‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 102 sur 133 · CORBINEAU · texte numérisé non relu

CORBINEAU

mée de*Sambre-et-Meuse les campagnes des années 1795, 1796, 1797, passa Tannée suivante à celle du Danube, se trouva de 1799 a 1800 aux années d'Helvétie et, du Rhin , et se distingua àLautrech, ainsi qu'à Saint-Biaise, où il entra le premier. Passé lieutenant-adjudant-ma- , jor (8 décembre 1801 ) dans le 5e régiment de chasseurs à cheval, dont son frère Constant était colonel, il rejoignit Tannée suivante l'armée de Hanovre, et y obtint le grade de capitaine, le 23 octobre 1802. Chef d'escadron dans la cavalerie de la légion hanovrienne ( 16 mai 1806 ), il devint colonel du 20e régiment de dragons (7 janvier 1807 ), avec lequel il fit la campagne de Pologne. Baron de l'empire (17 mars 1808), il passa à l'armée d'Espagne, et se distingua à Alcala-Real. Corbineau, à la tète des 12e et 16° régiments de dragons, culbuta 1500 cavaliers espagnols commandés par le général Fraire, et après les avoir poursuivis l'épée dans les reins pendant trois lieues, leur fit 114 prisonniers et s'empara de toute leur artillerie. Général de brigade ( 6 août 1811 ), il prit le commandement de la 6* brigade de cavalerie légère du 2" corps, maintint 1,500 cosaques qui avaient passé laBrissa à Walintzy, jusqu'au moment ou le général en chef Gouvion Saint-Cyr, ajoutant à ses troupes le 20e régiment de chasseurs à cheval, le 8e de chevau-légers et 700 hommes d'infanterie, le chargea de maintenir l'ennemi dans les défilés en avant de Bonomia. Placé sous les ordres du général de Wrède pendant la retraite de Polotsk, Corbineau, qui désirait franchir la Bérésina, se dirigea sur Borisow, qui venait d'être occupé par les troupes de l'amiral Tchitchakof. Guidé par un habitant du pays, il prit légué de Studzianka, et après avoir culbuté quelques bandes de Cosaques, il put rejoindre le duc de Reggio entre Bobz et Kroupki. Aide de camp de l'empereur ( 26 janvier 1813 ) , il fit en cette qualité la campagne de Saxe, pendant laquelle il rat promu au grade de général de division, le 23 mai suivant. Le général Yandamme ayant été fait prisonnier au combat de Kulm, Corbineau prit le commandement en chef du 1er corps d'armée , culbuta le corps prussien de Kleist, et parvint ainsi a se réunir au maréchal Gouvion Saint-Cyr. Placé près de Napoléon, lors de la campagne de France, au moment où l'empereur ( dans la soirée du 30 janvier 1814 ) manqua d'être enlevé par un parti de cosaques entre Brienne et Méiières, Corbineau contribua pour sa part à la délivrance de «on souverain. S'étant emparé avec 400 hommes de la ville de Reims, non-seulement il tint en échec le général comte de Saint-Priest, qui commandait en chef le 8* corps russe; mais il le sépara encore du corps d'armée de Blûcher, et donna ainsi à Napoléon la possibilité de traverser l'Aisne à Berry-au-Bac. Après les adieux de Fontainebleau , le comte Corbineau se retira dans ses foyers , et ne reprit du service que le 20 mars 1815. Envoyé à Lyon pour arrêter la mar-

che du duc d'Angoulême, qui voulait passer 11aère, il fit ce prince prisonnier au Pont Saint- Esprit, le 9 avril ; mais il le remit en liberté après avoir pris les ordres de l'empereur. Corbineau, qui avait tenté de pacifier la Vendée a qui s'était trouvé à la funeste journée du Mont- Saint-Jean, fut mis à la retraite à la seconde restauration , et ne reparut sur la scène politique qu'à l'époque de la révolution de 1830, où il fut chargé du commandement provisoire de la 16* division militaire (Lille). Gréé pair de France le 11 septembre 1835, ce fut lui qui, le 6 août 1840, fit arrêter à Boulogne le prince Louis- Napoléon, aujourd'hui empereur des Français. Le nom de ce général, qui avait été créé comte en 1813, est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile, coté ouest. Sauzav.

Archive* de la guerre. — Moniteur, » février îsio. *fï décembre 1848. — Fict* et ecna , t s, «, n. n. i». - Bull, de la grand* année, Moniteur du il oui l*u.

corbineau ( Marie - Louis - Hercule • Hubert), baron, officier français, frère des précédents, né à Marchiennes, le 10 avril 1780, mort à Chalons-sur-Marne , le 5 avril 1823. Le 1er avril 1793, à peine âgé de treize ans, il s'engagea à bord du corsaire le Requin, et fit ensuite une croisière sur la corvette de l'État la Aaiedt. Entré comme simple soldat dans une oompagMe franche, il devint en 1798 sous-lieutenant dans la légion des Francs. Ensuite il était lieutenaal dans les guides d'Augereau, et se fit remarquer à HohenUnden. 11 fut nommé quelque temps après adjudant-major, puis capitaine dans le 5e de chasseurs. H reçut la croix d'Honneur en 1804, fut adjoint à l'état-major de la garde impériale, puis successivement major, adjudant-major, chef d'escadron et major-colonel dans les chasseurs à cheval de ce corps d'élite. U prit part aux journées d'Austerlitz , d'Iéna et d'Eylao. A cette dernière bataille il fut atteint par un biscaien à la cuisse droite , au moment on son frète aîné était tué. Après s'être battu k Friedianrf, H se trouvait à Wagram, ofi il chargeait sur une batterie, lorsqu'un boulet lui fracassa le genou droit. Cette blessure nécessita l'amputation delà cuisse, et fit admettre Corbineau à la retraite, avec le titre de baron, une dotation an Hollande et la croix d'officier de la Légion d'honneur. La recette générale de la Seine-Inférieure loi ftit en outre accordée. N'ayant d'antre fortune que son traitement, Corbineau sollicita l'autorisation d'aliéner son majorât, afin de réaliser les fonds nécessaires pour son cautionnement. Napoléon lui fit répondre « que son cautionnement était déposé avec sa jambe sur le champ de bataille de Wagram ». Il fut en conséquence dispensé de tout versement -préalable. La Restauration ne crut pas devoir lui conserver cette faveur, et il fut transféré à Chalons-sur-Marne, où il mourut. Dans son tableau de la Bataille de Wagram, Horace Yernet a représenté Corbineau transporté sur un brancard sous les yeux de Napoléon.

