CORDUS
en grée, il suivit le* leçon» de Melanchthon sur les Atexipharmaca de Nicandre, et se lia d'amitié avec Crato de Krafftheim, l'ami de Conrad Gesner. Il visita aussi Leipzig, et, après un court séjour dans cette ville, il conçut l'idée de réformer la pharmacologie par une étude plus exacte des minéraux et des plantes indigènes, comparativement aux notions que les anciens nous ont transmises sur cette manière. Pour atteindre ce but, il se mit dès lors, en véritable étudiant allemand , à parcourir pédestrement la Prusse et la Saxe, explorant les mines de Freiberg et la flore de la Suisse Saxonne. Doué d'une prodigieuse mémoire, il retenait les noms de tous les objets et les comparait avec les synonymes anciens. En 1540, il fit, à l'université de Wittenberg, des cours publics sur la matière médicale de Dioscoride, puis, en 1542, il reprit ses pérégrinations : il se dirigea cette fois vers le midi, en passant par Nuremberg, et de là il se rendit, avec son ami Jérôme Schreiber , en Suisse, où il vit Conrad Gesner, qui en fit plus tard le plus grand éloge(i).
Après la Suisse, l'Italie attira bientôt toute son attention. En route, il recruta pour compagnons Nicolas Friedewaid , étudiant prussien , et Cornélius Sittard de Cologne, dont Melanchthon regretta la mort prématurée (2). Son itinéraire lui fit visiter successivement Venise, Padoue, Pise , Lacques, Livourne, Sienne. A Venise il étudia Hchthyologpe de la mer Adriatique, et décrivit, d'une manière exacte , soixante-six espèces de poissons ; le manuscrit de ces descriptions tomba, plus de vingt ans après la mort de l'auteur, entre les mains de Conrad Gesner (3). Partout il se fit estimer par sa modestie et par l'étendue de son savoir. Mais sa carrière, qui promettait un si bel avenir, allait être bientôt brisée. A quelque distance de Rome, il fut atteint d'une fièvre violente, causée, selon les uns, par l'ingestion d'une boisson froide le corps étant en sueur, selon d'autres, par un coup de pied de cheval qui aurait déterminé une inflammation grave. Quoi qu'il en soit, il mourut loin de sa famille, à l'âge de vingt-neuf ans et demi , victime de son zèle pour la science. Suspect d'hérésie, il fut privé des derniers secours de la religion, et sans l'intervention d'un prêtre charitable, son corps aurait été jeté dans le Tibre. Deux bourgeois d'Augsbourg, Jean-Baptiste et Paul Heinzel, qui se trouvaient par hasard à Rome, firent ensevelir à leurs
(1) Voici comment Conrad Gesner s'exprime dan» une préface de ton édition de quelques écrits de Cordus : ycOerUit Cordus patris ta mater ta medica Mudium et industrtqmitasuperavU, ut interprimot, principes, et prmcipNOS quosque revocatw ab omni antiquitate ornaùe etaeutm stirpiumae totius medicx materix cognttionis auetores et auertoreê eetueri ao eelebrari apud omnem posteritatem sit commerltus.
(S) Camerartus, Fila Melanchth., p. «01.
(S) Conr. Gesner, De omni rerum fouilium génère; Zurich. 1US. On y trouve nne dissertation de Val .Cordât de fialotemtho, avec an avant-propos de C. Gesner. Improuvant roptnion de P. Cordas, qui voyait daasl'tfafosanthus le tperma ceti.
irais leur pauvre compatriote dans l'église allemande de Sainte-Marie delP Anima, et mirent sur son tombeau l'épitaphe suivante :
Velerlo Cordo Slmesualo Hesso, Eorlcil Allas , marions, fngento , comiute prasstantlsslmo, doctorom oin« h lu m admirattonem merlto ; qui natures obscaritateni et rires lierbimim adolescens senlbus expllcavtt ; cuin etpjert cognoscendl cupldttate non posset, perlustrata Germania, Itatiamadllt, Venetlls honore habitua et Romain vli Ingressos, subito morbo Intcr aïoleorom lacrrmae non reeuperabill atndlorum Jactnrn opum. «Ut. exstingnltnr , apoo salut, mdxxxv, vil cal. oct.
