ADALGISE
l'empereur de Constantinople. Constantin YH lui donna des ti'oupes qui firent une descente en Calabre, où elles furent entièrement défaites par les Français. Adalgise, abandonné par son neveu le duc de Bénévent, fut fait prisonnier et mis à mort.
Aimoin, liv. VI. — Théophane et Cédréne.
*ADALHARD, abbé de Corbie, né vers 753, mort en 826. Il était fils du comte Bernard, allié à la famille de Charles Martel. Il fut un des premiers à s'opposer aux prétentions de la noblesse , en prêchant ouvertement que les lois devaientêtre obéies égalementparlespatriciens elles vilains. Ce fut une nouveauté cjui lui attira des persécutions de la part de ceux qui s'y croyaient lésés. Charlemagne lui confia des missions importantes, et le nomma son délégué au concile de Rome en 809. Après la mort de cet empereur, il tomba en disgrâce auprès de Louis le Débonnaire : les nobles lui avaient dépeint Adalhard coiTune un démagogue ambitieux. Mabillon avait promis de publier les cinquante-deux sermons d'Adalbard; sa promesse n'a pas été tenue. D. d'Achery a imprimé d'Adalbard, mais très-incorrectement, les Statuta Corbeiensis ecclesias. Beaucoup d'autres écrits d'Adalbard sont encore inédits ou dispersés. Hincmar nous a conservé quelques extraits du Libelhis de orcline Palatii d'Adalbard.
; Radbert, FitaS. Âdalhardi abbatis Corbiensis.-Varis,
'f 1617. — Historiens de la France, t. V.
ADALOALD, roi des Lombards, né en 603, mort en 629. Il succéda à son père Agilulfe en 616. Il commença à régner sous la tutelle de Theudelinde sa mère, qui ne pensa qu'à se maintenir en paix pendant la nainorité de son fils. Après la mort de sa mère, Adaloald, livré à de mauvais conseils, tyrannisa ses sujets, qui se révoltèrent. Les embarras où il se trouvait troublèrent tellement sa raison , qu'il devint incapable de gouverner. Un historien du temps attribue la folie d' Adaloald à certains parfums qu'un ambassadeur d'Héraclius lui aurait fait respirer. Quoi qu'il en soit, les Lombards le déposèrent, et mirent à sa place Ariovald, qui avait épousé Gondeberge, sœur du roi détrôné. Le pape Honorius refusa de reconnaître le nouveau monarque , et ' le patrice Isaac, exarque de Ravenne, prit les armes pour rétablir Adaloald; mais la mort de ce prince rendit la paix à l'Italie. Ariovald, son successeur, ne mourut qu'environ neuf ans après, en 638.
Grsevius et Muratori.
AUALKic, ATHic OU Éthicon, fut institué en 662 duc d'Alsace et du pays de Munster par Childéric II, roi de France, et mourut le 20 février 690 dans l'abbaye de Hohenbourg, où il s'était retiré avec sa femme Berwinde, tante de saint Léger, évoque d'Autun. On le croit fils de Leuthairc, duc d'Alémanie. C'est d'Adalric que les maisons de Habsbourg, de Lorraine et de Bade tirent leur origine.
Hertzog. Chronicon Alselix,
ADAM, mot hébreu qui signifie terre. On appelle ainsi le premier homme qui , d'après le récit mosaïque , fut formé par Dieu du limon de la terre le sixième jour de la création du monde. Dieu acheva cette œuvre en formant l'homme d'après son image, en l'instituant maître et souverain de toutes les créatures anmiées , non pourvues , comme lui , de la raison. Il lui donna pour compagne Eve ( la mère des vivants ) , fomiée de la propre chair d'Adam. Réunis dans un lieu de délices, ils devaient peupler la terre d'une heureuse et sainte postérité. Le jardin d'Éden , rempli d'arbres chargés de fruits, leur fut assigné pour demeure; ils y trouvèrent tout ce qui pouvait satisfaire leurs désirs et leur procurer d'innocentes jouissances. Mais au milieu du jardin était situé l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et le Créateur leur avait défendu d'en goûter les fruits. Eve, dit l'antique tradition , se laissa néanmoins séduire par le serpent; elle cueillit un fruit de cet arbre , et excita son époux à en manger avec elle. Cette désobéissance détruisit leur bonheur. L'aspect des choses changea soudain ; ils reconnurent leur nudité, et s'efforcèrent de la couvi'ir avec des feuilles de figuier (bananier). En vain Adam , cherchant à se cacher devant Dieu, implora le pardon de sa faute et de celle d'Eve : la malédiction divine tomba sur eux et sur toute la nature : ils venaient de quitter l'état d'innocence dans lequel ils avaient été créés. Adam fut condamné à gagner sa nourriture à la sueur de son front; il fut atteint par toutes les misères de la vie, et, à la fin de ses jours, par les angoisses de la mort. Animé d'une jalousie furieuse , son fils aîné, Caïn, frappa d'un bras fratricide le pieux Abel, et rougit ainsi la terre du premier sang humain. Adam mourut à l'âge de neuf cent trente ans, dont il aurait passé cent trente dans le paradis. L'histoire d'Adam figure, avec plus ou moins de changements, dans les traditions de tous les anciens peuples, et paraît avoir eu chez tous une source commune. La poésie et les beaux-arts ont trouvé dans la vie , la chute et la mort d'Adam , le sujet de sublimes inspirations. [Conv.-Zea;. et Enc. des g. du m. ]
Genèse, c. I et suiv. — Josùplie, Antiq. jud., 1. 11.— Simon-Jacob Wlllielm Feuerlin, Dissertatio de philosophia Adami putatitia; Altorf, 1713, in-i". — W. Feuerlin, Dissertatio de Adami logica, metaphysica, philosophia practica; Altorf, 1717, in-it". — Daniel Mueller, Programma de conditionc Adami; Chann., 1722, in-fol. — F. Goetze, Quanta statura Adam, fuit; Lepzig, 1727, in-4°. — Hieronymus Bruckner, Ob Adam tvirklich ùber 900 Jahre ait geworden? Aurlch, 1799.
