BRUHL
ayant accordé ses bonnes grâces au comte Sulkowski, Briihl, qui ne se sentit pas encore assez puissant pour le repousser, devint l'ami de son rival, et partagea le ministère avec lui ; mais lorsqu'il eut épousé la comtesse KoUowrath , qui était en grande faveur auprès de la reine, il fit, i par l'entremise de cette dernière, éloigner son \ rival. Vers la fin de 1748, il fut nommé premier '< ministre. 11 dominait entièrement le roi ; personne i ne s'approchait du monarque sans son autorisa- j tion, et sans elle pas un laquais ne pouvait entrer ! au service d'Auguste. Quand le roi se rendait à la I chapelle, le chemin qui y conduit était d'abord débarrassé de spectateurs. Le l'oi aimait le luxe, | et le comte lui foui-nit les moyens de s'y hvrer; • lui-même avait deux cents domestiques, et payai! sa garde d'honneur plus magnifiquement que k roi ne payait la sienne. Sa table, sa garde-robe, ses meubles, tout était chez lui d'une extrême richesse. Jamais un prince ne fut plus senilement servi qu'Auguste III : Briihl se trouva des jours entiers dans la suite du roi sans parler ; et celui-ci, occupé à fumer, jetait les yeux sur lui sans le regarder. « Briihl, ai-je de l'argent? » était sa question ordinaire, à laquelle Briihl n'avait d'autre réponse que celle-ci : Oui, sire. Mais pour répondre ainsi il épuisa le trésor, surchargea le pays d'impôts, et réduisit même l'armée à ce point que, lorsque la guerre de sept an-s éclata, la Saxe n'eut que dix-sept mille hommes à mettre sous les armes. Cette armée ayant étt obligée de se rendre près -de Pirna , par défaut de vivres, Bruhl s'enfuit avec le roi en Pologne. On avait sauvé les tableaux et la porcelaine, mais abandonné au vainqueui- les archives dt l'État. Aussi vain qu'avide de domination, Briihl s' tait fait passer pour un descendant du comte Briihl, vayvode de Poznanie. L'impératiicc Elisabeth lui avait donné la croix de Saint-André, et Charles Vï l'avait élevé à la dignité de comte de l'Empire. Après la mort de la reine, devenue sa plus mortelle ennemie, le roi lui en donna tout l'apanage poui- le dédommager de ses perte.s en Saxe. Auguste mourut à Dresde le 5 octobre 1764, et le 28 Briihl le suivit dans la tombe. Les biens de Brijhl, confisques par le prince Xavier de Saxe, furent plus tai'd rendus à ses descendants. Ces biens, dus à la munificence d'Auguste,ont souvent servi à l'encouragementdes sciences et des arts. La bibliothèque de Bruhl, vendue 60,000 écus, fait maintenant partie de la bibliothèque publique de Dresde, dont elle constitue une partie importante, précieuse par sa valeur intrinsèque et par l'élégance des reliures. La belle terrasse qui longe à Dresde une partie des bords de l'Elbe porte le nom du favori d'Auguste m. [Eue. des g. du m.]
Fie dîi comte de Briihl, par Justi, 3 vol. in-8°, 1760-1764.
littuiii.. ( Frédéric- Aloysius, comte de ), fils aîné du précédent, naquit à Dresde le 31 juillet 1739, et mourut le 30 janvier 1793. Il fut élevé par sa mci'c, femme qui avait de grandes