‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 45 sur 180 · ABSALON · texte numérisé non relu

ABSALON

près de Tolède. U enseigna les humanités et la philosophie à l'université de Saragosse , et conti'ibua beaucoup , par sa méthode , à répandre en Espagne le goût des langues anciennes. Ses principaux ouvrages sont : 1" Latïni idiomatis docendi ac discendi methodus , in-8° ; Saragosse , 1561 ; — 2° De lingua latina vel de arte grammatica libri IV, 3« édition; Tudela, 1573, in-8''; — 3" une Grammaire grecque ; Saragosse, 1 586 ; Madrid, 1587, in-8°; — 4° un Traité de Logi- .que; Alcala, 1587, in-4°; — 5° des traductions espagnoles des Fables d'Ésope, des Comédies de Térence, des Lettres familières de Cicéron, de la Politiqite d'Aristote, et du premier JDiscours de Cicéron contre Verres.

Grég. Mayans , j'pecim. Biblioth. — VeUieer, Ensayo da una bibl. de traductores. — Nicolas Antonio, Bibliotheca Hispana , t. I. — Jôciier, AUgemeines Gelehrten Lexicon. tom. V.

ABSALON, fils de David et de Maacha, vivait dans le onzième siècle avant J.-C. C'était, selon l'Écritiu-e, l'homme le plus accompli d'Israël pour la taille et la figure ; mais son caractère et sa conduite ne répondaient pas à ces avantages physiques. Il se révolta plusieurs fois contre son père. Dans l'une de ses rébellions , il entra à Jérusalem; et si , suivant le conseil d'Achitophel, il eût marché sans délai à la poursuite du malheureux roi fugitif, c'en était fait de ce dernier; mais Absalon n'ayant pas su profiter de sa victoire, David réunit autour de lui ses fidèles serviteurs, et battit ce fils rebelle dans la forêt d'Éphraïm. Dans sa fuite, Absalon eut ses cheveux embarrassés dans les branches d'un arbre auquel il resta suspendu. Joab, lieutenant de David, le perça de trois dards, malgré l'ordre donné par le roi de l'épargner après le combat. La mort de ce fils coupable fut le sujet d'une longue tristesse pour le roi David. Cet événement eut lieu à peu près 1025 ans avant J.-C.

Theod. Dunte, Imperium Absalonis ckaractere politico expressum, •Witt.eb., 1667, in-4°. — J. Andr. Schmid, Dissertatio de monumento Absalonis ; Helmst, 1702, in-4°. — Josèphe, Antiq. Jud., Vil, VIlI, IX.

ABSALON, septième abbé de Saint- Victor à Paris, né vers le milieu du douzième siècle, mort en 1203. Suivant Césaire d'Heisterbach, contemporain de l'abbé Absalon , ce dernier fut appelé à Springkirsbach , au diocèse de Trêves , pour réformer la discipline de cette communauté d'après la règle de saint Augustin. — On a de cet abbé, renommé par la sainteté de sa vie et par ses lumières , cinquante et un sermons latins , composés sur le modèle de ceux de saint Bernard. Us ont été imprimés sous le nom de l'abbé de Springkirsbach, à Cologne, par Daniel Schilling, 1534, in-fol. ; et sous le nom d'Absaion, à Milan, 1605, in-8°.

l.e Mire, Bibliotheca Ecclesiastica.

ABSALON, archevêque de Lmid, primat des îles Scandinaves, né en 1128 à Finnestoc dans l'île de Zélande,mort en 1201. 11 s'est sifinalé, non-seulement dans l'Église, mais dans les affaires d'État, et même à la gueiTC. Parent du roi Valdcmar, il fut élevé avec le jeune prince qui, étant

