CLÈVES
du maître. Le lecteur en pourra juger par le spécimen que nous allons reproduire :
Rondel par la duchesse d'Orléans.
En la forest de Longue attente Entrée suis en une sente, Dont ester je ne puis mon cœur.
Pourquoi je viz en grant douleurs Par fortune qui me tourmente.
Ay-]e donc tort si me garmente Plus que nulle qui soit vivante ?
Par Dleu,!nenni! Veu mon malheur :
Car ainsi m'aist mon Créateur, Qu'il n'est peine que je ne sente, En la forest de Longue attente (i) !
Marie fit en outre composer ou traduire par 'divers auteurs quelques ouvrages de littérature chevaleresque, tels que le roman du Chevalier au cygne, celui de Troïle et Cressida, et plusieurs autres. Elle entretenait aux. universités d'Orléans et de Paris de jeunes clercs qui s'y instruisaient dans diverses connaissances, et ce fut elle qui fit don à l'université de Caen du premier local que possédèrent les grandes écoles de cette ville (2).
Devenue veuve, elle eut la tutelle et l'administration des biens de ses enfants, dont un porta la couronne royale sous le nom de Louis XII. Vers 1480, Marie de Clèves, duchesse douairière d'Orléans, de Milan et de Valois, comtesse de Blois, de Pavie et de Beaumont, dame d'Ast et de Coucy, épousa un simple gentilhomme artésien, beaucoup plus jeune qu'elle selon toute apparence, et nommé Jean de Rabodanges, seigneur de Boncourt, gouverneur et bailli de Saint- Omer. Elle fit faire des tapisseries sur lesquelles se voyaient des rabots et des anges, avec ces ïnots : encores n'est-il que rabots d'anges. Marie n'existait plus au mois de juillet 1487. Elle mourut à Chauny, en Picardie, et fut inhumée en l'église des Cordehers de Blois, dont elle avait été la bienfaitrice, puis transférée dans la somptueuse chapelle d'Orléans, en l'église des Célestins de Paris. Vallet de Viriville.
Archives de l'empire , comptes originaux ; regist. K, n"» 2"0 et 771. — Manuscrits de la Bibliothèque impériale; titres originaux : Clèves, Orléans- f^alois, Rabodanges. — Manuscrit, fonds des Blancs-Manteaux, n° 49; inventaire, etc., du 6 juillet 1487.— Barante, Hist. des ducs de Bourgogne, etc. ; 1325, in-8°, t. VU, p. 70.— Léon de Laborde, les Ducs de Bourgogne, etc.; 1832, in-8°.^— Aimé ChampolUon-Figeac, Louis et Charles d'Orléans, etc.; I84i, in-S». — Wernher Tesclienmaclier ab Elverfeldt, Annales Cliviœ , Julii, etc; Lipsia;, 1721, in-folio, etc.
CLÈVES {Marie de), princesse de Condé , la plus jeune des enfants de François 1^"^ de Clèves, duc de Nevers, et de Marguerite de Bourbon- Vendôme, née en 1553, morte le 30 octobre 1574. Elle fut élevée par sa mère dans la religion calviniste. Elle portait le titre de marquise d'Isle, et parut à la cour sous le règne de Charles IX. Sa beauté fixa aussitôt tous les regards ; et les poètes
(1) Aimé CbampoUion, les Poésies de Charles d'Orléans; 1842, in-8°i Appendice, pag. 409; voy. ibidem, un autre rondel : l'habit le moine ne fait pas, etc..
(2) Expilly, au mot Caen,
du temps la célébrèrent sous le nom de la belle Marie. Leduc d'Anjou, depuis Henri in, éprouva pour elle un violent amour. La différence de religion, suivant quelques Mémoires, fut la seule cause qui l'empêcha de l'épouser. Quoi qu'il en soit, Marie de Clèves fut mariée en juillet 1572, à Henri, prince de Condé, son c usin germain. Peu de temps après arriva la Saint-Barthélémy, qui força le prince de Condé et sa femme à abjurer le calvinisme : c'était deux mois après la célébration de leur mariage. Marie abjura publiquement, dans l'église de Saint-Denis , le 3 octobre 1572 , et fut félicitée de sa conversion par un bref du pape. Le duc d'Aujou avait d'abord été désolé du mariagede Marie de Clèves; mais son désespoir dura peu , car son poète favori. Desportes, dans une élégie, a mis en vers épiques l'aventure de la princesse de Condé, jeune femme de seize à dix-sept ans alors, mariée depuis quelques mois à peine, séduite, débauchée, presque enlevée par Marguerite de Valois, autre jeune femme de dix-neuf ans, au profit de son frère le duc d'Anjou. Il faut Hre dans Desportes cette pièce, vraiment curieuse comme histoire des mœurs du temps. Les noms seuls sont changés, mais tout le détail y e.st . Desportes, cependant , laisse entièrement à la charge de Marie de Clèves ( Olympe ), la proposition d'aller au Louvre en compagnie de Marguerite de Valois (Fleur de Lys) et de la belle M'"^ de Sauves, visiter le duc d'Anjou ( Eurylas ), le duc de Guise (Floridant) , et le gracieux Charry (Nicée), maître de camp des gardes, et compagnon d'Henri. Par un heureux hasard , les trois amies :
Sitôt qu'au vieux palais saus bruit furent entrées. Des trois Jeunes amants elles sont rencontrées.