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cotftiHBLU (Jacques), littérateur italien, né à Florence, vivait dans te seizième siècle. II tint en France, oft il saitit son père, Raphaël, que les troubles de Florence avaient déterminé à l'expatrier; c'était du temps de Catherine de Médids , dont les Corbinelti étaient alliés. Cette princesse plaça Jacques auprès du due d'Anjou, son troisième fils, en qualité d'homme de lettres. Corbinelli expliqua à son élève les anciens historiens romains. U rat l'ami du chancelier de L'Hôpital et le protecteur de tous les savants qui ne trouvaient dans le besoin. Il donna des éditions des ouvrages suivants ' Ethique d'Aristote, abrégée par Brunet; Lyon, 1568, in-4° ; — le Corbaccio de Boccace, avec des notes; 1589, in-8° ; — le traité Délia tolgare Bloquenza de Dante; Paris , 1&77, in-8*; — la Bella Mono de Juste de Contl; Paris, 1519, 1595, in- 11.

Neatl. Serltt. ftormU. - Bayle, Dietimnaire hittortem et criMfiM. — Moatfuieoo, Bitiiotk. manutcnpt.

coRBiziBLLi (Jean), moraliste et généalogiste français, petit-fils du précédent, naquit à Paris, en 1615, et mourut, plus que centenaire, le 19 join 1716. Issu d'une famille noble de Florence, qui suivit en France Catherine de Médias , il eut pour aïeul Jacques Corbinelti, qui avait été placé par elle près de son fils, le duc d'Anjou, comme un homme de bon conseil et de rare doctrine ; U aimait les lettres, protégeait les savants, et obtint l'estime du chancelier de L'Hôpital, Raphaël Corbinelli. son père, fut secrétaire de la reine Marie de Médids; mais la mésintelligence qui éclata entre elle et Louis XIII, devenu roi, détruisit les espérances que sa haute position pouvait lui (aire concevoir, et influa d'une taanière lâcheuse sur la destinée de Jean Corbinelli, qui, dans le cours d'une vie séculaire » se plaignit toujours de sa mauvaise fortune, et dut chercher dans la culture des lettres des consolations et des ressources qu'il ne put trouver à la cour. Recherché dans le monde pour le» agréments de son esprit, il sot intéresser à son sort le fameux coadjuteur, à la famille duquel il était allié , le duc de La Rochefoucauld , le président de Lamoignon , et d'autres personnages non moins recommandables par leur mérite personnel que par l'illustration de la naissance. Bayle, adoptant un jugement porté sur lui par le père Bouhours, dit « que M. Cor- « blnelll est aujourd'hui l'un des beaux et bons « esprits de la France. » Répandu dans le monde d'élite d'alors , il fut, pour ainsi dire, un des commensaux de mesdames de Sévigné et de Grignan, qu'il accompagna dans leurs voyages de Provence. La première lui fit plusieurs fois l'honneur de lui céder la plume, lorsqu'elle écrivait à son cousin ftussy-Rabutin, et ce n'est pas le cas de dire ici que la/n couronnait Vauvre. Au surplus, il parait que les écrits de Corbinelli ne valaient pas &a conversation. Comment dès lors ajouter

GORBUfEÀU — CORBINÏEN

foi au bruit vague répandu de son temps , qrtl n'était pas étranger à la rédaction du hvre des Maximes, et que c'était à loi surtout qu'elles étaient redevables du tour original qui fit une partie de son succès ? Pour ae convaincre du peu de fondement d'un pareil bruit, il suffit de comparer avec les Réflexions morale» de La Rochefoucauld un pauvre livre intitulé : Les anciens historiens latins réduits en maximes; Paris, 1694, in-12. Autant la pensée de La Rochefoucauld se détache vivement, pour revêtir une forme concise et piquante, autant l'abréviateur, pour ne pas dire le compilateur, se donne de peine pour extraire de THe-Live, le seul historien sur lequel il se soit exercé, des considérations morales ou politiques, plus ou moins délayées, qu'il décore du nom de maximes. Un éminent philologue de notre temps (M. Charles Nodier ), qui ne se défendait pas assez de son penchant au paradoxe, a cherché vainement à faire revivre cette fausse attribution. Nous lui opposerons Corbinelli luimême, qui, dans une lettre écrite à Bussy-Rabutin, le 18 décembre 1678, s'exprime ainsi : « Je me suis avisé de mire des remarques sur « cent maximes de M. de La Rochefoucauld. J'en « suis à examiner ceile-d : La bonne grâce est « au corps ce que le bon sens est à Cesprit. » Eu s'occupant d'un pareil travail, il donnait assez à entendre qu'il n'était pour rien dans la composition du livre des Maximes, On a de Corbinelli les autres ouvrages suivants ; Sentiments d'amour tirés des meilleurs poètes modernes ; Paris, 1666, 2 vol. in-12 ; — Extraits des plus beaux endroits des ouvrages des plus célèbres de ce temps; Amsterdam, 1681, 5 vol. pet. in-12. — Histoire généalogique de la maison de Gondi; Paris, Cognard, 2 voL in-4°, fig. Cet ouvrage, fort bien exécuté, est dédié à la duchesse de Leadiguieres, que l'auteur compte au nombre de ses bienfaiteurs ainsi que le cardinal de Retz. On trouve dans la correspondance de Bussy-Rabutin un assez grand nombre de lettres de Corbinelli, dont les unes portent son nom, et les autres l'initiale C. seulement. On en lit aussi quelques-unes parmi celles de Mœe de Sévigné. Les siennes ne sont pas exemptes d'un certain vernis de pédanterie, qui contraste avec le ton aisé et naturel des deux célèbres épistolaires. J. Làkourkux.

Bayle, Dictionnaère Mttorique et critiqua, article Corbinelli. -Lettres de BuMjr-Rabutln ; Paria, 17S7, r vol. tn-is. — Lottln, Almanach des centenaires; 1761. ln-is, p. il, etc.

conniNiEN (Saint), né à Chartres, dans le septième siècle, vécut d'abord dans la solitude, puis eut des disciples, et fonda une communauté religieuse , qu'il quitta pour se rendre à Rome, sous le pontificat de Grégoire H. Ce pape l'arracha à la retraite qu'il avait choisie , et l'envoya convertir la Bavière. Corbinien se fixa à Freysingen, et s'attira la haine du duc Grimoald par sa hardiesse à lui reprocher ses désordres. Forcé de

GORBLNIEN — CORCUD

fuir, il ne revint à Freysingen qu'après la mort de Grimoald. Il y termina ses jours, en 730.