ABSALON — ABUDACNUS

monté au trône , fut désigné par le nom de ValdemarF'". A son retour de l'université de Paris, où il avait achevé ses études , il fut appelé à l'évêché de Roskilde et dans le conseil de Valdemar. Absalon sut réprimer l'insurrection des grands vassaux , fit la guerre par mer aux Vendes , et les força, dans l'île de Rùgen, à se faire baptiser, après avoir détruit le temple de leur dieu Svantovit, à Arkona. L'archevêque de Lund, longtemps son ennemi violent, abdiqua solennellement en sa faveur en 1178 ; et le pape permit à Al:)salon de réunir cet archevêché au siège de Roskilde , qu'il refusait de quitter. Ce prélat fit construire im château fort sur la rade où, dans la suite, s'éleva Copenhague. Il défendit énergiquement contre l'empereur d'Allemagne les droits du roi de Danemark sur les provinces voisines de la mer Baltique, enlevées aux Vendes, et étendit ses conquêtes sur le Meklenbourg et l'Esthonie. D servit son maître dans le conseil comme sur le champ de bataille. Le code de Valdemar fut en partie son ouvi'age. D rédigea aussi le code ecclésiastique de Zélande. Il appela auprès de lui un moine de Paris , l'abbé Guillaume, pour l'aider à réformer les règles des monastères danois. Ce fut sur l'invitation d' Absalon que Saxo le Grammairien entreprit son Histoire du Danemark ; on croit qu'il prescrivit aussi aux moines de Soroë de rédiger les annales du royaume. La mort d' Absalon précéda d'un an celle de Canut VI; il avait atteint soixante-treize ans. On voit son tombeau dans l'église de Soroë; mais ce monument est moderne. On a montré pendant longtemps au musée de Copenhague des os et un crâne comme provenant du corps d' Absalon. On a prétendu reconnaître sur ce crâne les protubérances indicatinces des grandes qualités de ce prélat. Cependant, des doutes s'étant élevés sur l'identité de ces restes , le gouvernement danois fit ouvrir, en 1827, le tombeau d' Absalon : on y trouva le corps à peu près entier. Les os conservés au musée viennent donc de quelque auti'e individu. [ Enc. des g. du m.]

Estrup, jibsalon considéré comme héros, homme d'État et évêque ; Soroë, 1826. — Notice sur l'ouverture du tombeau d'Absalon; Copenh., 1829. — Saxon le Grammairien, liv. IV. — Otho Sperling, Testamentum Absalonis archiepiscopi Lundensis ; Hafn., 1696, in-S" ; ibid., 1707, in-8°. — Scriptores rerum danicarum, t. V, p. 422.

*ABSCHATZ {Jean-Asgmann, baron d'), poète allemand, né le 4 février 1646 à Wùrbitz en Silésie, mort le 22 avril 1699. Il étudia la jurisprudence à Leyde et à Strasbourg, voyagea en Hollande , en France et en Italie, et devint gouverneur de la principauté de Liegnitz en Silésie. n appartient à ce qu'on appelle la seconde école silésienne , dont Hohenstein et Hoffman- Woldau sont les représentants. Plusieurs de ses hymnes se chantent encore aujourd'hui dans les églises des protestants. Les œuvres d'Abschatz ont été recueillies après sa mort et publiées sous le titre : Hans Assman von Abschatz, Poetische

Uebersetzîingen und Gedichte , 2 vol. in-8° ; Leipzig et Breslau, 1704.

W. Millier, Bibliothek Deutscher Dichler.

* ABSiMARUS ( Tiberius ), soldat de fortune, devint empereur de Constantinople en 698. Envoyé avec mie flotte contre les Sarrasins , il essuya un échec, et, craignant que l'empereur Léonce ne lui demandât compte de ce mauvais succès, il souleva l'armée, qui le proclama lui-même empereur. Après avoir fait couper à Léonce le nez et les oreilles, Absimariis le fit enfermer dans un couvent; mais bientôt il expia cette conduite barbare. Justinien If, jadis dépossédé, fut remis en possession de l'emph-e par les Bulgares en 705 , et résolut de se venger d'Absimarus : Il le fit jeter , dans l'Hippodrome , au pied de son trône, et s'en servit de marchepied tant que dura le spectacle; puis il lui fit trancher la tête.

Théophane, Cedrène, Zonaras.