Pendant le temps que Marguerite tient rigueur à
Charry,
Les amants désireux et les deux autres dames Entrent au paradis tant de fois souhaité, Agréable séjour de leur félicité.
Ainsi, en ne tenant pas compte de l'exception obligée que Desportes fait en faveur de la sœur de son souverain, et l'on sait que Marguerite n'était pas femme à se contenter du rôle de portière du paradis, il demeure établi, par un document rédigé , selon toute apparence , par les ordres et sous la dictée des acteurs eux-mêmes , que le duc d'Anjou, avec le duc de Guise et Charry, d'unepart, la princesse de Condé, M""^ de Sauve et Marguerite de Valois, d'autre part, ont en commun,
Savouré les mignardes caresses,
Les soupirs, les regards, les doux ravissements, Et ces petits refus suivis d'embrasscmcnts, Ces propos enflarumés, ces agréables plaintes. Ces désirables morts et ces colères feintes, etc., etc.,
dans une chambre du Louvre à nuaux argentés.
Où l'on voit à main droite une figure sainte
Du paradis heureux des amants fortuncz
De leurs longues douleurs à la fin guerdonnez.
L'élection de Henri au trône de Pologne vint séparer les deux amants. Marie mourut en couches deux ans après. Henri III, qui venait de
CLÊVES — CLEYNAERTS
succéder à Charles IX et était depuis un mois de retour de Pologae, en fut saisi d'une si vive douleur, qu'il resta enfermé plusieurs jours sans manger, dans un appartement tendu de noir, et ne reparut ensuite en public que couvert de vêtements de deuil parsemés de têtes de mort. On trouve dans les Œuvres de Pasquier une complainte sur Marie de Clèves.
La Poplinlére, Histoire de France, liv. XXIV, fol. Ï2. — De Thou, Historia, lib. L, p. 490. — D'Aubigné, Mémoires, t. II, p. S. — Sisraondi, Histoire des Français, XIX, p. 107 et 148. —A. Bussière, dans la Revue de Paris, 14 avril 1844.
*CLEVESAAL (George), musicien allemand, mort à Gœttingue, en 1725. Il était maître de quartier du collège de | Gœttingue, et se faisait remarquer par sa neUe voix. On a de lui : Oratio de musicse voluptate et commodo ejus insigni, insupremo electoralis pœddgogii Gœttingensis auditorio, iv non. nov. anni 1706 habita, quo die auctoritate electorali cantor et collega rite renunciabatur ; Gœttingue, 1707, în-4°.
Fétis, IHograpkie universelle des musiciens.
CLEYER (André ) , médecin et botaniste allemand, né à Cassel, vivait au dix-septième siècle. Il se rendit à Batavia , dans l'île de Java , et devint premier médecin de la compagnie hollandaise des Indes. Il profita de son séjour dans ce pays pour enrichir la botanique d'un grand nombre d'observations, insérées dans les Éphémérïdes de l'Académie impériale des Curieuxde la nature, dont il était membre, sous le nom de Dioscoride. Bien que Cleyer n'ait pas écrit de livre spécial sur la flore de Java, il n'en a pas moins jeté une vive lumière sur l'histoire de beaucoup de plantes et de drogues médicinales, parmi lesquelles on peut citer le genseng, le cachou et le gingembre. On regrette que la brièveté de ses descriptions les rende souvent insuffisantes, lorsqu'elles ne sont pas accompagnées de figures. Thunberg a donué à un genre de plantes le nom de cleyer a, qui a été changé depuis en celui de ternstrœmia. Ce fut aussi à Batavia que Cleyer recueillit les matériaux des ouvrages qu'il publia sous les titres suivants : Herbarium parvnm sinias vocabulis insertis constans ; Yrandott , 1680, in-4''; — Clavis medica, ad Chinarum doctrinam de pulsibus; Francfort, 1680, in-4° ; — Spécimen medicinx Sinicx , sive opuscula medica ad mentem Sinensium; Francfort, 1682, in-4''. Les opuscules rassemblés dans cet ouvrage sont au nombre de six, savoir : de Pulsibus, libri quatuor, e sinico translati; — Tractatus de pulsibus ab erudito Europxo collecti; — Fragmentum operis medici, ibidem ab erudito Europeeo conscripti ; — Excerpta ex litteris eruditi Éuropasi in China ; — Schemata ad meliorem prsecedentium intelligentiam ; — de Jndiciis morborum ex linguas coloribus et affectionibus. LeSpecim,en medicinx Sinicx, orné de cent quarante-trois figures en taille-douce , « n'est autre chose dit la Biographie médicale.
