoir rempli son devoir. Ses supérieurs lui étaient en secret hostiles ou fort tièdes à le défendre. Pendant qu'il commandait la station de Nevis, il fit la connaissance d'une jeune veuve, mislress Nisbett, nièce de M. Herbert, président de l'Ile. Elle éUit belle et bien élevée. Nelson se prit d'amour, et le mariage eut lien en mars 1787. Peu après , le Bo^ reas revint en Angleterre. Nelson fut reçu trèsfroidement par l'amirauté, tant les spéculateurs des Antilles avaient été actifs et habiles à susciter contre lui des préjugés, des accusations et même des persécutions. Il se retira dès lors, au sein de sa famille, aigri, irrité, et n'attendant qu'une occasion pour renoncer au service. Lord Hovire l'invita un jour à venir le voir. La con- Tersation fut amicale et de nature à calmer le jeune capitaine; mais il n'obtint pas d'emploi, et ce ne fut que vers la fin de 1792, au moment oà l'Angleterre et la France allaient entrer dans eette terrible lutte qui a inauguré le dix-neuvième siècle , que cessa son apparente disgrâce; le 12 janvier suivant, grâce aux efforts du duc de Clarence et de lord Hood , il fut promu au commandement de VAgamemnon, de 64 canons, et envoyé dans la Méditerranée (janvier 1793). Ici commence une nouvelle phase dans la vie de Nelson, celle qui rayonne de l'éclat que répand la gloire des grands exploits. VAgamemnon faisait partie de la flotte commandée dans la Méditerranée par lord Hood. Toulon venait d'être livré aux Anglais. L'amiral détacha aussitôt 1'^ifixmemnon de l'escadre, et chargea Nelson de
T porter des dépêches à la cour de « Naples. Il y rencontra sir William Hamilton , envoyé d'Angleterre, et sa femme, lady Emma , dont la beauté et les charmes irrésistibles lui avaient fait une sorte derenommé&dans toute l'Europe. Née dans la misère, élevée dans l'abandon, tour à tour la maîtresse de deux ou trois protecteurs , elle était devenue, grâce â sa beauté, la femme légitime de sir Williiam au commencement de 179! , et l'amie adorée de la reine Caroline (t'oir l'art, lady Hamilton). Alors commença, sons les auspices de l'ambassadeur, cette liaison qui ne finit qu'avec la mort, et qui devait être si fatale à la gloire de Nelson. A cette époque , rien ne fit pressentir cet attachement passionné et romanesque qu'il montra plus tard. DeNaples il partit pour Tunis, et sur sa route il attaqua une frégate française. Il s'attira quantité de boulets qui endommagèrent le gréement de VAgamemnon , ce qui ne lui permit pas de suivre la frégate. Sa mission à Tunis était de détacher le dey de l'alliance de la France. Mais il y trouva un prince qui connaissait ses intérêts et la politique de l'Europe, et sa diplomatie échoua. De retour, il demanda à être envoyé avec la petite escadre qui allait en Ck>rse porter secours à Paoli. Il montra à Bastia et à Calvi cette opiniâtreté audacieuse qui était le trait saillant de son courage. Au siège de Calvi , les débris enlevés par un boulet le frappèrerit âi la figure, et un œil fut gravement atteint et perdu (1794). L'année suivante , une flotte française eut ordre de disputer aux Anglais l'empire de la Méditerranée. L'escadre anglaise, commandée par l'amiral Hotham, successeur de lord Hood, comptait quatorze vaisseaux de ligne, outre un vaisseau napolitain de 74; mais le cadre de ses équipages n'était pas complet. Les Français étaient supérieurs en nombre. L'amiral anglais n'hésita pas à engager l'action. Nelson y donna des preuves d'une extrême bravoure autant que d'habileté. VAgamemnon eut ses voiles et son gréement hachés , après plusieurs engagements, et il avait tellement souffert, qnll fut renvoyé en Angleterre (avril 1795). L'amiral était content du résultat de l'action : on avait fait beaucoup de mal à l'ennemi. Le fougueux Nelson n'était pas de cet avis : « Sur onze voiles, dit-il , nons en aurions pris dix si nous avions fait notre devoir jusqu'au bout «. C'est à propos de cet incident qu'il écrivait peu après ces lignes caractéristiques : « Je voudrais être amiral et commander la flotte anglaise; en bien peu de temps j'aurais t)eaucoup fait, ou je me serais perdu. Ma nature ne se prête pas aux lenteurs, aux demi-mesures; je suis sûr que si j'avais commandé le 14 à la place de l'amiral Hotham, on bien la flotte française tout entière eût illustré mon triomphe , ou bien je me serais mis dans les plus damnés embarras ». Le reste de la campagne, Nelson fut chargé de commander l'escatire qui devait , d'accord avec l'armée austro-sarde»
lŒLSOlV
chasser les Français de la rivière de Gènes ; puis il présida à Tévacnation de la ^Corsc qui avait été décidée par le ^uvemeraent anglais. 11 mit un certain .amour- propre à s'embarquer le dernier : « J'ai va , diaait-il , le commencement et U fin de la conquête. » La paix conclue entre Naples et Ja républiqae française rendant la présence de la flotte anglaise sans objet dans la Méditerranée, sir John Jervîs, qui depuis peu Avait remplacé Hotbaro, la conduisit sur les côtes de Portugal, pour surveiller la flotte espagnole. .Kelson avait été chargé de conduire nn> convoi de l'Ile d'Elbe à'Gibnaltar. Pendant la traversée, «on grand souci était la crainte d'arriver trop iard., après quelqoe grande bataille. A I'«roiMMichure du détroit , il rencontra .1rs vaisseaux espa^olfi^ et .ayant rejoint «ir John Jervis à la hauteur du cap Saint- Vincent, il prit aussitôt le commandement du Captain , de 74 canons, et Tamiral donna le signal à toute la flotte « de se préparer au conbat ». La Hotte espagnole , forte de vingt-sQpt vaisseaux de guonrre et de douxe frégJLtes, avait quitté le port de Cadix dans les premiers jonrs de février (1797), et naviguait vers Brost, afin d'en rompre le blooos et, ralliée à ila flotte hollandaise, de balayer ensuite l'esoadre que rAngleterre avait dans Ja Manolie. Sir John Jervis n'avait que quinze vaisseaux de ligne et six frégates; mais il résolut, malgré cette infériorité, d'empêcher à tout prix la -jonctien des escadres. L'action s'engagea le 14 février, fiir Jotui Jervis s'y montra habile mariB., en ptrofitanl ^s fautes de l'amiral espagnol, et Jïelson s'y couvrit de gloire par l'andaœet la rapidité rie ses attaques, il diorda le JSan- JVico/os, et y. planta le pavillon anglais; puis Je San-Joté, àe 11 2 canons, qui commençait à Cure feo «ur le vaisseau capturé. Il «s'était élancé avec -ses ^raarinsu, en s'écriant plusieurs fois *: « W<estmio6ler Abbey ou la victoire! » Son audace impétuense renversa tous les obstacles, et «■ arrivant sDr le gaillard d'arrière, il y itnanva le «apitaine du San^Jesé firftt à lui reffuettfe son épée; le teste des officiers en flt autant, et le commodore, embarrassé de tontes oes amies .qa'«n lui présentait , les passait l'iiHie apfès l'antre à «■ matelot. La vidaire, do reste, était chèrement ack^ée : Je Captain avait «n vingt-tnois hommes tués«ti}in(|oaiit&«iK blessés; son mât de faune avait été brisé.; 4»as nne voile 'antiène, ni nn hauban , ni un cordage. D'autres navires anglais avaient été aussi «fort tmÉlIraités. La flatte espagnole «ttait encore assez forte pour recommencer le canit>at. Mais Tamiral 'es^Mgnel ouvrit nn -conseil de i^uerre, où un «lauvèl engagement lut combattu par la minorité. «La fianiixsinm-Trimidad^ «oîosse maritime de 136 canovM, sucœssiveroent aux prises iiwec Jervis et Collingwood, s^'étaît rendue à VOn&n , «capitaine Sanmarez. Le vaisseau cbaiig^ d'assaver la .prise «e «it ,pas , À aanse de ila fumée, le signal 4e Ja Réfute, «t là^SmUiÊitmia TfPénvdcd
profita de l'erreur ponr s'éloigaer. LeréwlUt de cette bataille lut la prise de quatre fn» vaisseaux. L'eflet moral de cette victoire fut immense. L'Europe, saisie d'étonnemeat, ippiit par là que ie nombre n'était rien contre lliibiké maritime et le courage des Anglais, ef k butbardenwnt de Cadix, qui suivitdeprès,; ajoali un sentiment de terreur (lévrier 1797). Cette viiclo'j« valut À Jervis le titre de comte de Sait- Vincent ; elle commença la renommée de NelMi, qui ftit nommé contre-amiral et dbevafier de Tordre do Sain. Sir Jervis l'ayaot aslunsé ï garder l'épée du contre-amiral espagnol, il et lit hommage au maire «l à la corporatioa de !for* wioh, qui Ini accorda les fraDchiàes nonitipiies. Mais de tons ces témoignages de reoosDaisttiice, aucun ne le toucha plus vivement qv'aoe ktbf écrite par son père. £lle est ^trop pemtfqaaiiie pour être omise : « Je bénis Dieu, loi disatie vieillard , de toutes les forées d'une âme nennaissante, ponr m'avoir eonf«rvé imfilseMBi^ vous. Kott«seBlement les rares csonsiflsaaflBiiftr j'ai ici , mais tons mes autres GoncitoyeB«, nV bordaient dans la me avec des persies si btteuses, que j'ai dû renoncer à paraître eo puU^^ Bien pan de-flls, mon cher enfant, luDtfinein!; à la diautear glorieuse où vous oot porté vw b* lents et votre Itravoure avec l'aide de la Mnëenoe. La joie que j'en ai ffessentie,ct<f>eje contenais en vain, a mouillé de lanaMiBOÎBi^^ sillonnées de rides. Qui donc à ans phceitticoueiUi d'nn oeil sec des félidtalioas sow ^ nimes? Partout, dans les rues de iatb, rd»; tissent le nom et les exploits delielioa, a» bien sur les lèvres idn chanteur dei lott ^ dans l'enceinte du théâtre publie. *
Nelson à cette époque comptait ticste-bal ans et eent vingt «combats; mais Ja^KJIj passé , même cdie de cette grande jowsée, vp appelait lui-même le « très-^rieaxJsardefiiBt Valentm, » devaU pâlir devant ce qu'il était destiné à accomplir avant dequitter ce moade. Otie bataille du «cap Saint- Vincem fait é^Mp»-j^^ ià qu'il introduisit ces manœuvres iiarditf^ moyen desquelles une escadre bien ^^^^^'^ et montée par des marins expérimentés, pw avec assosasce attaquer et'tettre des forces trisanpérieniies, «i eUes ne aavent pas BMœsrifr avec «ne «gimide célérité , «et surtout avec on»' teliigent ensemble. «Cette lactique demsadestai tout pour nénasir un amiml habile «t«»l*^' des marins très-OKeraés et animés de^oo e^- Au mois de inillet suivant, Nelsen parit à b «^ d'une expédition dirigée contre Téaériffe. Cm lui qui l'avait «ODçne et ps «posée, paor s'^npaïf des galionsmexioaÎBS que Ikm disaitarreiéspr^ de cette Ile. On Jul donsnipmife iraâiseii^ Jiigne, Irais frégatas-et un art««r;BBaisanep«« «des Groupes Mtiiées de iMM?Elbe M <ij[^^ lies «aimes et les eourante ""■'^^^'''^''y f!rf man^ner nne enlseprise de nuit «eatre 1« »* ^nla-Crux,il fiyiut se déoderè une wma»^'
KELSON
laqoe. A onze heares 0a soir, les ehalmipeSyCOiitraaiit cnvirott mille hommes, se dirigèrent vers le môle. FaTorisées par kumit, éllea arrivèrent à une demi^ottée decanoii de la jetée où Ton -voulait débarquer. Hais la place était iiar le qai-vive,et au premier signal qui en paitH, ordre fut donné aux thatoopes de s'éparpiller et de ramer ^vers le rivage, les fispagnols avaient'fait d*«xcellents préparalITs. Aa\«ons du tocshi, quarante pièces de canon , 'braqun^s sur la mer, ouvrirent leurs feux, lamottsqueterie éelatalelongdesmnràflies. La plufMTt des t^aloopes maoqoèrent la jetée, ou arrivèrent au rivage à travers beaucoup de dangers. Ocpendant Nelson, ncoompagné de trois de ses eapitainea et de deax cent hommes d'élite, arriva no-mdle et l'emporta d'aasaot, malgré une Tigeureuae d^ense. Alors la fusillade devint trèn-Tfve, tant de la citadelle que des maisons de la jetée, et les assaillants, en partie tués ou blessés, ne purent s^avancer. Au moment on famiral sautait hors de -sa barque, il «vait été atteint d'une baHe au bras droit. ^nt>eaQ-fil8, le lieutenant Kistiett, qui henreosement avait voohi raoeompagner. lui donna les premiers soins, et serra fortement sa cravatte de soie aotour du bras, pour arrêter l'effusion do sang qui coidait en abondance. Sans ce secours, Nelson eût probablement péri. Il eut beaucoup de pehue à arriver à bord-d*nn vaisseau. Le désastre de l'expédition fnt 'complet. Un capitaine anglais parvint par saprésenee d'esprit à obtenir du gouverneur l'emlNirqoement litire de ses troupes, thielques centaines d'hommes avaient été tués ou blessés , particidièremefit parmi les ofiicieTS de marine. La hl essore de Nelson t^t si grave, qnerampntation devint nécessaire, fille fut mal faite, et les suites en forent longues et douloureuses. Bien qu'il affeCtSt de supporter froidement le re- -vers qu'il av>rit essuyé, son 'Ame en Ait profondément affectée. Dans une lettre qu'il écrivit, de la «main gauche, à lord Saint-Vincent : « Je SUIS devenu , ini dit-il, un fardeau pour mes Sfnis , un être inutile pour mon -pays.... -Se «n'en vais ^ 'ici ponr ne plus me montrer nulle .part. » 9l8is antieu deTsAiandon qu'il craignait, le roi et r»mrrauté kii adressèrent des félicita:: lions , et ^e gouvernement lui accorda -nue pension ^e l^€«0 Irv sterling (?6;0M) fr. ).
Nelson passa plusieurs tmois en Angleterre ponr sa guéri son comfdète, et dès qn'it fut en état de reprendre du service, il plaça son pavillon sur le Vanguard, et aNa irjoindne 'loivi Saint -Vioeent dons la 'Méditerranée ( décembre 1797 ).
T«nite l'Eorepe était fliors rrfementpréoeonpée de cette «enipédition 'mystérieuse que Bonaparte avait obtenue do Bireetenre , et dont les immenses pTépamtife annon^ient l'importance.
On se deinindeit sur queiie partie del'imivers allait tomber 4a foudre. Lord 'Saint- Vincent, ayant jugé «nécessaire ^ rester •dewnt Cadix, ahargea NeteoB' d'aUerwveiUer l'«miement qui
s'aehevdH dans le port de Toulon, et lui donna une * escadre de trois vaisseaux de Kgne, quatre frégates et un sloop. Parti de Gibraltar, le •9 inat 1798, Nelson M assailli 'le Î9 dans le goUii de Lyon d'une 'teinpête qui maltraita et dispersa ses vaisseaux, et l'bbligea de relftcher dans let>ort de SdnPietro (Sardaigne) peor 'se radoi/ber. Pendanft ce temps, la flotte française avut quitté Toulon et cinglait vers f^Égypte. Ef<t-oe fatitede frégates, comme Nelson Ta souvent répété, ou par soile de la violente tempête qui faillit le faire périr, ou par quelque secret de la Providence, que Bonapafte et son armée -écbappèrent à l'ardent amiral ? C'est ce qui serait impossible de déoider. ^n passa à quelques lieues les uns des antres-; un conflit, quel qu'en eût été le résultat, aurait singulièrement changé la destinée de TEurope. Désespéré de ee contre-temps, Nelson, aprèi «voir reçu dix vaisseaux de renfort, parcourut la Méditerranée à la poursuite de l'expédition française. Il loucba è Meseise, longea les cAtes lie ia Morée, fnnit devant Alexandrie ; partout des indices de in flotte; mais cette flotte, si ardemment cherchée, elle semblait insaisissable. Lorsqu'on apprit en Angleterre que les Français étaient déjà en •Egypte,' il n'y eut qu'un cri oonlre l'imprudence de l'amiral anglais , pour avoir confié "à on si jeune oflider une mission aussi importante. Il Ait 'même question de traduire "Nelson devant un conseil de guêtre. Cependant Tielson, plein 'd*irritation «( de doolenr, leuelia à Candie, "visita les côtes de Syrie, et revint en tonte hâte ^ersla Sicile pour'se raWtdHer. !« geuvemement de Naples , alors en paix avec la République, ne ^voulait accorder, par crainte de guerre, aucon secours à rescaHre'an|(laise. Mais, grâce à l'influence de Sir flamilton, et surtout de lady Bmma, des ordres «secrets «expédiés aux gouverneurs lui ^h'ent obtenir lesueconrs uéoes- 'saires. £n quittant ■lepoi't'deSyiiicuse. où II était rtêté cinq jours, Nelson écrrvait à 'lord Snnt- Tnwent , ^ans les .termes les plus énergiques, K qu^ «anmit bien trouver les Français , fm- «ent'iis frétés pour les antipodes et au-dessus des Ilots «, et le 25 ijoillet il se dirigea veMUa Morée, de là -vers l'Egypte; et le l*' aettt ■les vaisseaux anglais nrrivbrent'cn ^«e d^Alexanérie. Ce ftit uvec un indioible transport de joie tiulenfin il «perçut Ua 4oi^t «de mâts de le flofle ffançaise, <à Taneve 'dans la rade ffAbonlnry à-ibL Keues d^Atexandrie, près de^rembooehure du NU. L^mûnft «Bmeje 't^raiit •embonsée m •demi^cerde, iparaNëlemsnt 'au Tivage tf*AboUkn* ; 'Sa fauslie «était protégée par Itlot de ee iiom^ 'Otii'onopoyatt ta pesée âmprntioaMe; sa^dpelte, %«iaeeap<pins aeoessible, «élait ddCenduepertses •waiseeaoft les plusfoits «et 4es mieux commandés. U avait en touttreiae vaisesaux de Mgneet qnatns frégntes. "La oOte «n'avait '|)as de ^biit- 4eries'; uu <liers des équipages 'était à terre. Nelien, :apfèi'ainir eMmiié eea diiqiOBitians»
NELSON
r(^solat sar-Ie-charop de pénétrer entre la ligne fi-ançaifte . et le rivage, de prendre ainsi entre deux feux, en agissant avec toute sa flotte, une (partie des vaisseaux français, et de les écraser ^vant qn'ils pussent être secourus. Toute la question pour lui se bornait à vérifier si le passage était praticable ; un pilote grec qu'il avait à son bord l'assurait qu'il l'était, et se changea de conduire le vaisseau de 50 qui devait montrer le chemin aux autres. Le capitaine du Vanguard ( vaisseau amiral }, M. Berry, mis au 4x>urant de ce' plan d'attaque, l'accueillit avec transport : « Si nous /"éussissons, s'écria- t^il, 4]ue dira le monde? » — *> Il n'y a pas de 5i, lui répliqua Nelson , nous réussirons très-certainement ; mais qui de nous vivra pour raconter la victoire, ceci est autre une question. » Depuis plusieurs jours, dévoré d'anxiété et d'impatience, il mangeait et dormait à peine. Il se fit servir à 4llner, tandis qu'à son bord tout se préparait pour le combat. Le repas fini, il renvoya ses officiers à leur poste, et leur dit : « Adieu, Messieurs, demain avant qu'il soit tard, j'aurai gagné une pairie ou une place à Westminster.» Vers six heures du itoir, il s'avança hardiment en ordre de bataille. Le Culloden , qui était le chef de file anglais , échoua sur un bas-fonds, et servit en quelque sorte de balise à d'autres bâtiments. A mesure que les vaisseaux franchissaient la passe, ils ^'embossaient chacun derrière éh des vaisseaux 4ie Brueys. Nelson, avec l'autre moitié de ses forces, se rangea du c6té de la mer, et par cette manoeuvre mit la flotte française entre deux feux. A six heures et demie, l'action devint générale, et, malgré Tobscurité qui croissait, elle «ontinua des deux côtés avec une ardeur extraordibaire. Cette bataille fut effroyable. Deux mille bouches à feu, servies avec une grande activité, vomissaient à la fois la mort et le désastre, et leurs flammes rouges, se projetant sur les flots obscurs, donnaient aux vaisseaux l'aspect d'un volcan en éruption. Les Français firent tout ce que le courage le plus héroïque pouvait accomplir dans une position aussi désavantageuse. L'infortuné Brueys avait été blessé deux fois. Vers huit heures, il est renversé par nn boulet. Gantheaume, son ami, veut le faire emporter au poste des blessés : « Non, lui ditil» en lui serrant la main, un amiral français ^oit mourir sur son banc de quart. » Il expira an bout d'un quart d'heure. Son vaisseau amiral, V Orient, de 120 canons, attaqué, foudroyé par quatre navires anglais, continue sa résistance héroïque ; mais vers dix heures, l'incendie y éclate. Comprimé sur un point. Il reparaît bientôt sur un autre. Les progrès sont rapides , désespérants , et pourtant il continue toujours à tirer. Bientôt ce n'est plus qu'une masse embrasée, vomissant des torrents de flamme et de fumée. Plusieurs officiers et matelots, prévoyant la catastrophe prochaine, se précipitent dans la mer du haut des bastingages.
