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tnre, lorsqu'un nouveau chagrin, aussi amer que les peines du cœur, vint l'accabler. Schiller avait fait paraître, dans la Gazette littéraire, une critique dure et impitoyable de la nouvelle édition des œuvres de Biirger. Le pauvre poëte, déjà abandonné de sa famille, se voyant arracher par une main toute-puissante les lauriers dont l'Allemagne entière avait couronné son front, succomba sous tant de coups redoublés, victime des passions violentes, et de ce manque de caractère qui est aussi sévèrement puni que les fautes les plus graves.
Malgré l'arrêt sévère de Schiller, le rang distingué qu'assignent à Biirger ses ballades est incontestable. Il a su exploiter admirablement la mine précieuse des légendes et des superstitions populaires ; il s'est inspiré le premier en Allemagne à ces romances dramatiques que nous ont léguées l'Ecosse et l'Espagne. Schiller, Gœthe, Schlegel, Uhland, en ce genre, n'ont fait depuis que suivre ses traces. M"* de Staël a donné les premières analyses de Léonore, du Chasseur sauvage, du Brave homme, compositions qui ont acquis depuis une célébrité européenne. La ballade dont la vogue a toujours été croissante en Allemagne, Léonore, comme tous les peëmes lyriques d'une haute portée, ne fut que le jet, que l'inspiration du moment. Écrite pour amuser un cercle de convives , à la vérité tous poètes distingués , l'effet de terreur instantanée qu'elle produisit sur les assistants décida la vocation poétique de Biirger. La Fille du pasteur de Taubenhain est peut-être la composition la plus tragique qui soit sortie de sa plume. Le thème est très-simple, la séduction d'une jeune fille par un grand seigneur; mais les détails sont d'une inimitaWe beauté, et la gradation des sentiments de la femme séduite est rendue avec un talent infernal. Biirger, dans ses ballades, ne fait pas toujours usage de ces moyens de terreur. Les Chiens fidèles (das Lied von de Treue), l'Empereur et VAbbé, les Femmes de Weinsberg, la Pèlerine, sont écrits sur un ton presque goguenard et parfois trivial. Parmi les chants erotiques, l'Hymne de mon idole (das hohe Lied von der Einzigen ) se distingue par un rhythme et un style ravissants ; mais les sentiments que cette ode exprime sont trop individuels et trop diffus. Une mollesse gracieuse règne dans ses sonnets et dans quelques-unes de ses pièces lyriques ; plusieurs chansons populaires sont écrites avec beaucoup de verve et de franchise d'expression; mais beaucoup de ses vers fugitifs respirent aussi la sensualité et le désordre. Quelques-unes même de ses ballades immortelles ne sont pas exemptes de tableaux voluptueux, et expliquent en partie la condamnation que Schiller a déversée sur l'ensemble de ses œuvres. Biirger ambitionnait le titre de poëte populaire : il l'a obtenu, mais en descendant jusqu'au peuple , non en élevant le peuple à lui. Rien d'idéal, rien de vaste dans son talent, étoufl^
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de bonne heure par des circonstances malheureuses et par les fautes de l'homme. Mais, telle qu'elle est, la portion de gloire qui lui est échue est belle encore : le nom de Biirger trouvera toujours place parmi ces littérateurs jeunes et hardis qui révolutionnèrent vers 1770 la littérature allemande , en l'arrachant à l'imitation servile et lourde de la poésie française ; époque remarquable, qui trouve son analogue dans l'histoire littéraire de tous les pays ; époque de développement rapide, de jets vigoureux, de compositions naïves et fortes ; période qui s'ouvre par les noms de Lessing et de Klopstock , et se clôt par ceux de Schiller et de Gœthe. [Enc. des g. du m.]