ABSïEMtus {Laurentiiis), savant italien , né à Macerata, ville de la Marche d'Ancône, vers la fin du quinzième siècle. Son vrai nom était Bevilaqua. Il se distingua par ses ououvrages littéraires. Le duc d'Urbin , dont il avait été maître , le nomma son bibliotliécairc. Abstemius dédia à ses disciples ses Annotationes variœ, qu'on trouve dans le tom. I du Trésor de Gruter, pag. 878. Il y a encore de lui un recueil de deux cents fables, intitulé Hecatomijthium seu centum Fabulan ; Venetiis, 1499, in-4°. On les trouve aussi dans l'édition des Fables d'' Ésope, Francfort, 1580, et dans plusieurs autres collections de fabulistes , particulièrement dans celles de Sébastien Gryphe, de Babrias, d'Aviénus et de Phèdre; Francfort, IGIO, in-8°. Enfin on a de lui : Librï duo de qulbusdam locis obscuris, etc.; Venetiis (sans date), in-4''. On y trouve l'interprétation de quelques passages d'Ovide et de Valère Maxime.

Gruter, Thésaurus criticus. — Bayle , dictionnaire critique. — Mazzuchelli, Scr.ittori d'italia, tome I, 1181- 1182. — Fabricius, Bibl. latina médise et inflmœ œtatis, edit. Mansi.t. I, p. 2.

*ABTALON-BEN-SALOMOK, rabbin italien, natif de Modèue , vivait vers le milieu du seizième siècle, n était membre de l'Académie des rabbins espagnols, à Ferrare. On a de lui des Réponses aux épîtres du rabbin Sùnon , imprimées à Ve nise, 1608, in-8°.

Wolf, Bibliotheca Hebrœa , I, 12, 831; III, 7.

ABU. Voîjez Abou.

ABCCABA [Théodore), évêque de Haran, disciple de saint Jean Damascène, se fit remarquer, vers 770, par ses écrits contre les Juifs, les mahométaus , et les sectes dissidentes du christianisme. Ses écrits , au nombre de quarante-deux, ont été publiés en grec et en latin par le P. Gretser; Ingolstadt, 1606, in-4°, et réimprimés en latin dans la Bibliotheca Patrum.

Fabrinius, Bibl. Grœc, I. V, c. 33 , p. 176-183, vol. II. — Catal. Bibl. Bunav., t. IU,vol. I, p. 108.

*ABUDACNCS (Joseph), savant jésuite orientaliste, natif du Caire, enseigna l'arabe, vers le

ABUDAGNUS — AGAMI

commencement du dix-septième siècle , à Oxford , à Louvain et à Vienne. Son Téritable nom était Abou-dh-Dhahn (Père de la barbe), et il signait ses livres : Josephus Barbatus Memphiticus, e societate Jesu. On a de ce savant : 1° un ouvi'age sur les cérémonies religieuses et les mœui's des Coptes , sous le titi'e de Historta Jacobitarum seu Coptorwn in ^gypto, Libya, etc.; Oxford, 1675, petit in-4°, réimprimé à Lubeck, 1733, et à Leyde, 1740, par Havercamp, avec des notes delXicolaï ; — 2° Spéculum Nebraïcum ; Louvain, 1615, in-8°; — 3° Compendium grammaticee Arabicas, en manuscrit à la bibliothèque de Vienne.

Wood , Mhenœ Oxonienses , II. — Adelung, Suite au Dictionnaire de Jœcher (en allemand), t. 1, p. 84. — Wolf, Bibliotheca Hebreea , t. II, p. 550.

AECL-FARAGE. Voyez Aboulfaradje.

ABUKDANCE ( Jehan d' ), pseudonyme d'un littératem* français mort en 1540 ou 1544. Il s'appelait aussi maître Tyburce, demeurant en la ville de Papetourte, basochien et notaire royal de la ville du Pont-Saint-Esprit. On a de lui : 1° le joyeux Mystère des trois Roy s, à dix-sept personnaiges ; ms. n° 3387 de la Bibliothèque nationale ; — 2° Moralité, mystère et figure de la Passion de N.-S. J.-C. ; Lyon, sans date, in-8° ; ouvrage très-rare ; — 3° Farce nouvelle très-bonne, très-joyeuse de la Cornette, à cinq personnaiges ; Lyon. Voyez les titres des autres écrits de cet auteur dans la Bibliothèque de Du Verdier.

riacciiis, Theatrum anonymorum et pseudonymorurti; 1708, p. 599. — Baillât, Auteurs déguisés, p. 608. — Barbier, Dictionnaire des anonymes.

ABVDENCS. Voy. AfimENOS.

