CLOVIO *- CLOVIS
Baldlnneel, NoiUSê, *- Uiti, ittwia plUorica, - OrlADdl, Abbeeeéario — Valéry. Vv^agu m /talée.
CLOTis OU DLODWiG, en latin de Grégoire de Toars Clodoveus, roi de France, né en 465, mort en 511 , fils de Childéric, derint, par la mort de son père, en 481, chef de la peuplade franqne établie à Toumay. D'autres chefs francs étaient déjà établis k Cologne, à SaintOnier, à Cambray et au Mans. CloTis attaqua d'abord les plus faibles de ses Toisins, les Gallo-Romains. Avec le secours de Ragnacaire, chef des Francs de Cambray , il attaqua Syagrius, et le vainquit près de Soissons. Syagrius , réfiigié près d'Alarie II, roi des Visigotfas, fut réclama par Clovis, qui le fit tuer. Clovis se trouva alors assez puissant pour obtenir la main de Clotilde, fille-Q'un prince des Burgondes ou Bourguignons. Les chroniqueurs des âges suivants, qui ont compris toute IMmportance de cette union, en ont singulièrement embelli toutes les droonstanceâ. Grégoire de Tours se contente de dire que Clovis, envoyant souvent des députés en Bourgogne , ceux-ci vbent la Jeune Clotilde. Témoins de sa beauté et de sa sagesse, et ayant appris qu'elle était du sang royal, ils dirent ces choses à Clovis. Celui-ci envoya aussitôt des députés à Gondebaud pour la lui demander en mariage. Gondebaud , craignant de la refuser, la remit entre les mains des députés, qui, recevant la jeune fille, se hâtèrent de la mener au roi. Clovis, trans- |)orté de joie k sa vue, en fit sa femme. Mais l'abréviateur et le continuateur de Grégoire de Tours , Frédegaire , en dit bien davantage. « Le Gaulois Aurélien , déguisé en mendiant, portant sur son dos une besace au bout d'un béton, est chargé du message : il devait remettre à Clotilde un anneau que li^ envoyait Clovis, afin qu'elle eût foi dans les paroles du messager. Aurélien , arrivé à la porte de la ville ( Genève), y trouva Clotilde assise avec sa sœur Scedehleuba : les deu\ soHirs exerçaient l'hospitalité envers les voyageurs , car elles étaient chrétiennes. Clotilde s'empresse de laver les pieds d'Aurélien. Celui-ci se penche vers elle , et lui dit : « Main tresse , j'ai une grande nouvelle à t'annoncer, N si tu me veux conduire dans un lieu où je te «1 puisse parier en secret. — Parle, » lui répond Clotilde. Aurélien dit : « Clovis, roi des Francs, « m'envoie vers toi ; si c'est la volonté de Dieu, n il désire vivement t'épouser, et pour que tu « me croies, voilé son anneau. » Clotilde l'accepte, et une grande joie reluit sur son visage; elle dit au voyageur : « Prends ces cent sous d'or pour n r('HM)mpense de ta peine , avec mon anneau. •( Retourne vers ton maître; dis-lui que s'il veut « m'épouser, il envoie promptement des amba»- « sadeurs à mon oncle Gondebaud. » C'est presque une scène de VOdyssée, t Aurâien part ; il fi'enrlort sur le chemin : un mendiant lui vole sa bcsacie , dans laquelle était l'anneau de Clotilde; le mendiant est pris, battu de verges, et l'anneau retrouvé. CloTis dépèche des ambassadeurs
à Gondebaud, qui n'ose refuser Clotilde. Les ambassadeurs présentent un sou et un denier, selon l'usage , fiancent Clotilde au nom de Clovis , et l'emmènent dans une basteme. Clotilde trouve qu'on ne va pas asses vite; elle craint d'être poursuivie par Aridius, son ennemi, qui peoi faire changer Gondebaud de résolution. Elle saute sur un cheval, et la troupe franchit les collines et les vallées. « Aridius, sur ces entrefaites, étant revenu de Marseille à Genève, re» montre à Gondebaud qu'il a égorgé son frère Chilpéric, père de Clotilde ; qu'il atiût attacher une pierre au cou de la mère de sa nièce, et Fa précipitée dans un puits; qu'il a fait 'jeter dans le même puits les tètes des deux firères de Clotilde : que ClotUde ne manquera pas d'accourir se venger, secondée de toute la puissance des Francs. Gondebaud , effrayé , envole à la poursuite de Clotilde; mais celle-ci, prévoyant ce qui devait arriver, avait ordonné d'incendier et de ravager douze lieues de pays derrière elle. Clotilde, sauvée , s'écrie : « Je te rends grâce, « Dieu tout-puissant, de voir le commencement » de la vengeance que je devais à mes parents et « à mes frères 1 »
« Véritables mœurs barbares, qui n'excluent pas la mansuétude des mœurs chrétiennes , mêlées dans Clotilde aux passions de«sa nature sauvage (1). »
Clovis avait étendu sa domination jusqu'à U Loire. Les Aleroans,à cette nouvelle, vinrent pour prendre leur part» du butin. Clovis n'entendait point partager. Il se retourna contre eux ; il les rencontra à Tolbiac, à quatre lieues de Cologne. La bataille fut^sanglante, indécise; Clovis désespéra même un moment du succès. Depuis longtemps Clotilde, sa femme, s'efforçait de le convertir au catholicisme. Elle avait même obtenu de faire baptiser ses deux enfants ; mais Clovis résistait pour lui-même. H avait peine à comprendre un Dieu mort sur la croix; il lui semUait qu'il n'était pas d'assez noble origine. « Votre Dieu, disait-il, ne peut rien, et, qui « phis est,il n'est pas même de la race des dieux.» Deus vester nihil posse manifestatwr, et, quod tnagis est, nec de deorum génère esse probatur, » Cependant, dans le péril, il se souvint des exhortations pieuses de sa femme.
Clovis invoqua le Dieu *des chrétiens pour le tirer de peine, et mettant en quelque sorte son baptême en enjeu, promit sa conversion pour la victoire. La fortune à l'mstant changea. Les Alemans furent vaincus, et Clovis tint parole ; il se fit baptiser. La moitié de ses barbares, au nombre de trois mille, suivirent son exemple, et changèrent Odin pour le Christ, sans comprendre sans doute le mystère de la cérémonie qui les initiait à l'Église. Cette conversion des Francs eut cependant de sérieux et im-
(1) Cette réflexion est de M. de Chateaubriand dans ses ÉtuOêi historiques^ auxqaelles dous afona emprunté oe dernier extrait de Frédegaire.
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meoses réftoHats. Par un smgulier hasard Clo- ▼18 se truuYa seul roi orthodoxe entre tons les pnnoes cuntemporains. L'hérésie d'Arins avait saisi les barbares à leur entrée dans Tempire. Les Vandales, les Yisigoths , les Boargnignons étaient ariens. L'empereur de Constantinople lai-même persécutait ceu\ qui croyaient à la divinité de Jésus-Christ. Ainsi le clergé de toutes les églises eut les yeux sur ce nouveau royaume, consacré à sa naissance par un baptême orthodoxe. Le pape Anastase écrivait à Clovis : « Votre foi, c'est notre victoire; «'et l'évêque de Vienne, sujet des Bourguignons, lui disait : « C'est nous qui triomphons quand tu combats. Quum pugnatis, vincimus. » C'était beaucoup d'avoir pour soi tous les évéques de la Gaule. L'assistance de l'ÉgUse ne manqua pas à Clovis. Nous le verrons tout à l'heure miraculeusement conduit à la conquête du royaume des Visigoths.