Cette mort inattendue produisit une vive sensation parmi les savants de l'Europe, et fut, en raison des talents si précoces de Val. Cordus, considérée par quelques-uns comme une véritable calamité pour la science (1). Elle excita même la verve de plusieurs poètes d'alors (2). Cornélius Sittard ( et non Sivard ) recueillit les manuscrits et les boîtiers de son infortuné compagnon de voyage, et les transmit à la famille de Cordus. Il est douteux que le naturaliste français Belon ait été, comme on le prétend, le disciple du jeune savant allemand, auquel Plumier a dédié le genre cardia , de la famille des borraginées. On a de Valeriu8 Cordus ; Dispensatorium pharmacorum omnium qum in usu potissimum sunt; ex oplimis auctoribus tam recentibus guam vetetïbus collectum, ac sùholiis utilibus illustratum; Nuremberg, 1636, in-8°; Leyde, 1626, in-8°, avec des notes de Coudenberg et de Lobel ; trad. en français, sous le titre de Guidon des apothicaires ; Lyon, 1 676, in- 12 : c'est une sorte de formulaire, où les médicaments composés jouent le principal rôle; il n'y a pas d'observations botaniques ; — Annotaliones in Pediani IMoscoridis De materiamedica libros F;. c'est le résumé de son cours sur Dioscoride , publié en 1649 par Égénolphe, libraire de Francfort, à la suite de la traduction latine de Dioscoride par Ruell. On le trouve aussi dans l'édition des œuvres de Val. Cordus par Gesner ; Strasbourg , 1662, in-fol., avec des planches, copiées la plupart d'après Tragus. Cette même édition renferme de Cordus: f Sylva observationum etrea diversa medicamenta timplicia metallica attaque ; 2e De artificiosis extractionibus seu dis* tillationibus ; 3e Historix stirpium libri IV; — Liber quintus stirpium descriptions quas in ïtalia sibi visas describit ; Strasbourg, 1 669, in-fol. (un sixième livre est resté manuscrit); Fauteur y décrit plusieurs plantes nouvelles, caractérise très-bien la famille des légumineuses, et indique le premier la reproduction des fougères par les sporules que l'on voit à la faos ! inférieurs des feuilles; — de Halosantko, seu ] spermate ceti vulgo dicto, liber, dans le traité | de C. Gesner De omni rerum fossitium génère; Zurich, 1666, in-8°; — Bpistola de trochiseo-
(1) Camerar., Vtta Melanchth., p. til (édlt Strocbel ).
(S) Parmi les vers que l'on fit sur la mort de Val. Cordus, on remarque les solvants :
Ingenlo snperoat Cordas ; mens tpsa recepta est Cœlo ; flood terras est, roaijma Ruina teneL
CORDUS — COREAL
rum viperinorum adultération, dans les lettres de Laur. Schulz; Francfort, lo98tin-fol.
• Melch. Adam. Vit» med. Germ. - Freher,» Thêatrum aoett vir. jAndenins rmovatus. - Camerarlua, VMa Mlanehth. - Nicéron, M ém., t. XXXVII. - Ersch.et Ornber, AUg. Encyclop.
