‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 59 sur 118 · P. L. MOLLER · texte numérisé non relu

P. L. MOLLER

lUe(;cl.s, SkU'leri aj (Tableau du rèfrnc de) CbrUUanVI: Citpenhague. 1798. — Jens MùUer, HUt. f'ttrdering t^t Christian /'/, dans Mnemasyne ,-ijo]fcn\i»B}u:, iSSl-lW. — L. lIclvcR, du mouvement retiçieux de t'epoqneie Christian ri, dans /or JAtt. og KritUt, Copeoh., «•«•

11. Treftchow UrcT, F, Danneskiold Sawuoes jÂt»d i Biographie du ) ; Copcnliagur, |83V.

CHftiSTiAN VII, roi de Danemark et de Norvège, fils de Frédéric V, né le 29 janvier 1749» mort le 13 mars 1808. Il monta sur le trône ci 1760; jicu do ti^mps après il épousa Caroline Mathilde, princesse d'Angleterre, scnir à»

George III. Il congédia plusieurs conseilleri de son i)ère , renvoya son ancien précepteur, le Suisse Reverdie, l'ami des paysans , et se laissa peu à peu dominer par son favori , le comte de Holck , qui lui donnait le goût des pUdsirs. Deoi ans après son avènement, il fit on voyagff e0 France et eu Angleterre, où tout le monde vantS son cRprit ; il était accompagné par le médecin Struensée, avec lequel il avait fait connaissaiioeii Altona; celui-ci gagna la confiance entière é$^ monanpie, s'éleva du simi>le emploi de médeGm du roi à la dignité de ministre intime, et bîeoAAt M» ordres curent une autorité presque royale. Le ministère de Struensée, qui ne dura que eeixe moii ( 1770-1771 ), fut une suite non interrompae d'utiles réformes, et il déploya une activité digne «reloges sous Men des rapports. Disciple iotelligeBt et instruit de Rousseau, deUelvétiu8,etc., péaélité des idées philosophiques du dix-huitièine siède, il devança à quelques égards les réformes introduites par la révolution française. Chargé de Téflucation du prince royal, auquel il appliqua le

(!) !.a consUtictlon dn château de riirHilmi>M£ coûta, par exemple, à elle leole environ Irait nlUioiis de francs.

CHRISTIAN VU

système de rj^mito » il se fit chef du parti de la fane , et eflectua, par son infloence sur le roi , le reavoidu ministre Bcmstorfr, l'aUU^, qui s'appuya sur la Russie. Plus tanl les quatre roinisf res iful formaient le conseil reçurent lour dôinissioii, comme ennemis des réfonncs. A l'cxU^ricur, Stnicns4e oomltattit l'influence de la Russie, et sit rapprocha de la France ; à rintéricur, il protégea les classes bourgeoises , diminua U*s impôts, et tt réorganiser l'université avec Taido du savant évoque Guniierus. Le Danemark lui doit ■ne {9*anilo simi>liiication de radmiiiisl ration, dvs tribunaux et de la procédure, une n>fonni> radicale des fUiancfS , dont il lit un département séparé, sous la ditection d'un homme de grande capacité, lecomlc IT.-A. Ilolstt^in, puis* une juste séîrerité dans le choix dos fonctionnaires; on lui doit aussi don mesures salutaires |N)ur Tagrieultnre et les rapports ruraux. Mais cVst surtout Tabolitiou , ftar un ordre de cabinet du 4 se])tenibre 1770, de la censure et Ja lil>erté de la presse qui lui gagnèrent les sufTrages <les hommes éclain*s. Cette initiative, «lui fut le signal d'un déTelop])ement des lettres jusque alors inconnu en Danemark , valut au rui celte épitro chaleureuse de Voltaire qui aimmence ainsi :

Mmiarqae vcrtucui, quoique nu despotique, Croti-tn réf^NT sur loul de ton froid* Raltlquc?... .. Ubn anec mpect, hanU uns rire vaiu.

Je me jette à te» plcd« au nom du ^enre humain : Il parle par ma vols, il bénit ta clémence ; [penM\ etc. Ta rcDd» ses druitit a Hiommc, et tu permets qu'on

