ABRAHAM — ABRAHAM-BEN- ASSER
suprême de la vie et de la mort : déjà la victime était sur le bûcher et prête à recevoir le coup fatal , lorsque Dieu , satisfait de l'obéissance de son serviteur, arrêta son bras déjà levé pour l'affreux sacrifice. Sara mourut bientôt après, et 4braham épousa Céthura (Kétoura), qui lui donna encore six enfants. Il mounit âgé de cent soixante-quinze ans, et fut enterré à côté de Sara. — Les Juifs et les Arabes voient dans Abraham le fondateur de leur race ; c'est d'Ismaël, fils de sa servante Agar, dont la Bible raconte les touchantes aventures au désert, que les nations ismaélites ont tiré leur origine et leur nom. Si les Églises grecque et romaine ont placé le nom d'Abraham dans leurs légendes , le Kolan en parle également avec respect. Quelques écrivains mahométans soutiennent qu'Abraham avait fait le voyage de la Mecque, et qu'il avait même commencé la construction du lieu saint de cette ville. — Dans l'histoire d'Abraham la fiction se trouve mêlée à la vérité, et les récits des rabbins l'ont rendue encore plus merveilleuse. Flave Josèphe en avait donné l'exemple : il fait d'Abraham un sage qui , né au milieu des idolâtres , serait arrivé, par la réflexion et la contemplation des merveilles de la nature , à l'idée d'un seul créateui', digne de notre adoration. D'un autre côté , les théologiens protestants ont soutenu que le monothéisme des Juifs ne date que de la législation religieuse , politique et civile de Moïse. Le livre lézira ou de la Création, que lui ont attribué des rabbins modernes , est revendiqué par d'autres, avec un peu plus de fondement, pour le célèbre Akiba. [Conversât. - Lexicon. ]
Genèse, 11, 12, 14, 22,23. — Joseph., Antiq. Jud., 1. 1, c. vi, VII et ,suiv. — Eiisèbe, Prœparat. Evangel., 1. IX, c. xvit. — Augiisti, Dissertatio de fatis et facUs jlbrahami ; Gotli., 1730. — Witliof, Programma de Jbrahamo, amico Dei ; Duisli, 1743. — Henry Hebbing , History oj Abraham; Lond. , 1746. — William Gilbank, History of Abraham; Lond., 1773.
ABRAHAKi A SANCTA-CLARA, célèbre prédicateur allemand , né à Kràhen-Heimstetten , près de Môskirch, en Souabe, le 4 juin 1642 , mort le l^"" décembre 1709. Il composa des sermons dans un genre populaire, plein d'énergie , d'esprit et d'imagination. Son vrai nom était Ulric Megerle. En 1662 il entra dans l'ordre des Augustins déchaussés , étudia à Ingolstadt la théologie et la philosophie; il se fit en peu de temps une telle réputation, que, dès 1669, il fut appelé à Vienne comme prédicateur de la cour impériale. Il y mourut à l'âge de soixantesept ans, et laissa, outre ses discours, divers écrits dont la singularité est poussée quelquefois jusqu'au burlesque, mais qui néanmoins renferment des idées fort saines , et des réflexions puisées dans une grande connaissance du cœur humain. Voici les titres de plusieurs de se écrits et sermons : Ks ! Ks ! cagot, ou Pèlerinage de Maria Stem à Taxa; — Foin et fl du monde! — Deo grattas autrichien; — *
Charabia salutaire; — Judas archicoquin , — Attention, soldat! — Cave bien remplie, où l'âme peut boire des bénédictions ; — Épicerie spirituelle; — Chapelle de mort bien meublée (Wurzbourg, 1710 — 4). Plus lard on lui a supposé beaucoup de sermons et opuscules, qui sont de quelques prédicateurs plus récents. Un choix de ses œuvres a été publié à Blaubeuren, 4 vol. in-8°, 1840-1842. Dans les locutions proverbiales dont ses écrits sont parsemés, et dans ses observations empruntées à la vie commune, même en ce qu'elle a de plus vulgaire , on peut étuflier avec fruit l'état de la civilisation du temps où il vivait, de même qu'on y apprend à connaître le développement qu'avait pris à cette époque la langue allemande mise en honneur par Luther.
Oeslerre\chischcs biographisches Lexicon ; Vienne ,
* ABRAHAM OU SERA SARAA , rabbiu portugais, mort , suivant Nie. Antonio (Biblioth. Hispana ), en 1509. Il vivait à Lisbonne en 1499, époque à laquelle les Juifs furent clias.sés du Portugal. On a de lui un commentaire tr(>sestimé sur le Pentateuque, qui fut publié souiî ce titre : Tzei'or Hammor ( Bouquet de myrrlie ) ; Venise, 1546, in-fol.; la première édition païut dans la même ville en 1523. E. D.
Bartolocci, Biblioth. mag. rabb., 1 , 48. — Wolf, «iblioth. Hebr., l, 94, et IK, 57.— Lelong-, Biblioth. sacra. Il , 595.— N. Antonio, Bi6?. Hisp.,U, 313. — Iiubonatus, Biblioth. lat. hebr., p. 34.
*ABRAHAM-BE\-CHANANIA-JAGHEL , rabbin italien , de la famille Galiki , naquit à Monfelice ( royaume lombarde - vénitien ) vers la fin du seizième siècle, et mourut vers 1625. Il embrassa le christianisme sous le pontificat de Paul V, et prit le nom de Camille Jaghel. Avant sa conversion, il avait composé un livre intitulé Sepher Lechach Tob ( le Livre de la grande doctrine), espèce de catéchisme, imprimé à Venise , 1595, in-S"; Amsterdam, 1658; Londres, 1679 ( avec une traduction latine); Leipzig, 1687, in-fol.; Helmstaedt, 1704, in-8". On a encore de lui : 1° Esheth Chajil ( les Femmes vertueuses) ; Venise, 1611 ; — 2° Moshinh Chosim (le Salut des croyants), traitement de la peste par la prière; Venise, 1587 et leo'i, in-4''. Il écrivit, en 1595, un catéchisme hébreux dont le style est remarquable de pureté et d'élégance. Sous le pontificat de Paul V, il abjura le judaïsme, et se fit appeler Camille Jaghel. En 1619 et 1620, il exerçait les fonctions de réviseur des livres hébreux dans la Marche d'Ancône. E. D.
Barfolocci, Bibl.mag. rabb., 1,26. —Wolf, Hibl. Hebr., I, K5; III, 34, 35 ; IV, 763.
*ABRAHAM-BEN-ASSER, rabbin, natif (Je Saphath en Galilée. On ignore l'époque à laquelle il vivait. Outre quelques ouvrages restés manuscrits, on a de lui : Or Hassekel {'LmvmQ'cc de l'intelligence); Venise, 1567, in-fol.; — un Commentaire hébreu avec des gloses marginale?