BRUIX
manuscrits d'autres écrits sur diverses matières.
Quôrard, la France littéraire.
BRVix (Eustache), amiral français, né à Saint-Domingue le 17 juillet 1759, mort le 18 mars 1805. La marine française a donné sous l'empire de nombreux exemples de courage; et si elle ne rendit pas tous les services qu'on pouvait en attendre , la faute doit en être imputée à la mauvaise fortune de quelques officiers supérieurs. L'amiral Bruix fut un des marins les plus remarquables de cette glorieuse époque. 11 s'embarqua comme volontaire sur un vaisseau marchand. Deux ans après il fut nommé garde de la marine , fit sa première campagne sur la frégate le Fox, et sa seconde sur la Concorde. Il servit dans les diverses escadres qui vinrent au secours des États-Unis, et fut fait ensuite enseigne de vaisseau. Nommé plus tard commandant du Pivert , il fut associé à M. de Puységur pour la confection des cartes destinées à retracer les côtes et les débouquementsde Saint-Domingue. Nommé lieutenant de vaisseau et membre de l'Académie de marine, il fut envoyé en 1791 dans la Manche avec le brick le Fanfaron; en 1792, aux îles du Vent, avec la frégate la Sémillante. L'année suivante, il monta à bord de l'Indomptable; mais, renvoyé comme noble, U ne fut employé de nouveau que sous le ministère de Truguet, qui lui confia VÉole jusqu'au moment où il fut envoyé sur l'escadre de l'amiral Villaret-Joyeuse, en qualité de major général. Il fit partie de l'expédition d'Irlande, et fut nommé contre-amiral, puis ministre de la marine. Masséna assiégé dans Gênes avait besoin de secoiu-s ; Bruix comt à Brest, où notre flotte était bloquée par les Anglais, profite d'un coup de vent qui disperse les vaisseaux ennemis , va en toute hâte ravitailler Gênes, rallie à son retour les Espagnols, et lentre avec eux dans le port de Brest. Ce coup de main était hardi; mais Bruix aurait pu rendre un bien plus grand service à la France s'il eût été au .secours de Napoléon, dont l'armée faisait de si grandes choses en Egypte. Après cette expédition, Bruix rendit le portefeuille de la mai'ine, et prit le commandement de la flotte assemblée à l'île d'Aix, d'où elle devait faire voile pour l'Espagne. Mais l'ennemi renforça la croisière, l'amiral tomba malade , et la paix d'Amiens vint empêcher la flotte de sortir. La guerre ayant de nouveau éclaté, Napoléon conçut le projet d'une nouvelle descente en Angleterre, et confia à Bruix le commandement de la flottille qui devait transporter Tarmée ; mais les forces de ce brave officier l'abandonnèrent, et il fut obligé de revenir à Paris, où il mourut, à peine âgé de quarante-cinq ans. Ses restes avaient été déposés dans l'un des quartiers du cimetière de l'Est que l'on consacrait alors aux sépultures provisoires. Le ministre de la marine, M. Rosamel,lui a fait élever en 1838 un monument durable, avec une inscription qui retrace les services qu'il a rendus au pays. 4rchive$ de la Marine. — Le Bas, Dict. enc, de la Fr.