‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 246 sur 276 · BUREN — BURET · texte numérisé non relu

BUREN — BURET

lors commença aussi son rôle politique. Démocrate prononcé, comme l'avait été son père, il soutint la candidature de Louis Morgan au gouvernement de New-York, contre celle d'Aaron Burr. En 1809, il s'établit et plaida à Hudson. VIembre du sénat de New-York en 1812, il s'y fit •emarquer par son talent oratoire , et surtout )ar ses efforts pour encourager la guerre contre es Anglais. En 1815, il fut nommé procureur (énéral. Opposé à Wit Clinton, il perdit monentanément ses fonctions en 1817, lors de la lomination de Clinton au gouvernement de Newifork. Le 6 février 1821, il fut appelé à siéger a congrès des États-Unis en qualité de sénateur.

Il s'y montra systématiquement opposé à la lanque des États-Unis, à l'élévation des tarifs en natière de douanes, et à l'extension indéfinie et [limitée du droit électoral. En même temps il C'iirononça pour la vente et la cession aux États itéressés des terres appartenant à l'Union. Parisan du général Jackson , il fut nommé secréaire d'État le 12 mars 1829 et ambassadeur à (Ondres en 1831. Cette nomination n'ayant pas té ratifiée par le sénat, il fut rappelé, mais déommagé par son élection à la vice-présidence le l'Union , pendant que Jackson était de noueau nommé président. Désigné par la convenion nationale de Baltimore comme candidat à la résidence en 1835, il l'emporta de vingt-quatre oix sur MM. Clay, "Webster et Harrisson. Son dministration fut troublée dès le début par les mbarras financiers que lui avait légués celle du ;énéral Jackson. Ils furent tels, qu'il dut proposer u congrès extraordinaire, convoqué à cet effet, e rendre l'administration des finances du pays Ibsolument indépendante de la banque des ÉtatsiJnis, et de créer à la place , à Washington , un résor central auquel ressortiraient des caisses ■rovinciales. Le rejet de cette double proposi- Jon porta un coup décisif à la popularité du irésident. Ses fonctions cessèrent le 4 mars 847 ; les efforts qu'il fit depuis pour être réélu le furent pas couronnés de succès. V. R.

American History and Biograpktj.

* BURET (Eîigène), littérateur et éconoûiste français, né à Troyes en 1 8 1 1 , mort à Saintleu-Taverny en 1842. Attiré très-jeune à Paris »ar le goût des lettres, il fut attaché d'abord à la rédaction du Courrier ^français, et s'y lit remar- [uer, de 1836 à 1842, par une critique sincère et m goût littéraire très-pur. Son esprit sérieux se ourna bientôt vers les questions morales et écolomiques , et il les traita avec distinction dans e journal. L'Académie des sciences morales et ■ i'olitiques ayant mis au concours, en 1840, la (uestion du paupérisme et des remèdes à y apporer, Buret concourut, et son mémoire obtint le ivix. Il se rendit en Angleterre dans le but d'y l jompléter ses études sur. la question, et fit pa- I aître alors un mémoire important , qu'il publia

ous ce titre : De la misère des classes labo-

ieuses en France et en Angleterre, etc. Ce

livic est un excellent recueil de renseignements sur l'état des classes laborieuses en France et en Angleterre. L'auteur avait bien observé cette population flottant* des grandes villes, cette masse d'hommes que l'industrie appelle autour d'elle, qu'elle ne peut pas occuper d'une manière régulière : sujet d'attention et de souci pour les gouvernements. 11 a eu le courage de regarder face à face la hideuse misère des métropoles britanniques, et, d'un vigoureux burin, il en a tracé le tableau dans toute son horreur. Le régime économique actuel et la libre concurrence ont trouvé dans Buret un adversaire chaleureux, souvent éloquent. Ce régime est, à ses yeux, comme le moyen âge de l'industrie. « L'industrie moderne, dit-il, crée la richesse comme les conquérants germains se sont approprié le sol ; elle procède par les vigoureux efforts d'une seconde anarchie. Sous la loi de la concurrence illimitée, l'industrie est un champ de bataille qui se couvre sans cesse de morts et de blessés. » Pour faire cesser cette anarchie, Buret propose divers moyens, les uns très-légitimes, tels qu'une saine instruction populaire, des règlements protecteurs du travail agricole et manufacturier, conservateurs des bonnes mœurs comme [de l'hygiène. Il ti'ace ce tableau des rapports à organiser entre les producteurs, de manière à limiter les effets désastreux de la concurrence; mais, au milieu d'idées saines, équitables, répandues à pleines mains dans le livre de la Misère , on y ti'ouve aussi la part de l'utopie. Buret fut un de ces esprits généreux qui se laissèrent séduire par certains expédients des écoles socialistes. Il mourut au milieu de ses premières illusions, et l'expérience ne vint pas pour lui.

Voici quel ques mots de M . Michel Chevalier, qui, dans un compte rendu très-approfondi du livre de la Misère, parlait ainsi d'Eugène Buret : « L'auteur de ce livre vient de mourir tout jeune. Plein d'amour pour l'étude, rempli de dévouement pour son pays, doué d'un talent bien rare, il a succombé à un mal qui le poursuivait opiniâtrement. L'inaction eût pu le sauver ; mais c'était un de ces tempéraments dévorés du besoin d'agir, qui préfèrent la mort au repos. Dans ses dernières années, cédant aux avis des médecins , il était allé à Alger chercher une atmosphère tiède. Ses amis se flattaient qu'il se laisserait aller au far niente, pour lequel les climats chauds inspirent à tout le monde un invincible penchant. Ils ne le connaissaient pas .' En présence de la Mitidja, en vue de l'Atlas , Buret n'a pensé qu'à la gloire qui résulterait pour la France de restituer à la civilisation ces rives de la Méditerranée où flemit Carthage, où brilla saint Augustin. Au lieu de se reposer, il a écrit sur nos possessions d'Afrique un très-bon livre, un des plus remarquables qui aient vu le jour, par l'esprit organique qui y règne. Mais ces nouveaux travaux l'ont épuisé. » — Eugène Buret avait, pendant son séjour en Afrique, gagné

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