De ceux qui se sauvaient ainsi, la plupart forait recueillis par des chaloupes aogtaises; d'tulm arrivèrent en nageant jusqu'aux sabords de» canons du Swk/Uure, et Ton suspendit le feo pour les recevoir. Vers onze heures, le fn «(• teignit les poudres à bord de l'Ortenf, et le vaisseau sauta avec une explosioa époimitable, et, au miUeu d'une clarté ârioidisiote, il lance dans les airs ses mâts, ses verguei, tes membrures, ses canons. Il y avait encore k bord cinq cents hommes. Les deux escadres fonul criblées de ses débris, retombant du ciel. Peodant un quart d'heure, elles restèrent dus h stupeur et un silence de mort; pois Ibcuodnade recommença aussi vive que jamais. ËSe faiblit un peu après minuit Les premières clartés du jour permirent de voir combien 1> victoire avait été complète, combien honilik était le désastre de notre flotte. « Ce n'est pas une victoire, c'est une conquête! « s'écria Nelson, quand il put apprécier l'étendue de m triomphe. Sur treize vaisseanx de hiot bori qu'il avait trouvés dans la baie d'Abookir, neuf étaient pris et deux brûlés; sor qiutrt frégates, une avait coulé bas, l'autre était iicendiée. La perte des Français se moDtaîl ï cinq mille deux cent vingt-cinq hommei; trois mille cent cinq étaient prisonniers, et /oreot renvoyés à terre, y compris les Uosés. Les Anglais n'avalent perdu qu'un de leurs eipitaines , et huit cent quatre-vingt-quime boiBmes, dont deux cent dix -huit tués. NeNi fot blessé à la fête d'un éclat de mitraille. Oa craignit d'abord qoe la blessure ne fût mortelle, car la peau de son front avait étédétacbee^ l'os, et le sang avait coulé en aboodanee. li n'en continua pas moins à donner ses ordr» avec un admirable sang-froid. D'après roamet du chirurgien, on fut bientôt rassuré, et an repos absolu fut prescrit à l'amiral , repos imposable dans yn pareil moment d'exaltation et de jôCi et qu'il n'observa point. De grands cris loi ayut appris que le feu gagnait à bord de VOriatti remonta comme il put à travers les escilie» obscurs sur le tillac, au grand étonnerDentdetoss, ta tète enveloppéede bandages, pour donner ordre qu'on envoyât des chaloupes au secours. Poo^ l'honneur de l'humanité et de la vérité, de pareâ^ traits ne doivent pas être passés sous silence. La bataille d'Abookir produisit en Europe, es Angleterre surtout, la plus vive sensation. Plo^ l'anxiété avait été grande au sujet de l'expéditi^ d'Egypte , plus ce desastre , si imprévu, qui sen- Malt condamner l'armée française à unedestro^ tion certaine, causa une immense joie. Tooj f^ souverains ennemis de la France, le soltan, lec^ Paul, le roi de Naples, etc., s'empressèrent * prodiguer à Nelson de magnifiques préstBt^ En Angleterre l'enthousiasme national fat « comble. Le roi créa Nelson baron du PW/^ de Bumham-Thorpe, avec une pension wF de 2,000 liv. st. ( 50,000 fr. ) réversible an »
KELSON
têfe de seg deux saccesseara immédiats. L'opimon publique troara que ce titre n'était pas au niveau du senriee rendu , après ce que le ministère aYait fait pour le vainqueur du cap Saint-Vincent. Pitt êè justiGa par de pauvres raisons, et Nelson fut très-blessé de ce qu'il regardait comme une ingratitude de la part des ministres. Ses concitoyens s'efforcèrent de l'en consoler. La Compagnie des Indes orientales luÎTota un don de 10,000 liv. st. (250,000 fr.); la compagnie, turque, un vase d'argent ; la Cité de Londres, une épée pour lui et pour chacnn de ses capitaines, lesquels en outre reçurent des médailles d'or.
Rallié peu de jours après la bataille par les Rrégates qu'il avait tant regrettées , Nelson partit pour Naples, qai devait être si fatale à sa gloire. Jusqu'à Aboukir, la cour avait été tremblante devant la puissance d'opinion do parti démocra.tique. Aussi à la nooTcIle du triomphe éprouvat-elle une joie délirante, et Nelson fut reçu comme un- dieu par la famille royale, la cour et une foule immense. La belle Emma Hamilton, l'ambassadrice, s'évanouit d'émotion et se laissa toml)er entre ses bras. Le glorieux vainqueur fut enivré d'adulations, de fêtes, de plaisirs et d'honneurs. Alors commencèrent avec la séduisante Emma ces liaisons intimes qui firent de Nelson entre les mains de cette femme, aussi adroite qu'ambitieuse , un instrument docile des intrigues et de rignoble despotisme de la reine Caroline. Cependant les événements se précipitaient en Italie. Les Français étaient anx portes de Na« pies. Le roi et la reine n'eurent bientôt d'autre parti à prendre que de se réfugier en Sicile. Lady Hamilton avait en secret pourvu à tons les préparatifs du départ , et embarqoé de nuit sur les vaisseaux de Nelson les trésors , les diamants de la couronne , les ot^cts d'art et de luxe, ^'élevant à une valeur de 80 millioiis ( décemlMre 1798 ). Nelson reçut à bord do Vanifuard la famille royale, les ministres, sir l^illiam et lady Hamilton, et malgré une mer furieuse il parvint à les transporter à Palerme. La république fut proclamée dans tout le royaume. Peu de mois après, le cardinal Roffb commença une guerre de réaction dans la Calabre. L'occupation française, de toutes parts restreinte, fut bientôt limitée à la capitale même , bloquée par terre et par mer. Les Napolitains appartenant au parti «le là révolution occupaient les deux forts intérieurs. Ils firent avec le cardinal Ruffo une capitulation qui leur assurait la vie et la liberté de quitter le royaume. Elle fut signée par le capitaine ani^Iais Foote, qui commandait le blocus en attendant-Nelson (juin 1799). Mais la reine Caroline et la cour avaient soif de vengeances. A l'arrivée de Nelson avec dix-huit vaisseaux de guerre, lady Hamilton, lui montrant du geste les pavillons de capitulation sur les forts : « Broute, !ui dit-elle avec on accent de fureur, faites abattre ce pavillon de trêve!... On n'accorde
KOUY. BIOGH. GÈKtM. — T. XXXVH.
I pas de trêve à des .rebelles. » En vain le cai^ I dinal RufTo, bien que prêtre sans mœurs et sans ; foi , se refusa à violer la parole donnée. Asservi { par l'amour, Nelson laissa déchirer et jeter à la mer par lady Hamilton la capitulation signée par I le capitaine Foote. Les chefs républicains, qui appartenaient presque tous à la jeune noblesse I de Naptes, à la partie éclairée du clergé, du barreau et des lettres , furent livrés aux commissions militaires ou aux poignards de la populace. L'amiral napolitain Carradoli, vieillard illustre de soixante-dix ans, coupable seulelement d'avoir servi pendant Tinterrègne, fut condamné à être pendu , et l'exécution se fit sous ses yeux, sur un navire anglais ; et pendant les dernière^ convulsions de l'agonie la barque de lady Hamilton en fit plusieurs fois le tour! C'est ainsi que pour une femme méprisable Nelson flétrissait son honneur et couvrait d'opprobre le gouvernement qu'il représentait. Le Foreign Office ayant destitué sir William Hamilton, qui avait cessé de le représenter convenablement^ Nelson épousa chaudement la querelle de ses amis, et, sous prétexte de santé , demanda à revenir en Angleterre. Il voyagea avec eux en Allemagne, recevant des fêtes , des dîners, des présents , et s'enivrant de la popularité qui entourait son nom. En Angleterre, les démonstrations furent pleines d'enthousiasme, et peu de mois après son retour, toujours dominé par sa folle passion, il rompit tous les liens qui l'unissaient à sa femme, dont le mérite lui était plus connu qu'à tout autre. Les dernières paroles qu'il lui adressa étaient un témoignage positif de son propre aveuglement : « Je prends Dieu à témoin, lui dit-il , qu'il n'y a rien en vous et rien dans votre conduite que Je puisse vouloir changer. » Au commencement de 1800, lady Hamilton avait mis ao monde, d'une manière mystérieuse, une fille à laquelle il donna le nom d'Horatia.
Le gouvernement anglais, voulant dissoudre l'alliance qui avait été conclue entre la Russie, la Suède et le Danemark, et qui menaçait sérieusement la domination maritime de l'Angleterre, envoya dans la Baltique une flotte de cinquante-deux voiles, dont le commandement en chef était confié à sir Hyde Parker. Nelson, qui Tenait d'être élevé au rang de vice-amiral, commandait en second ( mars 1801). C'était à Copenhague qu'était le cœur de l'alliance. La mer libre ou la mortl était le cri des ouvriers et des matelots volontaires qui accouraient en foule dans les chantiers et sur les vaisseaux. C'était aussi à Copenhague que TAngleterre avait décidé de détruire l'alliance. La flotté franchit le Sund par la trahison ou la faiblesse des Suédois, qui ne défendaient point le passage. Dès le début sir Hyde Parker, dont l'habileté flegmatique conlrasUit avec la fougue et les inspirations audacieuses de Nelson, fut bientôt réduit, malgré sa position officielle, à se contenter Ô'nn rôle secondaire.' Nelson fit prévaloir son plan de campagne, et se port*
ern
NELSON
(tevant Copenhague , qui était prafégée par dii \aisseaux , onze batteritt flottantes et deox dtadeltes. Ces défense» combinées étaient fonnidables. Les feux des batteries et des citadelles étaient liés easeroble. Parker hésitait à tenter une entreprise qui pouvait touroer en désastre. Vardont Nelsofl , désespéré d« ces irréfiolulkuis, offrit de forcer la ligne daoûise 9\ on lui donnait seulement dix vaisseiiux. L'amiral céda, et en lui en confiant douze remit entre ses mains la direction de Tattaque. Quand on vit le danfçer approcher, toute la ville cournt aux armes avec le plus grand enthousiasme ; one terrible bataille s'engagea () avril ). Malgré les forces ttiplesdes Anj^UiS, les Danois firent la pitis glorieuse résistance- L'amiral Parker, découragé par cette vigueur et la grande effusion du sang, hissa (mur toute hi flotte le signal de la retraite. Mais Nelson, dominé par cet acharnement inouï qu'il portait partout à la guerre, reAisa d'obéir : « Cesser le coml)at!... Que je sois damné atj'obéis!... Vous savez, dit-il en s'adressant à son capitaine, qne je suis borgne?. . Eh bien! admettons que je sois aveuglé!... » Et an milieu d'un feu territile, plaçant sa lunette sur l'œil qu'il avait perdu : <« Je vqus assure, dit-il, av«c nn amer sourire, que je ne voi-% pas le signal ! » Saillie héroïque, qui ne pou- Tait édiapper qu'à un tel homme Enfin la ligne de défense qui couvrait le rivage baissa pavillnn. Nelson était maître de plusieurs vaisseaux, et proposa on armistice, menaçant de brAler les vaisseaux si le feu de la ville continuait. L'armistice fut accepté, et des négociations suivirent Le prince régent de Danemark venait «ie recevoir secrètement la nouveUed*un événement tragique qui complétait la victoire des AngUis : Paul i**^ avait été assassiné par ses courtisans dans la nuit du 25 mars. Le but que s'était proposé l'Angleterm fut atteint; le Danemark conclut un traité par lequel il renonçait à la ooaJition ( mai 1801). La France se trouva seule à hitter pour la liberté des mers. Ce bnllani coup de main valut à Nelson les reinerclments du parlement et le titre de vicomte. Il parait certniu qui] dut son succès définitif plus à la négociation qu*à son audace eitrftine. Il se serait trouvé dans un grand danger si le gouvernement danois avait, d'après l'avis des officiers de sa marine, continué l'action. 1^ vaisseau que montait ramiral avait touclié, et en toncluint ii obelmail hi passe, de manière que les autres vaisseaux ne pouvaient plus avancer. Ce ne fui qu'avec beau* coup de (leine que, le lendemain de l'armistice, on parvint à mettre à flot le vaisseau amiral , api-ès en avoir retiré une partie de sa batterie basse.