ACACE, surnommé le Borgne {Monophthalmus), évêque de Césarée, mort vers 366. Il fut le chef des acaciens, branche des ariens. Ce sectaire fit déposer saint Cyrille , et eut part au bannissement du pape Libère. Il écrivit la vie d'Eusèbe de Césarée, dont il fut le successe-ur et le disciple. Il se montra digne d'un tel maître, et rnom'ut vers l'an 365. D nous reste plusieurs de ses ouvrages.

Saint Jérôme, De Scriptoribus Eccles., c. 98. — Sozoluène, liv. Ili et IV. — Tliéodoret, Tillemont, Hist. ecclés. — Fabricius, Bibl. grœc, t. VU, p. 336 ; IX, 254, 255.

ACACE, patriarche de Constantinople , successeur de saint Gennade en 471 , mort en 489. Ce prélat ambitieux se mêla aux intrigues de la cour de l'empereur Zenon, et publia V Henoticon ('EvwTixov), édit favorable aux eutychiens. Félix m prononça anathème contre Acace dans un concile de Rome. Le patriarche anathématisa à son tour le pape , et persécuta les catholiques. Son nom fut rayé des diptiques ( archives ) de Constantinople trente ans après sa mort. Il reste de lui deux lettres : l'une en grec, adressée à Pierre le Foulon (tome IV des Conciles), l'autre en latin {Deus cave), au pape Simplicius, sur l'état de l'Église d'Alexandrie.

Évagre, 1,3. — Uberat, c. 18. — Nicépliore, In Hist. liv. XVI, et m C/tron, — liaronius, In Annal, — Photius, JHyriabibl., cap. 42.

ACACE, évêque d'Amide, sur le Tigre, vers 420. Il vendit les vases sacrés pour racheter sept mille esclaves perses, mourant de faim et de misère. Il les renvoya à leur roi , qui , touché de cette générosité , voulut voir le saint évêque. Lem- enti'evue produisit la paix entre ce roi et Théodose le Jeune.

Socrate, Hist. Eccles.,'VU,c.21. — Acta Sanctoruni. — Gibbon, History of the Décline, etc., chap. xxxn.

ACACE OU Acacius, évêque de Pérée en Syrie, né vers 322 , mort en 432, ami de saint Épiphane et de Flavien. Il adressa une lettre au premier pour l'exhorter à écrire contre les hérétiques. On la ti'ouve dans les œuvres de saint Epiphane. On lui reproche d'avoir été le persécuteur de saint Chrysostome. Il mourut à l'âge de cent dix ans. Nous avons de lui trois lettres dans le Recueil du concile d'Éphèse et de Calcédoine, par le père Lupus, ermite de Saint-Augustin.

Sozomène, liv. VII. — Saint Épiphane. — Théodoret, liv. IV, c. 24. — Innocent I, in Epist. — Baronius, in Annal. — Fabricius, Bibl. Grœc, tome VII, p. 336, n. c.

ACAOEMCS ou HÉCADEMUS , citoycn d'Athènes , contemporain de Thésée. Il donna son nom à une secte de pliilosophes , ou plutôt à trois sectes de philosophes, qui portèrent le nom à' académiciens. Platon fut le chef de l'ancienne Académie. Arcésilas , l'un de ses successeurs , fit quelques changements à la philosopliie platonicienne, et fonda ce qu'on appelle la seconde Académie. Enfin Carnéades établit la troisième. Cicéron avait donné le nom A' Académie à une de ses maisons de campagne située près de Pouzzoles, sur le bord du lac d'Averne. On y voyait des portiques et des jardins plantés d'arbres , à l'imitation de l'Académie d'Athènes.

Schœll, Histoire de la littérature grecque.

ACAMAPiXTH, premier roi des Aztèques (anciens Mexicains), mort vers l'an 1389. Il fut le législateur de son peuple , venu du nord de l'Amérique, fit de bonnes institutions, embellit l'ancienne Ténochtillan , sa capitale, aujourd'hui Mexico , fit creuser des canaux , élever des aqueducs et des chaussées, dont les vestiges sont encore l'admiration des voyageurs ; il fut longtemps en guerre avec Azafazalco , roi de Tépéacan , dont les sujets habitaient les bords du lac de Mexico. H mourut après quarante ans de règne, et eut pour successeur son fils Vitziloputli.