ADAM ( Maître ) , ou Adam Billaut, artisan et poète, né au commencement du dix-septième siècle, mort le 19 mai 1002, fut connu aussi sous le nom de Menuisier de Nevers, et surnommé le Virgile au rabot. Le contraste de son talent et de son état lui fit , de son temps , une sorte de réputation. Le cardinal de Richelieu lui assigna une pension ; le gi-and Condé le protégea; Corneille l'encouragea par ses éloges ; Vol-
taire le iiiit au nombre des écrivains du siècle de Louis XW ; et , de nos jours , deux auteurs se sont unis pour faire, des Chevilles de maitre Adam , le sujet d'un vaudeville. Adam eut le bon esprit de ne pas rougir d'un métier qui ne fut point inutiie pour mettre son talent en relief, et publia les trois recueils de ses œuvres sous des titres empruntés aux instriunents de sa profession {Us Chevilles, Vâiis,, 1644, in-4°; le Vilebrequin, le Rabot ). On trouve dans ses vers de la verve et de l'imagination, mais aussi des incorrections et de la gi'ossièrcté ; défaut inévitable dans les produits d'un talent naturel , dépourvu de culture. On a retenu la chanson Aussitôt que la lumière , et le rondeau Pour te rjuérir de cette sciatique. [Enc. des g. du m.]
Baillel ; M. de Marolles , préface de l'édit. des Chevilles.
AI5ASÎ. Trois frères , qui se livrèrent tous à la sculpture et acquirent quelque célébrité. L'aîné, Lambert -Sigïsbert , né en 1700 à Kancy , mort en 1759, vint à l'âge de dix-huit ans à Metz, et de là à Paris. Après quatre ans d'études ayant remporté le grand prix de l'Académie , il se rendit, comme pensionnaire du roi, à Rome, où il passa dix ans. Le cardinal de Polignac le chargea de réparer douze statues de marbre trouvées dans le palais de Marius, et connues sous le nom de la famille de Lycomède ; et Lambert exécuta cet ouvi-age avec beaucoup de talent. A l'époque où l'on voulut élever à P.ome le grand monument appelé la fontaine de Trévi, il fui un des seize sculpteurs désignés pour founiir des dessins. Celui qu'il présenta fut accepté; et il l'aurait exécuté, sans la jalousie des artistes italiens qui le força de revenir en France. En 1737, il fut noirmié membre et plus tard professeur de l'Académie. La statue de Neptune calmant les flots et ayant à ses pieds un triton, est ime preuve de son talent. C'est jni qui termina le groupe de Neptune et Amphitrite qui orne le bassin de Neptune à Versailles. Adam fut un sculpteur distingué ; son anatomie est exacte , ses draperies sont belles; mais il paya quelquefois le tribut au mauvais goût de son époque. Son frère Nicolas - Sébastien , né à Nancy en 1705, mort en 1778, étudia le même art, sous ses youx , à l'Académie de Paris. Ayant passé deux ans à Piome et remporté un prix proposé par l'Académie de Saint-Luc , il travailla pendant neuf ans avec son frère , et linit par être admis à l'Acarlémie de Paris. Son Pi-oméihéc décliiré par un vautour est un bel ouvrage; mais son chef-d'œuvre est le tombeau de la reine de Pologne , épouse de Stanislas. Jl égala son frère en talent.
Le troisième frère, François-Gaspard , né à Nancy en 1710, mort en 1759, fut élève de son père ; en 1728 il alla retrouver ses frères à Rome , où il fit de grands progrès sous leur direction; mais sa réputation resta bien au-dessous de la leur. [Conv.- Lex. ]
ADAM {Robert ), architecte distingué , né près d'Edimbourg en 1728, mort en 1792 ; son père, également architecte, avait eu pour amis Ilurne , Robertson , Adam Smith et Ferguson , lesquels continuèrent au fils leur amitié. Après s'être fomré par des voyages entrepris en 1754 suc le continent, et par un assez long séjour en Italie , il revint à Londres , où le roi le nomma son architecte. Adam fournit des dessins pour un grand nombre d'édifices , et ne tarda pas à devenir célèbre. 11 produisit une révolution dans l'architecture en Angleterre , et contribua à y répandre un meilleur goût pour ce qui concerne les ornements et les décorations, non-seulement dans son art spécial , mais dans tous les arts où le dessin entre comme objet essentiel. Parmi différents ouvrages publiés par lui , on doit citer principalement la Description des ruines du palais de l'empereur Dioclélien à Spalatro en Dalmatie (Londres, 17G4, infolio), qui a reçu des éloges de Gibbon. En 1764 il fut nommé représentant du comté de Kinross au parlement , et resta néanmoins fidèle à sa première profession. Un monument lui a été érigé dans l'abbaye de Westminster. [£nc. des g. dît m. ]
Adam's Architectural ÎForlis.
ADAM (le docteur Alexandre) , célèbre latiniste et archéologue, recteur de l'iuiiversilé d'Edimbourg, naquit en 1741 dans le comté de Moray en Ecosse, et mourut en 1809, après une carrière des mieux remplie. Parmi ses nombreux écrits on a surtout distingué ses Antiquités romaines , excellent manuel pulilié pour la première fois en 1791, et traduit en français, en allemand et en italien; on estime aussi son Dictionarij ofclassical biography { 1800 ), et son Lexicon lingux latlnx compcndiarium (1805).
Alexander Henrierson, csq. ; Account of tJie l.ifc af D. Adam, in-8" ; Edin., 1810. — Eiicijclopedia brilaniiicu. — Chalmer, Life of Rnddiman, p. 61-90, and 3no-i03.
ADAM DE EîiK^JE, chroniqueur et géographe allemand du onzième siècle , natif de la haute Saxe. 11 arriva à Brème en 1067, y devint ciianoine, et directeur de l'école de la ville. Il parait avoir fait des voyages dans quelques pays du Nord, pour y prêcher l'Évangile; et il seconda les missionnaires qui s'y rendaient de Brème, centre de ces pieuses expéditions. C'est surtout aux rapports des missionnaires qu'il dut les détails souvent précieux qu'il a consignés , sur le Danemarck , la Suède et la Russie, dans son grand ouvrage consacré particulièrement à l'histoire du diocèse de Brème et à celle de saint Adalhert , son protecteur. Cet ouvrage, qui embrasse les années 788 à 1072, c'est-à-dire depuis le règne de Charlemagne jusqu'à celui de Henri IV, porte le titre : Hïstorix ecclesiasUcos eccles. Ham burg. et Bremensis, v'icinorumque locor. septent., ab an. 788 ad 1076, lib. IV. On en a plusieurs éditions: Copenhague, 1579 , in-4°;! Leyde, 1595, in-4°; Helmstaedt, 1670, m-4°.!