Clovis, maître des provinces eentrales, allié des dtéâ armoricaines, vainqueur des Alemans, qni sur ses traces voulaient pénétrer dans la Gaule, voyait chaque jour augmenter son renom et sa puissance. Les guerriers des autres rois francs venaient en foule se ranger sous les drapeaux d'un chef si habile. Aussi fut-il bientôt en état .d'agrandir ses possessions aux dépens des Bourguignons et des Visigoths. Les Bourguignons furent attaqués les premiers. Clotilde poussait son époux à cette guerre pour venger la mort de son père, assassiné par Gondebaud. Les évêques IVippelaient secrètement. Pour les rattacher à son parti , Gondebaud leur promit de se &ire catholique, leur donna ses enfants à élever. H n'en fut pas moins attaqué , battu par Clovis, qui le soumit à un tribut annuel. Puis ce (ut le tour des Visigoths.
« Alaric, roi des Gotlis, voyant les conquêtes continuelles que faisait Clovis, lui envoya des députés pour lui dire : « Si mon frère y consent, « j'ai dessein que nous ayons une entrevue sous « les auspices de Dieu. » Clovis, y consentit, et alla vers lui. S'étant joints dans une lie de la Loire , située auprès du bourg d'Amboise, sur le territoire de la cité de Tours, ils conversèrent, mangèrent et tinrent ensemble; après s'être promis amitié , ils se retirèrent en paix.
« Beaucoup de gens, dans toutes les Gaules, désiraient alors extrêmement être soumis à la domination des Francs. H arriva que Quintien, evêquede Rodez, haï pour ce sujet, fut chassé de la ville. On lui disait : « C'est parce que ton « vœu est que la domination des Francs s'étende « Sur ce pays. » Peu de jours après , une querelle s'étant élevée entre lui et les citoyens, les Goths qui liabitaient cette ville ressentirent de violents soupçons, car ces citoyens reprochaient à Quintien de vouloir les soumettre aux Francs; et ayant tenu conseil, ils résolurent de le tuer. L'homme de Dieu, en ayant été instruit, se leva pendant la nuit, avec ses plus fidèles ministres.
et sortant de la ville de Rodez, il se retira eo Auvergne, ou l'évêque saint Enphrasius le reçut avec lx>nté et le gania avec lui (1). »
Nous ignorons quelles instances furent fùtei à Clovis par les évêques du midi; mais un jour le roi dit à ses soldats : « Je supporte avec grâiid « chagrin que ces ariens possèdent une partie a des Gaules. Mardions, avec l'aide de Dm, « et après les avoir vaincus, réanissoos le pays A en notre pouvoir. » Ce discours plut à tous ses guerriers. L'armée se mit en marche, et se diri^ vers Poitiers. Là se trouvait alors Alaric; mais comme une partie de l'armée passait sur le territoire de Tours , par respect pour saint Martin , Clovis donna l'ordre que personne ne prit dans ce pays autre chose que des légumes et de l'eau. Un soldat de l'armée s'étant emparé dn foin d'un pauvre homme , dit : « Le roi ne nous « a-t-il pas recommandé de ne prendre que de « l'herbe et rien autre chose ; eh bien ! c'est de « l'herbe. Nous n'avons pas transgressé ses « ordres, si nous la prenons; » et ayant feit violence au pauvre, il lui arracha son foin par force. Ce lait parvint aux oreilles du roi. Ayant aussitôt (hippé le soldat de son épée, il dit : « Où «( sera l'espoir de la victoire , si nous offensons « saint Martin ?» Ce fut assez pour empêcher l'armée de rien prendre dans ce pays.
« Le roi envoya des députés à la basilique do samt, leur disant : « Allez, et vous trouverez « peut-être dans le saint temple quelque présage « de la victoire. » Apres leur avoir donné des présents pour orner le lieu saint, il s^ta :
« Seigneur, si vous êtes mon aide , et si vous « avez résolu de livrer en mes mains cette nation « incrédule et tovyours ennemie de votre nom, « daignez me faire voir votre fiiveur à l'entrée de « la basilique de Saint-Martin , afin que je sache « si vous daignez être favorable à votre servi- « teur. » Les envoyés, s'étant hâtés, arrivèrent k la sainte basilique, selon l'ordre du roi; au moment où ils entraient, le premier chantre entonna tout à coup cette antiame : « Seigneur, « vous m'avez revêtu de force pour la guerre, a et vous avez extermina ceux qui me baissaient » Ayant entendu ce psaume et rendu grâce à Dieu, ils présentèrent les dons au saint confesseur, et allèrent pleins de joie annoncer au roi ce présage.
«c L'armée étant arrivée sur les bords de la Viorne , on ignorait entièrement dans quel endroit il fallait passer ce fleuve , car il était enflé par une hiondation de pluie. Pendant la nuit, le roi ayant prié le Seigneur de vouloir bien lui montrer un gué par ou l'on pût passer, le lendemain matin, par l'ordre de Dieu, une biche d'une grandeur extraordinaire entra dans le fleuve aux yeux de l'armée, et passant à gué, montra par où on pouvait traverser. Arrivé sur le territoire de Poitiers , le roi se tenait dans sa tente
(1) Grégoire de Toart.
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sur une élévation ; Il vit de loin un feu qoi sortait de la liasilique de Saint-Hilahre et semblait voler vers lui , comme pour indiquer qu*aidé de la lumière du saint conresseur Hilaire, le loi triompherait plus facilement de ces bandes hérétiques, contre lesquelles le pontife lui-même avait souvent soutenu la foi. Glovis défendit à toute l'armée de dépouiller personne ou de piller le bien de qui que ce fDt dans cet endroit ou dans la route....
n Cependant Clovis en vint aux mains avec Alaric , roi des Goths , dans le champ de Vouglé, à trois lieues de la ville de Poitiers. Les Goths ayant pris la fuite selon leur coutume, le roi Clovis , aidé de Dieu , remporta la victoire. Il avait pour allié le 6l8 de Sigebert-Claude, nommé Clodéric. Ce Sigebert boitait, d*uncoupqu11 avait reçu an genou à la bataille de Tolbiac contre les Alemans. Le roi , après avoir mis les Goths en fuite et tué leur roi Alaric , fut tout à coup surpris par derrière par deux soldats, qui lui portèrent des coups de lance sur les deux côtés. Mais la bonté de sa cuirasse et la légèreté de son cheval le préservèrent de la' mort. Il périt dans cette bataille un grand nombre d'Auvergnats, qui étaient venus avec Appolinaire , ainsi que les premiers des sénateurs. Après le combat, Amalaric , fils d' Alaric, s'enfuit en Espagne, et gouverna avec sagesse le royaume de son père. Clovis envoya son' fils Théoderic en Auvergne par Albi et Rodez. Celui-ci soumit à son père toutes les villes depuis la fhxntière des Goths jusqu'à celle des Bourguignons. Alaric avait régné vingtdeux ans. Clovis, après avohr passé l'hiver dans la ville de Bordeaux et emporté de Toulouse tons les trésors d'Alaric, marcha sur Angoulème. Le Seigneur lui accorda une si grande grâce qu'à sa vue le» murs s'écroulèrent d'eux-mêmes. Après avoir chassé les Goths, U soumit la ville à son pouvoir. Ayant ainsi obtenu la victoire, il rentra dans Tours , et offait un grand nombre de présentée lasainte basilique du bienheureux Martin.