qu'une traduction des quatre livres chinois de Wang-cho-Ho, faite par Michel Boym, et que. Cleyer publia sans y mettre le nom du traducteur, en yjoignant quelques morceaux, traduits aussi du chinois, et probablement par le même jésuite. Cet ouvrage a servi de base à tous ceux qui ont essayé de nous faire connaître la grossière et empirique médecine des peuples soumis à la domination cliinoise. »
Éloy, Dictionnaire historique de la médecine. — Biographie médicale.
CLEYN (François), peintre d'histoire et paysagiste danois, natif de Rostock, mort en less. Il alla se perfectionner dans son art à Rome, et eut bientôt une réputation méritée. D'abord attaché à la coiu- de Christian rv, roi de Danemark, il fut ensuite appelé à celle de Jacques I*"^, roi d'Angleterre, qui lui donna une pension de 100 liv. sterling. Il exécuta alors de remarquables dessins pour la fabrique de tapis de Morlack , et fii d'antres travaux, non moins distingués, pour quelques palais. Hollare et d'autres ont reproduit parla gravure plusieurs des productions de ce peintre.
On lui a attribué quelques-unes des œuvres de son fils Francis, qui peut-être peignait dans le même genre. Le père signait F.-C, et l'une de ses compositions , les sept Arts libéraux , de sept planches, est devenue très-rare.
Heinecke, Dict. — Nagler, Nettes Allg. Kunst.- Lexic.
CLEYNAERTS ou CLÉNARD (Nicolos), philologue hollandais, né à Diest, le 5 décembre 1495, mort à Grenade, en 1542. II professait à Louvain le grec et l'hébreu. Ayant résolu d'apprendre les langues orientales, il partit, en 1535, avec Jean Vasœus de Bruges, visita Guillaume Budée à Paris, puis passa en Espagne, où il enseigna les langues à l'université de Salamanque. Jean III, roi de Portugal, l'appela près de lui, et lui confia l'éducation de son frère don Henri. Le désir de se perfectionner dans les divers dialectes arabes donna à Cleynaertsla penséed'aller en Afrique: il arriva à Fez le 4 mai 1540, et y fit de rapides progrès ; il mourut à son retour en Espagne. Il avait commencé une traduction du Coran, dont il se proposait de faire une réfutation en aiabe. Il voulait ensuite faire répandre cet ouvrage dans tout l'Orient, espérant convertir ainsi beaucoup de mahométans au christianisme. Callenberg a publie à ce sujet un écrit intitulé : Nie. Clenardi circa Muhamedorum ad Christum couver sionem conata; Halle, 1742, in-8°. On a de Clejnaerts: Tabula in grammaticam hebrœani; Louvain, 1529, in-8" ; réimprimée avec des notes de Cinq-Arbres, Paris, 1564 ; — Institutiones hnguxgrxcx, Louvain, 1530; réimprimées par Vossius en 1632; — Meditationes grxcanicx ; Louvain, 1531 ; — Epistolarum libri duo; Louvain, 1550 (rare), et 1551, in-8°; Hanovre,
1606, in-8°.
Valère André, Bibliotheca belgica, p. 903. — Le Mire, de Scriptoribus sœculi Xfl. — N. Antonio, Bibl. hisp., p. 46. -Baillet, Jugements des savants, 1685. — Moréri,
CLEYNAERTS
rand dictionnaire historique. — Biographie générale es Belges.
