CIVILE — CIVILIS
pouillé et recouvert d'un peu de terre. Sur le soir, le combat étant fini, La Barre, domestique de Civile, sortit pour aller chercher son maître. On lui dit qu'il était mort et enterré. Ce zélé serviteur pria qu'on lui montrât la fosse où était le corps. Il remua longtemps la terre, considéra l'un après l'autre tous les cadavres défigurés par des blessures , reconnut celui de Civile , au clair de la lune, à l'éclat d'un diamant qu'il avait au doigt, se jeta sur lui pour l'embrasser, s'aperçut qu'il respirait encore, et le fit transporter à l'hôpital militaire, où les chirurgiens refusèrent de le panser, disant qu'il était mort. La Barre le porta alors à son logement. Des soins empressés lui furent aussitôt prodigués. Civile resta ain'si onze jours avant de reprendre connaissance. La ville ayant été prise d'assaut, des furieux l'arrachèrent de son ht, et le jetèrent par la fenêtre, dans une cour où il se trouva heureusement un' tas de fumier, qui rendit la chute moins dangereuse. Civile resta encore trois Jours et ti'ois nuits abandonné et exposé au froid. Transporté secrètement dans une maison de campagne de Du Croisset, son parent,- il recouvra une santé si parfaite qu'il vécut encore plus de cinquante ans. Il était octogénaire lorsqu'il mourut, d'une fluxion de poitrine, qu'il avait gagnée en se tenant la nuit sous les fenêtres d'une dame dont il était épris. Il a écrit lui-même son histoire, que Misson a pubhée à la suite de son Voyage d'Italie;, Utrecht, 1722, 4 vol. in-8°.
De Thou, IJistoria stii temporis.
AVILIS {Claudius ), chef des Bata-ves, vivait vei'S le milieu du premier siècle. Il descendait des anciens rois de sa nation. Son frère, Juhus Paulus , faussement accusé de trahison , avait été mis à mort par ordre de Fonteius Capito , commandant de la basse Germanie avant Vitellius. CiviUs lui-même, chargé de fers, fut conduit devant Néron. Absous par Galba , il fut une seconde fois près de périr sous Vitellius, parce que l'armée demandait son suppUce. Comme Sertorius et Annibal, il était privé d'un œil, et se glorifiait d'avoir avec ces grands hommes une ressemblance de plus. L'occasion se présenta bientôt de soustraire son pays au joug de ceux qu'il abhorrait. Vespasien et Vitellius se disputaient l'empire : Civilis feignit d'abord d'embrasser le parti de Vespasien ; mais bientôt , sous prétexte de donner im repas , il assemble dans un bois sacré les principaux Bataves, et là, par un discours éloquent, les anime à la révolte, leur promettant l'appui de la Germanie et des Gaules ; et en cela il ne les trompait pas.
Les cohortes romaines sont attaquées , dispersées, est chassées enfin de la Batavie. Pour mieux couvrir ses desseins , CiviUs blâme les commandants romains d'avoir quitté leurs postes, et s'offre de tout pacifier. Mais on commence à le soupçonner ; les Germains eux-mêmes le forcent de se metti-e à leur tête et de s'avouer leur chef. Il marche donc contre les Romains, commandés
par Aquilius. A peine le combat est-il commencé qu'une cohorte de Tongrois passe de son côté, et bientôt les Romains, vaincus, laissent au pouvoir de Civilis la flotte qu'ils avaient sur le Rhin. Civilis poursuit le cours de ses succès : il défait Mummius Lupercus , chef de deux légions romaines qui hivernaient au camp de Vetera ( près de Budelich, à six heues de Trêves); il entraine sous ses drapeaux huit cohortes bataves, qui, renvoyées par Vitelhus en Germanie, se trouvaient alors à Mayence; enfin il soulève les Tré-; virois , les Langrois , les Nerviens , les Tongrois.! Avec ces forces réunies, il ose assiéger le camp de Vetera , presque inexpugnable par sa position et par les travaux qu'y avait fait faire l'empereur Auguste. L'habile Batave se ménage des intelligences dans l'armée ennemie , et y sème le division avec tant d'adresse et de succès que les soldats se révoltent contre leurs chefs , assassi nent leur général Hordeonius Flaccus et Dilliui Voculà, qui avait succédé à Hordeonius. Cependant les Romains continuent de se défendre mais, par un dernier et puissant effort, Civiii force leur» camp , et malgré lui les plus brave d'entre eux sont massacrés par les Germains. L résultat de cette victoire est la destruction d toutes les villes et de tous les camps construit par les Romains sur le Rhin , à la réserve d Cologne et de Mayence, que les vainqueurs cor servent. Alors