« Clovis , ayant reçu de l'empereur Anastase des lettres de consul , fut revêtu, dans la basilique de Saint-Martin, de la tunique de pourpre et de la chlamyde , et posa la couronne sur sa tête. Ensuite, étant monté à cheval, il jeta de sa propre main, avec une extrême bienveUlanoe, de l'or et de l'argent au peuple assemblé sur le chemin qui est entre la porte du vestibule de la basilique de Saint-Martin et de l'église de la ville, et depuis ce jour il fut appelé consul ou auguste. Ayant quitté Tours, il vint à Paris , et y fixa le siège de son empire. Théoderic vint l'y trouver....
« Le roi Clovis, pendant son séjour à Paris, envoya en secret au fils de Sigebert, lui foisant dire : « Voilà que ton père est Agé» fl boite de « son pied malade : s'il venait à mourir, son « royaume t'appartiendrait de droit ainsi que « notre amitié. » Séduit par cette ambition , Clodéric forma le projet de tuer son père, ^
gebert étant sorti de la ville de Cologne, et ayant passé le Rhin, pour se promener dans la forêt de Buoonia, s'endormit à midi dans sa tente ; son fils envoya contre lui des assassins, et le fit tuer, dans l'espoir qu'il posséderait son royaume. Mais, par le jugement de Dieu, il tomi» dans la fosse qu'a avait méchamment creusée pour son père. H envoya au roi Clovis des messagers pour lui annoncer la mort de son père, et lui dit : « Mon père est mort, et j'ai en mon pou- R voir ses ti^rs et son royaume; envoie-moi « qudques-uns des tiens , et je leur remettrai (c volontiers ceux des trésors qui te plairont. » Clovis répondit : « Je rends grâce à ta bonne « volonté, et je te prie de montrer tes trésors à « mes envoyés , après quoi tu les posséderas « tous. « Clodéric montra donc aux envoyés les trésors de son père. Pendant qu'ils les examinaient, le prince dit : « C'est dans ce oofSn « que mon père avait coutume d'amasser ses « pièces d'or. » Ils lui dirent : <( Plongez votre n main jusqu'au fond pour trouver tout. » Lui, l'ayant fait et s'étant tout à fait baissé, un des envoyés leva sa nrandsque, et lui brisa le crâne. Ainsi cet hidigne fils subit la mort dont il avait firappé son père. Clovis, appr^uint que Sigebert et son fils étaient morts, vint dans cette même ville , et ayant convoqué tout le peuple , il lui dit : « Écoutez ce qui est arrivé. Pendant que « je naviguais sur le fleuve de l'Escaut, Clo- « deric, fils de mon parent, tourmentait son a père en lui disant que je voulais le tuer.
« Comme Sigeliert fuyait à traveis la forêt de « Buconia, Clodéric a envoyé des meurtriersiqui « l'ont mis à mort ; lui-même a été assassfaié, je « ne sais par qui, au moment où il ouvrait les " trésors de son père. Je ne suis nullement « complice de ces choses. Je ne puis répandre « le sang de mes parents , car oda est dâfeudu. ce Mais puisque ces choses sont arrivées , je « vous donne un conseil ; sll vous est agréable, a acceptez-le : Ayez recours à moi, mettez-vous « sous ma protection. » Le peuple répondit à ces paroles par des applaudissements de mains et de bouche, et l'ayant élevé sur un bouclier, ils le créèrent leur soi. Clovis reçut donc le royaume et les trésors de Sigebert, et les ajouta à sa domination. Chaque jour Dieu (disait tomber ses ennemis sous sa main, et augmentait son royaume, parce qu'il marchait le cœur droit devant le Sdgneur, et faisait les choses qui sont agréables à ses yeux.
n II marcha ensuite contre le roi Cararic.
Dans la guerre contre Syagrius, Clovis l'avait appelé à son secours ; mais Cararic se tint loin de lui ; il ne secounit aucun parti, attendant l'issue du combat pour faire alliance avec celui qui remporterait la victoire. Indigné de cette action, Clovis s'avança contre lui, et l'ayant entouré de pièges, le fit prisonnier avec son fils, et les fit tondre tous deux, eiûoignant que Cararic fût ordonné prêtre et son fib diacre. Comme Ca-
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raric s'afiUgeait de son abaissement et pleurait, on rapporte que son fils Itii dit : « Ces branches « ont été coupées d*un arbre vert et vivant : il a ne séchera point, et en poussera rapidement « de nouvelles. Plaise à Dieu que celui qui a fait « ces choses ne tarde pas davantage à mourir I » Ces paroles parvinrent aux oreilles de Clovis, qui crut qu'ils le menaçaient de laisser croître leur chevelure et de le tuer; il ordonna alors qu'on leur tranchât la tète à tous deux. Après leur mort, il s'empara de leur royaume, de leurs trésors et de leurs sojets.
« Il y avait alors à Cambray un roi, nommé Ragnacaire, si effréné dans ses débauches qu'à peine épargnait-il ses proches parents euxmêmes, n avait un conseiller, nommé Farron , qui se souillait de semblables dérèglements. On assure que lorsqu'on apjwrtait au roi quelque mets, quelque don, ou quelque objet que ce lût, il avait coutume de dh% que c'était pour lui et son Farron , ce qui excitait chez les Francs une indignation extrême. Il arriva que Clovis ayant fait faire des bracelets et des baudriers de faux or ( car c'était seulement du cuivre doré ), le» donna aux leiides de Ragnacaire pour les exciter contre lui. 11 marcha ensuite contre lui avec son armée. Ragnacaire avait des espions pour reconnaître ce qui se passait. Il leur demanda, quand fils fhrent de retour, quelle pouvait être la force de cette armée. Us lui répondirent : <t C'est un renfort très-considérable pour toi et « ton Farron. » Mais Clovis étant arrivé, lui fit la guerre. Ragnacaire voyant son armée défaite, se préparait à prendre la fuite, lorsqu'il fut arrêté par ses soldats , et amené , avec son frère Ricaire, les mains liées derrière le dos, en présence de Clovis. Celui-ci lui dit : « Pourquoi as- <t tu fKit honte à notre famille en te laissant enn chaîner? Il te valait mieux mourir; » et ayant levé la hache, il la lui rabattit sur la tête. S'étant ensuite tourné vers Ricaire , il lui dit : « Si tu avais porté secours à ton frère, il n'auff fait pas été enchaîné; » et il le frappa de même de sa hache. Après leur mort, ceux qui les avaient trahis reconnurent (^«le l'or qu'ils avaient reçu du roi était faux. L'ayant dit au roi, on rapporte qu'il leur répondit : « Celui qui de sa A propre volonté traîne son maître à la mort m mérite de recevoir un pareil or ; » ajoutant qu'ils devaient se contenter de ce qu'on leur laissait la vie, s'ils ne voulaient pas expier leur trahison dans les tourments. A ces paroles, voulant obtenir sa faveur, ils lui assurèrent qu'il leur suffisait qu'il les laissât vivre. Les rois dont nous venons de parler étaient les parents de Clovis. Renomer fat tué par son ordre dans la ville du Mans. Après leur mort , Clovis recueillit leurs royaumes et tons leurs trésors. Ayant tué de même beaucoup d'autres rois , et ses proches parents, dans la crainte qu'ils ne lui enlevassent l'empire, Il étendit son pouvoir dans toute la Gaule. On rapporte qu'ayant un jour
assemblé ses sujets, il pa^ ainsi de ses panots qu'il avait fait périr. « Malheur à moi , qui sds « resté comme un voyageur parmi des étraen gers, n'ayant pas de parents qui puissent ok « secourir si l'adversité venait! » Mais ce n'était pas qu'il s'affligeât de leur mort; il parlait ainsi seulement par ruse, et pour découvrir s'il avait encore quelques parents afin de le faire tuer. Toutes ces choses s'étant passées ainsi, Clovis mourut à Paris, où il fut enterré, dans la basilique des Saints-Apêtres , qu'A avait loimême fait construire avec la reine Clotilde. 11 mourut cinq ans après la bataille de Yooglé.