Le P. MeikJielbeck, Histoire de Fretringen ,• Augibonrg, 17», s voL ln-fol. - baille*, Fie* du saints. - Actasanct.

corbubl Voy. Villon.

coftBULOif (C. Domitius), général romain, né vers le commencement de Père chrétienne, mort en 67. Fils de Yestilia, qui avait épousé d'abord Herdonius , puis Pomponius, et enfin Orfitus, il était frère de Césonie, femme de Caligula. Nommé préteur par Tibère, il reçut, à l'expiration de sa charge , la surintendance des ponts et chaussées en Italie, n commit dans cette place des actes de cruauté et d'extorsion probablement commandés par l'empereur Caligula , et il reçut pour prix de son obéissance la dignité de consul substitut (sttffectus), en 39. Sous le règne de Claudius, il dut rendre compte de sa surintendance, et les victimes de ses extorsions furent dédommagées. En 47, cependant, Corbulon , obtint le commandement d'une armée en Germanie, et remporta de grands succès sur les Chauques commandés par Gennascus. Il maintint une excellente discipline parmi ses troupes, et montra autant de prudence que de courage. Ses victoires excitèrent la crainte ou la jalousie de Claude, qui lui ordonna de ramener ses soldats sur la rive gauche du Rhin. Corbulon obéit, non sans peine et avec regret de voir sa carrière militaire interrompue sans aucun motif. Pour empêcher ses soldats de s'amollir dans l'oisiveté, il les employa à creuser entre la Meuse et le Rhin, sur une longueur de vingt-trois mille pas, un canal destiné à prévenir les inondations. En 54, peu après l'avénementde Néron, Corbulon reçut lecommandement suprême des forces dirigées contre les Parthes. Vologè&e, roi de ce peuple, venait d'envahir l'Arménie et d'en chasser le roi Rhadamiste, protégé des Romains. Il ne se crut pas assez fort pour soutenir la lutte, et, se trouvant d'ailleurs occupé par rinsurrection de son fils Yardane , il retira ses troupes d'Arménie, et donna pour otages aux Romains les membres les plus distingués de la famille des Aracides. Mais peu d'années après, la guerre éclata de nouveau, et Corbulon obtint de grands avantages sur le nouveau prétendant au trône d'Arménie, Yardane, frère de Yologèse; il s'empara des villes d'Artaxata et Tigranocerta, et assura le trône à Tigrane, qui avait reçu de Néron le trône d'Arménie. En 63 Yologèse et Tiridate recommencèrent la guerre. Corbulon resta en Syrie pour la défendre, et Cesenius Petus fut envoyé en Arménie. Celui-ci fut si malhabile ou si malheureux, que Corbulon accepta avec empressement la proposition des Parthes, qui offraient d'évacuer l'Arménie pourvu que les Romains en fissent autant de leur coté. Cette convention ne rat pas longtemps exécutée. Tiridate reprit bientôt après possession de l'Arménie , et demanda à Néron, par une lettre insultante, l'investiture du royaume dont il venait

de s'emparer. Cette conduite amena une nouvelle guerre, queCorbulorfpoussa avec vigueur et acheva promptement. Tiridate déposa devant la statue de Néron la couronne qui devait lui être rendue à Rome par les mains de l'empereur lui-même.

Corbulon fut un des plus grands généraux de son temps ; il resta fidèle à Néron au milieu de la haine générale excitée par les cruautés de ce prince. En se mettant à la tête d'une insurrection, U eût pu facilement obtenir la dignité impériale; mais il semble n'avoir jamais conçu une pareille pensée. Il fut récompensé de sa fidélité par un arrêt de mort. En 67, Néron, qui se trouvait alors en Grèce, invita Corbulon avenir l'y voir. A peine celui-ci était-il arrivé à Corinthe, que Néron ordonna de le mettre à mort A cette nouvelle, Corbulon se perça de son épée en s'écriant : a Je l'ai bien mérité. »

Pline, Hist. nat., Il, 70; VI, 8, 1S; VU, s. — Tacite. Ann.* 111,81; IX, 18; Stac., XIII, 6, 84, etc.; XIV, », etc ; XV, L, 86, etc.; Hist., II, 7t.. - Dira Casslns., UX, 15 ; LX, 80; LXJI, 18, etc.; LXIil, 17. - Fronda, Strateg^ IV, 8, 7; II,»; IV; L.

*corcbllas (Labarre-Firecoy). Vog. Labarre.

gorgud ou korkocd, fils du sultan Bajazet II, mis à mort l'an 919 de l'hégire ( 1513 de J.-C. ). Son père lui donna le gouvernement de Tekké; mais le jeune prince, irrité contre le grandvizir Ali-Pacha , prétexta un pèlerinage à La Mecque, et se rendit en Egypte. Le sultan des mamelouks le reçut avec les plus grands honneurs, mais repoussa absolument toutes les propositions qui auraient pu troubler l'harmonie entre l'Egypte et la Porte. Corcud, pour réparer l'imprudence de sa démarche , écrivit alors au vizir, en le priant d'intercéder pour lui auprès du sultan. Au moyen de cet acte de soumission, le jeune prince rentra en grâce, et se hâta de retourner dans son gouvernement. Bajazet était vieux et infirme, et on pouvait prévoir que les janissaires ne le laisseraient pas mourir sur le trône. Corcud, qui depuis la mort de Schehinschah, se trouvait l'aîné des fils de Bajazet, était son héritier légitime; mais il avait contre lui les janissaires : cette milice le considérait, à cause de son amour pour les arts, comme incapable de régner. Leur affection se porta sur Séiim, dont le caractère bouillant et l'humeur guerrière convenaient mieux à des soldats. Celui-ci, sûr de leurs bonnes dépositions , quitta son gouvernement deTrébizonde, et marcha sur Andrinople ; mais fi fut battu et forcé de fuir en Crimée. En apprenant la marche de son frère sur Andrinople, Corcud se mit en possession du gouvernement de Saroukhan. Informé bientôt après de l'abdication de Bajazet et de l'avènement de Sétim 9 il se hâta de faire sa soumission au nouvel empereur, et resta paisiblement à Magnésie. Mais à la nouvelle des sanglantes exécutions qui signalèrent les débuts du règne de Sélim, Corcud, ne pouvant plus douter que ce prince ne réservât à ses frères le