Civilis est regardé comme le libf rateur de la Germanie; alors les druides et I prêtresse Velléda prédisent le sucoès complet d son entreprise, et proclament la chute de la puii sance romaine. Vaine prédiction ! Vitellius e.' tué, et Vespasien, partout victorieux, envoi dans les Gaules Petilius Cerialis (et non Cereali; comme le disent presque tous les biographes Désormais il est impossible à Civilis de se dii le partisan de Vespasien; et, d'un autre côté, règne peu d'accord entre les Gaulois et les Bf taves. Sabinus, chef des Langrois, se fait procli mer empereur par ses troupes , et refroidit ain les autres peuples de la Gaule. Civilis et Clasf eus, autre chef batave, vainement sommés p; Cerialis de mettre bas les armes, sont enfin vaii eus. Après une suite de revers et de succès, C vihs est forcé de passer le Rhin; il attire Cerial dans l'île des Bataves, inonde le pays par rupture de la digue que Drusus avait autrefo construite à l'endroit où le Rliin commence à i diviser en deux bras. Il se voit ainsi en positi« de faire périr l'armée romaine, et ne le veut pi cependant. Ce fut à la fois grandeur d'âme, hi manité, prudence. En effet, tout était cha autour de lui, et il le voyait. La plupart é Çaulois s'étaient soumis, les Germains étaiffl las de la guerre. Trompé dans ses héroïques © pérances , Civilis fut forcé de consentir à «i entrevue avec Cerialis , qui lui assurait l'oul complet du passé , et la paix fut conclue. L'hi toire ne parle plus depuis de Civilis. [ E7ic. d g. du m. ]
Tacite, Kiit, Hv. IV et V. - Josèphe, Bell. Jud., Vil, ». Dion Cassius, I. XVI, 3. — Walckenaër. Notices, t. Il, .7*.
*civiNiNi { Jean-Dominique), botaniste itaien, vivait dans la première moitié du dixluitième siècle. On a de lui Discorso délia sto- ■ia e natura del caffé; Florence, 1731, in-4°.
Clnetli, Bibliot. volante.
civiTALi {Matteo), sculpteur et architecte îalien, né àLucques, en 1435, mort en 1501. On jnore quel fut le maître de ce grand artiste, l'une les gloires de sa patrie et de son siècle. Il exerça 'i métier de barbier jusqu'à plus de trente ans. lussi regarde-t-on comme son premier ouvrage nportant, et peut-être aussi comme le plus ;eau , le Mausolée érigé dans la cathédrale de .ucques à Pierre de Noceto, secrétaire du pape «colas V, mort en 1472. Il est impossible de Mndre plus de sobriété et d'élégance à tant de ichesse et de majesté. La figure de Pierre de ;oceto, de grandeur naturelle, est drapée sirailement, et doucement assoupie dans l'éternel tepos ; elle est couchée sur une urne d'une pureté «tique et sous un élégant baldaquin , dont le i-onton rond est orné d'un médaillon de la Vierge, i.u-dessous de l'épitaphe on lit : Opus Matthœi nvitaUs. Dans la même église, on attribue à pivitali les deux bénitiers , et il est l'auteur de il précieuse statue de Saint Sébastien, dans =1 chapelle du Volto Santo, figure que le Péruiin n'a pas dédaigné d'imiter; enfin, à l'autel de aiut-Regulus , plusieurs bas-reUefs admirables ^présentant des Martyrs, et datani de 1484 : s [1 eurent être comparés à tout ce qu'ont fait de lii 'IX en ce genre les premiers sculpteurs du uinzième siècle, les Donatello, les Ghiberti, •s Robbia, les Verocchio , etc. On voit encore Liicques , parmi d'autres ouvrages de Civitali, i Vierge allaitant Venfant Jésus, à l'église e !;i Trinité. Appelé à Gênes, il lit pour la ciflit'drale de cette ville six belles statues de i:u])re, dont un Abraham, qui, par la sévère lajesté de l'expression et le grandiose des draeries, rappelle le Moïse de Michel- Ange. Civitali était aussi architecte , et c'est à lui ue l'on doit à Lucques le palais Bernardini , difice d'un style simple , fort et châtié. Il fut echefd'une nombreuse famille d'artistes, dont les *)lus connus sont Masseo, son neveu, peintre et culpteur ; Nïcolao, sculpteur et architecte, mort n 1553; Vincenzo, sculpteur et architecte, né n 1545; Giuseppe, fils de ilTa^seo , comme le 11 ccédent , habile ingénieur civil et auteur d'une liistoire de Lucques, né en 1511 , mort en 1574 ; •"nfm, un autre Vincenzo, fils de Nicolaù, né n 1523, ingénieur et architecte militaire.
' Cleognara,'5toriadeZ?a 5CM/t«ra. — Mazzarosa, Guida M Lucca. — Baldinuccl, Notizie. — Vasarl, f^ite. — ricaiïl, Ditionario. i
civoLi ou CïGOLi (ZoMis), peintre, architecte et poète italien , né en 1559, à Cigoli, en Toscane, mort en 1613. Alexandre Allori fut son