Son règne avait duré trente ans, et sa vie quarante-cinq. » Tel est le récit de Gr^ire de Tours, où tous les biographes de Clovis ont dû puiser.
Grégoire de Toars. — SinnoBdt , Histoire ée» Fmkçais. — Aug. Thierry, Récits mérovingiens. — Hlebeiel, Histoire de France. — Cbâteaobrland , Étmdes historiques. — Le Bas, Dictionnaire encf/elop. de la Fmce,
CLOTis 11, fils de Dagobert, mort en 656, loi succéda, en 638. 11 réunit sous sa domination les royaumes de Neustrie et de Bourgogne; mais il n'exerça qu'un pouvoû^-nominal : les maires du palais étaient arrivés déjà à un degré de puissance qui annihilait presque le pouvoir royal. On raconte que dans une disette Clovis II , après avoir distribué aux pauvres tout l'argent contenu dans ses coffres, fit enlever de la basilique de Saint-Denis les laines d'or etd'argent dont son père avait fait couvrir les tombeaux des rois, et qu'il en partagea le produit entre Isa plus indigents. Il fut enterré à Saint-Denis.
Grégoire de Tonn. — Fredegaire. — Sbinoodl, Histoin des Français,
CLOVIS m, roi de France, fds de Thierry m, né en 681, mort en 695, régna cinq ans, sons la tutelle de Pepin d'Héristal, duc des Francs, qui avait réuni les mairies de Neustrie et d'Aostrasie , et dont le pouvoir l'emportait de beaucoup sur celui des rois (1). Il mourut à quatorze ans.
Slimondl, Histoire des Français, r- Le Bm, Dictionnaire encfclopédigve de la France.
(1) On pos9ède un graod nombre de triens portiDl k nom de Qovtt; ces pièces ont été frappées dans dlfréreak endroits, tels qae. Orléaus : ciii^DOvrvs, profil droU; AVRIIJANI8 FiTVR ; Cfolx avec les lettres mer (peutpoar KEx) , Arles : chlodoticts . profil drott , n ine le champ; eligivsmo, eroU anaée, avee les lettres a t. Initiales du nom de la ville, et le chiffre tii ; Paris : cto- DOVETS REx, croix ancréc et accostée des lettres elio, poar BligHy profil droit, parisivs nrciTET ; Tomi; : CBLODOVEYS REX, profll drolt, TORNAcm, croit aatée sur UQ globe. Le Palais : crloxovicts REX,téte de profll , PALATiXTA M oifETA, croU susée et ancrée, accostée des lettres elici. On connaît encore d'avliei monnaies de CIotIs, qui ne portent aoenn non de ▼We, et sont seulement marquées du nom du rot et de odM du monétaire; tel est un triehs faux, que possède M. Rousseau, et sur lequel on Ut <xoDOTn>RKZ, eborixroMoif.
Des trois princes méroTingleas qui ont porté le non de CloTls, Clovis II est le aeul à qui l'on pnlss« attribuer ces monnaies; en effet, Clovis !•' n'en fit Jamais ft^ppcranmne à son nom propre, et Qovls III réfna tré»-pco de temps , et à une époque oà la barbarie était à son comble, tandis que les pièces qne l'on vient de décrire sont d'an style tsoes remarquable. IXalIléara. elles teett
017 CLOWER --
GU>WBR (Joseph), médecin vétérinaire, né à Norwich, en 1725, mort en 1811. Fils d'un Forgeron , il n'abandonna pas l'état de son père ; mais il mêla aux travaux do sa profession des études snr la médecine Tétérinaire. Encouragé dans cette Toic par le docteur Kinvan Wright, qui luf conseilla d'apprendre le latin et le français , il devint membre de la société établie à Norwich pour le progrès des mathématiques et des sciences expérimentales. Il avait fait de curieuses recherches sur Vœstrus equi ; mais il n'a pas laissé d'ouvrage.
Rose, New bUtçraphieai dicHonary.
CLOWBS ( Guillaume ) , chirurgien anglais , vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. U obtint la place de premier chirurgien de l'hôpital Saint Barthélémy à Londres, où il résidait, suivant toutes les apparences, en 1573, et fut, en 1586, nommé chirurgien de l'armée anglaise dans les Pays-Bas. 11 écrivit plusieurs traités sur les maladies vénériennes , les plaies d'armes à fen, les brûlures causées par la poudre à ca- Dons; voici les titres de ces ouvrages : a New and approved treatisc concernlng the cure fjf ihefrench pox by the unctions; Londres, 1575, in-8'» ; ibid, 1585, in-4''; iWd , 1595, in-4° ;^ ibid., 1637 , in-4° ; — a IS'ecessary book of observations for allthose who are bumd by the gunpouder, mode with musket shot; with a treatise on the lues venerea; Londres, 1596, in-8'; ibid., 1637, in-4'* ; — Right, fruitfui and approved treatise on the struma; Londres, 1602, in-4°.
Ruse, New bioçruphtcal dictionary. — Biographie médicale,
CLOWBS '(/ean), théologien anglais, né [en 1743, mort en 1831. Élevé à l'université de Cambridge, il fut nommé en 1769 recteur de la paroisse Saint-Jean à Manchester. En 1773 il lut les écrits théologiques d'Emmanuel Swuedenborg, et ne songea plus qu'à traduire les ouvrages et à propager les doctrines de cet illuminé. Les tracasseries que lui attirèrent ses publications ne l'empêchèrent pas de vivre jusqu'à un âge très-avancé.
Rose, New bioçrapMcal dictionary.
GLOWET, CLOUET, CLOUTET OU CLOVET
( Pierre), graveur belge, né â Anvers, en 1006, mort dans la même ville, en 1677. Après avoir fait dans sa patrie de premières études artistiques, il se rendit en Italie, où il se perfectionna, sous la direction de Spierre et de Bloemaert ; de retour dans sa ville natale, il grava, d'après différents maîtres , le portrait et l'histoire. On cite i>anni ses meilleurs ouvrages : la Descente de croùi , le Saint Michel , la Mort de saint AJitoine , le paysage connu sous le nom de VÉtahle à vaches, d*après Rubens , et les cinq beaux portraits in-fol. d'après Vandyck.