même sort qu'à ses neveux, tenta, par des lettres, de gagner les gouverneurs et les janissaires. Instruit de ces manœuvres, Sétim quitta Brousse arec un corps de cavalerie de dix mille hommes, sous prétexte d'aller à la chasse, et le cinquième jour de sa marche il atteignit Magnésie , où il espérait surprendre son frère. Celui-ci eut à peine quelques instants pour échapper par une porte de derrière, avec Pial, l'un de ses plus dévoués serviteurs. Durant vingt jours, Us se tinrent dans une caverne, puis s'enfuirent déguisés vers Tekké, l'ancien gouvernement de Corcud, d'où ce prince se flattait de pouvoir gagner l'Europe. A Tekké Corcud resta encore quelques jours enseveli dans une caverne, tandis que Pial confiait ie cheval du prince à un Tnrcoman pour aller chercher des vivres. La richesse de la selle et des harnais éveilla les soupçons d'autres Turoomans, qui découvrirent la retraite du frère du sultan et en donnèrent avis à Kasim, gouverneur de la province. Cekii-d se hâta de faire arrêter Corcud. Le sultan, averti de cette importante capture , envoya vers son frère le kapoud}i-hachi Sinan-Aga, qui réussit k écarter Pial, et profita de l'absence de ce fidèle serviteur pour signifier au prince sa condamnation à mort. Corcud , avant de mourir, obtint la liberté d'écrire au sultan, et rai adressa une lettre en vers qui lit coulerles larmes de ce cruel monarque. Celui-d manifesta alors un repentir mutile, ordonna un deuil général , et sacrifia à la mémoire de sa victime les Turcoroans qui avaient lâchement trahi Corcud.

De Ranimer, HiiMre de FBmpire Ottoman.

co&daba (Jules-César), érudit italien, fils du comte Antoine de Calamandrana , né à Alexandrie, le 17 décembre 1704, mort le 6 mai 1785. Il entra à l'âge de quatorze ans dans la Société de Jésus, et fut nommé à vingt ans professeur au collège de Yiterbe. Il enseigna ensuite à Fermo, à Ancone, enfin à Rome. Il se fit connaître par des satires élégantes, et fut nommé en 1742 historiographe de l'ordre des Jésuites. Après la destruction de cet ordre, il revint à Alexandrie, où il mourut. On a de lui : la Morte di Nice, poème à la louange de la princesse Clémentine Sobieska, femme de Jacques 111, prétendant de la Grande-Bretagne; Rome, 1735 ; — L. Sectani G. Fil. de tota Graculorum kujus ztatis litteratura ; Hagse Vclpiœ , 1738, in-8°; — Mstorix Societatis Jesu pars sexta, cornplectens res gestas sub Mutio Vitellesco; Rome, 1750, 2 vol. in-fol.; — Caroli Odoardi StuarM, Vallix prindpis, expeditioin Scotiam, libris quatuor comprehensa; Rome, 1752 ; — JHscorso intorno alla morte di Fittro Metastasio; Alexandrie, 1763; — Ristretto delta vita, wrtù e miracoli del B. Simone di Roxas; Rome, 1766, in-4° ; — Vita delta B Eustochia di Fadova; 1769; — Collegu Oermanici et Bungarici Historia, libris quatuor comprehensa; Rome, 1770, in-4°; —

CORCUD — CORDAY 78«

Trattatodei vantaggidelV orologio italianoso» pra Voltramontano ,• Alexandrie, 1783 ; — quelques opuscules manuscrits. Le» œuvres complètes de Cordara ont été recueillies ; Venise, 1805 , 4 vol. in-4*. Cordara a aussi donné une édition de Y histoire du prince Eugène, écrite en latin par Guido Ferrari ; Rome, 1747.

Tipaldo, mograjta degU ItaUani iuuttri. 1 111.

cordatus {Maurice), médecin français du seizième siècle, né à Reims. On a de lui : Bippocratis Coi libellus ntol IJaadÉvuov, hoc est de iis qum virginibus accidunt ; Paris , 1 574, in-8°.

Biographie médicale.

cordatus ou CORDE ( Vincent ), savant français du seizième siècle, né a Vesoul, dans le comté de Bourgogne. Il donna pour vivre des leçons de grec et de latin à Paris, à Toulouse, A Avignon , eut le cardinal d'Armagnac pour protecteur, et (ht en correspondance avec Bernard et Jérôme Turrisan. On ne connaît de Cordatus qu'une édition de Térence, publiée sous le titre suivant : JP. Terentii Comœdix sex, infinitis locis emendat»; una cum commentariis in Andriam ; summariis vero, qux argumenta vocant, et annotationibus methodicis rei ac styli in reliquas ; Venise, Aide, 1570, in-8°.

Cordatus, Epistola ad Turrisaiwm, en lôte de son édition de Térence.

cordât d'amans ( Mariane-Charlotte de ), fanatique française, née è Saint-Saturnin (Orne), en 1768, morte en 1793. Comme toute vie obscure qui se dévoile subitement pour briller et s'éteindre presque en même temps, celle de Charlotte Corday n'a donné à l'histoire qu'une bien courte période, et n'a presque attiré la lumière que sur un point Tout ce temps de jeunesse ignoré, qui devait aboutir à une triste et éclatante hn, ne recèle qu'une série de faits bien peu marquants. C'est une enfance écoulée presque entière à la campagne, dans le paisible entourage de la famille ; puis des études sérieuses et solitaires, une disposition précoce A de nobles rêves d'héroïsme et de liberté, sans cesse nourrie par des lectures passionnées d'histoire et de philosophie. Plutarque et Rousseau , dit-on , ne quittaient point ses mains (1). Ainsi la révolution la trouva

(1) Voici quelques détails que M. A. Bonnette, de Reims, a transmis au directeur de celle publication sur la jeunesse et les parents de Charlotte Corda/ :

« Son père , François de Corday d'Arinont, appartenait à une famille noble. PaoTre gentilhomme de proTlnce, U vivait paisiblement aur son petit nef de Llgnerles, qu'il cultivait de ses propres mains. De Corday père joignait A cette occupation des goûts littéraires imbus des Idées nouvelles ; il avait même écrit des ouvrages contre le despotisme et le droit d'aînesse. Mais, aoil obstioaUou de la fortune, soit insttifl»aocc de génie, il ne pot se faire tour A travers les événements. A la tète de etnq enfants, deux fils et trots filles, dont Charlotte était la seconde» les tristesses du besoin se firent senUr de Jour en jour. Aussi sa femme, JacqueUne-CbarloUe-Maric de Gauthier des Autiers, succomba de chagrin. Enfin, la nécessité força de Corday i se séparer de ses filles, qui entrèrent dans un monastère deCaen, appelé l'Abbaye aux Dames, fondé en 1066, par Matbilde, femme de Galuaume le Conquérant.

