‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 14 sur 118 · CHASTELARD · texte numérisé non relu

CHASTELARD

Ikharé et Glnnd, BMiothéque taerée. - Goojet, MMoCMfw des ouimin eccUtioitiqmet du dix-huittimÊ sUeleJX I.

CBASTKLAUI (/0im), médedn firançais, ntif d'AïQde, mort en 1715. H fiit professeur de médeciiie à Montpellier. On a de lui : Traité des commuions et des vapeurs ; Paris, 1691, in-ll.

Carrtre^ MM. UiLdêla médecine.

{ Jean-Claude) , oonvens, né le 4 décembre 1747 , mort à SnliKpy, eo octobre 1824. Député à la Con- YeolkNi fv le département de l'Yonne, il se fit r par la modération de ses opinions , ( le procès de Louis XYI pour la dé- [ et le bannissement à la paii , et dans le ' qipel, se prononça pour le sursis. ArliÊé et mis en prison, comme Tun des signaide la protestation du 31 mai 1793, il re- I lallbcôrté après la mort de Robespierre, deiteft membre dn Conseil des Cinq-Cents, et fut \ jnge an tribimal de Sens , après le 18 On a de lui : Pacte social combiné MT f intérêt phffsigue, politique et moral de la natUm française et autres nations; Paris, 1795, In^*.

PelUê btoçnfhie comoent»

GHASTBLARi» (Pierre de Bosoosel ns), paêle français, né vers 1540, mort en 1563.

1 était de| la femOle du; cheralier Bayard , et «riisinaire dn Dauphiné. D'abord page du coniéty^e de Montmorency, il fût attaché enaile à la maison dn maréchal Damville. Il eut ks délautt et les qualités des gentilshommes de son temps : spirituel, courageux, duelliste, indif- (émt en matière de religion et poète à ses mo- ■atfs d'arooor et de loisir. « Chastelard , dit «de ses liistoriens, M. Dargaud, était un des héros éa Préaux-Clercs ; et en ce temps-là c'é- Wbu grand prestige à la cour et à la ville , aBfviès «les femmes de qualité et des princes- Hs. > n ent aussi Tamitié dn grand poëte de Tépoffse, Ronsard, qui encouragea ses débuts dans h langue des muses, n apporta à la reine Marie rerenne en Ecosse, les regrets de son s en poésie, et se chargea du présent d'un Met de Taisselle d'argent , du prix de deux ■Se éeaa, euToyé par Bfarie à Ronsard, avec «tte inso^itioD : « A Ronsard, l'ApoIlo franfiii. » Màlbeoreosement Chastelard ne se con- Ma pas de ce rôle inoffiensif d'intermédiaire ; ] rialhienee irrésistible de Marie Stnart,

il devint amoureux ne cette princesse ; et, légèreté inexcusable, puisque cet amour était sans issue, Marie encouragea le jeune gentilhomme. Celuici lui adressa des vers qui recèlent une passion profonde et comme un prcssenthnent de martyre, n en est quelques-uns qui méritent d'être reproduits. Après l'invocation d'usage, Chaste^ lard conthiue en ces termes :

Odéetse, Cm bulMons et cet afbret Qal tont entoar de moy.

Cet rocben et ces marbres Sçtvent bleô mon émoy ; Bref, rien de la nature ITIgnore ma blessure,

Fors seulefloent Toi, qnl prends noarrltnre En mon cniel tourmenL Matostl t'est affr«able De me voir misérable

En tonrment tel .

Mon malbenr déplorable Soyt sur moy Immortel.

« Marie répondit à ces vers, dit lliistorien que nous avons déjà dté; elle embrasa les sens»

elle exalta l'imagination du pauvre gentilhomme , elle lui donna la fièvre et le délire. Chastelard, éperdu, décidé à tout, se cacha sous le lit de la reine, dont les dames le découvrirent. » Marie pardonna; elle alla phis loin, elle encouragea de nouveau cet imprudent amour, et Chastelard s'oublia jusqu'à la foHe. Il se glissa dans le cabinet de toilette , et de là, pour la seconde fois, jusque sous le lit delà reine d'Ecosse, à Bumt-Island. Il fiit encore découvert par Marie ell&-mème, selon les uns, et de nouveau par les femmes de la princesse, selon d'antres. Cette fois Marie sacrifia à l'opinion publique ce malheureux, dont elle avait causé l'égarement : elle se refusa à tontes les instances qui lui demandaient la grftce de Chastelard ; elle n'accorda même pas une commutation de la peine de mort prononcée contre Chastelard ; et pour comble de cruauté, cette femme, qui plus tard eût eu besoin qu'on usât de clémence envers elle, fit effacer, dit-on, les deux vers suivants, qu'une mainiuconnue avait gravés sur un des lambris de sa chambre :

Sor front de roy Que pardon soit.

Chastelard fut conduit à la Tolbooth. C'est en vain qu'Erskine, un de ses amis, tenta de le foire évader. Quant à lui, il se résigna à son sort, et fut courageux jusqu*à la fui. « Si je ne suis pas sans rcprodie, comme mon aïeul , di« sait-il, comme hii du moms je suis sans peur. »

« Le jour venu, dit BrantAme, Chastelard ayant été mené sur l'échafaiid , avant de mourir print en ses mafais les hymnes de monsieur de Ronsard , et pour son étemelle consolation se mit à lire tout entièrement l'hymne de la Mort^ qui est très-bienfait et propre pour ne point abliorcr la mort , ne s'aidant autrement d'aucun autre livre spirituel ni de ministre ni de confesseur. »

noow, Mocn. omTBms.

Page 1