Cette dernière édition , publiée par JeanMader, est la meilleure. C'est à des sources analogues qu'est dû le second ouvrage d'Adam, De situ Banix et reliquantm quce trans Danlam sunt reglomim natura; Stockholm, 1615, in-8°; teyde, 1629. Ces deux ouvrages sonttrès-eslimés même pour le style, généralement clair et simple, quoiciue prolixe ; toutefois ils doivent être consultés avec discernement : des récits vrais y sont entremêlés de fables, et la chronologie des faits est très-embrouillée.
Baronius.A. C. 980 et 983. — Bellarmin, de 5crip. ecc-Zes. Vossius, de Hist. lati. et c. — Jolianii Heinrich, Diatribe de Jdamo Bremensi ; Lubeck, 1736, in-8°. — Adain- Heinrieli Lackcnann, Dissertatio de Codice Hafniensi Jdaini Bremensis ; Kilon, 1746. — Jacob Asmussen, Commentatio de foniibus Adami, Bremensis; Itilon., 1834, :n-4''.
*ADAM {Daniel), de Welaswina, liistorien bohème, né à Prague le 16 juillet 1446, mort le 18 octobre 1599. Il fut professeur à l'université de Prague, et dirigea la typographie de son gendre G. Melantrich ab Aventino. Parmi ses travaux , qui tous avaient pour objet l'histoire , la langue et la littérature de la Bohême, on remarque : r Journal de tout ce qui s'est passé de mémorable à Prague ;Vrà^e, 1577, in-4°; — T Kronyka Swieta; ibid., 1581 ; — 3° Jferbai^z meb Bylinarz; — 4° Nomenclator omnium rcrum propria nomina tribus Uncjuis latina, bojemica et germanica; Prague, 1586.
OEsterreichisclies'Biograph. Lexicon; Vienne, 18S1.
*AUA3i {Jean-Louis), pianiste-compositeur, né vers 1760 à Miettersboltz , département du Bas-Rhin, et mort à Paris le 8 avril 1848, ne dut pour ainsi dire qu'à lui-même, et à l'étude approfondie des œuvres des grands maîtres, la science et le talent qui l'ont placé, comme professeur, au premier rang des artistes de son temps. Dès son enfance, il avait manifesté les plus heureuses dispositions pour la musique. Il eut d'abord pour maître de clavicorde un de ses parents, et reçut ensuite quelques leçons de piano d'un organiste de Strasbourg, nommé Hepp ; il apprit seul à jouer du violon et de la harpe, et étudia, aussi sans maître, la composition. Adam n'avait encore que dix-sept ans lorscpi'il vint à Paris pour y enseigner la musicpie ; et peu de temps après son arrivée il fit entendre au concert spirituel deux symphonies concertantes pour piano, harpe et violon, qui étaient les premières cpio l'on eût composées en ce genre. Gluck prit en amitié le jeune artiste, dont il avait apprécié le mérite, et lui confia l'arrangement pom- le piano de plusieurs morceaux de ses opéras. Nommé en 1797 professeur au Conservatoire de musique, Adam fut chargé, par le comité des études de cet établissement, de rédiger une méthode à l'usage des classes de piano. Peu d'ou\Tages élémentaires ont eu une vogue aussi grande et un succès aussi mérité que cette méthode; vingt mille exemplaires furent épuisés en moins de vingt-cinq ans, et, en 1831, on en pu-
blia une cinquième édition. Ce professeur a formé une foule d'excellents élèves qui, à leur tour, sont devenus des virtuoses. Kalkbrenner, F. Chaulieu, H. Lemoine, M"<'' Beek, Hérold, sont sortis de sa classe. En 1829, le gouvernement récompensa les services qu'il avait rendus eu le nommant membre de la Légion d'honneur.
Peu d'années avant de terminer sa longue et honorable carrière , Adam remplissait encore avec autant de zèle que de dévouement les fonctions qui lui avaient été confiées; et lorsqu'il ne lui fut plus possible de les continuer, la direction du Conservatoire lui décerna le titre d'inspecteur général des classes de piano et de membre du comité des études.
Les ouvrages d'Adam sont : 1° onze œuvres de sonates pour piano ; T quekpies sonates séparées ; 3" des airs variés pour le môme instniment; 4° Méthode ou iirincipe général du doigté (en société avec Lachnith ); Paris, 1798; 5° Méthode de piano, à l'usage des élèves du Conservatoire; Paris, 1802; G" des quatuors d'Haydn et de Pleyel arrangés pour le piano ; 7° un recueil de romances ; 8° la collection des Délices d'Eiiterpe; 9° Journal d'ariettes italieimes de ]M"" Erard.
DîEunoNNÉ Denne-Baron.
JADASî {Adolphe-Charles) , musicien compositeur, fils du précédent, né à Paris le 24 juillet 1803. Après avoir fait ses études de solfège et de piano sous la direction de son père , il entra dans la classe d'orgue du Conservatoire, et suivit en même temps les leçons d'harmonie et de contrepoint du savant professeur Reicha; il devint ensuite l'élève de Boïeldieu pour le style idéal. Tout jeune encore , M. Adam se faisait déjà remarquer, par la facilité de ses improvisations , dans les églises où il ahait toucher l'orgue. Bientôt il se fit connaître du public par des airs variés et des fantaisies qu'il écrivait pour le piano sur les thèmes de la plupart des opéras représentés à Paris. Son goût et la nature de ses études le portaient à travailler pour la scène lyrique. Il s'essaya d'abord en composant des airs et des morceaux d'ensemble pour des vaudevilles et opérettes joués sur les théâtres du Gymnase, du Vaudeville et des Nouveautés. Le succès populaire qu'obtinrent plusieurs de ces morceaux , parmi lesquels nous citerons notamimcnt ceux de la Batelière et du Hussard de Felsheim , et les relations qui s'étaient établies entre les auteurs dramatiques et le jeune compositeur, ouvTircnt enfin à ce dernier les portes de l'Opéra-Comique. Il débuta sur ce théâtre, au mois de février 1829, par Pierre et Catherine, opéra en un acte. Ce premier ouvrage, favorablement accueilli du public , et Danilown , opéra en trois actes, représenté sur le môme théâtre au mois d'avril de l'année suivante, réalisaient les espérances que l'on avait conçues sur l'avenir du jeune artiste. A partir de cette époque , les productions de M. Adam se succérlèrent avec rapidité sur la scène lyrique. Doué d'uae excessive
facilité de travail , il donna, en moins de dix-huit mois, Trois jours en %me heure, Joséphine, le Morceau d'ensemble, et le Gi'anclprix. En 1 832 il se rend à Londres, y écrit la musique de deux opéras, dont un en trois actes, pour le théâtre de Covent-Garden, et celle d'un ballet pour le Quecn's theater. De retour à Paris vers la lin de 1833, il fait représenter à l'Opéra-Comique Zc Proscrit, en trois actes, et Une bonne fortune, pièce dans laquelle madame Boulanger, naguère si brillante de grâce sémillante , se résigna, pour la première fois, à jouer les rôles de duègne. — La partition du Proscrit marquait un progrès dans la manière du compositeur : écrite avec force , elle était empreinte de ce sentiment di'amatique que l'on retrouve ensuite sous une autre forme et à un degré plus éminent dans l'opéra du Chalet, représenté au mois de septembre 1834. Dans ce dernier ouvrage, remarquable par la fraîcheur des idées, la verve etl'entente parfaite des situations, M. Adam, merveilleusement secondé d'ailleurs par M. Scribe , l'auteur du poëme , s'est montré le digne émule de Boïeldieu, son illustre maître. Le succès qui couronna cette œuvre , ceux qu'obtinrent depuis le Postillon de Longjumeau, le Brasseur de Prcston, le Toréador, GiraM«, et plusieurs autres opéras ou ballets successivement représentés sur les scènes de l'Opéra-Comique et du grand Opéra, ont assigné à M. Adam la place éminente qu'il occupe aujourd'hui parmi nos compositeurs dramatiques.