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préparée, attentive et confiante dans aea magtifiques promesses. La ville de Caen allait être te centre d'une grande fermentation. Les fugitifs do parti glrondins^précipitèrent, et tentèrent de soulever les provinces voisines eontre la Convention, qui les rejetait de son sein. Ces jeunes et bouinants orateurs, encore exaltés par leur défaite et le pressant danger de leurs amis, firent un horrible tableau de cette dictature qui ne se chargeait de sauver la France qu'à de si terribles conditions. Sous l'éloquente inspiration de leur haine, ils couvraient chaque jour d'imprécations brûlantes les noms trop fameux de lents persécuteurs. Charlotte Corday trouva sans doute l'occasion de les entendre, et quelle impression n'en dut-elle par recevoir 1 son cœur brûlait du même enthousiasme. Ces proscrits étaient jeunes pour la plupart; puis leur parti avait formé comme un dernier rempart contre l'effusion du sang : après eux, c'en était lait de ces grands principes qui avaient enfanté la révolution, et leurs derniers accents, au milieu de cette tempête furieuse, s'élevaient comme le cri de détresse de la liberté en péril. La jeune fille conçut la pensée de se dévouer à cette cause, persuadée qu'en effrayant par un coup hardi ceux qui ne régnaient que par l'épouvante, on ferait tomber le pouvoir de leurs mains. Elle ne reçut mission que d'ellemême, et partit pour Paris , munie d'une lettre de recommandation qu'elle avait sollicitée du girondin Barbaroux.

Cette notice, si son cadre le permettait, pourrait recevoir ici quelques détails connus particulièrement de Fauteur, dont le père eut occasion de voir souvent M,,e de Corday ; il la rencontra la veille de son départ, chez l'abbesse de la Trinité, madame de Pontécoulant. A des question» pleines de sollicitude sur le but et la durée de son voyage, elle répondit avec le calme et la sérénité qu'on lui trouvait toujours ; car, avec une ftme au fond brûlante et agitée, elle avait les dehors d'une angélique douceur. Elle donna pour prétexte à ce voyage un service urgent que réclamait d'elle une parente émigrée. Elle arriva à Paris, et des-

Charlotte, dans le eours de la vie monasUqne, pleine de douceurs et d'amitiés loUinea, ac Ha avec lea demoltellea de Pandoas et de Purbln. Remarquée par l'abbesse, ma dame de tlelzunce , et par la co-adjutrice, madame Doulrrt de Pontécoulant , ses dame* l'admettaient dans de» société* un peu mondaines, que l'usage permettait aux abbesses d'entretenir avec leurs parents du dehors dans l'enceinte même de leur routent. Cbarlotte avait ainsi connu MM. Donlret. de Pontéeonlant et de Belzunce, Jeune colonel de cavalerie, pour lequel elle avait ressenti l'amour le plus par. La mort Imprévue de Belsance. massacré a Caen par le peuple, lui fit Jurer, dit-on, qu'elle sa vengerait de Harat. Lors de la suppression des monastères» Charlotte avait dix-neuf ans. Recuelltte a Caen par madame de BrrttevlUc, sa tante, elle employait son temps a assister cette vieille parente dana les solos domestiques, à l'accompagner dins ses promenades, à recevoir les amies de la maison. Ces devoirs remplis, Charlotte était libre de tontes ses pensées, de toutes ses heures, qu'elle employait a folâtrer ou à lire. Klie aimait tes romans, et surtout Jean-Jarques Rousseau. Raynal et Mntarqiie. Les livre* passionnés et légers de l'époque, tels que VUéUfUe on FaubUu , étalent aussi feattktés par eue. »

eendit me des Vieux-Auspstint. Prasieurs jouis s'écoutèrent; seule, parcourant les rues et ki promenades, oh des tableaux lugubres s'offraient à chaque pas, eue rêvait aux moyens de caasommer le plus utilement son sacrifice. Des las premiers jours elle avait remis au député Laos* Duperret la lettre de Barbaroux; pois efle se rendit à la Convention, dans une orageuse séance, où le parti qui lui était cher rot voué a rexécration et as suppliée. Le 13 juillet elle s'arrêta au Polait-Égaltlé, et y acheta un contenu; puis elle se présenta chez Marat. L'effroi qu'a inspirait exagérait son importance : elle Pavait choisi pour victime.

On dit qoe son dessein était d'abord de le frapper an sein de la Convention} mais il était malade alors, et ne sortait plus. Repoussée de a porte une première fois, elle lui écrivit quelques lignes; Le 13 an soir die se piéseate de nouveau, et subit on second refus; mais an Toix qu'eue élève parvient jusqu'au démagogue, qui cornmande de l'introduire. H était dans sa baignoire, la tète enveloppée, rédigeant, sur une planche posée en travers, sa feuille du kndeansdn. La chambre était étroite: il fit approcher la jeune femme, qui répondit è ses questions avec assurance, et lui rapporta ce qui se passait dans «s province. Vite il demande les noms des girondins rebelles, et s'apprête à les écrire en disant*: « C'est bien, ils iront tous à la guillotine. » Mm la plUme à l'instant tombe de sa main, et il eipire en balbutiant ces mots: « A moi! ma ebète amie. » Un fer était plongé dans son sein gauebe et avait pénétré jusqu'au cœur. A respect du sang, l'héroïne eut peut-être quelque vertige, et gagna la pièce voisine en portent la main à soa front. La compagne de Marat se jeta sur elle; un homme employé dans la maison accourut a bruit, et la renversa ; bientôt les chefs de la section arrivèrent, et l'arrachèrent à la populace, prête è la déchirer, quand on la conduisait à l'Abbaye. Son procès s'Instruisit rapidement : elle comparut devant le tribunal rérohslioswure. Elle confirma elle-même tous les témrésjpaniM, et répondit ainsi aux questions du président. « (Tesi mol qui ai tué Marat 1 — Qui vous a poussée a ce meurtre? — Ses crimes! — Quels sont ceui qui vous l'ont conseillé ? — Moi seule; je l'avau résolu depuis longtemps : j'ai voulu rendre b paix è mon pays 1 — Croyez-vous donc «voit tué tous les Marat? — Hélas, non ! » reprit-elfe tristement. Elle rat défendue par Chauves* Lagarde avec ce courage qu'A montra peu de mois après dans la défense de la reine. Sa sestence fut prononcée; avant de la subir elle écrivit deux lettres, l'une è son père et l'autre* Barbaroux. « Quel triste peuple pour fonder use république! dit-elle dans la dernière. On ne conçoit pas ici qu'une femme inutile , dont la plus longue vie n'est bonne è rien, puisse s'umnoler de sang-froid à son pays.. » Puis eue ajoute qu'un cœur brûlant et sensible promet une vit

CORDAT - CORDEMOT

bien orageuse, et qall est mieux de rootnir jeune... Elle conserva Jusqu'à la fin sa sérénité et sa simplicité héroïque». Le sourire animait son visage sur la route de l'échafaud, au miHeti des outrages de Ifgnoblè cortège. Rien ne fit défaillir cette femme au cœur ardent et généreux. La tête engagée déjà sous la hache, elle témoigna encore, par un mouvement de pudeur, de sa préoccupation dernière.