Nagler. Neues Allgemeinet KûmUer-Uxieon.
fM«sqoe tuntes marquées du nom de saint Blol . monétaire de Dagobert el de Clovla 11.
CLUENTIUS
cu>WBT (AlbeTi\ griveur belge, neveu du précédent, né à Anvers, en 1624, mort dans la même viUe, en 1687. U suivit l'exemple de son onde, en allant se perfectionner en Italie, à l'école de Corneille Bloemaert; il résida longtemps à Rome, puis à Florence, où il grava plusieurs tableaux du palais Pitti , notanmient un Combat de cavalerie, d'après le Bourguignon, et la Défaite des AmalécUes par Josué, d'après Guillaume Comtois, frère de Bourguignon. Il quitta Florence , et revint mourir à Anvers. On a de lui un grand nombre de portraits, panni les- (]uels on remarque ceux de Nicolas Poussin, des cardinaux Azzolini, Rospigliosi, Mosetti, etc. : son chef-d'œuvre est la Conception mystérieuse de la Vierge Marie, d'après Piètre de Cortone.
^'agler, jY^tiet AUgcm, Kûnstler-Lexicon.
CLUBBE (John), écrivain anglais, né à Cambridge, en 1703, mort en 1773. Élevé dans sa Tille natale, au collège du roi, il fut nommé recteur de Whedtûeld, et vicaire de Debenham, dans le SufTolk ; il eut le malheur de perdre la vue quelque temps avant sa mort. On a de lui : the History and antiquities of the ancient villa of W/ieatfield , in the county of Suffolk, 1758 ; cette excellente satire, dirigée contre les antiquaires modernes, a été réûnprimée par Dodsley, dans le second volume de ses Fugitive pièces; — a Letter oj free advice toa young clergyman; 1703.
Rose, New biographieal dietUmary, — Nlcbols, LU. anec. of the iHh century.
* CLUBBE ( William ), écrivain anglais , (ils du précédent, né dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, mort en 1814. Il était vicaire de Brandeston, dans le comté de SufTolk. On a de lui : Une traduction libre de six Satires d'Horace; 1795, in-4''; — the Epistle of Horace on the Art of poetry, translated into english verse; 1797, in-4*'; — Omnium, containing the journal of a late Three Days's Tour in France; 1798, in-8°; — Three lyric odes on celebrated occasions; 1806, in-4**.
Roae, New biographieal dictionary.
* CLUENTi US ( Lucius OU , selon Entrope , Avitus ), général italiote, fut un des chefîs des insurgés dans la gueire sociale. H remporta une victoire sur Sylla, dans le voisinage de Pompéi ; mais dans une seconde rencontre avec le général romain il essuya une défaite complète.
Trente mille de ses soldats périrent, dit-on, dans leur fuite vers Noie, et vingt mille, parmi lesquels se trouvait Cluentlus, périrent sous les murs de celte ville. Les habitants de Noie n'avaient voulu ouvrir qu'une seule porte aux fuyards, de peur que les soldats de Sylla ne pénétrassent avec eux dans la ville.
Appien, Bel. civ., I, 50. — Eutrope, V, 3. — CIcéron, . de ZHv., I, S9. - Valère Maxfme, I, e. - Pttne, HUt. nat., XXII, 6.
. * CLUENTICB ( Uabitus), citoyen romain, né à Larinmn, vers 103 avant J.-C, mort vers le
CLUENTIUS — CLUGWY
lûiliea du premier siècle avant l'ère chrétienne. Il n'est connu que par le célèbre plaidoyer de Cicéron. Les faits qui donnèrent lieu à ce plaidoyer sont assez curieux pour être racontés en détail. En 74 Cluentius, se trouvant à Rome, accusa son propre beau-père, Statius Albius Oppianicus, d'avoir essayé de l'empoisonner. La cause fut portée devant un certain C. Junius, à une époque où les juges, choisis exclusivement parmi le sénat, étaient toujours suspects de vénalité. Peu avant le jugement , le bruit courut dans le public que de nombreux moyens de corruption avaient été mis en œuvre par les parties. Aussi, lorsque la culpabflité eut été prononcée, à une faible miyorité, composée en grande partie d'hommes mal famés, lorsqu'on sut qu'un des membres du tribunal avait siégé d'une manière illégale, et avait voté sans même écouter la défense, lorsqu'on connut surtout, de manière à n'en pas pouvoir douter, qu'un des juges les plus mal famés d'Oppianicus avait reçu une forte somme d'argent pour la distribuer entre ses collègues, il passa pour certain que Cluentius avait, • par d'infftmes manœuvres, obtenu la condamnation d'un innocent L'indignation publique contre les juges se manifesta de la manière la plus énergique, et Junius fut en danger de la vie. Les censeurs dégradèrent Cluentius et les juges les plus compromis. Enfin, les mots dùjudieium Junianum ou Albianum judicium devinrent synonymes de jugement inique et prévaricateur. C'est ainsi que Cicéron lui-même les emploie dans ses discours contre Verres.
Huit ans après ces événements , en 66, Cluen tins fut lui-même accusé de trois empoisonnements par le jeune Oppianicus, fils de Statius Albius, mort dans rinter\'alle. L'accusation fut soutenue par T. Accius Pisaurensis; la défense fut présentée par Cicéron, qui était alors préteur. Par le peu de place que les empoisonnements occupent dans la réponse de Cicéron , on voit qu'ils avaient été plutôt le prétexte que la cause et le sujet de l'accusation. Le véritable fait à la charge de Cluentius, c'était ce fameux judicium Junianum, et cette réputation de corrupteur attachée à son nom. Aussi tous les efforts de Cicéron consistent à écarter Icet odieux précédent. 11 s*attache à représenter Statius Albius Oppianicus comme un monstre de scélératesse, et fait retomber sur lui le soupçon de corruption. Ce plaidoyer peut passer pour un des chefs-d'œuvre de l'orateur romam.
cicéron, pro Ctuentio, — QuinUIlen. Il, 17. -> BUlr, Lectures upon rketorie iuuÈ beUes-lettret,
*CLIT6BIT, nom d'une ancienne famille de Bourgogne, qui a produit plusieurs personnage remarquables. Les principaux sont :
Ferri de Cldgny, évêque de Toumay, cardi-' nal et conseiller du grand consefl du duc de Bourgogne. Il fut, à différentes reprises, chargé par ce prince de missions importantes , et mourut à Rome» ea 1483.
Guillaume de Cujgnv , ftère da précédent, remplit, comme lui, des cfaaiiges importantes sous Philippe le Bon et Charles le Témérahe, ducs de Bourgogne , et après la mort de ce dernier passa au service de Louis XI, qui le nomma évêque de Poitiers, en 1479. H mourut à Tours, Tannée suivante.
