BRESSON — BRETAGNE
lie premier secrétaire de légation à Londres. Chargé à la fin de 1830, avec M. Cartwright» de communiquer au gouvernement provisoire belge les résolutions adoptées par la conférence tle Londres , il s'acquitta avec habileté de cette mission. Il fut employé de même dans d'autres circonstances, notamment lors de l'offre faite du trône de Belgique au duc de Nemours, et à l'occasion du mariage de la princesse Louise , fille de Louis-Philippe, avec le roi Léopold. En 1833 il fut nommé chargé d'affaires à Berlin ; et le 12 novi>nibre 1834 il fut rappelé à Paris, et chargé (Ui portefeuille du ministère des affaires étrangères. Il devint pair de France et comte lors du mariage du duc d'Orléans, qu'il avait négocié. En 1841, il obtint l'ambassade de Madrid, et contribua à la conclusion du mariage du duc de Montpensier avec la sœur de la reine d'Espagne. En 1847, il fut envoyé à l'ambassade de Naples; et dès son arrivée, à la suite de quelques chagrins domestiques ou d'un dérangement mental , il se donna la mort ( en se coupant la gorge avec un rasoir) le 2 novembre 1847.
Moniteur universel. — Lesur, Annuaire historique. — Dictionnaire de la Conversation.
BRET (Antoine), auteur dramatique français, né à Dijon en 1717, mort à Paris le 25 février 1792. Écrivain fécond, il s'exerça dans presque tous les genres ; mais il ne s'éleva jamais au-dessus du médiocre. Ses pièces de théâtre manquent de verve et de force comique. Cependant il écrit avec pureté, et entend bien l'art dramatique. Ses principaux ouvrages sont : Commentaire sur les œtwres de Molière; Paris, 1773, 6 vol. in-8°; ibid., 1778, 8 vol. iu-12; — la Cythéride; ibid., 1743 ; — le ***, histoire bavarde; Londres (Paris), 1749, 1751, in-12; — Lycoris, ou la Courtisane grecque; Amsterdam (Paris), 1746, 2 vol. in-12; — Mémoires sur la vie de Ninon de Lenclos; Paris, 1750; Amsterdam, 1775, in-12; — Essai de contes moraux et dramatiques, Amsterdam et Paris, 1765, in-12 ; — Théâtre; ibid., 1765, in-12; 1778, 2 vol. in-8°; — Essai d^une poétique à la mode, épîti-e à m*****; Paris, 1770, in-S" ; — Tables orientales et poésies diverses ; ibid., 1772 , 3 vol. in-8°.
Qiiérard, la France littéraire. — Grimm, Correspondance. — Le Mercure. ■ ■ .;
BRET (le). Voy. Lebret.
BRETAGNE ( Audren ou Audran, 4^ roi de ), fils du roi Salomon l", succéda à Grallon en 445, et mourut en 464. Il refusa de passer dans la Grande-Bretagne, qui implorait son assistance contre les ravages des Pietés et des Scots, et envoya au secours de cette île Constantin , son frère, qui y conquit une couronne. Quant à Audren, aidé par Théodoric, roi des Goths, il résista avec succès aux attaques de Littorius Celcus, lieutenant de l'empereur Honorius, et poussa ses conquêtes jusqu'aux environs d'Orléans. Il dut à l'intervention de saint Germain d'Auxerre
d'échapper à l'invasion d'Eucharic, roi des Allemands , que le général romain Aétius voulait armer contre les Bretons. Le nom du roi Audren a été donné à Châtel-Audren, ville située entre Guingamp et Saint-Brieuc.
BRETAGNE (Alain I", roi de), 4' descendant d'Audren et fils d'Hoël II, né en 560, mort en 594. Il ne fut que le témoin des faits qui se passèrent sous son règne. Digne modèle des rois fainéants qui déshonorèrent plus tard le trône des Mérovingiens , Alain I^'' ne prit aucune part à la guerre que Clotaire P"", roi de France, porta dans la Bretagne pour punir la rébellion de Chramm, son fils ingrat, dont Canobert, comte de Rennes, avait embrassé le parti.
BRETAGNE ( Alain II, dit le Long, roi de ), né en 630, mort en 690. Il monta sur le trône à l'âge de huit ans, après que Judicaël , son père, se fut retiré dans un cloître. On ne cite d'Alain II que des lettres patentes en latin, relatives à la police de ses États, et dans lesquelles il prend le titre de rex Dei gratta. Il fut le dernier des onze souverains qui se succédèrent sur le trône, de Bretagne, depuis l'an 383 jusqu'en 690. M. de Courson, Histoire des peuples Bretons,
BRETAGNE (Arostagnus , roi de), vivait dans la dernière moitié du huitième siècle. Après quatre-vingt-seize ans de discordes intestines et de guerres étrangères, les Bretons proclamèrent pour roi Arastagnus, qui, à la tête de 8,000 hommes de sa nation, suivit Charlemagne dans son expédition contre la péninsule espagnole. Le monarque français reconnut les importants services du roi breton en lui donnant une part des provinces qu'il avait conquises. Arastagnus périt à la déroute de Roncevaux, et il fut inhumé à Blaye.