Acosla, lib. Vlll, c. 8, 9 et 10. — Clavigero', Storia antica del Messico. — Humboldt, Monuments des peuples indigènes de l'Amérique, et Essai politique sur la Nouvelle-Espagne. — Prescolt, Conquête du Mexique.

* ACAMAS, fils de Thésée et de Phèdre, assista au siège de Troie , et fut député avec Diomède pour aller redemander Hélène. Jl fut un de ceux qui s'enfermèrent dans le cheval de bois.

Tryphlodorus, De excidio Trojas. — Homère, Iliad., U, 16.

* ACAMi (Giacomo), numismate italien du dixhuitième siècle. On a de lui un ouvrage sur les

ACAMl

monnaies pontificales : Dell' origine ed antichita délia zecca pontificia; in-4°, Rome, 1752.

Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.

* ACANTHirs {George) , philologue allemand , natif de Kellheim en Bavière , vivait dans le seizième siècle. Son vrai nom est Boni ( en grec Acanthos). On a de lui 1° Partitiones in Ciceronis de Rhetorica libros IV ad Herennium ; Bâle, 1589, in-8° ; — 2° un poëme intitulé PhilosophicB Platonicse libri III, imprimé à Bâle en 1554, in-S". A la fin du livre on trouve un petit poëme du même auteur, intitulé De periculosa ac turbulenta nostri sseculi Eepublica Lamentatio.

ACARÉTE. Voy. ACCNA.

ACARIK {Jean-Pierre), conseiller-maître de la chambre des comptes à Paris, né vers le milieu du seizième siècle, mort à Ivry en 1613. H fut un des membres les plus zélés du parti opposé à Henri IV, ce qui lui valut le surnom de laquais de la Ligue. Membre du conseil des Seize , il signa, le 20 septembre 1591, la fameuse lettre dans laquelle on offrait au roi d'Espagne la couronne de<Erance. Après la dispersion de la Ligue , il fut révoqué de sa charge et exilé de Paris. Il se relira d'abord chez les Chartreux de Bourg-Fontaine , et obtint ensuite la permission de résider à Luzarches et à Ivry. Acarie était boiteux.

Satijre Ménippée. > -

AÇARQ (d'), grammairien'français , né vers 1720 à Audruick dans l'Ai-tois, mort à Saint-Omer en 1796. Protégé de Fréron, il fut prôné outre mesure par ses partisans. Mais il se trouva bien au-dessous de sa réputation; et, après avoir vainement essayé de gagner, sa vie à Paris, il retourna en province, où il continua de donner des leçons de grammaire. En 1795, il fut compris au nombre des malheureux gens de lettres auxquels la convention accorda des secours. On a de lui : 1° Grammaire française philosophique, etc. ; Genève et Paris, 1762, 2 vol. in-12; — 2° la Balance philosophique , discours de réception à l'Académie de la Rochelle; Amsterdam, 1763, in-8° ; — 3" Vies des hommes et des femmes célèbres d'Italie, traduit de l'italien deSan-Severino; Paris, 1767, 2 vol. in-i2; — 4° Observations sur Boileau, sur Racine, sur Crébillon, sur Voltaire; La Haye, 1770, in-8°. Ce présomptueux grammairien , dont la race n'est pas éteinte, traite Boileau d'écolier, qui aurait encore besoin de quelques leçons de français ; — 5" le Portefeuille hebdomadaire ; Paris, 1770- 1771, 3 vol. in-S" ; jom'ual très-rare; — &" Plan d'éducation publique ; Paris, 1776, in-8°; Prospectus du pensionnat de d'Açarq; — 7° Remarques sur la dixième édition de la Grammaire française de Wailly; Saint-Omer, 1787.

Quérard, la France littéraire.

ACCA , prélat anglais, successeur de Wilfrid, évêque d'Exham, dans le comté de Northumbcrland , mort en 740. H embellit sa cathédrale ,

ACCIAIOLI IGO

perfectionna la musique et encoui'ageales études. On ignore pour quelle cause il fut banni de son siège , dans lequel il fut ensuite réintégré. On a de lui un Traité sur les souffrances des saints; plusieurs épitres, et des offices pour son église.

Bède, Hist. Ecclés., V, 20.

*ACCAMA {Bernard) , peinti-e hollandais, mort en 1756. Plusieurs de ses portiaits, fort estimés , ont été gravés par Houbraken , Fritsch et d'autres. — Son frère Mathias Accama, mort en 1783, a laissé un grand nombre de portraits et de tableaux historiques.