Anielme. HiU. çénétfloç. - MorérI, DieL hUL - U Bas, DietUmnaire enepe. de la Fnmee,
GLV6NT (François ns), théologien français, de la famille des précédents, né à Aiguës- Mortes, le 4 septembre 1637, mort à D^, le 21 octobre 1694. « Il entra dans la congrégation de l'Oratoire à l'âge de quatone ans , et fut ordonné prêtre à P&ques en 1662. Frappé d'une cécité presque complète, il recouvra la vue au bout de quelque temps, de manière à pouvoir, quoique avec peine, lire et écrire. Forcé de renoncer à l'enseignement, il se livra à la prédication, et publia d'excellents livres de piété. Voici la liste de ses ouvrages ; La dévotion des pécheurs, par un pécheur; Lyon, 1685, in-12; ibid., 1701, in-12; — le Manuel des pécheurs; Dijon, 1687, in-12; Lyon, 1696, in-12; ibid., 1713, in-12; -— de VOraison des pécheurs; Lyon, 1689, in-12; ibid., 1701, in-12; — Sujets ^oraison pour lés pécheurs, tirés des épitres et des évangiles de F année ; Lyon, 1695 et 1696, 4 vol. in-12; — Sujets d*oraison pour les pé' cheurs sur tous les mystères de notre Seigneur Jésus-Christ; Lyon, 1696, in-12; cet ouvrage est la suite du précédent; — Sujets d*oraison pour lès pécheurs sur les saints et les saintes les plus remarquables , dont on fait les fêtes durant le cours de Vannée, ou qtU ont excellé dans la vertu de pénitence; Lyoo, 1696, 2 vol. in-12.
Le P. F.dme Bernard Bourrée, Abrégé de ta vie dn P. François de Clugny, par un prêtre de sa congreçatim; Ljon. 1698, In-it. — NIcéron, 3temoires, — Moréri, IHet. hist.
CLUGNT DE NUIS {Jean-Éticnne-Bernard), contrôleur général des finances sous Louis XVI, né dans la première partie du dix-huitième siècle, mort le 18 octobre 1776. Il a^'ait été intendant de la marine à Brest, intendant à Perpignan, puis à Bordeaux, lorsqu'il fut nommé contn>ieur général à la place de Turgot Son administration fut une tentative de réaction contre celle de son prédécesseur. Il se bêta de suspendre l'édit sur les corvées, et de relever l'étabUssement des jurandes et des maîtrises. L'esprit pabKc s attrista en voyant périr les réformes qu'il avait mal encouragées; le crédit tomba à ce point, que dans l'institution de la caisse d'escompte, la seule où Clugny continua Turgot, les actionnaires ne remplirent le chiffre de deux millions qu^avec beaucoup de lenteur et de timidité. Les procédés inconséquents de Clugny durent l'augmentef encore au moment oii il venait de mettre la main à l'utOe établissement de nature à contras* ter avec le premier. Il institua la loterie; déjà le
921 CLUGNY — CLtTVIER
gouveroemeDt avait fermé les yenx sur plasieurs loteries |)arUciilières, qui s'étaient établies sous dli3rpocrites prétextes de bienfaisance. Grâce au suocessenr de llionnète Turgot, le goovememeiit descendit jusqu'à remploi d'une telle ressource, et ne craignit pas d'organiser à son pro6t une des causes les plus actives de l'immoralité publique. Clugny, malgré sa complaisance pour la cour, était sur le point d'être disgracié, lorsqu'il mourut, après une administration que Marmontel appelle quatre mois do piUage, dont le roi seul ne savait rien.
Stonoadl, HUt, du FrançaU, t XXX. — Blarmontel, Mémoires, t U.
*GL17MB8 (Jacques de), antiquaire français, né à SaiuWéan-de-Losne, petite ville de Bourgogne, en 1662, mort en 1710. On a de lui : Histoire du siège de Saint- Jean-de-Losne, par le comte Galas, général des armées impiériales, en 1636; Dyon, 1703, in-12; ouvrage extrêmement rare, parce que tous les exemplaires, conservés dans le magasin de l'éditeur, furent consumés par un incendie en 1704.
Papillon, BiblMMçue de» auteurs de Bourgogne,
* CLrsA ( Jacques de ), nommé aussi de Parades, ou plutôt DE Paradisa, théologieu allemand, né en 1385, mort en 1465. H habita^d'abord le couvent du Paradis, de l'ordre de CIteaux, dans le diocèse de Posen, en Pologne. On dit qu'ensuite il se fit chartreux et vécut vingt ans dans la chartreuse d'Erfnrt. On a de lui un traité intitulé : de Apparitionilf^ts animarumpost exitum a corporUms et de earumdem receptaculis ; BurgdorCr, 1475,i&-fol.
Dopln, BiblMhê^ttê des auteurs eeeUtUutêgms dm guituUwtê siicte.
GLV8IIJ8. Voy, LECUISE.
GLOTTSEBUCK ( Robert) , historien anglais , né le 2 juin 1772 , à Watford , dans le comté de Hertford , mort le 23 mars 1 831 . Après avoir fait ses études au collège de Exeter à Oxford, il entra dans Lincoln's Inn , pour suivre la carrière du barreau. Mais, entraîné par son goût pour la chimie et pour la peinture, qu'il étudiasous Barry, il abandonna ses premiers projets après plusieurs mois de séjour à Londres. Après la mort de son père, il s'établit à Watford , obtint une place de magistrat dans ce comté, et consacra ses moments de loisir à rassembler des matériaux pour une nouvelle édition de V Histoire du comté d'ffert/ord par Chaucy. Le grand nombre de matériaux qu'il recueillit le décida à donner une histoire nouvelle de son pays natal. H consacra dix-huit ans à la composition de cet ouvrage, qui panit sous le titre de History of Hertfordskire, en trois vol. in- fol., publiés séparément en 1816, 1821, et 1827. Les planches de cet ouvrage n'ont jamais été surpassées dans aucune publication du même genre.
Rote, Neu) bioçraphieal dUtUmar^.
CLUTiBR, en lathi Cluverius (Philippe), géographe aUemand, né en 1680, à Dantag, mort
k Leyde, en 1623. H reçut sa première éducation dans sa yiUe natale, séjourna quelque temps en Pologne et en Allemagne pour apprendre les langues de ces deux pays, et vint ensuite à Leyde faire son droit; mais il se dégoûta bientût de la jurisprudence, et se livra tout entier à l'étude de la géographie, sous la direction de Joseph Scallger. Irrité de cette détermination, son père cessa de subvenir à ses besohis, et il fut forcé, pour vivre, de se faire soldat. Il servit pendant deux ans en Bohème et en Hongrie. Au bout de ce temps, le baron de Popel, mis en piison par ordre de l'empereur, composa une apologie, et chargea Cluvier de la traduire et d'aller la faire imprimer en Hollande. Cet ouvrage n'eut pas plus tôt paru , que Cluvier, sur la demande de l'ambassadeur d'Autriche, (ht mis en prison. Dès qu'il en fot sorti, il passa en An^^eterre, où il se maria. De retour en Hollande après un voyage en France, il commença en 1611 la publication de ses ouvrages, et obtint en 1616 une pension de l'Académie de Leyde. Il se fixa alors dans cette ville, et travailla à la description de l'Italie et de la Sicile, qu'il acheva en seûe mois. Mais avant de la publier il voulut parcourir les pays qu'a venait de décrire. Ce voyage dltalie, fait aux frais de l'Académie de Leyde, dura un an. Cluvier, de retour à Leyde, termina sa dcscrip tion de lltalie, et commença plusieurs autres ouvrages du même genre, qu'une mort prématurée l'empêcha d'achever. On a de lui : de Trilms Mheni alvHs atque ostiis, et de quinque populis quondam accolis ; Leyde, 1611, in-4* ; — Germania antiqua liOri très , nec non Vindelicia et Nùricum; Leyde, 1616, 2 vol. in-fol. Cet ouvrage, qui excita de vives controverses parmi les érudits du temps , renferme un grand nombre de recherclies hitéressantes et beaucoup trop de conjectures. Jean Bunon en donna un abrégé, sous le titre de Ph, Cluverii Germania imtiqua in compendium redacta : WulfenbUttel , 1663 , hi-4* ; — Sidlix antiques libri duo; Sardinia et Corsica antiqua; Leyde, 1619. Jean Bunon en donna un abrégé; Wolfenbuttel, 1C59, iii.40 . ^ jtalia antiqua; Leyde, 1624, in>fol. : cet ouvrage e<st accompagné, comme les autres descriptions de Cluvier, d'un grand nombre de cartes, que Jean Bunon a conservées dans ses abrégés, en les réduisant à un plus petit format Son abr^é de Y Italie parut à Wolfenbuttel, 1659, in-4''. Lucas Holstenius a tùiîMvV Italie ancienne de Cluvier des notes, imprimées à Rome, 1666 , in-8'* ; — Introductimtis in universam geographiam, tam veterem quam novam, libri sex; Leyde, 1629, in-1 2. Cet ouvrage a eu un grand nombre d'éditions; Nioéron en cite vingt-six ; la meilleure est celle d'Amsterdam, 1729, fai-4% avec les annotations de Bunon, Hekel , de La Martinière et Reiske.