Afin d'offrir auxjeunes compositeurs les moyens de produire leurs œuvi'es, M. Adam avait conçu en 1846 l'idée de fonder à Paris un troisième théâtre lyrique, réclamé depuis si longtemps dans l'intérêt de l'aii. Il sacrifia à l'exécution de son projet toutes les économies qu'il avait pu faire sur le pi'oduit de ses nombreux travaux. Ce théâtre, ouvert sous sa direction au mois de novembre 1847, donna, dansles trois premiers mois, l'exemple d'une prospérité inouïe ; mais bientôt , par suite de la révolution de février 1848 , l'entreprise ne put se soutenir. Le théâtre fut fermé au mois d'avril suivant, et, pour récompense de ses louables efforts , M. Adam perdit tout ce qu'il avait amassé depuis vingt ans, et compromit même ce qu'il lui faudra peut-être dix années encore pour acquérir. Ce fut alors qu'il se livra à la critique musicale , qu'il a commencée dans le Constitutionnel et qu'il continue dans V Assemblée nationale. On ne peut qu'applaudir à une semblable résolution, qui honore l'homme et l'artiste. Écrivain spirituel autant qu'éclairé , si 3L Adam a le droit d'être sévère , il a du moins le j-are mérite de ne jamais en abuser.
Dans la nomenclature que nous allons donner des ouvrages de ce compositeur, nous commencerons par indiquer les pièces pour lesquelles il a écrit des morceaux de musique avant d'aborder l'opéra-comique. Le premier air qu'il ait composé pour le théâtre a été intercallé dans un vaudeville du Gymnase, intitulé Pierre et
Marie. Par un singulier hasard, cette pièce, qui eut peu de succès, était une espèce d'imitation de celle de Gœthe, dont M. Scribe s'est si heureusement inspiré plus tard dans le poème du Chdlet. Au même théâtre, nous citerons les airs des vaudevilles du Baiser au porteur, de la Haine d'une femme, le final de la Pieine de seize ans , et toute la musique de la Batelière de Brieux, dont la partition a été gravée et publiée chez l'éditeur Schlesinger; au Vaudeville les finales A' Edith, de M. Botte, du Hussard de Felsheim, de Guillaume Tell, de I'^Ihonyme; aux Nouveautés, la musique de Caleb, de Valentine, de YEnragé, des Comédiens par testament, des Trois Catherines, et, en collaboration avec M. Gide, celle de Henri V et de la Chatte blanche.
Voici maintenant les titres de différents opéras et ballets que M. Adam a fait repi-ésentcr, soit en France, soit à l'étranger : Pierre et Catherine, opéra-comique en un acte (1829), Danilowa, op.-com. en trois actes (1830); Trois jours en une heure, op.-com,, en collaboration avec Romagnesi (n^iO) •; Joséphine , op.-com. en un acte (1830); le Morceau d'ensemble, op.-com. [en un acte (1831)'; le Grand prix, op.-com. en trois actes (1831); à Londres, sur le théâtre de Covent-Garden : Hisfirst compaigne, op.-com. en deux actes (1832); et sur le King's theater, Faust,hd.llet entroisactes(1833). A Paris : le Proscrit, op.-com. en trois actes (1833); Une bonne fortune, op.-com. en un acte (1834); le Chûlet , op.-com. en un ac(e (1834); la Marquise, op.-com. en un acte ( 1835) ; Micheline, op.-com. en un acte (1835); le Postillon de Longjumeaii, op.-com. en trois' actes (1830); la Fille du Danube, ballet en deux actes (I83G); le Fidèle berger, op.-com. en trois actes (1837) : cette pièce, tombée à Paris, eut beaucoup de succès en Allemagne et en Belgique; le Brasseur de Preston, op.-com. en trois actes ( 1838) ; Bégine, op.-com. en deux actes ( 1839); la Reine d'un jour, op.-com. en trois actes (1839); Morskoï Rasbonick (l'écumeur de mer), ballet en deux actes, représenté en 1840 à Saint-Pétersbourg, et Den Hamadrijaden (les Hamadryades), op.-com. en deux actes , joué la même année à Berlin ; la Rose de Péronne, o\).-com. en trois actes (1840) ; Giselle, ballet en deux actes (1841); la Main de fer, op.-com. en trois actes (1841); Ze Roi ÎVYvetot, op.-com. en trois actes (1842); la Jolie fille de Gand, ballet en trois actes ( 1843 ) ; Richard en Palestine, op.-com. en trois actes (1844) ; le Diable à quatre , ballet eu deux actes (1845); Cagliostro, op.-com. en trois actes (1846); la Bouquetière, op.-com. en un acte (1847); le Premier pas, prologue en un acte pour la i-éouverture de l'Opéra en 1847, en collaboration de MM. Auber, Halévy et Carafa; Grisélidis, ou les cinq sens, ballet en ti-ois actes (1848); le Toréador, op.-com. en deux
actes (1849); la Filleule des Fées , ballet en trois actes, avec prologue (1849); le Fanal, opéra-com. en deux actes (1849); Giralda , opéra-com. en trois actes (1850).
