ACHERY — ACHILLE
in Gallise bibliothecis, maxime Benedictinorum, latuerant, Spicilegium, etc., 1655-1677; Paris, 13 vol. in-4°. Quoiqu'il n'ait donné à cet ouvrage que le titre de Spicilége, c'est-à-dire de Glanure, on peut le regarder comme une moisson précieuse et abondante ; il contient un grand nombre de pièces du moyen âge rares et curieuses, telles que des actes, des canons, des conciles, des chroniques, des histoires particulières, des vies de saints, des lettres, des poésies, des diplômes, des chartes, tirés des dépôts de différents monastères. Chacun des treize volumes est accompagné d'une préface destinée à faire connaître les pièces qui y sont contenues, et auxquelles d'Achery a mis des notes qui prouvent sa vaste érudition et ses profondes connaissances. Le tome treizième contient une table chronologiqtie. En 1723 ce Spicilége étant devenu rare, L.-Fr.-J. de la Barre en donna une nouvelle édition, 3 vol. in-fol. Les pièces y sont rangées par ordre de matières, et chaque matière par ordre chronologique. Cette seconde édition n'empêche pas que l'on ne recherche la première : les corrections de la Barre sont souvent intercalées dans les textes que d'Achery avait respectés, et le nouvel éditeur a beaucoup mutilé les savantes préfaces du premier. — On doit encore à Luc d'Achery une bonne partie du Recueil des Actes des Saints de l'ordre de Saint-Benoit : Acta Sanctorum ordinis Sancti Benedicti in sscculorum classes distributa, et cum eo edidit D. Johannes Mabillon, qui et universum opiis notis, indicibus, illustravit; Paris, 1668-1701, 3 vol. in-fol. D'Achery avait t'ait une ample collection de ces actes ; mais la publication en est principalement due au P. Mabillon, qui les a enrichis de savantes préfaces, de notes, d'observations et de tables. D'Achery vivait dans une retraite absolue, ne sortait presque point, et évitait les visites et les conversations inutiles : c'est ainsi qu'il se ménageait le temps nécessaire pour se livrer aux immenses travaux dont on vient de parler. Il fut enterré au-dessous de la bibliothèque dont il avait eu soin pendant plusieurs années. L'abbaye de Saint- Germain des Prés conservait les letti-es qui lui avaient été adressées par divers savants. On trouve, dans le Journal des Savants du 26 novembre 1685, un court éloge de d'Achery; celui de Maugendre, Amiens, 1775, est le plus complet.
Millin, dans la Biographie universelle. — Baillet, Jugement des Savants, Journal des Savants, Tévrier 1678. — Dupin, Diliioth, des auteurs ecclésiastiques du dixseptiéme siècle. — Tassin , Histoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur. — ViicéTon , Mémoires , t. XXI.
ACHILLAS, général et ministre de Ptolémée Dionysos, décida ce jeune roi à chasser de la cour sa sœur la fameuse Cléopàtre. Après la bataille de Pharsale , Pompée vint aborder en Egypte. Achlllas, d'accord avec deux autres favoris, Plotin et Théodote, conseilla à Ptolémée de l'accueillir
et de l'assassiner (48 ans avant J.-C. ). Théodote fut ch^^•gé de porter à César la tête de Pompée. César soutint les droits de Cléopàtre, et Achillas fut mis à mort par ordre d'Arsinoé , sœur de Cléopàtre. Voyez le récit assez embrouillé de cet épisode dans Appien et Dion Cassius.
Pliitarque, in Pomp. — Lucain , 1. VIII, Phars. — Dio» Cassius, XLII, 4, 37-40. — Appien.
ACHILLE ÇAyùlzdi:,) , fameux héros de la guerre de Troie, fils de Pelée, roi des Myrmidons , en Thessalie , et de Thétis , fille de Nérée, petit-fils d'Éaque. Dans son enfance la déesse sa mère purifia Achille par le feu , et le frotta avec de l'ambroisie ; ou , suivant d'autres, le trempa dans les eaux du Styx, et rendit par là son corps invulnérable , excepté au talon pai* lequel elle le tenait. Cette dernière tradition est pourtant restée inconnue à Homère. Suivant ce poète, Achille eut pour précepteurs Phénix et le centaure Chiron. On avait prédit à Achille qu'il acquerrait devant Troie une gloire immortelle, en y trouvant en même temps la mort ; tandis qu'il jouirait d'une longue vie, s'il consentait à vivre dans l'obscurité. Afin de le soustraire à l'appel qui avait été fait pour prendre part à la guerre de Troie , guerre dont le succès, selon l'oracle, dépendait de la participation du jeune prince, Thétis conduisit son fils âgé de neuf ans, habillé en fille, sous le nom de Pyrrha, à la cour de Lycomède , roi de Scyros , où il fut élevé avec les princesses. Par les ordres de Calchas, le de>1n, on fit inutilement des recherches pour découvrir le séjour d'Acliille, jusqu'à ce qu'Ulysse , fécond en expédients et en ruses, imagina de paraître à la cour de Lycomède, déguisé en marchand , et d'offrir aux princesses différents objets, parmi lesquels se trouvaient des armes. Les princesses s'attachèrent aux objets de parure, tandis qu'Achille se saisit des armes. S'étant trahi par là, il se laissa engager à se joindre aux autres princes de la Grèce contre les Troyens. Ce fut alors que Thétis demanda pour lui à Vulcain une armure riche et brillante, qui le défendît suffisamment. Le centaure Chiron lui avait enseigné la médecine, la musique et l'équitation ; Phénix le suivit devant Troie, poui- le former à l'art de la parole et en faire un éloquent guerrier. Achille figure dans l'Iliade, dont il est le principal héros, non-seulement comme le plus beau , mais comme le plus vaillant des Grecs. Commandant cinquante vaisseaux des Myrraidons, Achéens et Hellènes, il soumit douze villes au moyen de sa flotte, et onze par la voie de terre. Junon et Minerve le protégeaient comme leur favori. Brouillé au sujet de Briséis , jeune et belle captive, avec Agamemnon, que les Grecs avaient choisi pour le chef commun, il se retira du combat, et vit d'un œil tranquille Hector à la tête des Ti'oyens moissonner les Grecs dans des actions meurtrières : ni les calamités de ses compatriotes ni les offres d' Agamemnon ne purent fléchir sa colère ; il permit seulement à son ami