Nagler, N'eues AUgemeines Kiinsiler-Lexicon. — Van Gool, De Nieuwe Schowburg der Nederlantsche Kunstckilders.

ACCARIAS DE SERIONNE. VOIJ. SeriONNE.

ACCARisi {Albert) , grammairien italien, né à Cento, dans le duché de Ferrare, vers la fin du quinzième siècle. Il fit imprimer, en 1545, un ouvrage intitulé Vocabulario, grammatica e ortografia délia lingua volgare. On a aussi de lui des Observations sur la langue vulgaire; Sansovino, 1562, in-8°.

ACCARISI {François) , célèbre jurisconsulte italien , né vers le milieu du seizième siècle à Ancône. Il enseigna la jurisprudence à Pise et à Vienne, où il avait fait ses études, et mourut dans cette dernière ville le 4 octobre 1622. Il ne paraît pas avoir laissé d'ouvrages imprimés.

J. Niclus Erythraeus, Pinacotlt., Il, cap. xxv. — Bayle, Dictionnaire critique. — Mazzuchelli, Scrittori d'italia; Brescla, 1764.

ACCARISI (Jac(7Mes), savant italien, né à Bologne , professeur de l'hétorique à Mantoue en 1627, mort évêque de Vesta au mois d'octobre 1654. Il a laissé : un volume de discours sur des sujets de piété ; une dissertation dirigée contre Galilée {Terrée quies, solisque motus demonstratus primum theologicis,tum pluribxis rationibus philosophicis ; Rome, 1736 , in-4°), et une traduction latine de l'Histoire des troubles des Pays • Bas , par le cardinal Bentivoglio. D'autres ouvrages du même auteur sont restés manuscrits.

Mazzaclielli, Scrittori d'italia. — Ughelli, Italia su cra, t. vu, p. 870.

*ACCARisio {Nicopolitano), ingénieur italien, vivait à Bologne vers le mUieu du dix-septième siècle. On a de lui un opuscule curieux sur la canalisation du Rhin et d'autres fleuves, sous le titre : Pensieri circa la diversione del Reno et altri fiumi, accià non danneggino il territorio dvBologna et d'altre città convicini; Bologna, 1660, in-4''. E. D.

Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.

ACCETTO {Réginald), né à Massa dans le royaume de Naples , mort dans cette dernière ville en 1590, a publié un Trésor de la langxie vulgaire, en itahen , 1572.

Tiraboschl, Letteratura italiana.

ACCIAIOLI OU ACCiAJUOLi {Ange), cardinal , légat et archevêque de Florence , mort en 1407, a composé un ouvrage en faveur d'Ur-

161 ACCIAIOLI

bain VI. Le but de cet ouvrage est d'éteindre le schisme qui désolait alors l'Église.

UglielJi, Italia sacra. — Auberi, Histoire des Cardinaux.

ACClAiroLi (AicoZfls),' grand sénéchal de Naples, né à Florence le 12 septemire 1310, mort en 1366. Il conduisit la reine Jeanne I'*" à Avignon, lieu de son refuge; et lorsque Louis eut épousé cette reine , il disposa tout pour leur entrée à Naples et leur couronnement. Acciaiuoli fut un ministre actif et fidèle.

Matlco Palmicri, yita di Nie. Acciaiuoli; Firenza, 1588, et dans Muratori, t. XIII.

. ACCIAJUOLI (Bonato), savant italien , né à Florence en 1428, et mort en 1478. Orateur, philosophe et mathématicien., il avait rempli plusieurs fonctions publiques , et fut gonfalonier de la république de Florence. On a de lui : 1° quelques Vies de Plutarque traduites en latin ; Florence, 1478, in-fol. ; — 2° les Vies d'Annibal, de Scipion et de Charlemagne , imprimées avec les précédentes ; — S'' des Notes sur la morale et la politique d'Aristote, qu'il devait en partie à Argyropile, son maître; Parisiis, 1555, in-fol. ;

— 4° Storia Fiorentina tradotta (du latin de Léonard Arétin ) in volgare; Venise , 1476 , infol. La république de Venise dota les filles d'Acciajuoli , pour reconnaître les services du père.