BRETAGNE (Alain III, dit Rebré ou le Grand, duc de), mort au château de Rieux l'an 907. Il prenait le titre de «pieux et pacifique roi de Bretagne « et de « souverain duc des Bretons. » Il disputa d'abord la couronne à Judicaël, son cousin, et aux comtes de Léon et de Goëlo ; mais les quatre compétiteurs furent contraints de se réunir pour repousser l'invasion des Normands. Après la mort de Judicaël , qui périt dans une bataille gagnée contre ces barbares, Alain les attaqua et les vainquit une première fois près de Guérande, et une seconde sur le territoire de Vannes, où, de quinze à seize mille Normands, quatre cents seulement regagnèrent leurs vaisseaux.
D'Argentré, Hist. de Bretagne. — Daru, Hist. de Bret.
BRETAGNE ( Alain rv, dit Barbe-torte, duc de ), mort à Nantes en 952. Il était petit-fils d'Alain le Grand, dont la fille avait épousé Mathuède, comte de Porhoët. Vers l'an 936, il quitta l'Angleterre, et vint avec un grand nombre de Bretons, qui s'y étaient réfugiés, délivrer la Bretagne, en proie, depuis vingt-six ans , aux ravages des invasions normandes. Après avoir délivré sa patrie de la domination étrangère, il
fut proclamé duc par les Bretons. L'empereur Othon ayant attaqué Louis IV d'Outre-mer, Alain vint au secours de celui-ci, et, dans un combat singulier, vainquit un guerrier saxon d'une force extraordinaire.
Roujoux, Histoire des rois et ducs de Bretagne. — Daru. — D'Argentré.
BRETAGNE (Alain V, duc de), mort à Vimoutiers en 1040. Il succéda en 1008 au duc Geoffroy P"", dont il était le fils aîné ; et la régence fut donnée à sa mère Haroise, fille de Richard, duc de Normandie. Après sa minorité , que des guerres continuelles avaient troublée , Alain , secondé par son frère Eudon, battit et châtia ses vassaux révoltés , dont le chef, Alain Caignard, comte de Cornouailles , se réconcilia avec son suzerain en lui faisant épouser Berthe, fille d'Odon, comte de Chartres , et veuve du comte du Mans. Le duc Alain eut ensuite à soutenir une guerre contre Robert II, dit le Diable, duc de Normandie, qui voulait l'obliger de lui prêter foi et hommage. Cette guerre se termina , suivant les chroniques normandes , à l'avantage de Robert ; et, selon les historiens bretons, ce fut Alain qui s'affranchit de la suzeraineté normande. Ces deux souverains vécurent désormais en bonne intelligence, puisque Robert le Diable réconcilia Alain avec son frère Eudon, qui, pour augmenter son apanage, s'était révolté contre lui. Bien plus, le duc de Normandie, étant allé en pèlerinage à la terre sainte, laissa au duc de Bretagne le gouvernement de ses États ; et, au moment de sa mort , arrivé à Nicée en Bithynie, il légua à ce prince la tutelle de son fils Guillaume, surnommé plus tard le Conquérant. Pour pacifier la Normandie en proie à la gijerre civile, Alain s'y rendit à la tête d'une armée, et allait rétabhr l'autorité du jeune Guillaume, quand les rebelles mirent fin à ses jours en empoisomiant la bride de son cheval.
Roujoux, Hist. des rois et ducs de Bretagne. — D'Argentré, Histoire de Bretagne.
BRETAGNE (Alain VI, dit Fergent, duc de), mort en 1119. Il était fils du duc Hoël. Pendant le règne de son père, il prit part, avec cinq mille Bretons, à l'expédition de Guillaume le Conquérant contre l'Angleterre; il fut récompensé de ses services par le comté de Richemont, que lui donna le vainqueur. Des seigneurs bretons , aidés par le roi de France Philippe I*"", avaient, en 1079, fait prisonnier le duc Hoël: Alain le délivra, et le 13 avril 1084 il succéda à ce prince. Aidé par le roi de France , il vainquit et priva de ses bagages Guillaume le Conquérant, qui, revenu d'Angleterre, avait voulu obliger les Bretons de lui payer tribut. La paix s'étant rétablie entre ces deux princes, Alain épousa, en 1085, Constance , fille du duc de Normandie. Étant devenu veuf le 15 août 1090, il épousa Hermengarde, fille de Foulques IV, comte d'Anjou. Cinq ans après, il prit part à la première croisade, et, à la tête de ses Bretons, entra dans Jérusalem, après avoir assisté à trois batailles. A son retour