CLICHTOVE OU CLICTHOUE (Josse), en itin Jodeeus Clicthoveus, théologien flamand, é à Nieuport, mort à Chartres, le 22 septembre ;343. H commença ses études à Louvain, et vint ~;s terminer à Paris, au collège du cardinal Leloine, sous Jacques Lefebvre d'Étaples. Il pro- ,!ssa ensuite la philosophie au collège de Naarre, et se fit recevoir docteur le 3 décembre 506. Il fut ensuite nommé chanoine théologal à hartres. II est un des premiers qui aient écrit jntre Luther ; il le fit avec érudition et solidité, lais sans aigreur. Son latin est plus pur que celi des scolastiques de son temps. Érasme disait es ouvrages de Clicthoue : Vberrimus rerum ptlmarum fons. Ses principaux ouvrages ant : Anti-Lutherus ; Paris, 1523, et Cologne, 525, in-fol. L'auteur y combat l'esprit de récite que Luther établit sous l'apparence d'une berté évangélique. Il prend ensuite la défense de i célébration de la messe et des vœux monastiues, et soutient, contrairement àLuther, quêtons 3s chrétiens ne sont pas prêtres ; — de Bello et ^ace, opusculum christianos principes ad se- •andos bellorum tumultus et pacem compolendam exhortans ; Paris, 1523, in-8° ; — Inroductio interminos,inartium divisionem; 'aris, 1526, in-8° ; — de Sacramento Euchaistise ; Paris, 1526, in-8° ; — Propugnaculum icclesise adversus Lutheranos; Paris, 1526, i-fol. ; — Introductnrium astronomicum ; Veiise, 1528, in-fol.
Sponde, Annales. — Valère André, Bibliotheca bel- Hca. — Le Mire, Elog. Belg. — Dupin, Bibliothèque des ■.uteurs ecclésiastiques { seizième siècle ). — Moréri, ^rand dictionnaire historique. — Richard et Giraud, 3ibliothéqîie sacrée.
CLETTON. Voy. ClA\TON.
*CLICQUET (Paul), charpentier-ingénieur, lé à Paris, vivait en 1690. Il inventa et construi- ;it les machines qui ont servi à amener, monter it mettre en place les deux énormes pierres qui composent la cymaise du fronton de la princiiale porte de la colonnade du Louvre. Ces pierres, ayantchacune 54 pieds de long sur 8 de large, ît seulement 18 pouces d'épaisseur, exigèrent beaucoup de précautions. Clicquet déploya un ?rand talent pour en opérer le transport et la pose. Les machines dont il s'est servi sont décrites et gravées dans la dernière édition de Vitruve, traduction de Perrault; Paris, 1768, in-12.
Chaudon et Delandlne, Dictionnaire universel.
* c LiCQUOT ( François-Henri ) , l'un ( 1 es plus habiles facteurs d'orgues qu'il y ait eu en France au dix-huitième siècle, naquit à Paris, en 1728, et mourut dans la même ville, en 1791. On lui doit l'introduction dans l'orgue du jeu de hautbois et de notables améliorations dans les diverses parties du mécanisme de l'instrument. Il abolit les claviers défectifs, et voulut que les gammes chromatiques fussent rx)mplètes au clavier des pédales ainsi qu'aux claviers des mains. Son talent conr
~ CLTCQUOT . 858
sistait principalement à donner aux jeux de l'orgue une bonne qualité de son et une harmonie convenable; mais ses instruments ont le défaut commun, aux anciennes orgues françaises, d'être trop chargés de jeux d'anches de grandes dimensions et de n'être pas assez variés dans les jeux de récit; cependant, on trouve dans les orgues de Clicquot qui subsistent encore une certaine qualité de son difficile à obtenir aujourd'hui, malgré l'amélioration de beaucoup de procédés. Le premier orgue important construit par ce facteur fut celui de Saint-Gervais, achevé en 1760. Clicquot prit ensuite Dallery pour associé, et fit avec lui les orgues de Notre-Dame, de Saint-Nicolas des Champs , de Saint-Méry , de la Sainte-Chapelle et de la Chapelle du roi, à Versailles. Plus tard il rompit son association avec Dallery, et entreprit seul la construction du bel orgue de Saint-Sulpice ; ce majestueux instrument est le plus considérable de tous ceux qui sont sortis des ateliers de Clicquot.
DlEUDONNÉ DeNNE-BaRON.
Fétls, Biographie universelle des musiciens. — A. de La Page, Bapport'jur l'orgue de l'église royale de Saint-Denis; Paris, 1846.