Ersch et Gruber, AUgem. Encycl. -
* BtJRGEB {Jean), célèbre agronome allemand, né le 5 août 1773 à Wolfsberg en Carinthie, mort le 24 janvier 1842. Après avoir suivi les cours de l'université de Vienne , il vint compléter ses études à Fribourg en Brisgau. A son retour il acheta un petit domaine ; et il s'amusait à le cultiver lui-même, lorsque la lecture de l'ouvrage classique de Thaër vint lui inspirer le goût de l'agriculture, à laquelle dès lors il se voua tout entier, et dont il fit l'objet de toutes ses publications. Burger s'occupa beaucoup du maïs, peu cultivé alors dans sa contrée. Il mit en usage pour cette culture des instruments dont il avait reconnu l'efficacité : l'extirpateiir et la boue à chevaL Puis il publia ses nombreuses expériences sur la culture de cette plante , ainsi que les observations qu'il avait faites à ce sujet dans le cours de ses voyages. Cette publication lui valut la place de professeur au lycée de Klagenfurth. Sa propriété ayant été dévastée lors des événements de 1813, il se détermina à acheter un domaine dans le voisinage de la ville , pour y faire devant ses élèves l'application de ses leçons verbales. Après un séjour de douze ans à Klagenfurth, Biirger se rendit à Trieste, où le gouvernement l'envoya diriger les travaux du cadastre dans les provinces maritimes de l'Empire. Étant allé remphr successivement la même mission en Styrie et en Lombai'die, il eut occasion de faire sur l'agriculture de ces deux pays un grand nombre d'observations intéressantes, qu'à son retour à Vienne il réunit dans un nouvel ouvrage. Il est à regretter qu'un agronome aussi éminent ait été enlevé par son gouvernement à une place qu'il remplissait si bien, et dans laquelle il pouvait rendre à la science de si grands services. On a de Biirger : une traduction de l'ouvrage de Sismoadi intitulé Tableau de l'agriculture de Toscmie; Tubingue, 1805; — Abhandlung ueber die Tfaturgeschichte, Cultur und Benutzung des Maïs ( Traité de l'histoire naturelle , de la culture et de l'utilité du maïs); Vienne, 1308 et 1811 ; — Versuche ueber die Darstellung des Zuchers aus dem Safte inlaendischerPlanzen (€ssai sur la fabrication du sucre par le suc des
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plantes indigènes ); Vienne , 1812; — Vebei die Theilung der Gemeindeweiden (Du par tage des prairies communales); Pesth, 1816
— Lehrbuch der Landwirthschaft (Manuel d'é conomie rurale ); Vienne, 1819-1820 et 1838;- Reise durch Oberitalien ( Voyage dans 1. haute Italie) ; Vienne, 1831, et 2" édition, 1843 On y trouve d'utiles observations sur la cultun des prairies, la sériculture, la fabrication dei fromages, etc. ; — Systematische Classificatioi tind Beschreibung der in den oestr. Weingar ten vor Jtommenden Taubenarten ( Classification systématique et description des viticulture! en usage dans les vignobles autrichiens ) ; Vienne
Conversations-Lexicon. ' BUKGERMEISTËR DE DETZISAU ( Jean-
Etienne ), jurisconsulte allemand, né à Geisslin gen le 10 décembre 1663, mort en 1772. L rem plit d'abord des fonctions importantes, et fui détenu quelque temps dans un château fort, pour s'être permis des expressions peu mesurées en défendant les droits de la noblesse df Souabe contre la cour de Wurtemberg. En 1718, il devint conseiller de l'empereur Charles W. Ses principaux ouvrages sont : Status equestru Cassaris imperii romano-germanici , 1700, in-4"'; — Corps de droit de la noblesse de l'Empire, ou Code diplomatique; Ulm, 1707, in-4°; — 'Corps de droit public et privé des Allemands; ibid., 1717, 2 vol. in-4°; — Thésaurus juris equestris ;ïb\A., 1718, 2 vol. in-8";
— Bibliotkeca equestris; ibid., 1720, 2 vol. in-4°.
Acta Eruditorum, latina.
BURGERMEISTER DE DETZISAU Wolf-
gang-Paul) , jurisconsulte allemand, fils du précédent, né en 1697, mort en 1756. Ses principaux ouvrages sont : Collatio capitulationum Cœsarearum post pacem Westphalicam factarum, cum projecto capitulationis perpétuas comitiali; Tubingen, 1716, in-:4°, dans le recueil de dissertations de Gabriel Schweder, t. I, 1731 ; — Libéra Wormatia pressa suspii-ans ; Wovms , 1739-1740, in-fol. ; •— Màcenas; léna, 1748, in-8°.
Jugler, Beitràge zur juristichen Biographie.
EURGERSDICÏUS OU BtTRGERSDTCK ( /'m?»-
çois ), philosophe hollandais, né en 1590 à Liers, près de Delft; mort en 1629. Il fat successivement professeur de philosophie à Saumur et à Leyde. On a de lui plusieurs ouvrages élémen-' taires, dont les principaux sont : Institutiones logiCcV; — Idea philosophix moralis ; Leyde, 1744, in-12.
Paquot, Mémoires pour servir à l'Hist. litt. des Pays- < Bas. — Meurslus, Athenx Batavix. — Sweert, Athenà Belrjicx.
BURGGRAVE { Jean-Emest ) , médecin allemand, natif de Neustadt, vivait au commencement du dix-septième siècle. Il adopta les prin- 1 cipes de Paracelse. Ses principaux ouvrages sont : Balnewm Dianee, seu magnetica priS'
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corum philosopher um Clavis ;Leyde, 1600;
Biolychnium seu Cura morborum magnetica et omnium venenorum Alexipharmacon ; ibid., 1610; Francfort, 1629, in-S"; — X>e electro philosophorum magico-physico ; Leyde, 161 1 ; — Introductio in philosophiam vitalem; Amsterdam, 1612, in-8°; — Epistola de acidulis Swalbacensibus, dans les Responsa medica d'Helvicus Dietevich; Francfort, 1631 et 1643; — Achilles redivivus, seu Panoplia physico-vulcania ; km?XetA&m, 1612, in-S».
Hendrelch,. Pundectae brandenburgicx. — Morhof, Polyliistor.