On dit que le bourreau souffleta sa belle tête en la montrant an peuple, comme pour exprimer l'affreuse dérision où son sacrifice devait aboutir. Le codp qu'elle frappa, loin d'abattre le gouvernement révolutionnaire, ne fit que redoubler sa furie et consommer la ruine de ceux Qu'elle avait cru servir. [An. ttàuta, dans YÈnc. es g. du m, ]

Couet-GlrouvMc, Charlotte Cordai, ou mémoire pour urdr à rhiitotr* de la vie de cette femme célèbre ; Pirk. an it. 1n-e°. - Loris Dttbol*, Charlotte àe Cordai . euoÀ Matériau*, avec eortrait et fac-aimllé ; Paris, 18». ln-8°. - Charlotte Cordai, tragédie eu trois actes ; 1798, In-S* . - Charlotte Cordai, ou ta Judith moderne; Caea, lit? ( <*• dent pièce* anonyme* •ont tout a fait différente* l*tn« de l'aftlre, et elles défigorenl tootea deui lofait historique J. - Lalrtulller, les Femmes célébrés dé luréVotuUoTl;iW,l.], p. 138-Slt.

- «"* Lfftitse Collet. Charlotte Cordai, tableau dramatique j lies. to-t». — Lamarttae, HUt du Girondine.

- Titien, B Ut. do la ré*, fr. — MJgnet, Abrégé de Vhist. de la rév.

COÉOEIKO on GOftbBtatO (Antonio ) , historien portugais, né en 1641 , mort en 1740. Né dans la ville d'Angra* capitale de Me de Tereère, iJ fit ses premières études dans une des lies de l'Archipel, puis il fut envoyé par sa famille à Coïmbre. Durant la traversée qui devait le conduire des Açores en Portugal, il Ait pris par la flotte espagnole, et faillit perdre la vie, parce qu'on l'accusa d'avoir communiqué avec les ennemis de la couronne. H eût été exécuté, dit-on, s'il n'eût en la présence d'esprit de prouver qu'il était on simple étudiant, en récitant une grande partie de Y Enéide et une fouie de fragmenta des classiques. Le duc de Medina-CceU lui lit obtenir sa grâce entière, et lui donna la possibilité de poursuivre la carrière littéraire. Nonseulement il étudia à Coïmbre, mais il entra dans les ordres, et il professa avec succès. On ne dit pas qu'il soit jamais retourné dans son pays pour y faire une longue résidence ; mais il s'occupa avec succès de l'histoire de Tereère et de celle des Iles voisines, en y comprenant Porto- Santo et Madère. H est mia au rang des classiques. L'ouvrage auquel il doit sa réputation est fort rare en France ; il porte le titre suivant : Ilistoria insulana dos ilhas à Portugal sogtiias no Occeano occidental /Lisbonne, 1717, io-foi. Ses autres ouvrages août : Cursus philoaophicus Contmoricensis ; Lisbonne» 1714, in-fol. ; — in prœcipua partium D, Thorax theologia scholaitica ; ibid., 1716,— Resolucoens theo-jurissicas ; ibid., 1718, 1 vol. infol- ; — Loreta lusitana, virgem senhora da Lapnf\M.9 1719,m-fol. F. D.

Barbosa Macaado, BWMkeoa lutUana. - Catalooos do$ auetoree / dan* le grand Dictionnaire de l'Académie — Ceear de Piganlére, Bibliotheca hisiorlca.

cordemoy (GérUt) de), littérateur frati çais, né à Paris , dans la première partie du dixseptième siècle, d'une famille noble , originaire d'Auvergne , mort le 8 octobre 1684. Après avoir exercé quelque temps la profession d'avocat, il se livra a l'étude de la philosophie de Descartes. Il se fit connattre de Bossuet par un traité Sur ta nature de Vdme ; ce prélat le plaça auprès du dauphin en qualité de lecteur, et le chargea d'écrire une histoire de Ûharlemagne. Cordemoy, qui portait la méthode cartésienne dans ses recherches historiques, et qui ne voulait rien avancer que sur de bonnes preuves , (ht frappé des contradictions et des fables dont sont remplis les historiens dé Chariemagne. Cette découverte l'engagea à examiner les règnes précédents et à remonter jusqu'à l'origine de la monarchie, îl se vit ainsi insensiblement conduit à écrire l'histoire des deux premières races de la monarchie française. H fut reçu à l'Académie française le \i décembre 1675. Onadelui: te Discernement du corps et de Verne, en six discours ; Paris, 1666, in- 12; — Discours physique de ta parote; taris, 1668, in- 12 ; — Lettre à un savant religieux de la Compagnie de Jésus ( le P. Cossart), pour montrer 1* que le système de Descartes et son opinion touchant tes bétes nfont rien de dangereux ; 2° que tout ce qu'il en a écrit semble être tiré de la Genèse; Paris, 1668, in-4°; — Histoire de France; taris. 1685-1 é89, 2 Vol. ih-fol. ; — ÎHVers traités de métaphysique, d'histoire et de politique; Paris, 1691, in-ll Tous ces ouvrages, a l'exception de Y Histoire de fronce, furent t*ccueillis par le fils de Cordemoy , sous le litre de : Œuvres de feu M. de Cordemoy ; Paris, I70ï , in-4".

h'Ûtivè't, Histoire de V Académie /fdnçdlJd-Niceion, Mémoires pour tereir à Phùtôire àe% homme» illustre*, U XXX VU.

coftMMtfT ( Louis Gbjuub os) , théologien français , fils du précédent, né à Paris , le 7 décembre 1651, mort dans la même ville, le 7 février 1723. H entra dans les ordres, fut reçu docteur en théologie, et s'appliqua surtout à la conversion des protestants. Après avoir fait partie des missions de Sataftonge , il fut nommé, en 1679, abbé de Féuières de l'ordre de Gltaanx, dans le diocèse de Clertnont en Auvergne. On a de lui : la Méthode dont les Pères se sont servis en traitant des mystères; Paris, 1683, in-4°; — Béat de la conférence du diable avec Luther, fait par Luther même, traduit du latin; Paris, 1681 et 1684, in-12; — Let* ire des nouveaux catholiques dé Vile tfArvert wn Saintonge à Vauteur des Lettres pré* tendues pastorales ; Paris, 1688, in-4* : cet ouvrage est, ainsi que les suivants, une réfutation de M. Juriett ; — Lettre écrite aux nouveaux euihotyuestfArvertenSaintonge;Puria, 1689,