corné, ou plutôt kobUH, fut le chef d'un parti j qui s'éleva contre l'autorité de Moïse et d'Aaron, autorité dont U fut jaloux malgré le rang qu'il j occupait lui-même, comme lévite, dans [Israël. Afin de fortifier son opposition, Coré forma une | bande de deux cent cinquante lévites, dont les | principaux furent Dathan, Abiram et One. A la | tôte des rebelles , il alla se plaindre auprès de j Moïse et d'Aaron de ce qu'eux seuls s'arrogeaient j l'autorité sur le peuple de Dieu. Moïse, se jetant j la face contre terre, invita Coré et les siens à revenir le lendemain au matin , munis chacun , d'un encensoir pour offrir de l'encens en pré- j sence du Seigneur. La bande de Coré s'étant . conformée à cette invitation, tous les hommes j qui la composaient se trouvèrent au rendez-vous avec leurs encensoirs; alors, dit l'Écriture, la terre s'entr'ouvrit et les engloutit avec les leurs. Toutefois, les fils de Coré ne périrent pas : ils continuèrent, eux et leurs descendants, à servir dans le tabernacle et dans le temple de Jérusalem. La composition de plusieurs psaumes leur est attribuée. [ Enc. des g. du m. ]
Nombres, XVI.
* coré ( François), mécanicien français, est né en 1813, à Norroy-le-Veneur (Moselle). H étudia au collège de Briey, et vint en 1831 à Paris, où U se fit d'abord chef d'institution. Il renonça ensuite à la carrière de l'enseignement pour ne se livrer qu'à la mécanique, et s'occupa surtout à inventer et à perfectionner des machines appliquées aux arts industriels proprement dite. On lui doit les : machines à mouler et comprimer les combustibles artificiels, les machines à mouler divers produits céramiques, ainsi qu'un nouveau système pour le ■ travail des métaux, fort usité aujourd'hui dans la chaudionnerie, surtout pour la fabrication des ; objets en fer battu , connus sous le nom de casstrie. , A , '•
En 1848 M. Coré fut nommé commandant de la garde républicaine, qu'il avait organisée. En 1851, la ville et la chambre de commerce de Paris' le déléguèrent à plusieurs reprises, avec une mission spéciale, à l'exposition universelle de Londres. M. Coré a consigné le compte-rendu ( de cette mission dans un ouvrage publié en 1854, ; et qui comprend Y Histoire de la mécanique depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos ; jours. ;
Documenta partie. i
coreal (Francisco), voyageur espagnol, né j
vers 1648, mort en 1708. Si nous nous en rap- ;
portons à cet écrivain, il aurait quitté Cartha- ,
gène, sa patrie, à dix-huit ans, entraîné qu'il était, ,
dit-il, par la passion des voyages; mais alors j
on se demande comment il se fait qu'un Espa- j
gnol (écrive d'une façon si incorrecte les castillans qui doivent se reproduire à chaque instant pour lui dans le Nouveau-Monde ; et que lorsqu'il doit se servir des documents fournis par Gonçalez Oviedo, dans lesquels fl puise si abondamment, il l'appelle Gonsalvo Ovetano (1). En admettant donc la nationalité du rédacteur de cette relation, encore renommée, il faut aussi admettre que l'éducation de Coreal, passablement négligée dans son pays, ne lui fournissait que des souvenirs fort altérés, lorsqu'il commençait à écrire vers 1681, après avoir pris du servira auprès du capitaine Cossencn qualité de flibustier. Après avoir visité d'abord des Antilles, et suivi plus tard la fortune des aventuriers dan* l'isthme de Panama, Coreal revint dans sa patrie, régla ses affaires de famille, et, en octobre 1685, il commença ses longues pérégrinalioLS dans le Nouveau-Monde, en visitant d'abord la capitale du Brésil, Bahia de todos los Santos. Là malheureusement il retrouve sa prétendue n*tionalité, lorsqu-il faudrait faire usage d'une certaine critique; presque toutes les dénominations sont désormais traduites en espagnol et fort altérées, par le feit plutôt de l'ignorance visible du rédacteur, que de l'adoption d'un système partial, lier. Dès le débutde cette seconde partie, le voyageur