BURGGRAVE OU BURGRAVE (JeaU-Er-
nest ), médecin allemand , né à Darmstadt le 19 février 1673, mort vers 1746. Ses principaux ouvrages sont : latrice hominum lethique curiosa; Francfort, 1706, in-8°; — Epistola de Automatismo plantarum, dans le Botanicon quadripartitum de Simon Paulli; ibid., 1708, in-4°.
Strleder, Hessische Gelehrten und Schriftsteller-Geschichte.
BrRGGRATE { JcttU- Philippe ) , médecin allemand, fils du précédent, né à Darmstadt le l" septembre 1700, mort à Francfort le 5 juin 1775. Ses principaux ouvrages sont : De Exisientia spirituum nervosorum, eorumque vera origine, indole, wo^m; Francfort, 1725, in-4°;
— Historia partus duodecimestris, dans les Miscellanea physico-medico -mathematica; ibid., 1727; — Lexicon mediciim universale, t. I"; ibid., 1733; ouvrage inachevé ; — Bedenken von dem Geschd/t der Erzeugtmg ( Pensées sur la Génération ) ; ibid., 1737, in-4° ;
— De aère, aquis et locis urbis Francofurtanse ad Mœnum Commentatio ;MA., 1751, in-8°.
Jôcher, Lexicon, avec le supplément d'Adelung.
BCRGH (4c?nen Van der). Voy. Bcrch.
BVRGH ( Guillaume ), théologien anglais, né en Irlande en 1741, mort à York le 26 décembre 1808. n fut membre du parlement anglais, et se prononça vivement contre la guerre d'Amérique et contre la révolution française. On a de lui : Réfutation from Scripture of Arguments against the mystery of the Trinity, in-S» ; — Inquiries respecting the faith of the christians ofthefirst three centuries; York, 1778, in-8°: cet ouvrage fait suite au précédent; — Commentary and notes upon Mason''s poem, the english Garden, 1781, in-4°.
Rose, iVeio Biographical Dictionary.
BVRGR ( Jacques ) , littérateur écossais, né en 1714 à Madderty, dans le comté de Perth ; mort le 26 août 1775. H fut successivement ►commis d'un négociant , correcteur d'imprimerie à Londres, maître d'école à Great-Marlow, et chef d'une institution à Newington. Tous ses ouvrages sont écrits en anglais; les principaux sont: Pensées sur l'éducation, 1747; — Hymne au Créateur du monde, 1748 et 1750, in-8°; — Dignité de la nature humaine, ilbk, 1 vol.
in-4'>; 1767, 2 vol. in-8°; — le Moniteur amical de la jeunesse, 1756; — Histoire du premier établissement des lois, etc., des Cessares, peuple de l'Amérique méridionale, 1760, in-8'' ; — le Christianisme démontré raisonnable, 1760; — l'Art de Parler, 1762, in-8° ; — Commémorateur de la Grande-Bretagne, 1766; — Criton, ou Essai sur divers sujets, 1766 et 1767, 2 vol. in-12;— Recherches politiques sur les défauts, les erreurs et les abus du gouvernement, 1774 et 1775, 3 vol. in-8°.
Rose, New liiograph. DM. — Chalmers, Biographical Dictionary.
BURGHARDT ( Godefroi-Henri ) , médecin allemand, né à Reichenbach le 5 juillet 1705, mort en 1776. Il se fixa à Breslau, et devint professeur au Gymnase de Breeg. Ses principaux ouvrages sont : Beschreibung einiger in 1733 und folgende jahre auf den Zobtenberg gethanen Reisen (Relation de quelques voyages faits au Zobtenberg en 1773, et les années Rivantes); Breslau et Leipzig, 1736, in-S"; — Wohleingerichtete Destillir-Kunst (Art de Distiller); Breslau, 1736, 1747, 1754, in-8°.
Jôcher, AUgemeines Gelehrten- Lexicon.
^VKGHw&s (^Nicolas- Auguste-Guillaume), comte de l'Empire, né à Juliasberg ( Silésie ) le 14 mars 1740, mort le 5 juin 1815, reçut une éducation distinguée, et entra en 1764 à l'Académie militaire de Liegnitz. Il y gagna l'affection du comte de Struensée, plus tard ministre, qui lui enseigna les mathématiques. En 1765, Burghauss vint à Halle étudier les sciences physiques sous le professeur Leiste. Présenté en 1769 au roi Frédéric II par le général duc d'Anhalt, il fut nommé enseigne dans le régiment de Pétersdorf ; mais, ayant hérité, deux ans après, des domaines de Laujaz et de Péterwitz, il se retira du service, et épousa la fille du comte Solms-Baneth. Dès ce moment, il ne s'occupa plus que d'agriculture. Il inventa la charrue à quatre socs, fit construire en 1774 un moulin à l'eau bouillante, pratiqua la culture du trèfle sur une large échelle, et perfectionna l'éducation des bestiaux. Il améhora également le système d'irrigation suivi jusqu'alors en Silésie; aussi les sociétés économiques de Schwiednitz et de Jauër le choisirent-elles pour directeur.
Ersch et Griiber, AUgemeine Encyclopsedie.
BURGHESIUS. Voy. BORGHESI.
BURGHO, famille irlandaise, d'origine normande, dont les principaux membres sont :