GORDEMOY — CORDES

in-4*; — Lettre de Jf***, avocat en parlement, àunde ses fils retiré en Angleterre, contre le Système de C Église, de M. Jurieu; Paris, 1 683, in-4° ; — Traité de Vinvocation des saints ; Paris, 1686, in-12; — Traité de V Eucharistie; Paris, 1687, in-12; — Traité contre les sociniens, ou la conduite qu'a tenue V Église dans les trois premiers siècles , en parlant de la Trinité et de l'incarnation du Verbe; Paris, 1686, in-12; -+- V Éternité des peines de Venter, contre les sociniens; Paris, 1697, in-12; — les Désirs du ciel, ou les témoignages de V Écriture Sainte, contre le pur amour des nouveaux mystiques ; Paris, 1698, in-4°; —. Divers traités de controverse; Paris, 1701, in-12; — Lettres sur différents sujets de controverse; Paris, 1702, in-12;— Traité de l'infaillibilité de V Église ; Paris, 1713, in-12 ; — Traité des saintes images, prouvé par V Écriture et par la tradition tcontre les nouveaux iconoclastes ; Paris, 1715, in-12 ; — Traité des saintes reliques; Paris, 1719, in-12.

Mercure d'avril 17». — N icéron, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres.

cobimw ou coedbeius (Balthazar), théologien belge, né à Anvers, en 1592, mort en 1650. Il entra dans Tordre des Jésuites en 1612, et professa la théologie à Vienne en Autriche, n était savant en grec, et se fit connaître par les ouvrages suivants : Catena LXV gracorum Patrum in S. Lucam; Anvers, 1628, in-fol.; — Catena grxcorum Patrum in S. Joannem; ibid., 1631,in-fol.; —Joannis Philoponiincap. / Gènes, de mundi creatione libri IV; Vienne , 1631, in4°; — Dionysii AreopagiUe Opéra; Anvers, 1634, 2 vol, in-fol. ; — Bxpositio grxcorum Patrum inpsalmos, digesta in catenam; ibid., 1643, 3 vol. in-fol.; — Job elucidatus; ibid. , 1646, in-fol. ; — S. Dorothei institution nesasceticm; ibid., 1646, in-fol.; —Symbola gracorum Patrum in BvangeUum MattfuH; Toulouse, 1646-1647,2 vol. in-fol.; — S. Cyrilli, Alexandrini archiepiscopi, homiU* XIX in Jeremiam prophetam, hactenus inédit»; Anvers, 1648,in-8°.

Foppena, Bibliotheca belçiea. — BaUIet, Jugements

CONNU»» {Jean-Martin ) , littérateur espagnol, vivait au seizième siècle. 11 traduisit plusieurs auteurs grecs et latins, et composa quelques ouvrages originaux. On a de lui : las Chris tiadas de Geronimo Vida; Amen, 1554 , in-8°; — Alciato, de la Manera del desafio; ibid., 1565. in-8° ; — Flores de Lucio Anneo Seneca; ibid., 1555, in-8°; — Modo de escrivir en castellano, para corregir los errores ordinarios; ibid., 1556, ra-8°; — Summa de la doctrina christiana; ibid., 1556, in-8°; — los Siete libros de Bellojudayco de Josefo Hebreo; ibid., 1557,in-8°; Madrid, 1616; — Bistoria de Butropio Varon, consular, de lo que passo desde lajundadon de Borna hasta et

emperador Valent e; Anvers, 1561 , in-8° ; - Promptuario de medallas traducido de d*versas lenguas; Lyon, 1561, in-4* ; — Memoha espiritual de devotas oradones; Barcelone, 1612, in-8° ; Valence, 1613, in-16.

H. AotoDlo, BibUotheea hispana nova.

*coedbs (Denis de), magistrat français, né dans la seconde moitié du seizième siècle, mort en 1642. H se fit, comme conseiller du CtAtelet, une grande réputation d'intégrité, et assista saint Vincent de Paul dans rétablissement de Saint-Lazare. Godeau , évèque de Grasse, a écrit la vie de ce vertueux magistrat.

Moréri, Grand dictionnaire historique.

coudes (Butyche), théologien beige, né vers 1520, à Anvers, mort en 1582. H entra dans Tordre de Saint-Benoît, et fit sa profession dans le monastère de Sainte- Justine de Padoue, de la congrégation du Mont-Cassin. Bans la suite, il fut élu abbé de Saint-Fortunat, près de Bassina. Il était revêtu de ce titre lorsqu'il assista, le 26 février 1562, à la dix-huitième session du concile de Trente. H fut un des théologiens choisis pour dresser le catalogue des livres suspects ou pernicieux. Après la clôture du concile, il retourna à l'abbaye de Sainte-Justine, où il mourut. II i laissé en manuscrits les ouvrages suivants : Cornmentarius in omnes epistolas Pauli ; — Cornmentarius in Symbolum Apostolorum; — Dictionarium biblicum.

Paquot, Mémoires pour servir a ^histoire lUUratrt des Pays-Bas. — Swert, Mheum Belgicse.

coedbs, en latin coedesius (Jean de), littérateur français , né à Limoges, en 1570, mort à Paris, en 1642. D'abord destiné au commerce, il suivit cette carrière jusqu'à l'âge de trente ans; il se sentit alors un penchant si prononcé pour les lettres, qu'il abandonna tout pour s'y livrer, et bientôt il devint un des hommes les plus savants de son temps. Il suivit à Rone A. de La Rochefancould ; à son retour en France, il embrassa l'état ecclésiastique. Sa bibliothèque, une des plus riches de l'époque, fut achetée par le cardinal Mazarin, qui en fit don à la Bibliothèque du roi. Elle renfermait 8,324 volumes. De Cordes a laissé en outré, comme écrivain : Opuscula et epistols Hincmari, Remensis arckiepiscopi (Paris, Cramoisy, 161 5,'in-8°); — Georgn Cassandri Opéra ommia; in-fol; — Histoire des différends entre le pape Paul V et la république de Venise, traduit de l'italien de Fn- Paolo; Paris, 1625, in-8°; — Discours des grands défauts qui sont en la forme du gouvernement des jésuites, traduit de l'espagnol de Mariana; 1625, in-12 ; — Histoire des troubles arrivés au royaume de Naples sous Ferdinand r", depuis 1480 jusqu'en 1487, traduit de l'italien de Camille Portio; Paris, 1627, in-8*; — le Cataloque de sa bibliothèque, précédé de V Eloge de Cordes par G. Nandé. Ce. B.