avoue qu'il mêlera fréquemment les renseignements qu'on lui a transmis à ses propre observations; et en effet on s'aperçoit aisément que dans ces vagues récits, assez amusants, mais d'une exactitude plus quedouteuse, la chronologie n'a pas môme été respectée. A Rio de Janeiro, par exemple, Coreal trouve des Indiens réunis en villages comme il y en avait en si grand nombre an temps du voyageur Léry, et il oublie quel'extennination des Tamoyos rend fort ridicule au dii-septième siècle une narration qu'on eût pu accepter au seizième. Ici bien évidemment le vieux vo>ageur français a fait tous les frais de la narration. Du Brésil Coreal s'embarque pour le Rio de la Plata, et nous dirons en passant que tous les contes débités jadis sur une prétendue république de Paulistes, composée du rebut des populations et. toujours hostile aux établissements religieux des jésuites, pourraient bien n'avoir d'autre source que le récit inexact de Coreal. Après avoir décrit l'Uraguay et pénétré dans le Tucuman, Coreal entre dans le Pérou, sur le quel il offre quelques détails piquants mêlés à de nombreuses inexactitudes : ce qu'il dit sur ! Cusco est sans contredit ce qu'il y a de moins imparfait dans le livre. L'auteur nous apprend 1 qu'A partit de Lima sur la fin de 1695 pour se rendre à Quito, qu'il visitait pour la première
(1) Cest ainsi q«« Rodrigo de BasUdas, le célèbre isarrhand de Sétflle, contemporain de Colomb, ert »«** Rodcrlgo'de Baslldi», et Juan de la On , le Uaeu çwgraphe, GtoTtnnl délia Cosa. Cette trawtoniMUoij M non.» propres chez un Espagnol n'éUbllt-eUe pas *** début une preuTO fteneose touchant laUU^tWttdeb relation eUe-métne, dont on n'a Jamais présente d'à* leurs le texte original?
GOREAL — CORELLI
fois, et où il se fût décidé à vivre en paix , si quelques esprits fanatiques n'eussent profité de ses anciennes relations avec les Anglais pour Je déclarer hérétique et l'accuser auprès de l'inquisition. U se rendit donc dans le Popayan, afin d'éviter ce commencement de persécution, et après avoir décrit des régions peu connues de son temps, il passe à l'isthme de Panama, qu'il visite pour la troisième fois. Là se terminent ses voyages sur le continent américain. H lui reste à parcourir de nouveau les lies. Après avoir visité la Havane, il touche à Cadix, puis de là passe à Lisbonne, et se rend en Angleterre avant de faire un voyage en Hollande, où l'attirent des intérêts commerciaux. Au mois de février 1707 nous le retrouvons à Carthagène, et il s'y arrête avec l'espérance d'y achever sa carrière, en suivant saintement la religion de ses pères. Cette dernière profession de foi chez un homme qui ne manque aucune occasion de peindre sous des traits malins les libertés du clergé on des moines dans l'étendue du continent américain , est une preuve de plus à ajouter à toutes celles que nous avons déjà pour douter de l'existence de Francisco Coreal. Le voyage qui nous est parvenu sous son nom, et qui a joui d'un certain crédit, a été fait sur des mémoires, comme on disait jadis ; et l'écrivain ingénieux auquel on les doit n'a été ni assez instruit ni assez habile pour déguiser ses emprunts.
L'ouvrage du Pseudo-Coreal a été traduit en hollandais et réimprimé plusieurs fois; la première édition porte le titre suivant : Voyage aux Indes occidentales, contenant ce qu'il y a déplus remarquable pendant son séjour depuis Van 1666 jusqu'en 1697, traduit de V espagnol, avec la Relation de la Guyane de Wal~ ter Raïeigh et le Voyage de Narhourough à la mer du Sud par le détroit de Magellan, trad. de l'anglais, et une Relation <Tun voyage aux terres australes inconnues, tirée du journal du capitaine Abel Jansen Tasman, trad. du flamand; Amsterdam, 1722, 3 vol. gr. in-12.
Dans la 2* édlt., de 1736, 2 vol. in-12, il n'est plus question de la prétendue traduction espagnole, et Léon Pinelo ne renferme aucun renseignement à ce sujet. Ferdinand Denis.