Les préparatifs de flottille faits par le premier consul sur les cAtes de la Manche avaient jeté une terreur générale en Angleterre L.e gouvernement, bien qu'il les toorn&t en ridicule, était sérieusement inquiet Pour calmer les esprits, Il donna ordre à Nelson de se rendre dans la |
Manche. L'atnifaI hissa son pavillon sur U iiigâte la Méduse, et alla recouoaitre Boala^, que l'on fortifiait akvs avec activité (4 lott 1601). La flottiile anglaise se composait tleofim quarante hitiments de guerre, frégates, bridi, corvrttes, bombaitles, chaloupes csaonaièresd brûlots. Après avoir examiné difléreiits pointe de la cdte, il ouvrit son feu et 6t appareiller i« vai'ispaux. Alors la canonnade s'engiget Mtre la terre et re>cadre. Mais en résnmé, l'afliiR tourna contre les Anglais, qui laBcèrent es t«i un millier de boint>es et durent se retim après cette démonstration bruyante et illasoift. Nri^ était mécontent, et bien qu'il eût écrit stm jxtance à l'amirauté , un aussi mince rnaltat fnduisit une impression fâcheuse en Aagkicrre. Dii jours après, il résolut de faire une aoavelle attaque. Les Français, avertis, avaient aagnMotêi«ur» nwyens de défense, et tout préparé pour repou» ser vigoureusement l*at)orda^e, si les ^n^in^a]lglaia le tentaient. L^escadrilte de Nelson était p»tag<^ en cinq divisions, comprenant MiianMix bàtimentsdeguerre et quatre mille soldats de durine. Elle se mit en mouvement vers miHii.d s'approcha de la ligne d'embossage àmi le piBi grand silence. Mais le flot et les coaraotscootnrièreut le plan d'attaque-, les divisions m séparèrent et se mêlèrent dans rol)scnriti Li *ff^ et la troisième se jetèrent liardimeotaBttitrf dd la ligne ennemie, et furent reçues pirB■(cstc^ ribte. L'al)ordage tourna encore pûu mil, (t les matelots anglais eurent affaire à desoonbatUnts si aguerris qu'aiwès un combat epiaiitre il ^' lut se retirer sans pouvoir emnensr aocoif des embarcations qu'on avait prises La Bai«$»K du jour fit cesser le feu de part et d'iilre, rt Nelson rc|Eagna la côte d'Angleterre, après afoir perdu environ deux cents liommes. Il oe pn dissimuler son humeur de ce revers, pn ioH*^' tant en définHive, mais auquel son nom énÊii^ un éclat particulier. « C'est ta derBièrefoi:s<i^' il, que je laiseerai attaquer l'enaemi mbs diri^ en personne toutes les opératipns. J'ai plus ^ Cert de mes inquiétudes durant cette lytte o>l «gag(^ que fit un bonlet m'eAt eroporld la jambe* Nelson vivait retiré dans le dematae de ^• ton, qu'ii avait acheté près de Londres, o« ^ amis sir WiUiam et lady HamUton éUi«ot sj» s'insteiler, lorsque la rupture du traité dàmiens rendit la guerre iramineote. H P"^ ^ commandement de la flotte de la Méditerranée (mai l«)3), arbora son paviVoû sur « Vicêory, vaisseau de teo canons, et nsUêtabler devant Toulon pour sarveUler Teseadre qni s*y formait, et qu'on cro>ait destina < "^ autre campagne d'Éiôrpte. Mais le génie fécovt fi audadeox de Napoléon méditait, to«t en \^^ difiaot sans caisse, des plans bien plos v^ En continuant ses apprêta menaçants edv^ l'Angleterre par l'achèvement de dixko»» «T bAtlmenta pour la flottille, par la f^m»^'' sept camps de cent aeixante mttie bomoiestf
l^CLSON
fite 9UT les cdtes àe ta Manche , il traraîllaît avec one prodigiease activité à agrandir et à exercer «es escadres , et h un joor donné il toulait réunir dans la Manche soixante à soixantedix yaisseanx, et sons leor protection, embar- 4|uer son armée et frapper te grand coup en Angleterre. « Que nons soyons mattres du détroit pendant six henreK, écrivait-il à un de ^^es amiranx, et nons serons les maîtres du nMnde. » Trois Itottes se rassemblaient, à Toulon, à Roche fort, à Brest : la première, sous Villeneuve, de onxe vaisseaux et huit frégates, portant huit mille hommes; la deuxième, sous Missiessy, de six vaisseaux et quatre fir^ates , portant six mille hommes; la troisième, sous Gantlieanme, de vingt Yaisseanx et quinze autres l)àtînients, portant vingt*deux mille hommes; enfin trente vaisseaux espagnols étaient au Perrol et à Cadix. Les trois flottes françaises eurent ordre de mettre À la voile, de conrfr sur les Antilles et d'y jeter dos renforts ; là elles devaient recevoir des instructions pour se réunir et revenir en Europe, (tendant que les Anglahi, alarmés pour leurs di- Yerseé possessions par la sortie subite de ces trois flottes, lanceraient • de toutes parts des escadres à lear ponrsuite et laisseraient ainsi la Manche libre. L'Angleterre avait huit flottes en mer : trois sur les c<)tes t>rltanniques ; une devant Brest, commandée par Comwallis; deux dans le golfe de Biscaye; une devant Cadix; une devant Toulon, commandée par Nelson. Des accidents ou les fautes des chefs déran^^èrent Texéciition de ce plan grandiose. Villeneuve, ayant irom\ïé la ^gHauce de Tamiral ang'ais, rallia à Cadix sept vaisseaux espagnols, et, après beauconp d'irrésduttons, arriva aux Antilles, pendant que Nelson le cherchait dans les eaux de l'Éçrypte. Là, H reçut de Napoléon Tordre de se joindre à Tescadre de Missiessy à Rochefort, de débloquer Gantheanme à Brest, de prendre le commandement suprême, et, à la tête de soixnnte Taisseaux, d'entrer dans la Manche, où les Anglais n'en arafent pas cinquante. NHfion, Tayaut cherché inutilement par Umie la Méditerranée, cou rut aux Antilles, fouilla partout, et apprit enfin son départ. Aussitôt, soupçonnant le plan de Mapol^n. il avertit l'amirauté , revint en Europe, devança la flott« franv^is^^ ^^ns la voir, courut à GibraKar. chercha dans tout le golfe de Gascogne , et alla jusqu'en Irlande. L'amirauté fit ce que Napoléon avait voulu faire; elle ordonna à Nrison d'aller renforcer la flotte dtî Brest, et à Tescadre qui croisait devant Rochefort de joindre celle du FermI, que commandait Calder. Celui-ci ayant rencontré VfHeneove près du cap Finistère, un combat s'engagea oè les denx ami raux s'attribuèrent la victoire, mais qui n'eut aucun résultat (22 juillet t80.'>)- Villeneuve, au lieu de suivre ses instructions, s'en alla au Ferrol, s'y laissa htoquer, et sur Tordre réitéré de Napoléon de cingler sur Brest, il perdit la tête, et pour éviter une bataille avec trente-trois vais-
I seaux contre vingt. Il alla forcer la croisière anglaise de Cadix et se réfugia dans ce port, où il fut bientôt bloqué par les flottes réunies de Co1!îngvvood et de Calder (21 aoôt 1805 ).
Nelson, qui n'avait pas quitté le pont de son vaisseau en trois ans, était rentré en Angleterre pour prendre quelque repos (20 août). Il sVtait rendu dans sa maison de campagne de Merton, et y avait même fait transporter tons ses meubles de la Victor y y n'aspirant plus qu'à jouir d'une vie paisible. Il y était à peine depuis quelques joors, quand un matin, à cinq heures, le capitaine Black wood, un de ses amis, entra avec des dépêches de Tamirauté. Le premier mot de Nelson fut caractéristique : « Je suis stir, dil-il, que vous allez m'apprendre oîi sont les Français : je sens là que j'ai encore à les battre. » Black wood lui raconta les derniers événements « C'est bon, c'est bon, reprit Nelson deux ou trois fois ; comptez que Je donnerai encore une leçon à M. Villeneuve. » Mais son ami parti, il songea à la douleur qu'il allait causer aux siens, à lady Hamilton, à à ses sœurs, eu leur annonçant ses projets de guerre, et il resta tout soucieux et incertain. Lady Hamilton devina les pensécK qui Tagitaient, et comme il essayait de hii donner le change : « Je ne m'y trompe pas, dit- elle; vous songez à ces flottes ennemies que vous avez cherchées si longtemps, aux droits que vous avez sur elles... Eh bien ! offrez vos services, ils seront acceptés. Une be[\e victoire vous attend sans doute encore... é. Après l'avoir gagnée, vous pourrez nous revenir, et jouir ici du bonheur que nous nous y réservons. «» Nelson fut vivement ému de ce langage, et ses yeux se mouillèrent de larmes. H partit donc cette fois au milieu d'un concours immense et des adieux enthou* siastes du peuple anglais, qui avait mis en lui son espérance, qui "attendait de Int son salut. Quelques-uns pleuraient, d'autres se mirent à genoux, et les soldats qui, pour obéir à la rx)nsigne , croisèrent imprudemment la baïonnette contre la plèbe furent obligés de battre brusquement en rt-traite. Nelson arriva devant Cadix le 29 septembre, anniversaire de son jour de naissance. Averti qne Villeneuve y était encore, il croisa à une distance suffisante des terres pour que sa flotte ne fût pas aperçue des côtes d'Espagne, et pour enclin rager la sortie des flottes combinées. Villeneuve pour racheter sa faute résofnt de livrer bataille, quand tout le désir de Napoléon était de conserver sa marine pour des temps meilleurs. Après diverses évolutions, les deux flottes se trouvèrent en présence le 21 octobre, à la hauteur du cap Trafatgar. Nelson avait sous ses ordres vingt - sept vaisseaux de ligne et quatre frégates; Villeneuve, y compris les Espagnols , trente-trois vaisseaux et sept grosses frégates Ce dernier forma sa ligne de bataille en ordre parallèle, commi? on combattait dans Tenfance de Tart, et sur une longueur d'une lieue. Nelson, au contraire, forma sa flotte en
NELSON
deux colonnes, ayant pour avant-garde les huit Taisseaux à deux ponts qui marchaient le mieux, dans le but de couper le centre et la gauche de la ligne ennemie. Il ne paraissait pas douter de layictoire : « Combien de ces Taisseaux rendus on coulés vous parattront-ils un témoignage suffisant pour nous d'une grande victoire?'* dit-il en plaisantant à son ami Blackwood. ^ « Douze 011 quinze , » répondit celui-ci. — • Ce n^est pas assez, répliqua Nelson, je ne serai pas content à moins de vingt vaisseaux. » Vers onze heures, les deux colonnes anglaises, s*avançant vent arrière, et toutes voiles dehors, joignirent la flotte française. A midi, Collingwood reçut le premier boulet de Tescadre ennemie, et s'engagea seul dans les rangs de cette formidable armée. Enveloppé tout aussitôt et perdu dans un tourbillon de boulets : R Nelson, disait-il à son capitaine de pavillon, donnerait - beaucoup pour être ici ». Et de son c6té, Nelson, qui avait vu ce mouvement : « Voyez, disait-il, comme Collingwood, ce noble frère, mène au feu son bâtiment. » Un peu avant que les flottes fussent à portée, il avait fait élever ao sommet du mât de la Viclory le mot d'ordre de la journée, attendu de tous les matelots. « V Angleterre compte que chaque homme fera son devoir! » Et ce signal, passant de navire en navire , fut accueilli avec des cris d'enthousiasme par tous ces hommes que la présence du danger mettait un moment au niveau de leur jllustre chef. Nelson portait ce jour-là son vieux frac d'amiral, orné des quatre brillantes décorations dont' il avait été gratifié à l'étranger et dans sa patrie. Elles le signalaient au feu des tirailleurs dont les Français couvrent les hunes, dans les combats de mer, pour éclaircir les rangs de l'ennemi. Ses officiers, inquiets pour leur chef, voulaient charger le chirurgien ou le chapelain d'adresser quelques mots à l'amiral pour lui persuader de changer son habit ou couvrir ses éclatants insignes. Personne n'osa tenter la démarche : on le pria seulement de songer à son rang de général en chef, de ne pas 8^engag<*r le premier, comme un vaisseau d'avant-garde,.avec la masfte serrée des vaisseaux de la flotte combinée, et de permettre , en diminuant ses voiles, au vaisseau le Leviathan, qui suivait le sien, de le dépasser et de recevoir le premier feu des Français : — « Je le veux bien, répondit-il en souriant; que le Leviathan passe le premier, s'il le peut. » ^ Puis il airait couvert la Victory de toutes ses voiles, et il était resté ainsi en tète de la colonne. Il jugea qu'il était temps de renvoyer à leur poste les capitaines de frégates qu'il avait encore à son bord, et reconduisit celui de VEuryaluSn le capitaine Blackwood. Celui-ci lui ayant pris la main : « J'espère, lui dit-il, revenir bientôt, et vous trouver en possession de vingt vaisseaux ennemis. — « Dieu vous bénisse!... répliqua l'amiral... Mais je ne vous reverrai jamais. » Trois minutes après, les cinq ou six vaisseaux français qui entou-
raient le Bucentaure, vaisseau monté par l'amiral Villeneuve , lançaient à la fois leurs bordées contre la Victory, dont les cent camoi se taisaient encore. C'est ainsi que HelsoQ étiit entré au feu. Vers une heure , alors que partout, et en particulier autour de la Ficforji, le combat se continuait avec un achammat furieux, une balle, partie du RedmUable {mseau français), vint frapper Nelson à l'épaole gauche. Il tomba sous le coup, la Taoe cootre terre. Un sergent d'infanterie de marine et deux matelots se précipitent pour relever l'aminL Le capitaine Hardy s'avance, et le fait porter au poste des malades. On lui 6ta cet babil auquel , peut-être , il devait sa fatale biessore, et le chirurgien procéda à l'investigation de l'eBdroit où la balle avait frappé. Il s'assura bieatai qu'elle avait pénétré au-dessonsdelacUTicoie gauche, et s'était logée, suivant toute âppamct, dans l'épine dorsale. Le blessé éprouvait dérive» souffrances, qui s'aggravaient d'heure en beore, ^ et pendant ce temps la bataille continuait arec furie, avec un acliameroent sans exemple. De temps à autre un bruit de voix homaines arrivait par les écoutillea et les sabords : « Q^e signifient ces cris? demandait Nelson d^ioevoii affaiblie* >» — « C'est on ennemi qui amèoe pavillon , > fut-il i^pondu. D^à à troâ heum la victoire était décidée. Les souffraaoetdobiessé devinrent tellement atroces que pins d'iae fois il souhaita la mort. Le capitaine Hanij éta&t venu lui dire pour le ranimer que déjà quatofU ou quinze vaisseaux ^'étaient rendus: "C'($l bien, répliqua-t-il; pourtant il m*en foilaftao moins vingt. » Et, donnant à sa voix une force singulière : « Jetez l'ancre, Hardy, jetez ranertî » recommandation qui témoignait de sa proNc prévoyance ; car dès le matin même il avaHpî^ la tempête épouvantable qui édala le soir, p mit en danger la flotte victorieuse, et fit son* brer la plupart des vaisseaux de la flotte^* eue. Pendant ces heures d'agonie, *^'^^^ la joie d'une immense victoire, il reeoinn»»» encore à sa patrie lady Hamilton et sa iii^^^ ratia, et le nom de cette femme fat avec c(l<u de l'Angleterre le dernier murmure qui ^^ chappa de ses lèvres. H expira à quatre h«»** trente minutes, et précisément à cette bffR l'amiral Gravina envoyait à l'armée le ««««*• * ralliement, r^té par U Neptune, et lousJ^ des vaisseaux français ou espagnols quin'élaieoi ni pris ni désemparés quittaient cette merm^f où les foirces maritimes des deux nati(«s « naient pour bien longtemps d'ôlre anéanU»^ La vicloirede Trafalgar rendit définili*emffll»-« gleterre maîtresse unique de l'Océan Tous ^ honneurs, tontes les récompenses qu'un* "*r^ reconnaissante peut accorder furent ^^'^^^ la mémoire de Nelson. Le titre <1« comiejj^ conféré à son frère, avec une pension pcrpÉ»"^ de 6,000 livres steriing (150,000 fr.). ^h*»* ses deux sœurs reçut 10,000 lîf . aterl. 1^ »«"^
NELSON — NEMÉSIEN
qii'il avait si indigneineiit oatragée obtint une rente viagère de 1,000 lir. sterl. Le legs audacieux qu^il avait fait à sa maîtresse fut justein(*nt répudié. On ordonna des funérailles publiques, et un monument s'éleva par souscription nationale. Des statues furent érigées dans plusieurs des principales cités. Le cercueil de plomb dans lequel ses restes avaient été rapportés en Angleterre, le pavillon de son vaisseau , qui devait figurer dans le cortège funèbre furent mis en pièces, et le peuple se les arracha comme des reliques sacrées.
On montre encore' à Thôpital des Invalides de Greenwich Thabit que Nelson portait au moment où il fut frappé mortellement , et Ton y voit le troa de la balle et les traces de^'hemorragie qu'elle avait déterminée. A Londres, une belle statue lui a été élevée dans Trafalgar-Square. Nelson fat alors , et il est en grande partie encore aujourd'hui , le héros par excellence de l'Angleterre. D'autres ont pu avoir autant de génie ; personne n'a su inspirer autant d'enthousiasme et se faire une place aussi grande dans les sympathies de la nation. Personne n'a gravé son nom plus profondément et avec plus de gloire dans les annales de la Grande Bretagne. J. Cbanot.
CbarrhUl (T. 0), lÀff of lord vlscotttd Horatio Netion; London. 18M and 1818. — CUrke ( Samuel), Life (^f admirai lord Hor. Nelson; Lnnûoo, 1808, t fol lo-4*.
— Soathey | Robert). H/e of NeUon; London, 1819; le mérite de l'ouvrage n'eit paît ao niveau de la réputation dont II a Joui. - Nicolas («Ir Harrta), Detpatches und tettert oj f/etton; i8U, 7 roi. — TucKer ( J-M. }, Memolrs qf tlie lA/e of lord NeUnnf london, 184T. — Pettigrew (Thomas), Mrmolri cf the i'fe of vice- admirai lord Horatio Nflion; l^ondon. 1848. 8 vol. ln-8*. ^ Tftirtor ( W. C). National portrait daller^, t. I«r. — Allen IJoseph), Ijfe of vtscount Ntlitm^ duJte of Bronte, 18.18 — James, JVaval Historg of England. — Ttilrrs, Histoire du Consulat et de t Empire. - Klgnori, Histoire de France sous IfttpoUon, — B. Porguea, Histoire de Ifel" ton i 1860 — CiK^rin, Histoire de la Marine française. — Airiral Jurien de la Gr.ivlère , fiuerres maritimes^ t vol.
— Lamartine ( Alphonse de), Nelson^ 1788 1808, un voL
NBMB1TZ ( JoacMm-ChrUtophe ) , érndit allemand, né à Wismar, le 4 avril 1679, mort le 8 juin 1753 Après avoir exercé pendant quelque temps dans sa ville natale la profession d'avocat, il devint en 1707 précepteur des fils du comte de Stenbock ; il les accompagna à l'université de Lund, ob il fit des cours publics d'histoire et de politique, et parcourut en^ suite avec eux la Hollande, la France et l'Angleterre; plus tard il fut chargé de l'éducation de plusieurs princes, avec lesquels il visita la France et l'Italie. Depuis 1743 il vécut retiré h Strasbourg. On a de lui : De modestia hitto» rica in censuris principum observanda; Landen, 1709, in-4"; — Séjour de Paris, oder Anleitung wie Reisende sic h in Paris su verhalten habfiîi (Séjour de Paris, ou Instructions pour les voyageurs qui visitent cette ville ) ; Leipzig, 1726, et Strasbourg, 17.^0, in-8*^; une traduction française fut donnée à Leyde« 1727, 2 vol. in-8*; — Fasciculus inscrïplionum singuiarïum in iCinere Italico cotUclarum ; Leip-
zig, 1726, In-s"; — Nachtese besonderer Na* chrichten von Italien ( Regain de notices sur l'Italie); Leipzig, 1726; — Remarques nouvelles sur l'Histoire de Charles XII par M, de Voltaire; Francfort, 1738, in-8*; — Vernûn/tige Gedanken von aller hand hiS' torischen , critischen und moralischen Materien ( Réflexions put divers sujets d'histoire, de critique et de morale); Francfort, 1739- 1745, 6 vol. in-S*'; ce recueil curieux fut augmenté de deux vol. par Scheibe. Nemeitz a édité les Mémoires du comte de Stenbock. O.
Illrschlng, Handbuch. — Meuse!, Lexikon, — Slrodtmann. Jfeuet gelehrtes Europa, t. IV et XI.