M. Adam a écrit, en oufre, deux Messes solennelles : la première a été exécutée à l'église Saint-Eustache le 26 mars 1847, jour de Pâques ; la seconde l'a été à la même église le 22 novembre 1850, jour de Sainte-Cécile, par YAssociation des artistes inusiciens. Cette dernière messe est une des plus belles productions de l'art moderne.
Ce compositeur a été élu membre de l'Institut en 1844 ; au mois d'octobre 1848, il a été nommé professeur de composition au Conservatoire de musique, où il exerçait depuis huit ans les fonctions gratuites de membre du comité des études.
DlEUDONNÉ DeNNE-BARON.
Biographie des Hom-
Calerie des Contemporains, mes du jour.
- ADAM DE LA HALLE, OU Halle, Surnommé le Boçu (Bossu) d''Arras, trouvère du treizième siècle, mort à Naples vers 1286. Fils d'un bourgeois d'Arras , il fit ses études dans l'abbaye de Vauxcelles, près de Cambray, et se voua d'abord à l'état ecclésiastique. C'est dans ses vers qu'il faut chercher le peu que nous savons de sa vie. En 1263, Adam était à Arras, ville de jeux et de plaisirs , où les trouvères et les jongleurs se donnaient rendez-vous. Cette ville fut, vers la même époque, frappée d'un impôt somptuaire par une ordonnance de saint Louis , qui démonétisa en même temps les livres tournois Irappées par les seigneurs. En 1282, Adam suivit Robert II , comte d'Artois , à Naples, où le neveu de saint Louis allait aider son oncle Charles d'Anjou à tirer vengeance des Vêpres siciliennes. Le trouvère artésien composa, pour ■ les divertissemets de la cour de Naples, le Jeu de Robin et Marion, comédie pastorale. Il mourut quelque temps après. Outre li Jeu de Robin et de Marion, publié dans les Mélan- \ ges de la Société des bibliophiles français , 'Paris, 1822, in-8° , on a de lui : i° li Jeu d'Adan, ou rf?< mariage, publié par Monmerqué dans les Mélanges de la Société des bibliographes, etc., in-S"; Paris, 1828; — 2° li Congié d'Adan d'Arras, publié par Barbazan, et réimprimé dans l'édition des Fabliaux de Méon ; Paris, 1808 ; — 3° C'est du roi de Sézile, poëme publié par Buchon (tom. VII des Chroniques nationales françaises ; Paris, 1828); — 4° quelques chansons , rondeaux , motets , publiés par Roquefort dans. VÉtat de la poésie française aux douzième et treizième siècles. — A l'exemple de la plupart des trouvères de ce temps , Adam de la Halle composait lui-même la musique de ses pièces, et la notait d'après le .système iiivfnté par Gui d'Arezzo au onzième siècle. t''('tait de la musique, imitée du plain-chant. Ce trouvère peut être considéré avec raison comme jl'un des fondateurs du théâtre français.
NOUV. DIOGR. UNIVEUS. — T. I.
Claude Faucliet, Poètes français fivànis avant l'an 1300; Paris, I08I-4. - P.-J.-B. le Grand d'Aussy, Tableaux ou contes des douzième et treizième siècles, traduits ou extraits d'après divers manuscrits du temps, avec des notes historiques et critiques; Paris, 1779, in-8°. — Paulin Paris , Romans des douze pairs de France,- in-8°, n° 1 , Paris, 183-2.
( Melchior ) , littérateur allemand , né vers le milieu du seizième siècle, mort en 1622. Né, en Silésie, de parents pauvres, il fit ses études à Brieg, et devint, par la suite, recteur du collège à Heidelberg. On a de lui : i" Apographum monumentorum Heidelber- ^2e?îsmm; Heidelberg, 1612, in-4'';— 2° Parodice et metaphrases Horatianse ; Francfoi't, 1616, in-8°; — 3" Vitœ germanorum philosopAo?-î<TO ; Heidelberg, 1615-20, 4 vol. in-S"; — 4° Décades duas, continentes vitas theologorum exterorum principum ; Francfort, 1618, in-8°. Moreri et Bayle ont beaucoup profité des travaux biographiques de Melchior Adam. Ces deux derniers ouvrages ont été réunis et réimprimés sous le titre : Dignorum laude virorum , quos musa vetat mort, immortalitas ; Francfort, 1653, 5 vol. in-8°, et 1706, 1 vol. in-fol. Melchior Adam a réimprimé en 1618, avec quelques notes, VOratio pro M. Tullio Cicérone de Scaliger, et, en 1617, le dialogue d'Érasme, De optimo génère dicendi.
Konig, Biblioth. vêtus et nova. — Saxius, Onom. lit., IV, 146.— Jociier, ^«3(?m. Gelehrt. Lex., 84. — Ersch et Gruber, Jllgein. Encyclop., 65. — .I.-G. Krause, Umstœndliche Biicher Historié, I, 57, etc.
ADA.M de Saint-Victor, chanoine régulier de Saint- Victor-ès-Paris , mourut l'an 1177, et fut inhumé dans le cloître de cette abbaye , où l'on voyait encore, avant la révolution de 1789 , son épitaphe en quatorze vers, parmi lesquels on remarquait ceux-ci :
Unde superbit homo? cujus conceptio culpa , Nasci pœna, labor vita, necesse tnori.
On a de lui quelques traités de dévotion, entre autres une prose en l'honneur de la sainte Vierge, dont on trouve une traduction française dans le Grant Martial de la Mère de vie; Paris , 2 vol. in-4° ; le premier de ces volumes en lettres gothiques, et sans date; le second, en lettres rondes, et avec la date de 1539.
Adelung, Suvplement d Jôcher Lexicon. — Bern. de Montfaucon, Bibliotheca bibliothecarum manuscriptoritm nova.
ADAM, dit l'Écossais, ou le Prémontré, né vers le commencement du douzième siècle, rnoi't en 1180.11 entra dans l'ordre des Prémontrés en 1158. Saint Norbert, instituteur de cet ordre, l'envoya en Ecosse pour y enseigner la religion chrétienne. Il fut nommé ensuite évêque de Whithern. Ses œuvres ont été imprimées en partie en 1518; mais l'édition la plus complète est celle d'Anvers, 1659, in-fol.