Meunloii, MhefUB Batavm. -Nlcéroo, M4wwires pour soroir d VhUMre des homwus iUustres, - A. HolstenU EpistoUe, pabttéet par M. 1 BolMonade; Parts, MIT, ln-S«.
923 CL13VIER — CNOEFEt
CLCTIER (Jean ) , historien allemand , de la même famille que le précédent, né dans le Holstein, en 1583, mort le 25 décembre 1633. Le plus connu de ses ouvrages est intitulé : Epitome hUtoriarum totius mundi, usque ad annum 1630; Leyde, 1637, in.4°.
Feastklog. Mémoires pour servir a rhistoire dn Holstein.
CLUTiBR (Dethlef)j mathématicieii allemand , petit-fils du précédent, né à SclUeswig, Yers le milieu du dix -septième siècle. Après avoir voyagé en France À en Italie, U se rendit à Londres , où il enseigna les mathématiques et établit une imprimerie. H s'occupait beaucoup trop de Tastrologie , de Talchûnie et de la quadrature du cercle; cependant, malgré la bizarrerie de quelques-unes de ses opinions, il fût reçu en 1 678 membre de la Société royale de Londres. Pendant un voyage qu'il fit dans sa patrie , en 1708, il eut le malheur de perdre son imprimerie et sa bibliothèque, détruites par un incendie. 11 passa le reste de ses jours à Hombourg, réduit à la pauvreté et écrivant pour vivre. Outre un assez grand nombre d'ouvrages, dont on peut voir la liste dans Môller, Cluvier a donné dans les Observationes hebdomad. , de Hambourg ( ann. 1 707, n" xiv ) , un mémoire sur un système de proportions des intervalles de sons. Ce système a été attaqué avec violence par Matheson, dans son Forschen der Orchester, et par Heufling, dans les Misceltanées de Beriin (ann. 1710, t. 1).
MAlIcr. Cimtria literata.
CLUYT, en latin Clutius (Théodore- Auger), lN>taniste hollandais du seizième siècle. Il exerçait la pharmacie àLeyde, lorsfju'il fut chargé, par les magistrats de cette ville , de diriger l'établis sèment du jardin de botanique, fondé en 1577. Il dut celU". distinction au zèle avec lequel il cultivait la botanique et Tcntomologie. 11 justifia (U)niplétemont la confiance des magistrats, et fit du jardin de Leyde un des plus beaux et des l)ius riches de l'Europe. Nous n'avons aucun détail sur la vie de ce savant, et nous ne possédons de lui qu'un ou\Tage, assez rare, sur l'histoire naturelle, la nature et les propriétés des abeilles ; œ livre est intitulé : Van de byen, ha^r wonderliche Oorsprang, natur, eygenschap, etc.; I^yde, 1598, in-8**; Amsterdam, 1608, in-8°; ibid., 1705, in-8".
ntographie médicale.
CLUVT {Auger) , botaniste hollandais du dixsuîptième siècle, plus connu sous le nom latinisé de Clutius, et fils du précédent. Héritier des goùtâ de son |jère pour la botanique, il visita, |)our se perfectionner dans cette science, les principales ('-outrées de l'Etiropc méridionale. S'étant , aiTôté ù Monti)eUier, if attira l'attention de Ri- Hier de BeUeval, qui le prit poiu* suppléant dans sa cliaiiHî de démonstrateur. Au bout de deux ans de séjour dans cette ville, Cluyt passa en ; fSspngae, et ^f Jusqu'à trois voyages sur les cAtes
d'Afrique. Il eut diaqne fols le mdheiir d*ètre pris, dépouillé et conduit enesdaTâge. H trouva cependant le moyen de se tirer de cet étal; car on le retrouve à Amsterdam en 1634 et en 1636. On a de lui les ouvrages suhranU : Caltuve, sive dissertatio lapidis nephreUei, seujaspi^ dis viridiSf naturam, proprietatês et operûtiones exhibens; Rostock, 16)7, iB-12 : c'est une traduction latine faite par Guillamije Laureml>erg; — Opuscula dvo singularia : Histih ria cocci de Maldiva Lusitani, seu nueis medicx Maldivensium ; de HemeroMo, sive epkemero insecto et maiali verme ; Amsterdam , 1634, in-4°. On doit encore à Cluyt un important ouvrage, en langue hollandaise, son Art d'emballer et d^ envoyer au loin les arbres, les plantes, les fruits et les graines; Amsterdam, 1631, in-8'.
Biaçraphiê médicale.
CNAPius (Grégoire), jésuite polonais, né à Grodziec, en Mazovie, vers 1564, mort à Cracovie, le 12 novembre 1638. FI se livra à renseignement , et publia : Thésaurus polono-latinû* grxcus , seu promptuarium lingnx latinae et grascx, Polonorum, Roxolanorum, Sclavontm, Boemorum usui accommodatus ; Craoovie, 1620 , in-fol. Cet ouvrage fut réimpriiné avec des additions considérables; Cracovie, 1643, infol., et abrégé sous le titre de Synonyma, sen dictionarium polono - latinum ; Cracovie, 1769, in-g**; — Thésaurus latino-poloniau; Cracovie, 1626, in-4*'; — Âda9ia polonolatinoiprxca ; Cracovie, 1632, in-4».
Adelang, supplém. à JOcher, Mtçem, Cel€ÂrtêU'Lexi€.
*ciiAirrH (Samuel), philologue allemand, était bibliothécaire à Wittenberg, dans la première moitié du dix-huitième siède. H a imMié : Poemafa latina et grœca de C. S. Scburtzfleisch; Wittenberg, 1702, in-8*; — Pet, Albini Commentarin de linguisperegrinis atque insulis ignotis, ex manuscripto , etc.-, ibW., 1714, in-8».
Adelan^, soppl. à Jôcker, ÀUgwm. Gelefurùm-Lexicon.