M ÉMésiB» ( M.'ÀurelHtS'Olympius NemC' sianus), poète latin, né à Carthage, en Afrique, vivait vers la fin du troisième siècle après J.-C. Il vécut à la cour de l'empereur Carus ( 283), et remporta tous les prix dans les concours poétiques ( omnibus coronis ( non coloniis ) illustratus emicuit, dit Yopiscus ). Il osa même lutter contre le jeune prince Mumérien, et celoici ne lui en voulut pas d'avoir remporté la victoire. Yopiscus, à qui nous devons ces délai Is, ajoute que Némésien était l'auteur des poèmes Sur la Pêche, la Chasse, et la Navigation ( ' AXie\>TixA, KvivnYCTixa , vavtixd , peut-être an lieu de vavmxà faut-il lire lUvnxd, chasse aux oiseaux ). Tous ces poèmes ont péri , à l'exception d'un fragment des Cynegetica comprenant 375 vers hexamètres qui, par la pureté et la clarté du style, ne sont pas indignes de l'admiration qu'ils obtinrent des contemporains. Ces vers, qui appartenaient sans doute au premier livre, ne contiennent que des préceptes sur l'éducation des chevaux et des chiens et sur les ustensiles de la chasse. Deux courts fragments De Aucupio ( De la Chasse aux oiseaux ) et une petite pièce intitulée Les Louanges d^Her^ cule ( Laudes Bereulis ), œuvre d'un auteur inconnu, ont été attribués à Némésien sans motifs plausibles. C'est sans plus de raison qu'on lui attribue quatre des églogues de Caipurnius. Ange Ugoletti, le premier auteur de cette revendication, prétendait s'appuyer sur l'autorité d'un ancien manuscrit ; mais les meilleurs manuscrits connus portent seulement le nom de Caipurnius, et l'on ne trouve celui de Ni^mésien que sur des manuscrits de récente date. Certains biographes ont établi des rappoHs entre Némésien et Calp^ius ; ils supposent que le poêle favori de Cann et de Nùmérien fut le bienfaiteur de Caipurnius, son ami et son émule, réduit à nn dénûment aftligeant. Cette conjecture est uniquement fondée sur une dédicace, Ad Ifemesianum carthaginiensem, qu'offrent généralement les manuscrits et les éditions de Caipurnius. On a identifié ce Némésien avec le M A. Olymjlius Némésien, et on a cru reconnaître Némésien sous le déguisement du berger Mélibée de la quatrième églogue de Caipurnius ; mais ces suppositions hasardées n'ajoutent riea
NÉiVlÉSlEN.—
au peu que nous savons sur la vie des deux poètes ( voy. Calpurmos).
Le fragment des Cynegetiea, découvert à Tours par le p<jête Sannazar, fut publié ponr la première (ois par les héritiers d*Alde, 1534, iii-8«, avec le poème de Grotius Faliscus Sur la Chasse et une bucolique attribuée à Némésleo ; on le trouve avec les vers De Àucupio dans les Poetx lat^ni minores de Burmann , Leyde, 1731, vol. I, p. 317, 415, et dans les Poeiœ lafini minores de Wersndorf, Allen» bourg, 1780, vol. I, p. 3, 123. La meilleure édition est celle de Stem : Grolii Falisci et Olympii ^emesiani carmina venatica, cum duobus fragvMfUis De Aucupio; Halle, 1832, in-8'. L. J.
Voplscm, NiuMrianui. -^ Wermdorf, Pré/aet do son édition des Cpnegetica et de» fninnrnU De Aueupio, — SidUIi, DicHonary ofgreek and roman bioçrapAg.
NÉMÉsiPS ( NciiioMç), tbéologiea et philosophe grec, vivait vers la fin du quatrième siècle. On a très* peu de détails sur sa vie. Le« manuscrits et Anastase de Nioée lui donnent le titre d'évèqued'Éroèse en Syrie; c'était évidemment un chrétien et un homme pieux. La date de sa vie est fixée avec assez de précision, soit par les deux plua anciens écrivains qui le citent, Anastase et Moses Bar-Cepba , soit par Némésius lui-même, qui dans son traité Sur la Mature de l* homme mentionne ApoUioaire et Eu- Domius. Némésius vivait donc à la fin du qua* trième siècle ou au commencement du cinquième siècle. L'auteur du traité De la Nature de Vhomme a été quelquefois identifié avec un ami de saint Grégoire de Nniianze, Néméstus, homme de sawoir, d'abord avocat, puis préfet de la Cuppadoce. Ce Némésius était païen, et saint Grégoire lui adressa plusieurs lettres et même un poème pour l'engager à embrdH^er le christianisme. H est possible que le préft t de Cappadoce se soit converti, qu'il soit devenu évèque d'Émèse et qu'il ait écrit un traité de philoso* phie chrétienne; nuie ces possibilités ne sont pas une raison suffisante pour que l'on accorde sans aucune preuve le traité De la Nature de Vhomme à l'ami de saint Grégoire de Mazianze. Cet ouvrage a été attribué aussi à saint Grégoire de Nysse, mais avec moins de raison encore et uniquement peut-être parée que l'on a confondu le traité De la Nature de t homme (lle^l çvoeoM; &v6pa>Rou ) avec le traité Sur la Conformation de C homme ( (Ispi xAooxcuii; AvOfioMcou) composé f «ar Grégoire de Nysae pour compléter VEnnéahéméron de son frère, saint Basile. L'ouvrage de Némésius est un traité de psychologie et de physiologie élégamment écrit pour le temps, et contenant des doctrines rarement originales, mais souvent fodideusea. « L'homme, selon Némésius, est u» être double, composé 4'un corps et d'une kvnt : le corps est comme un résumé des perfections de la nature orga> Disée; l'âme se divise en denx parties, l'une
Nr:MKSIUS fiSî
irraisottoable, l'autre raisonnable. L'âme nisoa> nable comprend la pensée, la mémoire et surtout la volonté, dont le caractère libre «t iodépeoilant constitue la perxonDalité humaine. L'ênie irraisonnable est double elle iDftroc;elle contient des fiscultés qui. sans participer àt b raÎKon, lui sont du moins soumises, oorow le dé&ir et la répugnance ; elle contient desfaniUéi à la fois étrangères à la nature de la raiaoo, étrangères à son empire, comme la outritioo d les diverses fonctions qui appartiennent i U vie animale. Rien de plus simple ni de plus dair que cette théorie de l'homme ; mais il s'eo bot que le texte de Némésius les pré-^nte avec netteté. A la première lecture, au contraire, un esprit peu expérimenté trouve dil&xIfiDeBt si route à travers de nombreux (èapitren a$Ki mal coordonnés. L'ordre est au fbod des id*^ mais à l'extérieur il est trop peu sensible. Si ce défaut pouvait être corrigé dans le trai((> Oi la Nature de l'homme par quelques trao&|>ositions qui peut-être même ne fièraiciil ^'^ rétablir le texte dans son intégrité prinùlifc oa aurait là un des abrégés le^ plus oomnioiirapoor l'enseignement des éléments de la ^'^ phie (1). » Au point de vue théologiilit^ l'*^' vrage de Némésius nVst pas [rréçîwii^i^ le blâinu d'avoir accepté quelques opii>o»> ^• ronées d'Origène, et de s'écarter, par nmyj^t touchant la préexistence des âmes, de 1'q(i(DHA gén(^ra)emenl admise par l'Église. Aui )ru^ ^^ modernes le principal mérite de NéiwNi^ «^t d'avoir soupçonné la circulation du sai^i et >^ fonctions de la bile. Les passages de !^ traite qui se rapportent à ces deux grands faits j'h^* siologiques ne sont ni clairs ni pnxis; ro<>i^ >!> sont curieux. « Le mouvement du pouls iippelé aussi le pouvoir vital, prend, dil-i|, a*»'»/''^" gine du cœur et principalement du v^nirirtw
gauche L'artère est avec unegrand*- ^f***
mence dilatée et contractée, par une fff^ d'harmonie et d'ordre, le mouveraeat «xw»*^ çant au ccnir Tandis qu'elle est dilatée, f^^ attire avec force la partie la plu» ténue du >^ des veines voisines, et l'exhalaiBoo oir n\tx de ce sang devient l'aliment de resj>nl «rlaL Mais pendant qu elle est contractée, eile <^l''| tontes les fumées qu'elle contient à trater» M le corps et par de secrets passai», de 'o^ que le cœur rejette tout ce qu'il contient dr fuligineux à travers U beocbe et le oei farf^' piration. » Void le passagie sur la bik. - UbiK jaune est constituée à la fois pour é\e-«^ el anssi pour d'autres propos ; car elle «J* tribue à la digestion et active l'€»p«l«'«'J*^ excréments; c'est pourquoi elle est en qu"*»* sorte un des organes nutritifs, outre <!«" donne au corps une sorte de chaleur, ctf^ le pouvoirTital. Pour ces raisons donc, elle «fj* Ue faite pour elle-nième ; nais en tsot 4ii«<
(0 Bgger, dans le BieOonnairê des scUnct» phitoM/»^' gmu.
INÉMÊSIUS —
p'ir^e le sang, elle semble faite en quelque aorte
|)>ur le fiaiig aussi. » Ces passages ne proufent
nnllemeot que Nétnéshis ait devancé les décou*
V'Ttes de Harvey sur la circolalion do sang, de
Sxlvios sur les feactiona de la tNl0;'inais ils
montrent que sorees deux peints si importants
df la physiologie les anciens étaieBt allés plus
loin qu'on ne le sappose ordinairemcat Le
traité de Néinésins a été inséré dans plusteors
collections des Pères de l'Église. Georgf s Valla
en publia une traduction latine; Leyde, 1538,
in-8''. La première édition séparée du texte grec
parut par les soins de Nicasius Ellebodios, avec
unt^ traduction latine; Anvers, 1586, hi-8*: pois
Tint ré<li(ion du docteur Pell, Oxford, 167 f,
in-8''. La meilleure édition est celle de F. Mat*
thipi ; Halle, 1802, in 8*. Le traité De la Suture
de l'homme a été traduit en italien par Domin.
Pizzimenti; en anglais par Georges Witber,
Londres, 1636, in 12; en allemand par Oster^-
hammer, SalztMurg, 1819, in-8^, et en français
par J. B. Tliibault; Parts, 1844, in>8<*. L. J.
Annslane, Çvutst. tn S. Script, dans la Hêbltotheea Patrum, fol. VI, «dit. d€ Parts, \Wl% — Fibrlclus. Bi*>liotHeea çrmea. - Bracker, Historta eritica phit4H toptiise. Ha. 1er, BiMotHtca anatomiea. — Sprenael, histoire ds la viedectne — Frelnd, HlUory qf Pàytie. '- Hayie, Diet. Mut. et erit, - CbaufTepi*, Met. Histo^ rtqiw. - Fell, Préface et Nitt6$ de toa étiit. - Thibault, Préface et Notes de .son edtt.
NBMivs (Jean), humaniste hollandais, né à Boià-le-Duc, au commencement du seizième siècle. 11 entra dans les ordres, et l'ut successivement recteur des écoles de Nimègue, d'Amsterdam et de Bois le-Duc. On a de lui : De imperio et servUute ludi Tnagistri poema ; Mimègue, la51, ia-4^; — Parens eu noverca^ poema; Anvers, 1553, in-8"; — Epitome de canscribendis epistolis; Anvers, 1552, in-8*; ^ Ari' notatioms in syntaxim Erasmi ; Anvers, in-8". r*leraius a le premier donné une traduction latine de Tbistoire facétieuse de Till Eulenspiegel, sous le titre de Vlularum spéculum^ alias triumphua humanx sluUiiiae, tel Tylus Saxo; Anvers, 1563, in-8*(voy. Freytag, Apparatus, t. Il, p. 10l7). O.
Foppens, Bibliotkeea bêlgiea.
NEMOURS [Jacques (fABHàONAC, duC DE),
né vers 1437, décapité à Paris Je 4 août 1477. Il était fils de Bernard d* Armagnac* comte de Pardiac ( second fils du connétable d'Armagnac), et de Êléonore de Bourbon, comtesse de la Marche et de Castres, duchesse de Nemours (1;. Son père avait été le gouverneur du dauphin (depuis Louis XI ); lui-même fut en grande faveur au commencement dn règne de ce prince. Louis XI lui donna en avril 1462 le duché-pairie de Nemours, auquel il avait quelques droits par sa
(1) Charles Vt értgra U terre de nexmQt% eu tfiaebépairie, le t )«iifi iM», et la doftna ft Charlci 111 de liavarre en échnnge du comté d livretix. a la mort çle Chartes lit, en 14». te tfucM de Renom* It retour * la eouronoe. Mais Éléonore de Bourboo prétendait t la poaaeaston <k ce duché, eonme pettte-fllle de Ctiarlei III, par sa mère, Béatrtx de AaTorre.
JNEMOURS 6ât
mère, Éléonore de Bourbon. La même année il le mit à la tête des sept cents lances françaises, qu'il envoyait an secours du roi d*Aragon contro les Catalans, soulevés. En édiaoge de ce secours^ le roi d'Aragon céda le Roussillon à la France ; mais il aurait bien voulu conserver cette province, et il exdta une sédition à Perpignan. Le duc de Nemours fut charj^é d'aller réduire cette place, entreprise qui offrit peu de difficulté. Malgré les bienfaits dont il avait été comblé par le roi , Jacques d'Armagnac entra dans la ligue du Bien pnUic en 146&. Il fut un des premiers à négocier; mais il lit, en son nom et au nom des antres chefs de la ligue, des demandes si exorbitantes que Louis XI les rejeta, marcha contre les ret)elles, enfermés dans Riom, et les iorça de consentir k un armistice. Cependant les circonstances devinreni bientét si Ùciieuses pour Louis XI que le duc de Nemours obtint le gouvernement de Paris et de Plle-de-Frauce , avec une pension, la solde de deux cents lances et la nomination aux offices et bénéfices dans ses seigneuries Peu après ce traité, lui et ses cousins, le comte d'Armagnac et le sire d'Albret, prêtèrent serment au roi de le servir contre tous, même contre le duc Charl(*8, son frère. Ce senmiit fut mal tenu. Si les deux d*Arinagnac ne s'unirent pas ouvertement aux ducs de Bourgogne et de Guyenne, ils traitèrent avec le roi d'Angleterre et -le pressèrent d'envoyer une armée dans la Guyenne; en attenilant ils se mirrnt en campagne avec quelques bandes de pillards ( 1469). Le roi envoya contre eux le comte de Dammartîn en l'autorisant à traiter. Nemours n'essaya pas de résister. Par un accord conclu a Saint- Pleur, le 17 janvier 1470, «< il confe>8a que bien que le roi l'eût agrandi et lui eût Ibit de grands biens, il en avaK Àé si méconnaissant, qu'il s'était soulevé c«>ntre lui , qu'il avait débauché ses sujets et ses serviteurs, avait madiiné sa prise et la détention de sa personne, avait faussé ses serments, avait pris son argent, et au lieu d'apaiser les autres, comme il l'avait promis, le» avait anifnés contre le roi. Il s'engagea à perdre tons ses <lomaiaes et les privilèges de la pairie s'il manquait de nouveau à ses sermenls, et consentit à ce que tous ses serviteurs fissent un sennentdirpct au roi. » En prêtant ce serment, Nemours était peut être sioicère, et U mit dèa lors une grande réserve dans an conduite. Il voyait avec efifroi suspendue sur sa tête la colère de Lo^iia XI, qui, devenant chaque jour plus puissant, pensait à tirer vengeance des seigneurs qui l'avaient trahi en 1465. Par l'ordre du roi de France, le' comte irArmagnac Ait tné en 1473 Quelques lettres du duc de Nemours, trouvées dans les papiers du comte, convainquirent le roi que les deux cousins continanient k agir de concert avec les princes mécontents. Cependant comme Jacques d'Armagnac n'avait pas fait de démarciie ostensible, le rai le laissa pour le moment en repos. Mais dès que la défaite du duc de Bourgogne à Grandson l'en't rassuré du
NEMOURS
côté de son principal adversaire, il ne ménagea plus rien et chargea le sire de Beaujeu d'aller assiéger le duc de Nemours dans son ch&teau de Cariât- Le duc fut fait prisonnier et conduit à Vienne en Dauphiné, où Louis XI était alors. Le loi, refusant de le voir, le fit enfermer au château de Pierre-Encise, d'où» le 4 août 1476, il fut transféré à la Bastille. Sa femme, Louise d*Anjou, fille du comte du Maine et nièce du roi René, que le roi lui avait fait épouser en 1462, mourut en couches de douleur et d'effroi pen* dant le siège de Cariât. Nemours avait été coupable en 1465 et 1469 ; mais il était couvert par plusieurs traités , et depuis 1470 il s'était tenu paisible. «.D'ailleurs parmi les grands seigneurs du poyaome, dit Amelgard , il n*y en avait aucun de mœurs plus douces, d'un gouvernement plus juste envers ses vassaux, enfin d'une renommée plus honorable. » Le sire de Beaujeu, en le faisant prisonnier, lui avait promis deboonescondiiions; mais aucune de ces considérations ne toucha le roi, qui montra contre cet ancien favori qui Kavait trompé nne férocité impitoyable. Il ordonna de l'enfermer dans une cage de fer, et de le gehenner bien étroit pour le /aire parler eiair. La ))rocédure s'instruisit, non devant le parlement, mais devant une commission présidée par le sire de Beaujeu. Pour élre plus sûr des commissaires, Louis XI leur distribua les domaines de l'accusé. La torture n'arracha aucune révélation au duc de Nemours, et on ne put établir contre lui aucune charge i^ositive. Dnfin, sur quelques bonnes paroles du roi, il s'imagina qu'il l'apaiserait par une franche confession. Il lui écrivit une longue et touchante lettre dans laquelle, après des aveux explicites , mais qui n'établissaient pas cependant sa participation aux complots qu'il avait connus, il faisait appel h la clémence du roi et signait le pauvre Jacques. Une fois muni de cette lettre, Louis XI pensa qu'il obtiendrait facilement une condamnation du parlement, et il permit que Nemours fût jugé par cette cour, qui fut mandée à Noyon et présidée par Beaujeu, lieutenant et gendre du roi. Sous la pression de l'autorité royale , le parlement condamna, le 10 juillet 1477, Jacques d'Armagnac , duc de Nemours, à être décapité comme coupable de lèse-majesté. Ses biens furent confisqués. L'arrêt reçut son exécution, le 4 août, aux halles. Une foule immense assista à ce triste spectacle et montra beaucoup de pitié pour cet illustre seigneur, dont on oubliait les fautes, et qui paraissait sacrifié moins à la justice qu'à la vengeance (1). Le duc de Nemours
(1) D'après une tradtUon iceeptée par de gravée hUto- •iens , Mézeral, Bouurt, Garnler. les jeunes enfants du due dr Nemours auraient été conduits, vêtus de blanc, aoos l'écLafaud de leur père, afin que son saog couUt nir leur tête. Louis XI était malbeureufemenl trop capable de ce raffinement de cruauté, mais 11 serait Injuste de le lui Imputer «an^ preuves. ■ Aucun des nHrrsteurs contemporain», dit M. de Rarantc. même de ceux qai se ■ont le plus apitoyés et lodigués i Anelgard, Seiscel) sur I
laissait trois fils. Un des commissaires qà avaient eu part aux dépouilles du duc, Boflile dd Judioe, afin de mtenx s'assurer la possesâon du comté de Castres, demanda que Jacques d'Armagnac, l'atné de ces enfants, lui fût icmis. Le roi en effet le lui donna en garde, et le malheureux enfant, enfermé dans la dtadefle de Perpignan, y mourut pea après. L. J.