ADAM d.'Orleton, prélat anglais, né h Iléréfort vers 1285, mort en 1375. Il fut d'abord évêque de sa ville natale , puis de Worchcsler, ot enfin de Winchester. Homme d'un caractèi'c turbulent, il occasionna beaucoup de troubles
en Angleterre. 11 mourut aveugle, mais peu regretté. On cite de lui cette réponse, ambiguë par le défaut de ponctuation, qui coûta la vie à Edouard n : Edv)ardum recjem occïdere nollle timere bonum est , qu'on peut expliquer de deux façons : (( Ne tuez pas le roi Edouard ; il est bon de craindre ; » ou : « Ne craignez point de tuer le roi Edouard, c'est une bonne action. » Cette réponse est imitée des oracles de l'antiquité.
De la Moor, Fœdera, etc.— Godviin, De prxsvMbiis.
ADAM (Jean), prédicateur français, né à Limoges en 1608, mort le 12 mai 1684. Il était supérieur de la maison des jésuites à Bordeaux. H se fit remarquer par son zèle burlesc[ue contre les nouveaux disciples de saint Augustin. Il appelait le saint êvêque d'Hippone l'Africain échauffé et le docteur bouillant. Mais, en revanche, il comparait le cardinal Mazarin à saint Jean-Baptiste, et Anne d'Autriche à la sainte Vierge. On a de lui un grand nombre d'ouvi-ages, entièrement condamnés à l'oubli. Parmi ces ouvrages on remarque : i° le Triomphe de r eucharistie contre le ministre Claude; Sedan, 1671, in-8° ; — 2° la Vie de saint François de Borgia, dans laquelle il n'est pas avare de miracles ; — 3° une Traduction de l'Office de l'Église , qu'il opposa aux Heures de Port- Royal; — 4° une Réponse à l'écrit de Baillé contre la conversion du ministre Cottiby; en 1656, il prêcha le carême à Paris. Un seigneur de la cour dit à la reine, après avoh- entendu un des sermons de ce prédicateur : « Voilà un discours qui m'a fortement convaincu que le P. Adam n'est pas le premier homme du monde. »
CataloQue des livres imprimés de la Bibliothèque nationale, Tliéologie, 11^ partie; Paris, 1742.
*ADAi»i 5ÎUIIE51ATISENSJS (de Mirimouth), chroniqueur anglais , vivait au milieu du quatorzième siècle. Chanoine de l'église Saint-Paul de Londres , il prit une part active aux affaires du royaume et de l'Église sous Edouard II et Edouard III, rois d'Angleterre. H a laissé une histoire de son temps sous ce titre : Chronicon, sive res gestse sut temporis quibus ipse interfuit, res Eomanas et Gallicas Anglicanis intertexens, ab anno 1302 ad 1343. Cette chronique, qui a été continuée, se conserve encore en manuscrit dans la bibliothèque Cottonnienne.
Oudin, Comment, de scriptor. eccles., 1. 111.
* ADAM de Domerham, moine de l'abbaye de Glastonbury vers l'an 1272 , a laissé un petit écrit intitulé Historia controversise , inler episcopos Bathonienses et monachos Glastonienses , réimprimé dans le tomel de VAnglia sacra publié par Wharton en 1691. On a encore de lui : Historia de rehus gestis Glastoniensibus, publiée par Thomas Hearne d'après un manuscrit du coÛége de Cambridge ; Oxonii, (Sheldan), 1727. E. D.
Catalogue inédit de. la Bibliothèque nationale.
*AliiÂM, abbé de Perseîgne au diocèse du Mans, vivait vers l'an 1201. Le P. Kipp. Marracci a pubhc un ouvrage de cet abbé sous ce titre : Mariale , sive de B. Marix laudibus sermones et fragmenta ; 'Rom?e (Ign. de Lazaris) , 1652, in-8°. On trouve aussi dans le premier livre des Mélanges de Baluze quelques lettres intitulées Epistolse V ad Osmundum, monachum Mortui-maris in Normaniâ. E. D.
Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.
* ADAM, sieur de Sychar, généalogiste du dixseptième siècle. On a de lui : un Recueil sommaire et généalogique des maisons de Mortemar, de Saulx et leurs alliances, Poitiers, 1622, in-foi. ; et des Observations sur la mort de Jeanne de Saulx de Tavannes , damede Mortemar ; ibid., 1627, in-4°. E. D.
Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.
ADAM DU PETIT-PONT, ainsi nommé parce qu'il avait tenu une école dans le quartier de Paris qui avoisine le Petit-Pont. Il fut chanoine de Notre-Dame vers 1145, et devint ensuite évêqiie de Saint-Asaph en Angleterre. En 1179 il assista au concile du Latran, qui devait censurer quelques propositions de Pierre Lom bard. Il se refusa à cette censure avec f(uelques cardinaux qui avaient été comme lui disciples de Lombard. On a de lui un ti'aité curieux de l'^ir^ de bien parler.
ADAM, savant charti-eux de Londres, vivait dans la première moitié du quatorzième siècle. On a de lui : 1° Vie de saint Hugties de Lincoln, publiée avec des notes par D. Bernard Pcz, Biblioth. ascetica, t. X, p. 3; — 2° deux traités sur les avantages de la tribulation; Londres, 1530; —3° Scala cseli ; De siimptione Eucharistiae ; Specuhim spiritualium, qui sont restés manuscrits.
Petrejus, Bibl. Carthusian. — Pilscus, De scrip. Angl — Vossius, de Hist. latin.
ADAM D'AMBERGAïJ , imprimeur au quin zième siècle, et sans doute né à Amberga» ou Omberg, petite ville de la haute Bavière. On ignore le heu où il avait son atelier d'imprimerie; cependant on croit généralement que c'es! à Venise qu'il a donné, en 1471, Lactancetl Virgile, et en 1472, Ciceronis orationes. Dans les deux premiers ouvrages il se nomma seulement Adam, et dans le troisième, Adam d'Ainhergau. Les caractères du Cicéron différent de, ceux du Lactance et du Virgile, ce qui donnerait à penser qu'il y a eu à Venise deux imprimeins nommés Adam. Au reste, on en connaît beaucoup de ce nom, tels cjne Magister Adamus, qui a imprimé, en 1470, Augiistini dati elegantice,m-i°; un doctor Adamus, qui a réimprimé cet ouvrage, et qui est peut-être le menumagister; un Petrus Adamus Mantuaniis; un Adam Rot, imprimeur à Rome, de 1471 à; 1475; un Adam de Rotwil, imprimeur d'abord à Venise et ensuite à Aquila ; un Jean Adam de Pologne, imprimeur à Naples en 1478, etc.
Ce qu'il y a de certain, c'est que les bibliographes ne sont point d'accord sur les imprimeurs qui ont porté le ncmi d'Adam, ni sur les éditions sorties de leurs presses.