Jovius, InCloq.,c. 16. — Verrini, Fiorentia illustrata.

— Vossius, De hist. latin, script.

ACCIAJUOLI {Philippe) , musicien et poète, né à Rome en 1637, mort le 3 février 1700. Après avoir voyagé dans presque toutes les parties du monde , il se livra tout entier à la culture de l'art lyrique et dramatique. Il fut à la fois le machiniste, le décorateur et le metteur en musique des pièces qu'il composa. Il figura dans l'Académie des Arcadi illustri sous le nom (Tlrenio Amasiano. Les opéras , dont il a fait les paroles et la musique, ont pour titres : 1" la Damira placata; Venise, 1680; — 2° Il Girello, dramma burlesco per musica; Modène, 1675 , et Venise, 1682; — 3" Chie causa del suo mal, pianga se stesso, poesia d'Ovidio e musica d'Orfeo; — 4° Ulisse in Feacia; Venise, 1681.

Miro Bofcetico , Notizie istoriche degli Jrcadi illustri.

ACCIAJUOLI {Renier) , souverain d'Athènes vers 1420 de J.-C. Issu dune ancienne famille de Florence , il fit la conquête d'Athènes , de Corinthe et d'une partie de la Béotie , au commencement du quinzième siècle. Il prit le titre de duc d'Athènes. Sa femme Euboïs ne lui ayant point laissé d'enfant mâle , il légua Athènes aux Vénitiens , Corinthe à Théodore Paléologue , qui avait épousé l'aînée de ses filles ; et la Béotie , avec la ville de Thèbes , à Antoine son fils naturel , qui s'empara d'Athènes, et que Mahomet II reprit plus tard , en 1455.

ACCIAJUOLI ( Zano&io ), dominicain , né à Florence en 1451, mort à Rome le 27 juillet 1519. Banni dans son enfance avec ses parents , il fut rappelé à l'ûge de seize ans par Laurent le Ma-

KOUV. BIOGR. UiMYLIlS. — T. I.

— ACCIOLI 162

gnifique, et ou lui confia, peu de temps après > l'éducation de Pierre-François de Médicis , dont il était proche parent. Versé dans les lettres greo- ([ues et latines , il était ami d'Ange Politien et de Marsile Ficiu. Léon X le nomma , en 1518 , bibliothécaire du Vatican , et le chargea de transporter, de cette bibliothèque au château Saint- Ange , les plus anciens manuscrits , dont il rédigea une table qui a été publiée par Montfaucon {Biblioth. Bibliothecarum , vol. I, p. 202). On a de Zanobio Acciajuoli des traductions latines d'Eusèbe de Césarée, d'Olympiodore , de Théodoret; un discours latin à la louange de la ville de Naples, et un autre à la louange de Rome. Ce fut lui qui mit au jour, en 1495 , les Épigi'ammes grecques de Politien, qui l'en avait chargé en mourant. Giraldi , dans son premier dialogue de Poetis nostrorum temporum, le met au nombre des bons poètes.

Giiinguené. — Tiraboschi. — Mazzucbelli.

ACCIAJUOLI SALVETTi {Madeleine) ,îmm\Q poète , née à Florence vers le milieu du seizième siècle, morte enieiO. Elle a laissé deux volumes in-4° de Mme toscane, Florence, 1590, qui eurent beaucoup de célébrité. Après sa mort , on imprima ti'ois chants d'un poème qu'elle avait laissé imparfait, et qui a pour titre : Davide perseguitato ovvero fuggitivo (David persécuté ou fugitif); Florence, 1611, in-4'', rare. C'est à cette dame que le chevalier Cornelio Lanci dédia sa comédie de la Niccolasa.

Gcinguené. — Tiraboschi. — Maz-zuohelli.

ACCiEN {Baghy-Stjan) , émir d'Antioche au moment où les croisés vinrent, en 1097, assiéger cette ville. Désespérant de la prendre de force, ils se la firent livrer par trahison en 1098 , au moment où Korboughan , émir de Moussoul , approchait avec une armée pour venir au secours des assiégés. Accien s'enfuit, et fut arrêté par un bûcheron qui lui coupa la tête et l'envoya aux chefs des croisés.

Guillaume de Tyr, IV, S. — Gesta Dei per Francos.

