‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 128 sur 200 · CLAIRVAL · texte numérisé non relu

CLAIRVAL

tournure élégante, dut à ces avantages naturels l'honneur de prendre une part active à ces divertissements de grands seigneurs. Cependant, arriva le moment de se faire'un état ; le métier paternel paraissant peu lui sourire, Jean-Baptiste fut placé à Paris comme apprenti, chez un perruquier, son parent , dont la boutique , voisine de la Comédie-Italienne, était chaque jour le rendez- vous des auteurs et des comédiens de ce théâtre. Ce contact journalier ne pouvait manquer de réveiller ses dispositions naturelles. Aussi, délaissant bientôt la savonnette et le rasoir, le vit-on débuter, en 1758, sous le nom emprunté de Clairval, au spectacle forain de l'Opéra- Comique, où il ne tarda pas à justifier son admission par le talent avec lequel il s'acquitta du rôle principal dans On ne s'avise jamais de tout. A la suppression de ce spectacle, qui eut lieu le mardi 19 février 1762 , Clairval fut au nombre des cinq acteurs qui , seuls de l'ancienne troupe, furent conservés et réunis à ceux de la Comédie-Italienne. Ji y retrouva, notamment dans l'ouvrage déjà cité, le succès qu'il avait obtenu précédemment à.la Foire-Saint-Germain. Le soir même de son début, conformément à l'usage établi, il avait débité un compliment dont le texte reposait sur la réunion des deux spectacles. Les Mémoires du temps ne disent pas qu'il en fût l'auteur; mais tous s'accordent à dire que si l'orateur fut applaudi , son discours parut fort mauvais. A dater de cette époque Clairval devint un des principaux soutiens de son théâtre; jouant avec la même supériorité le drame, la comédie et l'opéra-comique , quoi qu'en ait dit le poëte Guichard, qui se vengea du refus d'un rôle par une épigramme spirituelle, mais d'une application peu juste, et que voici : Cet acteur minaudier et ce chanteur sans voix Écorche les passants qu'il rasait autrefois.

Il [serait trop long d'énumérer tous les rôles créés par Clairval. Bornons-nous à citer ceux dans lesquels il a laissé le plus de souvenirs : celui de Pierrot, du Tableau parlant , àms lequel, au dire de Grétry,,juge peut-être quelque peu intéressé, « il unissait la décence et la grâce à la gaieté la plus folle « ; celui d'Azor, où son succès fut prodigieux ; celui de Blondel, de Richard Cœur de Lion, où son chant et son jeu électrisaient le public; enfin, le Convalescent de qualité , rôle qui le fit surnommer le Mole de la Comédie-Italienne , surnom qu'il dut autant à ses talents qu'à ses bonnes fortunes. Il n'entre pas dans notre plan de citer'les preuves à l'appui de ce dernier genre de succès ; nous rappellerons seulement en passant la passion si vive qu'il avait inspirée à Mme de Stainville, et dont l'issue fut si funeste à cette femme infortunée. Clairval n'était pas moins bon camarade qu'acteur zélé, et pour faire briller Caillot, dont il était l'ami , « il voulut, c'est encore Grétry qui parle, par une complaisance bien rare, tant que celuici demeura en possession des grands rôles, ne

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