*ADASi {George), paysagiste allemand, né vers 1783, mort à Nuremberg en 1823. Il eut pour maître Kiifïher, de Nuremberg , et s'établit à Munich. On a de lui un grand nombre de vues et de paysages du ïyrol , peints à la gouache.
Nagler, Neues ^Ugemeines Kunstler-Lexicon.
*ADAM (Jacques) , graveur allemand , vivait à Vienne vers la fin du dix-huitième et au commencement du dix-neuvième siècle. Il exécuta les planches pour la célèbre Bible peinte {Bilcler- Btbel ) de Vienne. Parmi ses meilleurs ouvrages on remarque les portraits deLéopold, grand-duc de Toscane , de Maximilien I*^'' de Ba-sière , du peintre Mengs, et une gra^aire représentant la cérémonie du mariage de François, archiduc d'Autriche, avec la princesse Elisabeth de Wurtemberg.
Nagler, Nettes Jllgemeines Kimstler-Lexicon.
ADAM (/oc(7«<e5), littérateur français, né à Vendôme en 1G63, et mort le 12 novembre 1735, Il s'attacha au prince de Conti , qui le choisit pour secrétaire de ses commandements. En 1723, il fut nommé membre de l'Académie française, à la place de l'abbé Fleury. Jacques Adam eut part à la traduction de Y Histoire univei'sellede J.-A. de Thou, Londres (Paris), 1734, 1G vol. ia-4°, qu'il entreprit de concert avec Ch. le Beau , les abbés le Mascrier, Leduc des Fontaines, Prévost, et le père Fabre. On a encore de lui : les Mémoires de Montecuculli, traduits en français; Amsterdam, 1734 , in-12 ; — la Relation du cardinal de Tournon (traduite de l'italien) , insérée dans le tome \" du Recueil des anecdotes sur l'état de la religion de la Chine, par l'abbé Villermaules ; Paris, 1733, 7 vol. in-12. Adam avait aussi entrepris une traduction d'Athénée.
D'Alembert, Éloçie de Jacques Adam, vol. IV, de V Histoire des membres de l' Académie française.
ADAM ( McoZffs ), littérateur, né à Paris en 1716, et mort en 1792. 11 fut professeur d'éloquence au collège de Lisieux, et chargé d'affaires lires de la république de Venise. On a de lui plusieurs ouvrages éléroentaires , dont voici les tih-os : la Manière d'apprendre une langue quedconque, vivante ou morte, par le moyen de la langue française ; 5 vol. in-S", 1787; — Trculuction littérale des œuvres d'Horace; même année, 2 vol. in-8° ; — Traduction littérale des œuvres de Phèdre ; — Traduction italienne de Phèdre ; — Traduction littérale de Rasselas , prince d'Abyssinie, roman de l'auteur anglais Johnson.
Quoiaid, la France littéraire.
ADAM^ECS (Théodoric), philologue allemand, né vers 1470 dans le comté de Lippe, mort en 1540. On a de lui : r JJe chrisiiani orbis concordia ; Paris, 1532, in-4°, ou discours adressé à Chaiies-Quint et à François 1" ; — 2° De
ADAMi 230
insula Rhodoet mllitarium ordimim institutio7ie ; ibid., 1535, in-8°; — 3° des notes jointes à la traducti n latine de l'ouvrage de Procope : De Justini ni imperaforis œdificïis ; ibid., 1537, in-4" ; - 4" une trad uction latine de Cebetts Tabula ;Md., 1539,in-8°; — 5° la première édition grecque de V Abrégé du droit civil de Constantin Herménopule ; ibid., 1539, in-4°.
Jucher, Aligemeines Celehrten Lexic., p. 83. — Supp'.ém. d'Adelung, p. 193.
AD.\MA]s. Voy. Adamnan.
ADAMASTius, médecin juif du quatrième siècle de l'ère chrétienne. Il vécut d'abord à Alexandi'ie, puis il passa à Constantinople, où il se fit catholique. Il dédia à l'empereur Constance un ouvrage en deux livres sur la physiognomonique, qui a été imprimé plusieurs fois avec d'autres auteurs du même genre. On trouve enti'e autres, dans un des volumes de l'édition d'Aristote donnée par Sylburg, et dans les Scriptores physiognomoniœ veteres, gr.-lat., cura J.-G.-Fred. Franzii; Altenburgi , 1780, in-8°.
ADAMBERGEU {Marie-Anne), célèbre actrice allemande, née à Vienne en 1752 , morte en 1804. Elle était attachée au théâtre de Vienne, et excellait dans le rôle des ingénues. Sa fille, Antonie, épousa le célèbre poète Kœrner. [Conversations-Lexicon. ]
*ADAMCZEWSKi (Jacqiies), littérateur polonais, né vers 1770, mort vers 1815. H s'est fait connaître par des traductions polonaises de plusieurs comédies et drames du répertoire français.
L. Ch.' Félix Bentkowski, Histoire de la littérature polonaise; Varsovie, 1814, 2 volumes,
ADAMI (Adam), bénédictin, né vers 1590; mort vers 1670, évêque d'Hiéropolis et suffragant de Hiidesheim. Il fut chargé de représenter les prélats du duché de Wurtemberg dans le congrès de Westphalie. Il a laissé un ouvrage curieux, sous le titre d'Arcana pacis Westphalicœ, imprimé à Francfort en 1698, et qui a paru de nouveau à Leipzig en 1737, par les soins de Mayern, qu'on accuse d'avoir été en cette occasion un éditeur infidèle.
Jocher, Allgeni. Gelehrten Lexicov, p. 8!i. —Supplément d'Adelung. p. 194. — Ersch et Graber, Allgem. Encyclopœd., t. I, p. 36C.
\tixmi.{ André), maître de la chapelle pontificale au commencement du dix-huitième siècle. Il a publié un ouvrage de biographies musicales, intitulé Osservazioni per ben r egolare il coro dei cantori délia capella pontïficia, tanto nellefunz-ioni ordinarie que straordinarie; vol. in-4°, 1771.
ïaylor, Focal sckools of Itahj (préface).