Amelgard, De Rébus ffestis LudovM XL — Stfisd, Histoire de Louis XIU- Cooitaes. M4màirem, L VI, avec les Preuves par Godefroy. — Barante, Histoire ia dues de Bourgogne, Vil, IX. X, XI. — Stsman^l, BUL des frmfàu^ L Xlll et XIV. - Mietaelet, HiHoin es France^ X. VI.
NEMOURS ( Louis d'Armacnac, dnc DE ) , tn^ sième fils du précédent, néeo 1473, tué le2S avrâ 1503, à Cérigiioles» Il eut Louis XI pour parraio. H n'avait que quatre ans lorsque son père fut exécuté par l'ordre de ce princ«. Enfermé avec sod lirère Jean à la Bastille, il n^en sortit qu'après la mort de Loois Xi, en 1483. Les deux jeunes priaoes réclamèrent aux états de Tours les domaines de leur père; mais malgré les dispositions favorables de cette assemblée, leur nkîlaraatkm ae fut pas immédiatement accueillie. Aussitôt qot Charles VIII eut la possession hiconteslée da pouvoir*royal, il en fit usage pour rétablir dan» leurs biens et honneurs ses cousins Jean el Looiâ d'Armagnac « abolissant , disait-il , autant qat métier serait , toute macule et incapidté qolls pourroient avoir encourue, au moyen de certain prétendu arrêt, que l'on dit avoir été donné et exécuté à rencontre du feu dit Jacques d'Armagnac, leur père. » Jean d'Armagnac monrot vers 1500, et Louis lui succéda dans le titre àt duc de Nemours. Habile dans tous les exenâoes du corps, Louis de Nemours s'acquit unegrasde réputation de valeur. Il accompagna Charles Tin dans l'expédition de Naples, et se distingua dans la retraite. Lors de la seconde occupatioo de Naples par les Français, sous Louis XJI, le doc de Nemours fut nommé vice-rol de Naples et commandant en chef de l'armée d'occupation en 1501. Le jeune général ne passait pas pour ns habile militaire , et l'on s'étonna de le voir préféré à thut d'anciens capitaines qui avaient conquis Naples, et surtout à d'Aubigni. Ce mécontentement de l'armée eut bientôt de funestes effets. Par iin traité conclu entre Louis XII et Ferdinand, le royaume de Naples avait été partagé entre les deux rois; Louis XII avait la tem de Labour et les Abruzzes avec Naples , el Ferdinand avait la Calabre et la Fouille; mais il fut impossible aux Français et aux Espi^ols de s'entendre sur les limites de leurs provinces respectives. On se disputa surtout la perception dei
ce sappHce, ne fait mention de cette drcomtnnee. L'awcat qui, au nom des malheareux orpIiiellDs , laUaés siss biens el sans secours, présenta requête aux états di royaume, assemblés en ivss, après la mort do roi, ae parla pas non plu» de celte cruauté ; pourtant II o^s^ rien de ce qui pouvait exciter une Juste plUé en U^ttt de ces pauvres enfants, et ne garda point àt aiénafêments pour la mémoire détestée de leur persécutev. •
NEMOURS
droits imposés sa r les troupeaux à i'époqae de leor émigration annuelle. Gonsalve de Cordoue, général de Ferdinand, ne voulant pas céder sur ce point , occupa la Capitanate dans Thiver de 1002*1503. Nemours n'était pas capable détenir tête au grand capitaine. Mal servi par une armée mécontente, il eut de plus le tort grave de ne pas suivre les conseils du plus habile de ses lieutenants, d'Aubignt. 11 dispersa ses troupes, envoya d'Aubigni en Calabre avec des forces insuffisantes, ne laissa devant Barlette qu*un faible corps de troupes sous les ordres de La Palisse, et marcha sur Otrante. Gonsalve de Cordoue battit et fit prisonnier La Palisse. D'Aubigni, accablé |Mir le nombre à Seminara, le 21 avril 1503, se réfugia dans la dtadelle d'Angitola, et fut contraint de se rendre'. Nemours, accourant pour réparer ces désastres, rencontra Gonsalve àCéri- ^ole8,le vendredi 28 avril. « L*armée espagnole, (iit M. Henri Martin, avait couvert son front rPun large fossé; le jour finissait, et la prudence commandait aux Français d*attendre au lendemain ; néAmoins l'attaque immédiate fut décidée, après une violente altercation entre le viceroi et deux de ses capitaines. Nemours, cette fuis, penchait pour le parti le plus sage; Yves d'Allègre le piqua au vif en paraissant douter de sa valeur; Nemours , irrité, donna le signal, et .s*élança à la tête de l'avant-garde, sans même faire reœnnattre la position de Tennemi. Le sort d'un combat commencé sous de tels auspices ne fut pas longtemps douteux : les Français, arrêtés court par le fossé qui protégeait les Espagnols, tentèrent en vain de le franchir sous le feu meurtrier d'une nombreuse artillerie; le désordre était déjà dans leurs rangs, lorsque deux charrettes qui renfermaient les poudres de l'armée e|pagnole sautèrent avec un bruit épouvantable ; cet accident, qui semblait devoir être fatal aux ennemis, décida leur victoire; l'arrièregarde française, saisie de ces paniques si ordinaires dans un assaut nocturne, prit la fuite au fracas de l'explosion, entraînant avec elle .<on commandant, Yves d'Allègre : la cavalerie <1e Gonsalve, s'élançant hors du camp, enfonça et culbuta le reste de l'armée; le duc de Nemours fut tué et l'armée de France fut dispersée et presque détruite. » Cette défaite cot^ta aux Français tout ce qu'ils possédaient dans le royaume de Naples. Avec le duc de Nemours Unit la maison d'Armagnac, qui avait joué un rôle 81 grand et si tragique dans l'histoire de France, et qui faisait remonter son origine jusqu'à Haribert, frère du roi Dagobert. L. J.
Saint-Gelals, HiUoin de Louis X1Î, avec de* NoUs et des Preuvet par Godefroy. —Jean d'%uton. Histoire de U>uis XII avec des Nolutx. Preuves. — FleurinKes, Hémoirês. — Sismondl. Histoire des répubtiques itatiennet, c 101; Histoire des Français, t. XV. — Heorl MarUn, Histoire de franee, t. Vil.
KBMOURS (Gaston DB Foix, duc DE), célèbre général français, fils de Jean de Foix , vicomte de Nai'bonne et de Marie d'Orléans, sœur de
Louis XII, né en 1489, tué devant Ravenne, le 11 avril t512. Louis XII rétablit pour lui, en 1505, le duché-pairie de Nemours. Le jeune prince alla servir à l'armée d'Italie en 1510, et à la fin de 1511 il succéda au duc de Longueville dans le gouvernement du Milanais et le commandement de l'armée française eu Italie. Les Français, faiblement soutenus par le Vdcillant Maximilien, avaient à combattre la ligue des Espagnols, du pape et des Vénitiens. Les confédérés redoublèrent d'efforts dans l'hiver de 1511. Les Suisses, rompant la neutralité, envahirent le Milanais et s'avancènmt jusqu'au faubourg* de Milan. Nemours, qui n'avait à leur opposer que des forces insuffisantes, s'enferma dans Milan ; et les Suisses, qui s'entendaient mal à faire des sièges, reprirent le chemin de leurs montagnes. Sur ces entrefaites, l'armée hispano-pontificale, commandée par le vice-roi de Naples, don Raymond de Cardone, le cardinal-légat Jean de Médicis (depuis Léon X ) et Pedro Navarro , le meilleur général de lîfispagne, mit le siège devant Bologne, place dont la conservation importait au plus haut point à l'honneur des armes françaises. A cette nouvelle Gaston prit une décision digne d'un grand capitaine. Quoique menacé par les Vénitiens, il résolut d'aller au secours de Bologne. Il se porta rapidement sur Finale à une journée de cette place; puis, par une marche de nuit des plus audacieuses, au milieu d'affreux tourbillons de neige, il pénétra dans la ville assiégée sans être aperçu de l'ennemi ( nuit du 4 au 5 ). S'il avait attaqué immédiatement les assiégeants, if les aurait surpris et probablement taillés en pièces ; mais ses soldats, épuisés par leor marche rapide, avaient un besoin absolu de repos; il remit donc l'attaque, et Cardone, décampant dans la nuit du 6 au 7, se retira sur Imola. La veille du mouvement de Gaston sur Bologne, un corps d'armée vénitien était entré dans Biescia,dont les habitants, soulevés contre les Français, lui avaient ouvert les portes. L'insurrection avait gagné tout le pays bressan et bergamasque, et menaçait d'atteindre Crème et Crémone. Les Français allaient se trouver enveloppés dans on cercle d'armées ennemies et d'insurgés. Déjà le général vénitien Bagltbni se dirigeait sur Brescia pour renforcer le corps d'occupation. Nemours, laissant dans Bologne trois cents lances et quatre mille fantassins, courut sur Baglioni avec une rapidité inouïe, le battit complètement à l'Isola délia Scala, et arriva devant Brescia (le 17 février). La viHe sommée de se rendre refusa, et l'armée française donna l'assaut le 19. Le sol glacé était si glissant que les gendannes, qui sous les ordres de Bayart formaient la première colonne d'attaqne, marchaient avec peine. Gaston, en véritable montagnard des Pyrénées, leur donna l'exemple de quitter leurs souliers et courut avec eux pieds nus à l'assaut. La ville fut prise malgré l'héroïque résistance des Vénitiens et l'aide que leur prêtaient les habitants en jetant
Cô9
KEMOURS
cea
de leurs rom^trcs sur les Français « gros carreaux, i pierres et eau chaude ». Les vainqueurs $;accagériMit la ville et inassacrèrenl une paitie de la population. Le comte Ludovic Âvogara et ses deux fils nobles bressans qui avaient fomenté rin>urrection. Turent décapités. Le pillage de Brescia porta malheur à Tarmée française. « Il nVst rien de si certain, dit le biographe de Ba>art, que la prise de Bresse fut en Italie la ruine des Français; car ils avaient tant gagné dans cette ville de Bresse, que la plupart s'en retournèrent et laissèrent la guerre, desquels il eût été bon métier par après ». Avec une armée démoralisée par la victoire et composée en partie d'auxiliaires allemands suspects, Gaston fut hors d^étatde rien tenter immédiatement; mais au mois de mars des renforts lui arrivèrent d^ France, et Louis X II lui envoya Tordre d'attaquer l'armée pontificale et démarcher sur Rome sans être retenu par aucun scrupule religieux. En même temps le concile de Pise l'autorisa à occu|)er les États de ri!4;lise jusqu'à ce que la cbaire de Saint-Pierre fût remplie par un pape légitimement élu. Gaston entra aussitôt dans la Romagne; don Raymond de Cardone* refpsa obstinément la bataille. Gaston pour l'y décider menaça Ravenne. lofonné que Maximilien avait fait la paix avec les Vénitiens et qu'il allait retirer les cinq mille lansquenets allemands de l'armée française, il résolut d'attaquer à tout hasard l'armée espagnole. Le 9 avril il donna l'assaut, et fut repoussé. Le tl avril s'engagea une terrible bataille, qui semblait devoir décider du sort de ritilie. L'armée espagnole et {)ontiticale, fortemont retranchée, eût été inexpugnable si fartillerie d'Alphonse d'Esté, duc de Ferrare, n'eût porté le ravage dans ses rangs. Sous ce feu roeurtrit>r, la cavalerie pontificale perdit patience et sortant des lignes, elle ataqua impétueusement le camp français ; l'infanterie espagnole s'avança alors pour soutenir la cavalerie, et la bataille devint générale. Après une courte lutte, la cavalerie pontificale s'enfuit laissant aux mains des Français Fabrizio Colonna» Pesi^iire et le cardinal Jean de Médicis. L'infanterie espagnole, assaillie par les lansquenets et les fantiassins fran^ çaiSf repoussa toutes les attaques, et ne Si) mit en retraite que lorsqu'elle fut chargée en queue par la cavalerie française. Malgré d'énormes pertes, cette vaillante troupe se retirait en bon ordre et il était dangereux de l'arrêter. Le jeune vainqueur périt en s'achamant imprudemment k leur poursuite. Brantôme raconte ainsi sa mort : « Étant tout couvert de sang et de cervelle (fun de ses gendarmes, tué près de lui par ime canonnade, Bayart, effrayé, vint à lui et lui demanda s'il était blessé? — Non, dit- il, mais j'en ai blessé bien d'autres. — Dieu soit loué, dit Bayart, vous avez gagné la bataille et demeurez aujourd'hui le plus honoré prince du monde : mais ne tirez pas plus avant; rasiiemblez votre gendarmerie, et surtout qu'on ne se mette point au
pillage ; car il n'est pas encore temps : le (-a{alaine d'Ars et moi allons après les fuyards, ri, pour homme vivant, Monsieur, ne bougez ti'k i que nous ne vous venions quérir ou nous vou» man<lions. M de Nemours promit «le ne pukt avancer; mais il n'en tint rien : voyant que des gens de pied espagnols se retiroient le long d'un grand canal, il demanda à un Gascon, qui fuy oit, quels gensc'étoient.' — Monsieur, lui dil-il, ce sont deux enseignes espagnols qui ooo;» oot défaits. Le jeune prince dépité dit : Qui m'aiinrra si me suive, je ne sçaurols souffrir cela ! et, a» regarder derrière lui, donna, suivi seulemeot d'une vingtaine de ses gens, et chargea daasua lieu si désavantageux, que sa petite troupe oe s'y pouvoil remuer; car la chauitiiée étoitétrwte du côté du canal, où l'on ne pouvoitdesœiKlre, et de l'autre côté U y avoil un fossé ou l'oo k pouvoit passer ; de sorte que les Espaignols a;aol déchargé leurs arquebuses et les piquet baissées , eurent bientôt raison des nôtres. M. de Nemours, combattant constamment, eut les jarrets de son olieval coupés, tomt» pa§ terre, où il fut blessé de tant de coups, que depuis le menton jusqu'au front il en avolt quatone, et puis iais>é mort. » Ainsi nKMirut À moins de vingt-quatre ans Gaston de Foix « dont ia mémoire, dit l'Italien Guicciardini, dureia autant que le monde. Fort jeune, mais déjà couvert d'une gloire immortelle, on peut dire qu'il (ol grand capitaine avant d'avoir été soldat v. Par âatoorl tout le fruit de la victoire lut perdu et deux niois plus tard il ne restait plus aux Français que quelques places fortes en Italie. Cependant sa carrière ne (ut pas inutile; il révéla le premier U valeur de l'infanterie française, et apprit aux Français qu'ils pouvaient vaincre les terribles bandes espagnoles. • Gaston, dit U. Micbeiet, trouva tout naturel d'exiger de rinCanterie une rapidité que jusque-là on n'osait demander aai cavaliers. Dans une course de deux mois qui fat toute sa vie et ^n immortalité, il révéla la France à elle-même, démontrant, par une incroyable célérité de mouvements, une chose qu'on ignorait, c'est que les Français étaient les |fftmiers marcheurs de l'Europe, donc le peuple le
plus militaire. » ■ L. J.
flténoiret du bon rhevaiier Bayart.' — Mémoim ^ Flevmnges. '» BraniOme, ^ies du grands eapitâtnft - Galcelardinl . /itor.,!. X. - Paoto Glovto. riU ^ Ijeme Xi f^tta di ^{fonto A^EsUi yUm di Pegrmra. - SUmondi, Hiatoire de* république» Uaitenw», t. TI\; Hitt"irt de$ ¥'raRçaU, t. XV. — Miclielet. Hlftaire i^ Froncé { itMolmmce), t Vil. - Henri Martin. iÊistoit de trunn, t. VII.
NBMorRS ( Philippe ds Sa vou, duc db), troisième fils de -Philippe duc dé Savoie, et de Claudine de Brosse, né en U90, mort le t& o«»vembre 1533. Il eut po«r frère Charles III, drc de Savoie, et ponr mpw Louise de Savoie, fpitvf de François i^. N'étant Agé que de cinq ans, il fut nommé à l'évèclié de Genève ; ce qui ne !'<!»' péclia pas d'accompagner Louis Xil en lla)i»\ ^ il combattit à là journée d'Aignadel (id09>. fJi
NEMOURS
1510 il se <)émit de son évèché, et reçnt en a|Mna^e le comté de Genevois. Il s'attacha ensuite au service de Charles-Quint, pats à celui de François !•'; ce dernier prince lui donna en 1528 le duché de Nemours. À cette époque ii se fixa à la coar, et épousa Charlotte d'Orléans, flilede Louis, duc de Loof^ie ville. Il fht lécher de la seconde branche des ducs de Nemours. P. L. Galchrnon, UUt. de Smvof». — Morérl, Grand Diet. kist., art. Savo».