*ACCiOLi (/. de Cerqueira e Sylva) , historien et géographe brésilien , naquit vers la fin du dix-huitième siècle. La famille Accioli , ou Achioli, occupe un rang déjà ancien dans les fastes littéraires du Brésil. En 1664, on voit mourir à Rio de Janeiro un Miguel Achioli da Fonscea Leitam, qui, né à Castello-Branco, était venu dans l'Amérique portugaise revêtu d'une charge importante ; il paraît s'être occupé surtout d'études historiques et généalogiques. M. Accioli de Cerqueira e Sylva, membre résidant de l'Institut historique de Rio de Janeiro , est né au Brésil , et a principalement résidé à Bahia de todos os Santos et au Para. Il s'est occupé de l'histoire aussi bien que de la géographie de ces deux provinces importantes : on a de lui les deux ouvrages suivants, ùnprlmés au Brésil et encore trop rares en France, où ils pourraient rectifier plus d'une erreur ; le premier est intitulé Memorias Imtoricas e politicas da

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provincia daBahia; Bahia, dePrecourt, 1835, 1836, 1837 et suiv., 6 vol. m-8°; le second fait* connaître le vaste territoire de l'Amazonie exploré récemment par MM. Tardy de Montravel, de Castelnau , et un voyageur italien trop pen connu , le courageux Gaëtano Osculati. Le livre de M. Accioli a paru six ans avant celui de M. Baena, dont la publication a soulevé plus d'une querelle scientifique dans le sein de l'Académie de Rio de Janeiro. D est intitulé Corografia Paraense, ou Bescripçâo fisica, historica e politica da provincia do Grain Para; Bahia, typografia do Diario, 1833, in-8°. Ce livre renferme d'excellents renseignements. Il nous est cependant difficile d'admettre l'existence d'une nation indienne désignée sous le nom de quatas-tapuyas , qui aurait pour ancêtres les grands singes des forêts , et qui serait munie d'une queue. Aussi le savant Brésilien ne donnet-il ce fait que comme une sorte de légende accréditée dans les campagnes. Ferd. Denis.

Accios {Zucco), smaormaéDasummaCampagna , poëte italien du seizième siècle , n'est connu que des érudits. Il a paraphrasé, en sonnets italiens, les Fables d'Ésope, mises en vers élégiaqiies par Romalius, poëte latin du treizième siècle. Ces fables , réimprimées à Francfort avec d'autres fabulistes, en 1660, in-S", parurent d'abord à Vérone en 1479, et à Venise en 1491, in-4°.

Ginguené, Hist. litt. de l'Italie.

Accms ou ATTius (Lucîus), poëte tragique latin, mort vers l'an de Rome 583 (180 avant J.-C. ). Il avait po :r père un affranchi. Les anciens le préféraient à Pacuvius , qui connaissait mieux son art, mais qui avait moins de génie. On n'a de lui que des fragments donnés par Robert Estienne, dans Fragmenta poetarum veterum latinorum, 1568, in-8°. Il ne nous reste rien des vers louangeurs que Decius Brutus fit afficher sur la porte des temples et sur les monuments qu'on lui éleva après la défaite des Espagnols. Accius mourut dans une vieillesse fort avancée. Pline rapporte « qu'Accius, quoique de très-petite taille, se fit élever une très-giande statue dans le temple des Muses. »

Aillas Gelliiis, liv. XIII , c. ir. — Pline, Hist. Nat., 1. XXXIV, c. V. — Valer. Maximus, liv. III, c. vu. — Vossius, De Poetis latinis.

AccoLTi OU ACCOLTUS (Benoît), célèbre jurisconsulte italien, né à Arezzo en 1415, mort en 1466, remplaça le Pogge dans l'emploi de secrétaire de la république de Venise en 1459. On a de lui : 1° De bello a christianis contra barharos gesto , pro Christi sepulchro et Judxa recuperandïs , libri très; publié en commun avec son frère Léonard; Venise, 1532, in-4°, et Bâle, 1544, in-8''. Cet ouvrage servit comme de texte au Tasse pour sa Jérusalem délivrée; il fut traduit en français en 1620, in-8°; —2° De preestantia virorum sut œvi; Parme, 1692, in-12. Accolti avait, dit-on, une mémoire si heureuse, qu'ayant un jour entendu une harangue

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