Nlcéroo, Mém., XIX et XX. - Biographie du Limeesin.

coedbs ( Simon ns ) , navigateur hollandais,

CORDES — COKDIER

né 4 Anvers, toé dans 111e Sainte-Marie, en 1600. Il était vice-amiral d'une flottille de cinq navires, équipés, en 1596, par des négociants et placée sons les ordres de Jacques Manu, avec mission d'attaquer les Espagnols dans la mer da Sud. Cette flottflle se composait' des navires : l'Espérance, vaisseau amiral, de cinq cents tonneaux et de cent-trente hommes d'équipage; la Charité, trois cents tonneaux et cent-dix hommes ; la Foi, trois cent vingt tonneaux et centneuf hommes ; la Fidélité f\ôeiax cents tonneaux et quatre-vingt-six hommes, et du yacht la Bonne- Espérance, de cent-cinquante tonneaux et cinquante-six hommes. Simon de Cordes montait la Charité. L'escadre quitta l'embouchure do la Meuse le 27 juin 1598, et vers la fin d'août relâcha aux lies du Cap Vert Elle remit à la voile pour les cotes de Guinée, et pendant la traversée, le 23 septembre , l'amiral Jacques de Manu mourut. Simon de Cordes passa aussitôt à bord de V Espérance, et prit le commandement de la flotte, qui embouqua le détroit de Magellan le 6 avril 1599, et jeta l'ancre sur l'Ile des Pingouins le 9; elle pénétra plus avant, et le 17 elle entra dans une grande baie du côté du nord, qui reçut le nom de Baie de Cardes. L'expédition y fut retenue jusqu'au mois d'août L'hiver ayant été fort rude, le défaut de provisions et de vêtements causa une grande mortalité dans les équipages , qui perdirent cent-vingt hommes. Le 23 août les Hollandais furent forcés de relâcher de nouveau dans une autre baie de la cote méridionale , où Simon de Cordes, pour rendre le courage à ses marins, institua un ordre de chevalerie, qu'il nomma le JÀon déchaîné. Il en décora six des principaux officiers de la flotte, « qui s'engagèrent sous serment d'affronter tous les périls pour faire triompher les armes hollandaises dans le pays d'où le roi d'Espagne tirait les trésors qu'il avait si longtemps employés à opprimer les Pays-Bas ». La baie sur le rivage de laquelle cette cérémonie ont lieu Ait appelée Baie des chevaliers. Le 3 septembre l'escadre hollandaise entra enfin dans la mer du Sud ; mais elle fut complètement dispersée par une tempête. Cordes erra cinquante-quatre jours en mer, et atterrit sur les côtes du Chili, par 18° sud. H y fut rallié par un de ses navires, sous le commandement de Benningsen. Cordes gagna ensuite 111e Sainte-Marie, où il fut tué par les naturels, avec vingt-trois de ses gens. Un seul navire de l'expédition, la Foi, commandé par Sebâld de Weert (voye% ce nom), revint en Hollande. Alfbsd m Lacaze.

Recueil des eogages de la Compagnie des Indes orientales , ton», il, SM. — Olivier de Noort, Description du pénible iage fait Autour du monde ( en hollandais ) ; A matera ira, 1009. - De Bry, Designatio naviçationis Sebalt de Veert. - Herren, Historia gênerai de lot heeosdelos Castellanos , en las Mat y tierra ferme de mar oceano. — Purchas, PUgrimage, etc., I, llv. s, p. tSO.

coedibnub ( A lexis - Joseph ) , botaniste français, né à Jossey (Haute-Saône), le 15 août

1796, mort à Sens, en juillet 1826. Il montra dès sa jeunesse un penchant décidé pour la botanique ; cependant, pour se conformer aux volontés de ses parents, il fit son droit, et fut reçu avocat. U quitta bientôt le barreau, et revint à Paris étudier la médecine. H périt dans un accident de diligence. On a de lui : Prospectus raisonné <f un cours de botanique; Dole, 1820, in-4° ; — Tableau synoptique tftrne classification des plantes; Dole, 1822, in-tol.; — JVoticephgto-topographique de quelques lieux du Jura , de CHelvétie et delà Savoie.

Qoérard, la France littéraire,

GOMMEE, jésuite français, vivait an dix-huitième siècle. Il rat chancelier de l'université de Pont-à-Mousson. On a de lui : Éclaircissements sur la prédestination; Poat-à-Mousson, 1746, in-12.

Qoérard, la France littéraire.

goedibe (Alexandre), biographe français, né à Vilbers-sur-Suize (Haute-Marne), vers la fin du seizième siècle, mort le 26 décembre 167 1. U entra dans les ordres, et fut chanoinede LangreSi On a de lui : Histoire du grand martyr saint Marner t; Paris, 1650, in-8°; Langres, 1656; — Oraison funèbre de M. Sébastien Zamet, évêque, duc de Langres; Langres, 1655, in-4°.

Meréri, Grand dictionnaire historique.

goedibe (Claude-Simon), chanoine d'Orléans, né à Orléans, en 1 704, mort dans la même ville, le 17 novembre 1772. On a de lui : La vie de sainte Frémiot de Chantai, avec des notes tirées de ses lettres ; Orléans, 1768, 1772, in-12.

Qoérard, la France littéraire.

gobdibb( François), sieur des Maulets, oratorien, mort en 1693. On a de roi s Vie d'Anne des Anges, carmélite; Paris, 1694, in-8°.

Morért, Grand dictionnaire historique.

goedibe (Gentil), en latin, cobdbbiuslbvidvs, poète latin moderne, né à Langres, vers le milieu du seizième siècle, mort à Chaumont, vers 1620. Il professa les humanités à Langres, et devint principal du collège de Chaumont On a de lui : FamUiaris epigrarnmatum lusus; Langres, 1591, in-16; — Annona in très partes divisa : emblemata , epigrammata, et varia ; Paris, 1595, in-16; — Ramunculus palma*; Paris, 1605, in-ft° ; — Palm» ramunculi quinque lecti&simiê almse civitatis Castromontan» quinquevbHs scripti; ibid., 1606, in-8°.

ÊiograpMe dm département de la Haute-Marne.

*cobdibb (Guillaume), imprimeur belge, vivait au seizième siècle. Il est le premier qui ait exercé l'art typographique dans la ville de Binche (Hainaut) ; il y publia en 1544 la Vie et légende de madame saincte Luthgarde; in-4°. Ce volume est devenu fort rare, ainsi que quelques autres productions des presses de cet imprimeur.

Sirert, Mherw Belgiem. —A. de Réunie, Variété* MbUographiùues et littéraires; Brnxelto, l*W, p. 18,

* goedibe ( Henri), médecin et poète Iran-

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