*cNEius, graveur grec en pierres fines, vivait à une é()oque inconnue. Son num se trouve gravé sur diverses gemmes conservées dans de riches collections. Une de œspiexre!», représentant une tète d'Hercule jeune, est admirable; elle appartenaità un abbé italien, qui la céda, presque de force, à un prince, et son regret fut tel qu'il en fit une très-longue et très-grave maladie.
CUrac, Catalogue des artistes de l'antiquité^ p. 78.
*cKiBrM (Con5ton/i»), antiquaire allczaand, natif d'Eschwègc, mort en 16?7. Il fut pasteur à Ober-Hohna, et a kissé : Tscgoge iHusiea, ex probatissimorum auctorum prxeeptis obser- Vttta; Erfurt, 1610, in-8*»; — PhUosopJ^^e prodidagmata ; Cassel , 1611, in-8**.
Stricder , Histoire des savants de Uen9 < en allemand ).
CNOBLOGH. Koy. KlfOBLOCB.
cxoEFBL OU KHOBPFBL (André) ^ mtàetàm allemand, né àBautzen, dans la hante Lusare,
CNOEFEL — COBBET
dans la première partie da dix-septième siècle, mort le 24 décembre 1658. H fut successivement médecin des rois de Pologne Vladislas IV et Jean Casimir, et mourut au camp derant Thom. On a de lui : Epistola de podagra curata; Amsterdam, 1643, in- 12; — Apologia wegen etnesuebel curirten Gliedschwamms ; Leipzig, 1645, in-4** ; — Methodus medendifebriints epidemicis et pestilentialilnu ;Stn&houT%, 1655,in-12.
éloj, IHct. hi$t. de la médecine.
CNOEFEL (André), médecin allemand, frère cadet du précédent , né à Bautzen , dans la première partie du dix-septième siècle, mort à Marienbourg, en 1699. 11 fut médecin de l'évêque d'Ermeland, des rois de Pologne Michel et Jean lîl , et bourgmestre de Marienbourg. n n'a publié aucun ouvrage , mais il a inséré dans les Éphéméride* de V Académie des Curieux de la nature , dont il était membre, un grand nombre d^observations, parmi lesquelles on remarque : de Utero cartilagineo, de infante momtroso cutem porcelli assati similem et duram ex parte gerente ; — de Aeris inspirati per aurem sinistram emissione, etc.
Biographie médicale.
CNOLL. Voy. KlfOLLi
^cnioPF ou RNOPF (Jean^ Jacques), médecin allemand, né à Vienne, en 1660, et mort à flersbruck,en 1739. Après avoir été reçu docteur à Altorf, en 1687, il se rendit à Augsbourg, puis à Biberach, et fut nommé successivement médecin du comte de Hohenlohe, des troupes du cercle de Franconie et de la yille d'Hersbruck , où il mourut. On a de lui les trois opuscules suivants : IHssertatio de corpore humano ; Ratisbonne, 1680, in-4*; — Diiser/fl^to de odoramentis et mffimentis; Altdorf, 1686, 'mV*-, — Dïssertaiiodeplica; Altdorf, 1687, in-4».
tlojy Dict. hist. de la médecine.
* CNOPF ( Christophe- Maximilien ), médecin allemand, fits du précédent , né à Hersbruck, le 17.août 1705, mort dans la même ville, vers 1760. 11 fut élcYé à Tuniversité d'Altdorf , et succéda en 1739 à son père dans la place de médecin d'Hersbruck. On a de lui : Spécimen animadversionum physico-medicarum in loca quxdam Novi Testamenti; Altdorf, 1728, in-4®; — Dissertatio de podagra retrocedente ; Altdorf, 1728, in-4*».
Biographie médicale^
conR (Jacques ), auteur dramatique anglais, né en 1756, mort le 2 juin 1818. Il fut seerétairc de la Compagnie des Indes, et consacra tous ses loisirs à la littérature sc^qne. On a de lui : quatre opéras-comiques : the Humourist; Love in the east; the Uaunted tower; the Sieg of Belgrad; — un grand nombre de comédies, dont quelques-unes sont imitées du fhmçais.
KoM, New biographical dicttonary. — Baker, Biographia\dramatica.
coBK(Samuel), iMcte anglais, mort à Londres, en 1/13. Il fot maître de Técole de grammaire de lliôpital du Christ. On a de Ini : a Collection
I ofpoemson seoeral occasions, etc.; Londres, 1 700, in-8" ;— the Miller' s Talejrom Chaucer ; — a Translation of the Muscipula; — the Oak and the briar, a taie; — the Female reign, pindaric ode, dans la collection de Dodsley et dans le Gentleman's magazine de 1763.
^ Cobb a encore donné des remarques sur Virgile, et pris part à la traduction anglaise de la Cai^ lipédie, poème latin deQuillet, et à celle du Lutrin de Boileau.
I Rose, .YfW biograph. dietionarif.
COBBET (Thomas), théologien anglican, vivait Tcrs le milieu du dix-septième siècle. On a de lui : Vindication of the convenant and church-estate of chkldren and of their right unto baptisme; Londres, 1648 , in-4'» ; — the Civil magistrats power in matters of religion debuted; ibid., 1653, in-4**; — Discourse eonceming the honour due from children to parents, and the duty of parents towards their children; ibid., 1656, in-8^.
Cat. bibl. BodUi.
COBBET (William), célèbre publidste anglais, né le 9 mars 1762, à Famham, dans le comté deSurrey, et mort le 18 juin 1835. Son père exploitait une petite ferme et tenait en même temps une auberge. Le jeune William passa les premières années de sa yie à aid^r son père dans SCS travaux de cultivateur et dans sa profession d'aubergi.ste. En novembre 1782, le hasard Tayaut amené dans les environs de Portsmoutli , la vue de la mer lui fit une impression tellement profonde, qu'il résolut d'entrer sur-lechamp dans la marine militaire. Dans ce but il se rendit à bord d'un des bâtiments de gnerre stationnés dans la rade de cette ville, et demanda au capitaine à contracter un engagement comme mousse. Mais cet officier, qui ne croyait pas à l'eflicacité d'une vocation aussi soudaine, adressa quelques observations au jeune William, qui en reconnut la sagesse, et renonça à son projet presqu'aussi vit» qu'il l'avait conçu. Au mois de mai 1783, au moment de se rendre à la foire de Guildforf pour les affaires de son père^ l'idée lui vint do. monter dans une voiture publique qui [)ariait pour Londres, et d'aller chercher fortune dans cette capitale. Pcnilant le voyage, il fit la connaissance d'un négociant qni a\'att eu des relations d'affaires avec son père. L'honnête marchand chercha à le dissuader de donner suite à cette nouvelle équipée , et n'ayant pu y réussir, le recueillit d'abord chez lut , puis le fit entrer, comme copiste, dans le cabinet d'affaires d'un avocat très-occupé. Après un travail assidu de neuf mois, Cobbet, fatigué d'un genre de vie si contraire à sa nature inquiète et agitée, quitta tout à coup son patron, et se rendit à Chatam, où il s'engagea dans un régiment destiné à aller tenir garnison dans la Nouvelle-Ecosse. Il profita du séjour de près d'une année qu'il fit à Chatam pour s'initier aux principes des lettres et des sciences et ajouter ainsi à l'instruction très-