Cqientlant i|uel(iues-imes des réf«)nnes de Struenséc furent prématurées; les esprits n'y étaient pas préparés, et elles ne tenaient i^as assez compte du caractère national et Mes mtrurs du peuple. Par la nouveauté et la lianîiesso di' plu- Kieurs de ses ordonnances , telles que raholition de quelques fêtes, trop nomlireuses, la protection oonôacréc aux enfimts trouvés par rétablissement fies tours , il heurta les préjugés du |K>uple , on mdme temps qu'il s'attira la haine de la noblesse, qu'il méprisait. I^ presse libre dirigea des stiaques malveillantes contre le ministre; et UentM la réaction de la noblesse et du c4ergé encouragea la formation d'un parti, dont le but éteit de perdre le puissant (avori. On répandit le bruit d*unc liaison intime de StruenstV avec la tciiie Mathilde ; on provoqua quek|ues émeutes de loklatA et de matelots , pour la répression desqudles Struensée ne mit {tas assez d'énergie ; enfin la reine douairière Julienne-Marie et son lils, le prince héréditaire, frère consanguin du roi, qui conYoifait le trône, se mirent à la tète du fMtrti léKtioonaire, et s'associèrent les comtes d'Osten fli de lUntiao-Afichebcrg, jadis le protecteur de Struensée , le colonel Koeller, le général Eidutodty et Ove Guldberg, ancien théologien, puis préeepleor et secrétaire des commandements du prloco héréditaire. Dans la nuit du 16 au 17 janvier 1772, on arraclia au faible roi la signature d'un ordre : Struensée ftit arrêté, ainsi que son ami le eomte Eacrold de Brandt, qui avait rem-

placé Holck comme maître des plaisirs du roi et directeur des spectacles de la cour. Une commission les condamna k mort, et la sentence fut exécutée le 28 a>Til 1772. Dans la prison un prêtre du parti vainqueur 8'oceu()a de amvertir au christianisme Strucnsé<*, considén'' e-omme une sorte d'Antiehrist. On épargna sonjfrëre, qui était employé dans les finanu^, et qui fut plus tanl ministre d'État en l'russe. La malheureuse reine f\it entraîné*; dans la chu\e <lu favori ; son divorce ayant été proclame, elle fut exilée à Celle, en 1Iano\re, uùello mourut, le 1 o mai 177fi, âgt'H» de vingt-^iuatri' ans.

Après la chute de Struen^H» la plupart de se<« réformes fun»»t abn)g«'*s; la wrM'i', en iwrtie alK)lie, fut n'*tablie ; la pnssi' dut subir tuie ii'strirtion s<Wère; eA^i>endaut ou protégi'ait les lettres, les iiiténMs matériels [)n)si>érèivnt , et le. conunerce ne fut jamais .si florissant que de. 177:>à 178'i. Le roi, en proie à une bortc d'aliénation mentale, et n'a>ant que de rares intervalles luciihs, fut éli>igné îles affaires, et la reine douairiiTe, s«ml«'uue ivar les «omtes de Thotl, de Sihackdlalhlau et de Seliimmelmauu, s'empara des rêuo> «lu ^ou\em«'ment; mais ce fut surtout (^uldlirr^ (jui eut la plus grande influrm:e sur railministratiou. Le célèbre eomte P.-A. de Berusl J'It', le j<'une, devint inini;>tre desatlaire.H oiranj-ère^ eu 1773, et l'un de ses premiers actes fut de garantir au Dani'inark la |K)ssession du duché dellolstein et de régler di'*liniti\emcnt celliî question, «mi donnant à la Russie eu «rhangc les couiti's d*()MenlK)urg et de Delmenliorst, que le grand-duc Paul Pt'»tn)wltscli érigea en «lucthe et (un la au prince l'rédéric-Auguste de la branche cadette de Kiel La guerre <lc rindé|H*ndau<e des ttal'^t.'nis d'Ainéri<|utî ayant éclaté, tous les soins île Wenistorlf tendirent h garantir le (.ommcrce danois. contre les attaques des puissances U'iligérantes. Le Danemark conclut avec la Russie et la Suède, en 1780, un traité de neutralité armée pour défendre le i)rincipe que le pavillon neutre couvre la marchandise. Cette mesure fit fleurir le e4)mmerce du Danemark, surtout dans la Méditerranée et aux Antilles. Ucnistorfr sut liabilentent éviter les occ^ions de guerre; mais sa fennetr», en conservant les lions rapports avec l'Angleterre, rencontra de rop|)osition , et, mécontent de la marclie du ministère fjuldlicpg, il doniui en 1780 sa démission. GultlinTg eut le mérite d'être un ministre attaché à son pays; il protégea la littérature et la langue danoises , peu respectées par Struensée, <|ui .«»e servait exclusivement de l'allemand ; mais d'autre part il crut .nécessaire une esi^èce de censure , qui |iesa sur les gens de lettres. En 1781 il s'opéra tran(|uilleinent une révolution de cour, sanctkmniT |»ar le n)i, à la suite de laquelle le fils du roi, Trédéric, ûgé de dix-sept ans, fui déclan' majeur, et le ministère Giddlierg cougévlie. Rem^ttorfV fut rappelé , et h* prince royal tint avec vigueur

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