Boucher de la Richarderie, Bibliothèque des voyage*, s vol. lo-a*. — Léon Pinelo, Bibliotkeca oriental p occidental, continuée par Barcia.
conELLA (Alphonse de), médecin espagnol, né à Corella, dans la Navarre, vivait dans le seizième siècle. Il professa la médecine à Alcala de Henarez. On a de lui : Secretos de filosofia, astrologia y medicina, y de las quatro matematicas ciencias, diiHdidos en cinco quinquagenos de preguntas; Yalladolid, 1546, in-fol.; Saragosse, 1547, in-fol.; — SnchiridUm, seu methodus medicinx; Saragosse, 1549, in-12; Valence, 1581, in-16 ; — de Arte curativa libri quatuor; Estella, 1555, in-8° ; — Naturx quxrimonia; Saragosse, 1564, in-8°; — Annota-
tiones in omnia Galeni Opéra; Saragosse, 1574, in-8° ; — de Morbopustulato liber unus ; Valence, 1581, in-4°; — Catalogus auctorum qui post Galeni aevum et Hippocratî et Galeno contradixervnt ; Valence, 1589, in-12.
N. Antonio, Bibliotheca hispana nova.
corella (Jacques de), théologien espagnol, né en 1657, mort en 1699. H entra dans Tordre des Capucins, et fut prédicateur de Charles n, roi d'Espagne. Ou a de lui : Methodus quapiissimeftat exercitium vix sacrx, cum precibus et considerationibus satis efftcacibus; Saint- Sébastien, 1689 ; — C lavis cœli, per generalem conjessionem et sanctam conversationem; 1694, in-16 ; — Practica de el con/essionare; PampeJune, 1742; — Summa de la theologia moral, su materia, los tratados mas principales de casos de conciencia; Madrid, 1707, 3 vol. in-fol.
Bernard de Bologne, Bibl. Capuc.
corella (Jérôme Ruiz), marquis d'Aiménara, littérateur espagnol, du dix-septième siècle. On a de lui : Theatro y descripcion del mundo y del tiempo; Anvers, 1614.
N. Antonio, Bibliotheca hispana nova,
corblli (Arcangelo), musicien italien, non moins célèbre comme compositeur que comme violoniste, naquit au mois de février 1653, à Fusignano, près Imola, dans les États Romains, et mourut à Rome, le 18 janvier 1713. 11 étudia la composition avec Mattéo Simonefli, de la chapelle pontificale, et fut élève de Bassani pour le violon. On rapporte qu'il vint à Paris en 1672, mais qu'il quitta bientôt cette ville, par suite des dégoûts et des tracasseries que la jalousie de Lulli lui fit éprouver. Ce fait est au moins douteux. Quoi qu'il en soit, Corelli, après avoir visité l'Allemagne, revint en Italie en 1681, et se fixa à Rome, où il publia ses premières sonates pour deux violons et basse avec accompagnement d'orgue. Son style noble et élevé, sa prodigieuse facilité d'exécution pour le temps où il vivait lui acquirent prompteiuent une grande réputation. Protégé par le cardinal Ottoboni, qui lui avait donné un logement dans son palais, Corelli jouissait alors de toute la faveur du public. Sa renommée l'ayant fait appeler à la cour de Naples, il s'y rendit, et y demeura quelque temps ; mais en revenant à Rome il y trouva plusieurs virtuoses dont le talent excitait momentanément l'enthousiasme général. Son retour fut à peine remarqué; il se crut oublié, et le chagrin qu'il en conçut abrégea ses jours. En 1712 ce grand artiste dit adieu à sa muse en publiant ses concertos, dernières productions sorties de sa plume, et six semaines après il mourut, laissant au cardinal Ottoboni une précieuse collection de tableaux qu'il possédait et une somme de cinquante mille écus, fruit de ses économies. Le cardinal n'accepta que les tableaux. Corelli fut inhumé dans l'église de la Rotonde, au Panthéon, où ses compatriotes lui élevèrent un tom-