.leMOORS ( Jacques db S4Voib, doc ob) , oélèbre capitaine Trançais , fils du précédeot , né le 12 octotH-e 1531, à Tabbaye de Vauluisant (Champagne), mort le 15 juin 1586, à Annecy (Savoie). Sa mère, Charlotte d*Orléans, prit un tel soin fle son éducation qu'il devint, dit Guiclienon, un des princes les plus accomplis de son siècle, A l'âge de quinze ans, il fut présente à François 1*', qui loi donna une compa* gnie de chevau-légers. Après avoir fait ses pre* roières armes au siégedeLens,il se jeta l'un des premiers dans Metz (1552) , et assista au combat de Ooullens ainsi qu'à la bataille de Renty (1564). En 1 665 il commanda les gens de pied dans les guerres de Piémont, Condamné à l'inaction par la trêve qui suivit la prise de Pont de Sture, il envoya unjourdeûerle marqnia dePescaire« luy et quatre contre autant , et davantage , à donner à coups de lance à fer esmoulu, fust-on pour Tamour des dames ou pour la querelle generalle». Le combat eut lieu sous les mursd'AsU. Les deux champions rompirent chacun une lance, sans se blesser; mais des six seconds qu'ils avaient trots furent tués, deux Français et un Italien (1). Nemours servit encore sous le duc de Guise , et fut nommé à son retour colonel général de la cavalerie légère. Dans le tournoi oii Henri II perdit la vie, il était un des tenants de ce prince. Sous le règne suivant, il se montra en* tièrernent dévoué au parti des Guise. Se trouvant à Amboise à l'époque où éclata le complot de La Renaudie (1560), il s'empara , avec des forces supérieures, des capitaines Mazère et Raunay, et surprit, au château de Noizay, le baron de Castelnau, qui ne posa les armes qu'après avoir reçu la foi du duc et une promesse signée de sa raain d'être sous peu de jours rendu à la liberté, lui et ses compagnons, a Mais étant arrivés à Amboise, dit Vieilleville, ils furent incontinent resserrés en prison et tourmentés par cruelles géhennes. Ce que voyant M. de Nemours, il entra en une merveilleuse colère et désespoir da grand tort Tait à son honneur, et poursuivit à toutes instances et sollicitations leur délivrance par Tentremise et intercession même de la reine régnante , de W^^ de Guise et autres grandes dames de la cour ; maïs en vain, car à loi et à elles toutes fut répondu par le chancelier Olivier que an roi n'est nullement tenu de sa parole à son st^et rel)elle. » £n conséquence
(1) Les hlstorteiM ont donné dlrenics relallons de ee eooitkat; oott» avou nM «elle de BnatOmc^
les prisonniers furent pendus, roués, ou écartélés. L'année suivante, Nemours, prévoyant le moment prochain où les Guise seraient appelés à prendre les armes, voulut leur donner l'appui d'un ^rère du roi : il conseilla au jeuue prince Henri, alors Agé de dix ans, de s'enfuir avec lui de Saint-Germain ; la tentative avorta, et il fut obligé de gagner au plus tôt la Lorraine pour échapper au ressentiment de la reine. On eut bi preuve, par une dépêche de fambassadeur français à Rome, que le pape n'était pas étranger à cette intrigue. Le besoin qu'on avait de ses talents militaires fit rappeler Nemoyrs en 1562. Dès cette année il contritraa, avec le maréchal de Saint-André, à la reprise de Bourges sur les protestants, passa ensuite en Dauphiné, occupa Vienne et battit le baron des Adrets , qui négociait sa rentrée en grâce, lorsqu'il fut arrêt' par MontbruB (janvier 1563). Après la mort du maréchal , il obtint le gouvernement du Lyonnais ^ Forez et Beaujolais. Vers cette époque il se retira à la cour de Savoie , non-seulement pour y régler les différends relatifs à son apanage, mais à cause du scandale que soulevait le procès intenté à sa première femme, Françoise deRohao. I> lui avait engagé sa parole; certains anteurs prétendent même qnll l'avait séduite. Sons prétexte de religion et fe'gnant des scrupules de conscience, il refusa de l'épouser et demanda le divorce. Le parlement de Paris, animé de sentiments hostiles envers les huguenots, déclara en 1566 le mariage nul, bien qui! en fût né un fils qai continua à se faire appeler Henri de Savoie, prince de Genevois (1). Le duc de Nemours épousa alors Aane d'Esté, veuve de François de Guise.
Lors de la seconde guerre civUe , Nemours accompagna l'armée royale à Meaux. Averti do projet que les protestants avaient conça d'enlever le roi, « ii débattit (brt et ferme, rapporte Brantôme, qoll falloit gaiçier Paris, disant que fior sa vie il menefoit le roi sain et sauf. La charge loy en fust aussitost donnée. Il pria le roT de se mettre au raitan de ses Saysscs et luy se mit à la teste, marchans si serrés et co si bon ordre de battaille que les autres ne le& osèrent jamais attaquer... Ce qui fit dire auroy que, sans M. de Nemoors et ses bons compères les Suysaes, sa Tie ou sa liberté étaient en très* grand bransle ». Son zèle pour la religion catholique, plos encore qa*UD sentiment d'ambition penonnelle , empêcha le duc de souscrire à la paix conclue arec les bugocnots ; te premier il refusa, dans lesirilles de Lyon et de Grenoble, d'en exéeater les oonditlona comme dérogatoires à la dignité royale, et il reçut au sojet de ce manquement de foi les fétidtations dn pape
(1) Ce Henri ér«U» selon de Thon, jttvênU ttcùn et tmte nomiM inët^mu. Il meo» ose vie dlaelpée. fin 1171 11 fui enffermë dam le otétOMi d'AngMtêae.. Délivré p»r Mayenne,. Il lit avec le prince de Condé la campagne de IWS. Il mourot en ISM, lal«!i.int un bAtard l niuaiBÉ Samm$i de Ifemoun, Heter de fHlamon.
«EMOURS
Fie V. En 1567 il combattit arec sa valeur accoutumée à la bataille de Saint-Deuis , et fut chargé , avec le duc d'Aumale , de s*oppo8er à l'invasion du duc de Deux-Ponts, qui amenait un puissant renfort aux protestants. L^opiniâtrcté de d'Aumale fit échouer l'expédition. Dégoûté de la cour, tourmenté d'ailleurs de la goutte , Nemours se retira dans le duché de Genevois. En 1572 il reparut à la cour et adhéra, sans y prendre part , au massacre de la Saint- Barthélémy. En 1575 il vint saluer Henri III à «on passage à Lyon, et accompagna ce prince jusqu'à Paris. Il ne tarda pas à retourner à Annecy,oùil languit encore plusieurs années. Il mourut d'une attaque de goutte, à l'Age de cinquantequatre ans. Nemours avait beaucoup d'esprit et de savoir, parlait deux ou trois langues, et écrivait avec facilité en prose et en vers. L'historien de Thou rend également justice à ses talents. Brantôme, qui lui a consacré une longue notice, irnce de lui un magnifique portrait, r C'était, ditil, un très-beau prince et de très- bonne grâce, brave, vaillant, agréable, aimable et accoslable, bien disant, bien écrivant autant en rime qu'en prose, s'habi liant des mieux.... Il étoit {)ourvu d'un grand sens et d'esprit , ses discours beaux, ses opinions en un conseil belles et recevable8;il aimpit toutes sortes d'exercices et y étoit si universel qu'il étoit parfaict en tous... sy bien que qui n'a veu M. de Nemours en ses années gayes il n'a rien veu , et qui l'a veu le peut baptiser par tout le monde la fleur de toute chevallerie ». Il avait commencé de rédiger sur les événements auxquels il avait pris part
^es mémoires qui n'ont pas vu le jour. P. L. Brantôme, Grands capitaines. — Vteillevtlle , Ca^tcloaa, Ta tannes. Mémoires, — DeTbou, Histùria lui temporis. — Chorier, Hist. du Dauphiné, — Galchenon, Hitt. de ia Savoie.
NKMOiTES ( Charles- Emmanuel ue Savoie, duc ns), fils du précédent, né en février 1567, mort en juillet 1595. Il eut d'abord le titre de prince de Genevois. Tout dévoué à la maison de Lorraine, à laquelle il était allié, à raison du premier mariage de sa mère, il fit ses premières armes au combat de Vimaury (1587), et futarrétéaux états de Blois dans la même journée où son frère utérin, Henri de Guise, était massacré (23 décembre 1588). Trois semaines plus tard, il s'évada pendant qu'on le transférait à Amboise, gagna Paris et se joignit anx ligueurs; eo février 1589, il fut confirmé dans la charge de gouverneur de Lyon, que le roi lui avait accordée à la mort de MandeIoL Vers la fin de cette année, il amena à Paris one forte division de cavalerie légère. Après avoir assisté à la bataille d'Ivry, il reçut du duc de Mayenne, son frère , le commandement de la capitale avec injonction d'y faire une résistance desespérée ( mars 1590). Il tint parole : d'accord avec le chevalier d'Aumale, qui lui (|vait été ad joint, ^et avec le comité des Seize, il prit toutes les mesures nécessaires pour ravitailler et renforotfT la garnison ; quant aux habitants, que
la famine décima bientôt par milliers, il eoroya au supplice ceux d'entre eux qui fareot tsiet liardis pour demander la paix. La nésintdligence ne tarda pas à éclater entre les dm frères.' Nemours, qui croyait Msyenoe jalooi des services qu'il lui avait rendus pendant le sié^ de Paris, se retira, dans un momeut déduit, à Lyon. « U se flattait, dit Sismondi, dewJaîrr une souTeraineté limitrophe de celle de h ouison d'où il était sorti : elle devait se composer du Lyonnais, Forez, Beaujolais, Maçonnais et du Dauphiné. Mais quoiqu'il eût fait à Pam h cour à la plus tuasse populace, il n'avait ni affection ni considération pour le peuple; il « donnait pour être disciple de Machiajel, dootH étudiait sans cesse les écrits. Il avait aboli 1 Lyon l'autorité des magistrats légitimer, et I les avait remplacés par un conseil d'honiMi presque tous étrangers qui lui étaient lesdas U avait refusé d'envoyer des députés ao\ éUts de Paris ou de s'y faire représenter a aoonie manière, et il semblait se plaire à fainédatff son mépris pour l'autorité de son frère. » Ce dernier prit ombrage de ses eropi^teoieots, el consentit à le laisser enfermer en 1593 ao dii- j teau de Pierre-Encise , où le conduint Yvàit vèque de Lyon, Pierre d'EspInac. NeoMWw $'écliappa le 26 juillet 1594, sousleshiivUdeMO domestique, passa en Franche-Comté, elïA^fcha à enh-alner le connétable de Cai^tiite contre les Lyonnais, dont il voulait tirer uneéciatiste vengeance. La mort qui le surprit l'anaée savante ue lui en laissa pas le temps. Il d'>^><^ pas été marié. P- ^
Gttichenon, Hist. de SavoU. -^ SisooodL Biâ. if Français, XXI. - Poinon, Hist. de Henri If,^
NBMOVES {Henri oe Savoïe, doc k.frère du précédent , né le 2 novembre 15?î. ^ Paris, où il est mort, le 10 juillet I63î. Jû«!«> la mort de ChaHes-Emmaonel , son frère i». il porta le nom de marquis de Saint-Sorh*. « eut pour parrain le duc d'Anjou, qui futdejWj* Henri III, et pour marraine la reine Mârpiff!« de Navarre, et fut élevé à Annecy sous les yfl» de son père. Le duc de Savoie , qui voyait »»« impatience l'occupation du marquisat de Saluées, mit à profit les troubles religien^ P^ expulser par la force les Français ^*^ P'J^? donna à son jeune cousin le commandenj» d'une armée. Le l*' novembre ibiSce\m-Q^ rendit maître du bourg puis de la fortercae^ Carmagnole, dont la prise lui livra quatre fffli' pièces de canon et un prodigieux dépôt deœonitions ; cette conquête lut immédiatement 5W« de celle de Saluées et de toutes les auf res ^ placps du marquisat. Malgré les sages <»^ qu'il avait reçus de son père, Nemours seo^^ avec les princes de Lorraine dans le P*!j' ^ Ligue, guerroya dans le Dauphiné, dont flj»^ gouverneur (1591), commanda à Lyon «""r^jj son frère, et fit ensuite pour le faire évadff prison mainte tentative que la fermeté des dw
lïËMOURS
geois rendit inaUle. Sa récoociliation avec Henri IV eut lieu en 1596 : par le crédit de sa mère, il obtint un édit, donné à Folembray, par lequel la mémoire de tout ce que lui et son frère avaient fait pendant les troubles était abolie, et toute recherche interdite pour les saisies de recettes générales et du trésor de Saint-Denis ainsi que pour les exécutions à mort. Après avoir assisté aux états de Rouen et au siège d'AmienSiX 1597), il se retira en 1600 dans son cli&teaa d* Annecy pour ne pas prendre part à la guerre qui venait d'éclater au sujet du marquisat de Saluces. Vers cette époque il s'éprit vivement d'une des princesses de la maison do Savoie, et la demanda en mariage ; le refus qu'il essuya lui inspira autant de douleur que de ressentiment. Plusieurs années après , la guerre ayant éclaté entre la Savoie et le roi d'Espagne , Nemours prêta l'oreille aux promesses de ce dernier souverain et consentit à prendre le commandement des troupes réunies en Franche-Comté pour franchir les Alpes. Mais rien n'avait été préparé pour cette expédition , et se voyant abandonné de ceux qui lui avaient suggéré ce pernicieux conseil, il entra, par l'intermédiaire de la cour de France , en négociation avec le doc de Savoie et fut rétabli dans tous ses biens , qui avaient été saisis (1616). Il, fixa dès lors sa résidence à Paris, et épousa en 1618 Anne de Lorraine , fille unique du duc d'Aumale. Son goût pour les (êtes le porta à faire représenter à la cour un grand nombre de ballets de son invention , genre dans lequel, dit l'abbé de MaroUes, il avait des pensées rares, comme il les avait en toutes autres choses. Ce prince mourut à l'âge de soixante ans, et son corps fut rapporté à Annecy. P. L.
Sally, Êconomiei royales, — GuidieBon, HM. généoL de la maison de Savoie.
N KMOURS (Charles- Amédée ns Savoie, duc db), fils du prêchent , né en avril 1624, mort le 30 juillet 1652, à Paris. Devenu duc de Nemours par ta mori de son frère aîné, Louis de Savoie (1641), il fit en qualité de volontaire la campagne de 1645 en* Flandre , et commanda en 1646 la cavalerie légère au siège de Courtrai et à celui de Mardyck, où il fut blessé. Pendant la Fronde il se laissa entraîner par la duchesse de Ch&tillon, dont il était l'amant favorisé, à suivre le parti des princes ; malgré lui il se décida à tirer Tépée et à faire des enrôlements (1651). Déclaré rebelle , il conduisit en 1652 au secours d'Angers un corps de troupes espagnoles que le duc d'Orléans était allé'chercher à la frontière de Picardie, protégea les approches d'Orléans, où Mi'cde Montpensier s'était jetée , et prit part au combat de Bléneau. De retour à Paris avec Condé, il déploya une brillante valeur à l'attaque du faubourg Saint- Antoine, et reçut deux coups de mousquet. Un mois pins tard, il provoqua en duel son beau frère, le duc de Beanfort, pour lequel en toute occasion il n'avait cessé d'exhaler soa mépris on sa haine, t Lorsqu'ils furent en
présence , raconte W^ de Montpensier, M. de Beaufort lui dit : « Ah ! mon frère, quelle honte! Oublions le passé, soyons bons amis. » M. de Nemours lui cria : « Ah I coquin , il faut que ta me tues ou que je te tue! » Il tira son pislolet, qui manqua, et vint à M. Beaufort l'épée à la main , de sorte que celui-ci fut obligé de se défendre ; il tira, et le tua tout roide de trois balles^ qui étaient dans le pistolet ». C'était sa femme, Élisaheth de Vendôme , qu'il avait épousée en 1643, qui avait gagné à la Fronde son frère le duc de fiieaofort; elle mourut en 1664. L'une des filles du dqe de Nemours, Marie' FrançoUe- Elisabeth ( voy. ce nom ), devint reine de Portugal , l'autre Marie-Jeanne-Baptiste , épousa le duc de Savoie Charies-Emmanuel II. P. L.
De ReU. Mlle de Montpensier, La Rochefoucauld, Mé* moires, — Moréri, Grand DM. hUt.
KBMOURS {Henri H de Savoie, dernier duc nE), frère du précédent, né à Paris, en> 1625, mort dans la même ville, le 14 janvier 1659.11 était le troisième fils de Henri l'*^ de Savoie, duc de Nemours, de Genevois, de Cliartres et d'Aumale , marquis de Saint-Sorlin et de Saiot-Rambert, comte de Gisors , etc. ; sa mère était Anne de Lorraine, duchesse d'Aumale. II fut destiné à l'état ecclésiastique et nommé archevêque de Reims, en 1651. Après la mort de ses frères aînés, Louis ( 16 septembre 1641) et Charles- Amédée (30 juillet 1652), il rentra dans le monde, fut relevé de ses voeux, et se maria, le 12 mai 1657,^vec Marie d'Orléans, fille de Henri II d'Orléans, duc de Longueville et de Louise de Bourbon- Soissons. Henri deNemoura était atteint d'épilepsie : if vécut toujours souffrant et mourut sans enfants. Ce prince était savant, doux et dévot. Selon sa volonté, son cœur fut déposé à Paris dans l'église Saint-Louis dea Jésuites et son corps transporté à Annecy, lieu de sépulture de sa famille. A. d'E— p— c.
MU« de Montpensier. Mémoirêi. — Gulcbenon , Hisi. généalogique de la maison de Savoge. — MorérI, Le Grand Dict, kUt., arUcle Savofe. — Art de Vérifier les dates.
ABMOoms ( Marié d'ORLÉANS, duchesse de), princesse de Neuch&tel, femme du précédent, née le 5 mars 1625. morte le 16 juin 1707 (1). Elle fut longtemps connue sous le nom de Mademoiselle de Longueville, Naturellement disposée à l'étude, elle acquit promptement des connaissances variées. Elle avait à peine doure ans lorsqu'elle perdit sa mère (9 septembre 1637). Son père épousa en secondes noces Anne-Geneviève de Bourbon (:;)» le 2 juin 1642. U'harmonie n'exista pas longtemps entre Marie d'Orléans et sa belle- mère. Six années les séparaient seulement; mais leurs goûts et leurs caractères étaient fort opposés. Marie tenait une conduite pleine de réserve et de sagesse. Laduchesse,au contraire, séduisante, vive, légère, galante, emportée par nn esprit de frivolité et de
(1) Saint-Simon fait donc erreur lorsqu'il lai donne qualre-vtngt-sli ans ft sa mort (t) Sorar des princes de CondA et de ConU.