* ADAMî ( Annibal ), jésuite italien , né à Fermo en 162G, mort vers la fin du dix-septième siècle. Il professa longtemps la rhétorique et les belles-lettres au collège de Rome. On a de lui : — Seminarii Romani Pallas purpurata , sive S. R. E. cardinales qui e seminario Romano
ADAMI — ADAMNAN
prodiere; Roniœ, 1659, in-fol.; — Honorarii tumuli ac fiinebris pompœ descriptio in exeqatis Francisco Vindocinensi duci Belfortio Momœ persohctis, et oratio in ejus funere habita; Romse, Tinassi, 1669 , in-fol.; — la Spada d'Orïone, cioè il valor militare di più celebri guerrieri de nostri secoli, illustrato con elogi storici; Rome, 1680, in-4° (publié sous le pseudonyme de Damosc^ine^ ; — Elogii storici de due MarcTiesi Capizucchi fratelli , Camillo e Biagio, celebri guerrieri del secolo passatd'; ibid., 1685, in-4°. Cet auteur a aussi ti-aduit de l'italien en latin l'ouvrage de Sperelle intitulé Episcopus, Romœ, 1670, in-fol. On lui doit également la traduction du poilxigais en italien des sermons du P. Ant. Yieyra; Rome, 1683, n-4°. E. D.
Catalogue Inédit de la Bibliothèque nationale.
ADAMI {Antoine-Philippe), littérateur italien, né vers 1720 à Florence, mort en 1761. L'état militaire, qu'il avait embrassé, ne l'empêcha pas de cultiver la philosophie et les lettres. Outre quelques opuscules sur l'agriculture et l'édition de la Cronica délie case d'Italia , Rom., 1755, in-4°, on a de lui : 1° Icantici biblici ed altri salmi délia sacra Scrittura, con i treni di Gèremia, esposti in ver si toscani da un Academico Apatista; Florence, 1748, în-4° ; — 2° Dimostfazione delV esistenza di Bio, provata con quella délia contingenta délia materia; Livourne, 1753, in-8° ; — 3° Ode panegiriche a Cesare; Florence, 1755, in-fol.; — 4° Poésie, con una dissertazione sopra la poesia drammatica e mimica del teatro; ibid., 1755, in-8° ; — 5° traductions italiennes de quelques extraits de VEssai sur Vhomine de Pope; Arezzo, 1756, in-8°.
Tipaldl, Biografia italiana.
ADAMI ( Ernest-Daniel ), musicien et pasteur allemand, né à Idung le 19 novembre 1716, mort vers 1770. Après avoir été directeur de musique à Landshut, il remplit, en 1750, les fonctions de ministre protestant à Pomescoitz en Silésie. On a de lui : 1° un ouvrage sur le triple écfw qici existe à l'entrée de la forêt d'Aderbach (Bohême), vol. in-4°; Liegnitz, 1750; — 2° des Dissertations (en allemand) sur les beautés sublimes du chant dans les cantiques du service divin; Leipz., in-8°, 1755.
Jœclier, Lex., et Suppl. d'Adelnng.
* ADAMI {François) , chanoine de Fermo qui vivait vers le milieu du seizième siècle. On a de lui : l'histoire de sa patrie , publiée , après la mort de l'auteur, par César Ottinelli , sous ce titre : De rébus in civitate Firmand gestis, fragmentorum libri duo; Romse, Donangeli, 1591 , in-8°. E. D.
Catalogne inédit de la Bibliothèque nationale.
* ADAMI {Leonardo), philologue italien, né le 12 août 1691 à Bolsena en Toscane, mort à Rome le 9 janvier 1719. Entré fort jeune au séminaire, il prit paît à une révolte d'écoliers et
s'enfuit à Livourne, où il s'enrôla sur un corsaire français. Il parcourut la côte de Barbarie, et assista à un comJ}at contre les Anglais , qui furent vaincus. Plus tard, il fut fait prisonnier par les Hollandais ; mais il trouva le moyen de s'évader, et revint en France. Ennuyé de cette vie errante, après vingt-six mois d'absence ie songea à retourner dans sa patrie, où il obtint le pardon de son oncle. De retour à Rome, il s'apl pliqua d'abord à l'étude de la langue grecque , et fit des progrès si rapides, qu'en moins d'un an il fut en état de corriger et de conmienter les auteurs. 11 étudia aussi les langues hébraïque , arabe et syriaque. En 1717 il fut nommé conservateur de la bibliothèque du cardinal Temperiali , et mourut deux ans après. Il a laissé un savant ouvrage qu'il fit imprimer àRome en 1716, in-4°, sous ce titre : Leonardi Adami Volsiniensis io\> h 'Apy.àaiv Philoclis JEpei Arcadicorum volumen primum. Cepremier volum.e, dédié au cardinal Ottoboni , contient , en quatrlivres , l'histoire de l'Arcadie , depuis les temps les plus reculés jusqu'au règne d'Aristocrate le Jeune, son dernier roi. Le deuxième volume, dont la publication avait déjà été annoncée dans le tome XXIX du Giornale de' Letterati d'Italia, est resté inachevé. Adami avait entrepris d'autres ouvrages, dont il a légué les manuscrits au cardinal Impérial] . De ce nombre sont : une Histoire du Péloponnèse ; une édition en plusieurs volumes des Œuvres de Libanius , augmentée de divers discours et lettres inédits de cet auteur; une édition de Y Histoire de Jornandès; un recueil considérable d'inscriptions , la plupart inédites; quatre livres De varietate fortunx , de Poggio de Florence ; enfin , cinq Novelles qui manquent au code de Théodose.
Mazzuclielli, Scriltori d'Italia. — Storla di P'olsena, etc.; Roma, 1734-1737, vol. 11, p. 108-110.
*ADAMi {Paul), médecin hongi'oi S , né à Trentschin le 9 juillet 1739, mort à Vienne le 21 septembre 1795. Il fut longtemps professeur à Vienne. On a de lui : 1° Spécimen hydrographie Hungaricx , sistens aquas communes , thermas et acidulas comitatus Trcncsiniensis, physice, chemice et medice examinât as ; Vienne, 1780; — 2° Bibliotheca loïmica, 1784.
Oesterreickisches Diogr.-Lexicon; Vienne, 1851.
ADAMNAN {saint), né en 625, mort le 23 septembre 705. Il fut élu, en 664, abbé du monastère que saint Colombat avait fondé à Hy ou Hu, île située entre l'Irlande et l'Ecosse. On a de lui une géographie de la terre sainte, livre resté classique jusqu'aux temps des croisades, sous le titre : Adamnani Scotohiberni, abbatis celeberrimi, de situ terrœ sanctœ et quorumdam aliorum locorum, ut Alexandrie et, Constantinopoleos , Ubri III , ante annoi nongentos et amp>lius conscripti, et nu7icpri'^ muni in lucem prolati; Ingolstadt, 1019, in-4'l (publié par Gretser). Mabillon en a donné une édition plus complète dans le t. IV, p. 502 de