«EMOURS
vertige, se j«U à tête perdue dans toutes les iatrigués f|ui troublèreDt la régeaoe d'Anne d'Autriche, et y acquit unettcbeuse célébrité. Maried'Orléans accompagna son père lor«qu1l fut envoyé aux coflféreDces qni se teraiinèrest par le traité de We8tpiiaiie(lô4S);eUe ne tarda ^pas à s'ap* percevoir qoe te doc de Longaevilte était le jouet de Mazarin, qui avait réservé sa confiance ponr Lionne et Servien, difikmiates en sous -ordre, entravant sans cesse les opérations du due. Blessée do singoKer rôle que Maurin (disait jouer à son père, elle en conçut un instant de l'aversion pour le premier ministre, et rompiMit avec ses habitudes paisibles , ne craignit pas de figurer à côté de sa belle-mère, devenue Tidole des frondeurs. Lorsque le duc de LongueviUe eut été arrêté et écroué à Vincennes avec les princes deCondf^ et de Conti, ses beaux-frères (18 janvier 165Ô), Marie suivit en Normandie la duchesse de Lonfiapville ; repoussées de Rouen, elles se réfugièrent à Dieppe ; mais Marie d'Ortéans, * qui n'éloit pas tout à fait si préoccupée que sa l>eliemère de «a grande puissance, e^ni d'ailleurs ne trouvoit pas qu'il fAt de la digniti^. d'une personne de son rang de courir le monde, quand même elle n'auroTt pas aimé son re()OS autant qu'elle Taimoit, et qui, par-dessus tout cela encore, étoit persuadée que sa présence ne pouvoit être d'au* cime utilité h Monsieur son père, demanda permission à Madame sa belhs-mère de s'en revenir à Paris ; ce qu'elle ne lui accorda qu'à regiiet. Mais comme elle n'étoit pas en état de se servir de son autorité, elle n'osa lui refuser cetle permission ; et mademoiselle de Longueville la quitta de cette manière, assez médiocrement toucliéc de la peine que son départ lui causoit ». On voit par ces lignes, tracées par elle-même (t), combien peu Marie aimait sa belle-mère, dont, d'ailleurs, die blAraatt fort l'intimité avec M. de Maniitlac /depuis duc de La Roclierouc^iutt). Cette aversion, cette jalousie la jeta dans le parti mazarinisle; elle revint à la cour, puis « avec la permission de la reine, elle s'en alla à Coiilommiers pour y passer les premiers mois de In ea|ittvtté du due de Longuevitte, son père. Sa vertu et U tranquillité de sa vie la mirent à couvert des orages de la conr; et quoique cette princesse ait porté le nom de froiideuse, la reine, qui savoit le peu de Naison qui était entre elle et noadame sa belle-mère, tronva qu'il étoit jnste de la laisser en repos joair de ses plus grands plaisirs, qui étoient renfermés dans les lii res et dans l'aise d'une innocente paresse. Par toutes ces raisons, sa retraite fut estimée de tons , et lui fut à elle fort commode (9.) ». Peu île temps après son père fut remis en liberté ( 13 février 1651 ); la cour, dans la crainte que le prince de €k>ndé nVntralnât de nouveau le duc de Longneville, chargea Marie d'enlever son yére au parti des
(1) »fém. de la duchette de Nemours (édit. Mlchaad et i»cuJoulatI, t. IX, »j çjt.
(•) M»« de Mo\leiWt,mmùirt$.
frondeurs; elle y réussit malgré les mcsacesde sa belie-inère; « mais, écrit-eile, je necrugaoïs gnère ce que je n'aimnis pas. »
Marie de Longueville, quoique la plas riche héritière de France, paraissait décidée à ne poiut « marier; elle laissa sans regret la ré|^e refuier ponr eHe, par ôtf raisons politiques, Janes doc dTork, frère de Charles II roi d'An^terrp; p» des raisons personnelles, elle lefusa la màa éa iiuc de Mantoue. Aussi la vit-on avec aae grayie snrpnse s'unir à Henri II de Savoie, duc de Vmoiirs, prinoe malaéif et fieu fortnnif (ted'VSùvant les contemporains, la princesse pleura besncoup pendant la eéJébrstion de son manaise ; ma ceqid estiflOontestaNe, c'est qne, imniédiateifiAl après, Henri de Nemours fut saisi d'un si v!o)«iit saisissement qu'il tomba malade' pour m plD>te relever. De l*liy men, Marie de Nemours n« cmà di ne que le nom ; cependant eHe resta tidèle a li mémoire de son mari. Son temps se parta^ia entre la culture des lettres et la gestion df m immense fortune. Son ordre, son écoooinie, t> simplicité de ses v^meots l'ont fait à tort accaser d'avarice.
Cette princesse perdit en leMsoafièterabtié duc de Longueville, dernier mâle de vite maison. Il avait fliit nn testament es taminia prince dé Coati, snn consin germai naitrwh qwli dédaraH son héritier. M— k Newour» contesta ces dispositions, et perdit sot p^- Elle ne reeueillit de la socoession des Uftsst ville qne la principauté d* lileofclillelesSai!»»^^ dont elle ftit reconnue sonveraine par Ifo *^ du pays. L'éleeleoi de Brandebourg, d^' |>^ de Prusse, préteniiait avoir nn droit de rtvir^ sur celte principauté; il tenait da moi» ^ ^ céder à M"' de Nemours. Des parents decrtte princesse élevaient aussi des prétentions toit sur la priaetpaiité de Neufcbitel qoe sar ses biens en France. De le des diiicu^sioas élevées de >« vivant sor sa succession, et qui lai ea^isaieo' uk indignation qu'elle témoignait fréqoemmpnt. l^ jonr, dil-on, que cetle idée la tonrmeolait, dif ^ se confesser à un erctésiaetique qni ne U cm»^ sait pas : «lui-d, |kiw calmer lirriUtioo qa^ nianifi>stait contre certains personcag^» !<" ^ seilla le pardon des injures. •< Non, non p^n> ^ pondil-eHe , je ne pardonnerai jamais à nés trco ennemis! — Quels sont-ils? demanda le o)0>f^ senr. — Le roi de France, le duc de Savoieet te roi de Prusse. » — Comme elle était fort «mpy
ment vêtue, le confesseur la prit pour one
fieille
lolle et la renvoya do confessionnal 1 1 ) • On p^ dire à sa louange qu*elle fit exception daD!> ^
(1) Ce fait e«l rapporté par S«lnt-Slmon, mats a"«<ï*j|
iiièmc , trais ne prononçait qac let «mbs ** *^kj CoiiU i saint Simon. Mem. t. IV. p. Sa|. ■ Sf* V^lL BTolcnt 'rllenx^nt ifRrl lespric, r«ppcrl# S«'P'-'*r quVlk ne pnuvoU pMrrtonnrr. Eilr i»*" ^^'^^^^ desKU* ; et quand qnelquefobt on lut demaiMW* ^ ^^ son le Pater, elle repondolt que cul, mal» «•»"'''** f**^ rariicle do pardon de» ennemis. On pcot Juger q« déTotton ne l'ineommodoit pas. •
NRMOURS
sij^it» : «Ile ne fat ai dëbaudiée, ni prodif^, ni bis;ot«. Elle moiinit à quatre-TÎngt-desx ans. Saint-Simon, qni ne l'a connue qo^àgée, a tracé ainsi son portrait physique et moral : « M"« de 5prBoar8 , a^ec ane figure fort sififpilière , one façon de se mettre en toiiriëre qui ne i'étoit paa nuMiM, de gro« yeux qui ne voyoient f^outte, et uo tic qui lui foisoit toujours ailer une épaule, avec des cheveux lilanca qui kui tnitaoient partout, awit rair du monde le plus imposant Aiiss^t étoH-elle altière au dernier point, et avoit infiniment d'esprit avec une lanf^ue éloquente et animée, à qui elle ne refusoit rien. Ëlleavoit la moitié de t'b6tel de Soissons et M"*' de Carignan l'autre, avec qui elle avoit souvent des démêlés, quoique sœur de sa mèra et princesse du sang. Elle joif^noit à la haine matemelle de la branche de Condé celle qu'inspirettt souvent les secondes femmes aux enfants du premier lit. Elle ne pardonnoit point à M*"' de Lon*;ueville les mauvais traitements qu'elle préteadoit en avoir reçus et moins encore aux deux princes de Comté de lui avoir emMè la tutelle et le bien de son frère, et au prince de Conti d'en avoir g^ipié oontre elle la suc4-ession et le testament (ait tm sa faveur. Ses propos les plus forts , les phw salés et sonvent très-plaisaats , ne tarissoient point sur ces chapitres , où elle ne mésageoit point du tout la qualité de princes du sanç^. Elle B*aimoit pas mieux ses hériliers naturels, les Gonëi et ies Matignon. Elle vivoit pourtant honnêtement avec la duchesse douairière de Lesdiguières et avec le maréchal et la marécliale de Viitefoy ; mais pour l«»s Matignm , eMe n'en voulut pas ouïr parler. M"** de Memoors était lè-dessus si entière, que purlani au roi dans une Irattre de aon calNnet, avec ses yeux qui ne voyoient guère, eUe ne laissa pns d'apersevoir MatigpM» qui pasaoit dans la <'our. Aussitôt elle se mit è cracher tmq ou six fois tout de suite , puis dit a« roi qu'elle lui en <temandoit pardon , mais qu'elle ne pouvait voir un Matignon sans or«cber de la aorte. » Quelque» semaines avaat sa nort elte envoya soo confesseur demander pardon de sa part à M. le Prince, i M. le printe de Conti «là MM. de M*ti^non. Tons allèrent la Toir et en furent bien reçus ; mais ce fut tout : pas un n'en eut rm ; elle donna tout ce qu'elle put aux deux 6 Iles (l'un vieux bAlard obscur dn dernier coasie de Soissoiifi, frère de sa mère, et abbé de La Couture du Mans; Tune mouml jeune sans avoir été ma* riée ; l'autre épousa le duc de Luynes. » Quant à Neofchâtel, les états dédarèreut le roi de Prusse leur souverain.
La ducliesse Marie de Nemours a laissé des Mnaaèreê qui ftirent publiés pour la première lois par M^'* L'Héritier de Villaudoa, qui les publia en UB vol. in- 12 (Cologne, 1709). Depuis ils ont été réimprimés plusieurs fois séparément à la suite des Mémoires du carfUnai de Reti et *le ciMix de Guif Joly ; Amsterdam, 1718, 1738, 6 voL in- 12 ; Genève ( Paris), 17ôl,7 vol. in-8".
Les Mémoires de 4/»« de Nemours^ écrits dans un style facile, .sont intéressants, spirituels et piquants ; mais on ne peut guère y chercher la vérité sur les personnages de la Fronde et prio* cipalement sur la ducliesse de Longueville, et sur les frères de sa belle^mère , contre lesquels ils ne sont à vrai dire qu'un long factum. La malignité a souvent guitlé sa plume, et elle a quelquefois abusé de la inesse et de la pénétration dont elle était douée. A force de scruter les intentions, elle est tombée dans des conjectures hasardées ; mais ce défaut est racheté par Tintérét et la rapidité de U narration. De ipqoantes réflexions, des peintures de mœurs et de caractères biBB tracées rendent instructive et agréable la lecture de son livre. 11 ne comprend au reste que le récit des événements accomplis entre les années 1648 et 1653. A. db L.
GulchenoD, Uitt. œnéatô^ique de la maUoa de Savoye — Notice en télr dM Mémoires de la dneheue de Nemourt (édit. Mlchaud et Poujoulat; Paris 18S8). — M"** de Motte? Ille, M«m. - S»tiit-.siinon , Mém.^ t I, p US; t. IV, p. 10 et 11. — Lenel, Afem. tur la çuerrû civile dA 1648. — \a i.hâtre, Mem. svr ta minorité de Louis Xiy. - Monlpennler, Mftn. — Le cardinal de R»*u, Mftn. — La Soctief'iaeaald, Mém, — VUlefM«p f^ie dâ jU*** lu dvcheâte de Longueville.
^KEMOITRS ( Louis- Charles- Philippe-Raphael n'ORLÉANS, duc oe), prince fiançais, né à Paris, le 25 octobre 1814« Il n'avait pas encore cinq mois quand le retour de Napoléon de nie d'£lbe força ses parents, à peine de retour d'un long exil, de chercher un asile en Angleterre. Rentré peu de temps après avec eux sur le sol natal , il passa sa jeunesse entre les douceurs de la vie de famille et les enseignements d'une éducation lit)érale, et comme le duc de Chartres, son frère aloé Jl fit ses études au collège Henri IV, où il obtint même quelques succès aux grands concours. Esprit réfléchi, il s'adonna plus spécialement aux sciences exactes, et y réussit d'une manière assez remarquable. Suivant un usage de l'ancien régime, Charles X le nomma, le 17 septembre 1826, colonel du 1" régiment de chasseurs qui^ par ordonnance royale du même jour, prit le nom de chasseurs de Is'emours, Le 21 février 1830, il le fit chevalier des ordres et reçut son serment en cette qualité, le at mai suivant. Deux mois après la révolution de 1830 éclata : le a aoftt le jeune prince faisait son entrée à Paris, à la tête de son régiment. Ce même jour, sou père» devenu lieutenant général du royaume, rendit une ordonnance qui le nommait grand croix de la Légion d'honneur. Le 3 février 1831, un congrès national l'appeUiit à ceindre la couronne de Iklgique ; mais dans l'intérêt de la paix de l'Europe le roi Louis- Philippe, qui ne voyait pas les grandes puis.sances disposées k soutenir ce choix, refusa ToiTre des Belges, le 17 du même mois, et ub peu après il ne se prêta pas davantage aux avances qui hii furent faites pour placer le duc de Nemours sur le trône de Grèce. Lorsqu'il connut le projet adopté par le gouvernement de faire entrer des troupes en
NEMOURS
Belgique contre la Hollande , le jeane duc demanda à prendre part à cette expédition (août 1831) ; il se trouva, en novembre 1832, an sié|;e d'Anvers, où il partagea avec son frère aîné les études du commandemen|. et les périls de la tranchée, comme aux jours néfastes du choléra il partagea, dans ses visites à PhôtelDieu, des périls d'un autre genre, comme en avril 1834 il affronta dans Paria les dangers de l'émeute. Le grade de maréchal de camp, conféré le l*' juillet 1834, fut la récompense de ses premiers services. II fit ses débuts sur la terre d'Afrique dans la première expédition de Constantlne (no* ▼embre et décembre 1836), et pendant ces deux mois il supporta les fatigues et les tidssitudes de l'attaque et de la retraite. De retour à Alger, après la malheureuse issue de cette campagne, il refusa les fêtes qui lui furent ofTertes et promit de revenir bientôt aider à réparer l'insuccès de l'expédition. Il tint parole, et le l*'' octobre 1837 il quittait le campement de Medjez-Ammar, à la tête de la brigade d'avant- garde, et le 6 au soir il établissait avec elle son bivouac sous les murs de Constanline. Dès le lendemain, à neuf heures, il accompagnait le général en chef Danrémont dans la reconnaissance de la place. Nommé commandant des troupes du siège, il présida à ce titre à toutes les opérations qui suivirent, et les assiégés ayant dirigé une sortie vers le point qu'occupait sa brigade, le prince, à la tête du !t* régiment d'infanterie légère et des zouaves, les repoussa Yi- Tement et leur fit essuyer des pertes considérables. Le 11 il prit part à l'établissement des batteries, dont une, construite sur le plateau de Coudiat- Aty, reçut le nom de batterie de Nemours. Ce fut là que le lendemain , en examinant les travaux de la nuit , un boulet de canon emporta à ses eûtes .le général Danrémont; ce fut là que, le 13 au matin , Combes , colonel du 47*, mortellement blessé , vint lui rendre compte du succès de nos colonnes, qui quelques heures après étaient maîtresses de la ville. Sa conduite lui valut le grade de lieutenant général (1 1 novembre 1837). Le 20 février 1840, M. Passy, ministre des finances, proposa aux chambres de lui faire une dotation de 500,000 francs; mais la chambre des députés repoussa la demande, et son vote entraîna la chute du cabinet, Soult et devint la cause du rappel de M. Thiers aux affaires (1" mars). Le duc de Nemours épousa, Ie27 avril suivant, Victoire-Auguste Antoinette , duchesse de Saxe-Cobourg-Gotba, née le 14 février 1822, et héritière, du chef de sa mère, d'une partie de la grande fortune des princes de Kohary. Au mois d^avril 1841, il retourna pour la troisième fois en Algérie pour prendre part à une campagne décisive contre Abdel Kader, sur les bords du Chéliff. Il s'y distingua dans l'expédition pour le ravitaillement de Médéah et de Milianah , et le 3 mai, à la tête de deux bataillons, il chary;ca et mit en fuite les Kabyles. Peu de jours après, il reçut le commandement de la première divi-
sion de la colonne expéditionnaire d'Oran et le rentra en France que pour prendre le oommi* dément supérieur du camp de Coispiègpeiqgi lui fut donné, le 14 juillet suivant
Un an après» et presque jour poar jour, U mort prématurée de son frère aloé, le doc d'Orléans , d«nna ao prince nne grande importance. Un voyage en Alsace, qu'il entreprit an mois d'août pour dissoudre le corps d'année d'operations sur la Marne , lui fournit l'ooctn» Je prendre la nouvelle attitude politique oomuniK par les événements; mais lorsque, eoDlniI^ ment aux traditions de l'andenne monarchie qii étaient en faveur de la mère de l'héritier présomptif de la couronne, on présenta aai dtti» bres (20 août 1842) un projet de loi qai iui«ltribuait la régence, l'opinion put>lique oepantf pas ratifier cette loi, que le sentiment du daiga fit abandonner en 1848. Le roi son père ioi remit, le 18 octobre 1843, le collier de UToi^ d'or que lui avait envoyé la reine Isabelle. \h puis, le duc de Nemours prit une part aclifeui travaux delà chambre des pairs, et voyagea iv<c la duchesse dans les départemenU et â ielraoger, mais il n'eu) avec les populations od le; autorités municipales que des rapports tout a liit officiels. Le 24 février 1848 il oonniaadiit uû corps de troupes massé sur la place da dnwad; mais sans essayer de se prévaloir dei àm\s qoe lui conférait la loi sur la régence, il iéii^^' que conl\plétement, et accompagna U dadiesse d'Orléans au aein de la chambre des dépôt»- Lorsque M. Sauzet, président de te cbambnf, > la demande de M. de Lamartine, m^ * séance, par le motif du respect qa'in$pinit » présence an sein de la représentatioo oatkai^ de la princesse et de ses enfanU, M. le(i«<ie Nemours engagea lui-même la docbesse i ^ retirer, afin de laisser à U chambre toaU «' berté dans ses délibérations. M"" U àût^ d'Orléans parut céder d'abord aux ioviiilHO^ qui lui étaient adressées; cependant, arriiée»^ derniers bancs du centre gauche , ^^^^ place au milieu des acclamations deUcbaoKt entière. Quelques mots de M. Dupii**^ déterminé la proclamation du comte de m comme roi, avec la régence de la <'"<^****t. mère; M. Marie opposa qu'une loi aTail <J^ nomnné le due de Nemours régent, et quoo b| pouvait en ce jour établir une régence s» violer à la loi , déjà promulguée. M. ie doc * Nemours, présent à ce débat, n'interrint p<J» dans la discussion; c'était une recuonaa*"»" tacite des droits de son neveu A cedeiw acte de sa vie publique se nttacbe t^ ^ souvenir d'un devoir dignement ^^'/\ 27 au soir le duc avait rejoint sa û^tllc «f l'exil , et arrivait à Londres à l'arobass*» «^ France; le 4 mars il établissait avec eilej^'T sidence à Claremont. C'est de là qu'il ea^^ 20 mai 1848, à l'Assemblée nationale, i M P; testation contre le projet de loi sur le bua^
NEMOURS — NEMNIUS
ment de la famUle d'Orléans. Cette lettre, lue danti la séance da 24, et renvoyée à la commission chargée d'examiner le projet de décret, ne fut pas même prise en considération. Plusieurs fois le bnilta coaru de son adhésion à la reconnaissance des droits au trône de M. le comte de Chambord, auquel il avait été le premier à faire ▼isite. Veuf depuis le 10 novembre 1857, M. le duc de Nemours a quatre enfants, dont denx fils : Louis-Pbilippe-Marie^ Ferdinand • Gaston d'Orléans, comte d'Eu, né le 28 avril 1842, et Ferdinand-Philippe-Marie d'Orléans, doc d'Alençon, né te 12 juillet 1844. H. Fbqobt.
Eneaelop. modem». — Vapereaa, Met. des Contemp. -> MonUeur vnitBertei, 19», 18M, lt4S.
H ENHics, ancien chroniqueur anglais, vivait, suivant Topinion la plus accréditée, dans le neuvième siècle. Yossius, on ne sait d'après quelle autorité, le place au septième siècle. Nennius nous apprend lui-même qu'il était Breton, et non pas Saxon, et qu'il eut pour maître Elbodus ou Elvodug. Il écrivit une Histoire des Bretons ( Historia Britonum ) on, comme on l'intitule quelquefois, un Éloge de la Bretagne (Elogîum Britannias ). Il dit au début qu'il a compilé cet ouvrage d'après les annales romaines et les chroniques des Pères aussi bien que d'après les écrits des Scots et des Angles et les traditions des ancêtres. L'histoire commence par la généalogie fabuleuse de Brutus, petit-tils d'Énée et souverain de Bretagne. L'auteur rapporte ensuite l'arrivée des Pietés dans le nord de la Bretagne, et c^Ue des Scots en Irlande, et après un récit court et confus de la conquête de la Bretagne par les Romains et de leur domination dans ce pays, il vient à l'invasion des Saxons et à leur conquête .graduelle de la Bretagne. Le manuscrit de Nennius fut mutilé par un transcripteur, qui signe Samuel, disciple du prêtre Beulan. Ce Samuel déclare avoir rejeté de l'œuvre de Nennius ce qui lui a semblé inutile , et y avoir ajouté des détails recueillis dans d'autres écrivains touchant les villes et les curiosités de la Bretaune Telle est la version généralement adoptée quant à Nennius et à son Histoire des Bretons ; mais quelques critiques modernes, en examinant ce point de l'histoire littéraire d*Angleterre, ont élevé des doutes sur l'existence de Neontus et ont pensé qne son prétendu ouvrage a été fabriqué à une époque bien plus récente que la date qu'on lui assigne communément. Cette question a été discutée assez longuement par M. Stevenson et par M. Wright. D'après ce dernier critique, le récit accrédité sur Neonins est pris presque entièrement dans deux prologues apocryphes de son livre, qui selon toute probabilité ne sont pas plus anciens que le douzième siècle , et dans certains vers, peu intelligibles, ajoutés à V Historia Britonum dans un manuscrit du commencement du treisième siècle. Dans les prologues, Nennius se donne pour le disciple d'El • bodus,tandis que les vers sont adressés à Samuel,
MOU?. MO», cinte. — T. XZXVII.
fils du prêtre Beulan, maître de Nennius (Versus Nennii ad Samuelem, filium magistri sut , Beulani presbyteri, virireligiosif ad quem historïam suam seripserat ). Ces indications fixeraient l'époque de Nennius au commencement du septième siècle. Suivant Leland,il était abbé de Bangor, où il avait, dit-on, reçu son éducation; et, ayant échappé au massacre des moinesen 603, il passa ses dernières années dans les lies écossaises. Les antiquaires gallois revendiquent une antiquité encore plus reculée pour l'ouvrage attribué à Nennius ; ils prétendent qu'il fut écrit en breton , et d'après les traditions des bardes et des prêtres, par un Nennius, vaincu par Jules César dans un combat singulier ; le second Nennius, abbé de Bangor,traduisit l'œuvre de son prédécesseur, et la continua jusqu*à son temps, c'est-à-dire jusqu'à la mort de Penda.roi de Mercte, en 655. Tous ces récits paraissent être des fictions laites après coup. Les plus anciens manuscrits de l'Histoire des Bretons la donnent comme un ouvrage anonyme ; le nom de Nennius ne s'y trouve joint que vers le commencement du treizième siècle, et mêm:i alors il est souvent remplacé par celni de Gildas. Sur une indication aussi incertaine, il est impossible d'affirmer l'existence de Nennius et encore moins de donner des détails sur sa vie. D'après le ton général et le contenu de son histoU^e , il est probable- que l'auteur était d'origine celtique ( peut-être Gallois) ; et il est certain qu'il éUit ignorant et ne puisait qu'aux sources les plus communes. Son ouvrage a donc fort peu de valeur au point de vue historique ; mais les fictions qu'il renferme lui donnent une certaine importance littéraire. Les récits de la première colonisation des Iles Britanniques, des exploits du roi Arthur, et surtout de la naissance de Merim et de ses merveilleuses prophéties , ces récits, qui exercèrent tant d'influence sur la littérature du moyen âge, ne se trouvent pas avant le douzième siècle ailleurs que dans cette histoire. Si réellement elle avait été écrite avant la conquête normande, ce serait une preuve que ces légendes sont d'origine galloise; mais la véritable date de l'ouvrage eat impossilHe à fixer. M. Wright pense qu'aucun des manuscrits de V Historia Britonum ne remonte au dixième siècle; que les plus anciens sont tout au plus du onzième, et la plupart sont du treizième ou même plus récents. S'appuyant sur le fait curieux que les deux plus anciens manuscrits, celui du Vatican et celui d'Oxford, ont été écrits hors d'Angleterre, le même critique se demande si V Historia Britonum n'a pas été compilée sur le continent, en Bretagne par exemple. L'hypothèse est vraisemblable et s'accorde avec ce que l'on sait d'ailleurs sur l'origine des fictions qui tiennent une si grande place dans les romans du moyen âge. V Historia Britonum fut publiée po<ir la première fois par Gale, dans sa collection des
NENNITJS — rCEOPHYTE
lilfiforiais anglais, f69t, io-fiol., t. î. Bertram réimprima le texte de Gale à Copenha^ie, 1757, itt*8°. Le R. W. Gunn , reeteur d'Irstead, en donna nne nouvelle édition aree tradiietion et commentaire : The mttoria Britktnum, cm»monlff aitributed to PfermiWT ftom a fnm^^ nuicrit lalely discofcered ht ih% lièrarp 0/ the Vatican Palace, ai Rome; êdited in the tenih century by 'Mark the Hermii ; wHh etn ençhsh version; Londres, 1819, iii*^^. Enfin M. J. Stevenson a pnMié d'après phmieiif» ma* nnscrita une bonne étlHion de r/rii/oréa irr»^ tonum, La traduction de Ounn a été insérée dans le volume desSixold english ehroTiiciêg, qui fait partie âtVAniiqnafian lilnrary de Bohs.
VoMii». 0« kMorMt tminêt. — Tiamr, MMi«itoca. -* Lappcntorg. Gtush. van EnçUmdp vol. I. p. xxxix.- Stevenson, Introéuet, à «on édition. — Wright, Biographie brttanltiea Uteraria, t, I.
NBSiT (Patrice'François^ comte ne), homme d'État belge, né le 24 décembre 1716, à Braxeilea, 0(1 il mourut, le 1*" janvier 1784. Il appartenait à une famille irlandaise, nommée MaoNeny, ré^ fugtée dans les Pays Bas après l^etpuiaiiMi des Stoarta. D*abord secrétaire du conseil privé en 1739, H devint successivement conseiller privé en 1744, membre do conseil suprême pour les affaires des Pays-Bas à Vienne, es 1751, Ton dea commissaires ponr Texécotion do traité dTAixOa-Chapelie en 1752, trésorier général des finances en 1753, chef et président du conseil privé en 1757. Il eut nne grande part à ladireetton des aff^ina de la Belgique sous le règne de Marie-Thérèse , qui le créa comte et lui donna leeordon de commandeur de l'ordre de Satnt- Étienne. Curateur de Tuniversité de Loovahi en 1755, il s'efforça d*y améliorer les études, et la première séance de te société Kttéraife qui fut le noyau de l'Académie royale de Bruxelles se tint d^ns son hdtel. On a de lui ; 9/émoirês Historiques et politiques sur les Pays-Bas autrichiens; NeiifchAtel, 1784, iih8*; 4*édit., Bruxelles, 1786, 2 vol. in- 12, ouvrage qui obtint on grand succès, et qui M encore autorité dans les matières qui y sont traitées. H avait été rédigé sur la demande du prince der Kaunitz, pour rinstrodion de l'archiduc Joseph, fils afné de Marie-Thérèse. M. Girthals ( Lectures rela» tlves à l'histoire de% sciences ^ des arts, des lettreSy des mamrs et de la pôlïtiqtie en BelçiquCy etc., IV, 274) cite une lettre intéressante adressée au comte de Cobenzl par Meny pour se disculper des reproches d'avoir professé dans ce travail des principes républicains, alors qu'il avait seulement fait preuve d'une honorable Indépendance. Neny avait écrit sur les aflaires ecclésiastiques des mémoires restés manuscrits et conservés à la Bibliothèque royale de Belgique. Barbier loi attribue par emm* les(Eiirref posthumes de M. le P. de iV., contenant la réforme du conseil des domaines et finances des Pays-Bas-, NeufcliAtel, 1784, in-8*. Selon
Reiffenberg et de Stassart , Mevf fat l'éditenr des Deeisiones curiee Braèantiae retmtiora du comte de Wynanis. M. LodIs IMMBcfcer s'est approprié, en le poMlmt sous mn non, sa extrait textuel des Mémoir» hmêsrtques et poUHqueSy qo^il a hititulé i D9 FOnyamlÊatm polHique, admint^traiite et judicksire de la Belgique pendant les trots derniers sàètUs; Paris, 1641 in-12. E. R.
De Reimintaiv. .4rtMu» phiMoftqan, I» tTl. -> U ai^«« Mnnuairê ûe fÀ/taà. r«y. ée% $ttwnen et tette»lettres de Bruxelkt, 1835. p. 81. — Gacbard. Smr Im mmoires hist, et polit, du chef et présiOnU 4e Ne»w% <iav les BulMUu dAl'Aead. rojf. da tekmees H èHle»^ kttns de Bruxelles, lom. VU. ire p^rt., p. US. — !.« AftMphite belge, IV, S89. — Barbier, UUUùkil des ouSrttfa cmtmvm. et pseudon^m.
RÉOPHRoif (Nedçfflov ) , poète tragique athénien, vivait dans le cinquième siècle avant J.-C. Sa biographie par Suidas contient une coafrsdietion. Suidas prétend qoe Néopbron écrivit cent vingt tragédies, que la Med^ dlSoripide loi a été quelquefois attribuée, qu'il mit le prenwr en scène le personnage de gouverneur d'enfants ( naiSaforféc ) et l'examen des esclaves par la torture ; il ajoute qu'il fut enveloppé daas la disgrftce de Callisthène, et mis è mort par l'ordre d'Alexandre le Grand. Il esf évnfent qoe le rival d'Euripide et son pré'lécessesr dans liatroduction du rdle du pédagogue nli pas po rivre sous Alexandre. Snithis aura saos doute confondu Néopliron avec Iféarqne, adenr tragique qui était l'ami de Callisthène et qm ^' tagea sa persécution. Il reste de Wéophroa des fragments d'Une tragédie de Médee, qni scnMe avoir servi de modèle i la tragédie dToripide qui porte le m*me titre. ï^s Ftagments de Séophron ont été recueillis par M. Wagner ï h smtt d'Euripide dans la Bibliothèque grecque de A.-F. Didot. Y.
Soldas an mot Neoxpcdv. — Elmsley, édtt de ta Méi^ d'Earlplde. — Okogénr Laeree, II. 19%. — CttotoB, FsAi Hellenici, t. Il, p. xxxx-
MinpHTYE (Reo96tx)i historien grec, vivait vers la (h du domième siècle après J.-C. Q était moine dans l'Ile de Cypre, lorsqoe cette lie fut occupt^e par le roi d'Angleterre Ricitfrl Cn^uv de Lion et devint la possession des Latins. Il a laissé un opuscule historique iiAéffessaat,
rCoteiîer a poMié dans It vol. Il, p. 457-441, ses Ecclesiês grmx Momvtmenta, sma c« titre : Neo^vttw xpt9€oxiçw (tovotxoO xoet è^xk;*- ToO itepl tâv xatà x^P^^^ Kvnpow ox«m»v ( De Néophyte prêtre, moine cloitré, sur les calamités de Cypre ) ; c'est m oo«rt rédl de l'usurpation de Cypre, de la conquête de Tlle par Richard Co^ur de Lion , de l'emprisonneiMt d'Isaac Comnène, et de la cession Oe llle soi Latins. On trouve dans diverse:^ liibliotMq«es<i^ l'Europe des manuscrits qui portent le nooi ée néophyte ; cetix qui traitent de sujets théologHces peuvent appa<*tenir au moine cypriote*
On a d'un IféoeiivTe Prodromenus une VemonstratiodepfanttÊ etdenx traités chjmiqnes»
Quant aiw Pffinitiones êé mvisiones summaria toHus AristoteHs phUosophix , et Epitome tu Fwrpkyrii quinfue voees ê$ in Aris^ totelis Orymton, ces trahét se«l probableme»* d'un tfoisièinc Néophyte. Y.
Da Catge , SlMMorium wieêke et infUm» ftmUmm ; Jndem aaetormn, p. M. - 9»bnim, BiMolk0€a frmsu, vol. ^. p. TMi Wl. Vilï, 66J, 6M; vol. XI. p 83». - Cavc, HUtoria litteraria , <ut ann. 1190.
NÉOPTOLÈMB I*'' ( IÏ£07rTÔ).eno; ), roî d'Èpire , mort vers 360 avant J.-C. ï! était fils d' Alertas l**. A la mort d'AIcélas, Kéoptelèrae et son frère Arrymbas ou Arrybas se partagèrent le royaume d*Épire. Ils gouvernèrent leurs parts res|>ectives en parfait accord jusqu'à la mort de îNéoptolème. On ne connaît aucun incident remarquable du règne de ce prface. Il taîssa deux enlants i Alexandre !<''' d'Epire et Olympias^ mère d'Alexandre le Grand. Y.
P.iusanlM, I, 11. - JusUn, VII, 6:XVII, 9. - Drojseo. Heltenismus , vol. I, p. «0.
NÉOPTOLÈMK 11, roî (TÉpire, fib d'Alexandre 1*^ et petit-fils du précédent, tué en 511)5 avant J.-C. A la mort de son père, en 326, il était encore très-jeune, et les beliiqueiix Épirotes se prononcèrent en faveur d'Éacide. Mais en 302, en ràbsence de Pyrrhus, successeur d'Éacide , une insurrection éclata et fit prévaloir les droits de ]!léoptotèroe. Ce prince occupa le trône pendant six ans, et mécontenta ses sujets par sa tyrannie. Lorsque Pyrrhus revint d*Éf»ire, en 296, à la tète d'un corps d'armée qne lui avait fourni Ptolémée, roi d'Egypte, Néoptolème, effrayé de la désaffection des Éprrotes, consentit à partager la souveraineté avec son rival. Un pareil accord ne pouvait être durable. ITn jour que ces deux rois assistaient à nn banquet solennel, Néoptolème forma le dessein d'empoisonner son collègue. Pyrrhus, informé de ce projet, fit immédiatement assassiner Néoptolème.
Plutarqoe-, Pifrrhtu, *, l. - hfoytm, HêUenismus, TOI. l.p^SM.
NÉoiPTOLKMË de Paros, grâa«airieikgrec, d'u«e éf9tfait incertaine. Oa lui Attittoue les ouvrages suivants, qui soal tous perdus aujourd'hui : Sur le» Êpigrammeâ { llept TfaiYP»!^^ puK«av >, probablemeal use coUeetioa à*Épi' grammes arec des Schoiiea; -— Sur les laU' gués ( Ileft iiMo<iGiN \ qui contenaii av raoii» trois livre» : e'est sans doute cet ouvraj^e auquel Achille Tatiu» fait aikiàifM en parlant de mois phrygiens i^puYwt çomû ); — £7» com^ mentaire svar Bonière; — Un commentaire swr Théocrite; — XJh trailé sur la poésie^ auquel, dit-on, Horace fit des empriuits pour son art poétique. Le poème épique intitulé Naupactie (Novicoaiia), quePausanias regarde comme Tcravre de Carcinus, était attribué à un Néoptolème. Peut-être Néopttlème de Parus avaitil écrit un commentaire sur ce poëme. Y.
XirotM, jiiUfM., voU Vl^ p. xmxTi. - Nbcidu» A4bliotnecM trteca, vol. I, p. S17; III, p. 781, 798; VI, p. 19S, S7t. — CUnton , Fatt. HelL, yoI. I. p. 8M.