CLICQUOT de BLER VACHE (Simon), économiste français, né àReims,le 7 mai 1723,mort le 31,juillet 1796. Il fut élu procureur syndic de sa ville natale en 1760, et nommé en l765inspecteijr général du commerce. En 1778 il fut admis à l'Académie d'Amiens, et en 1788 à la Société d'agriculture de Paris. L'ordre de Saint-Michel lui avait été accordé. On a de lui : Dissertation sur l'effet que produit le taux de Vintérêt de Vargent sur Vagriculture et le commerce ; Amiens, 1755, in-8° : cette Dissertation obtint un prix à l'Académie d'Amiens ; — Dissertation sur l'état du commerce en France, depuis Hugues Gapet jusqu'à François I" ; Amiens, 1756, in-8° (couronnée par la même académie) ; — .Mémoire sur les corps de métiers ; Amiens, 1757, in-S" (couronné par la même académie), réimprimé sous le pseudonyme de Delisle; La Haye (Amiens), 1758, in-8° ; cet ouvrage est rempU de vérités utiles et de vues judicieuses ; l'abbé Coyer y puisa son roman CbinM; — Cnnsidérations sur le commerce, et en particulier sur les compagnies, sociétés et maîtrises, en collaboration avec M. deGournay ; Amsterdam, 1758, in-12; — Discours sur les avantages et les inconvénients du commerce extérieur ; Paris, 1778, in-8° ; — Mémoire sur les moyens d'améliorer en France la condition des laboureurs, des journaliers , etc.; Paris et Chambéry, 1783 , 2 vol. in-8'' : cet ouvrage, couronné par l'Académie de Châlons-sur-Marne, a été réimprimé, sous letiti-e de VAmi du cultivateur, par un Savoyard; Chambéry, 1789, 2 vol. in-S" ; — Mémoire sur la possibilité et l'utilité d'améliorer les laines dans la pro' vince de Champagne ; Paris, 1787 , in-8°; — Considérations sur le traité de commerce du
î>59 , CLICQUOT
26 septembre 1786 entre la France et la Grande-Bretagne; Paris, 1789, in-S"; — Mémoire sur l'état du commerce intérieur et extérieur de la France, depuis lapremière croisade jusqu'à Louis XII ; Paris, 1790, in-8° (couronné en 1789, par l'Académie des inscriptions). Clicquot de Blervache a laissé en nianuscrits : Sur la navigation de la Vesle, mén.oire présenté à Turgot, en 1775 ; — Essai sur le commerce du Levant; — Sur kt droiture du cœur, aussi nécessaire que la justesse de l'esprit dans la recherche de la vérité; — Éloge de Sully; — plusieurs Mémoires sur le commerce ; des Notes littéraires, un Recueil de poésies, etc., etc.
Fréron, Année littéraire , 177S, I, 2S0. — Quérard, la France littéraire.
CLiDÈME (KX£iSy)|xo;), et non clitodème,
historien attique, vivait vers 470 avant J,-C. Voici, d'après Athénée, la liste de ses ouvi'ages : 'E^yiyviTtxoç : c'était probablement un traité en vers sur les rites et les cérémonies religieuses; — 'Atôîç : c'était une description et une histoire de l'Attique ; — ITpwTOYovia , ouvrage sur les antiquités du même pays ; — Noaxot : Athénée emprunte au huitième livre de ce dernier ouvrage un passage relatif à la restauration de Pisistrate et au mariage d'Hipparche avec Phya.
Athénée, XII ; — Plutarque , Aristide. — Vosslus , d« Ilistoricis grœcis.
CLiEU ou DECLIEC {Gabriel de), marin français , célèbre pour avoir introduit la culture du cafier dans les Antilles, né en Normandie, en 1686, mort près de Dieppe, le 29 novembre 1774. 11 entra dans la marine royale, parvint au grade de capitaine de vaisseau , et fut nommé, en 1723, heutenant de roi à la Martinique. Le fait le plus remarquable de son administration fut l'introduction du café dans cette île. Clieu a raconté lui-même, dans une lettre au rédacteur de l'Année littéraire, comment il transporta d'Europe en Amérique la plante précieuse qui allait devenir une des branches les plus considérables du revenu des Antilles. Voici un extrait de cette lettre, fort intéressante : « J'étais en 1720 capitaine d'infanterie à la Martinique. Des affaires personnelles me rappelèrent en France dans la même année ; mais, plus occupé du bien public que de mes propres intérêts , sans être découragé par le peu de succès des tentatives qu'on avait faites depuis quarante ans pour introduire et naturaliser le café dans nos îles , je fis de nouvelles démarches pour en obtenir un pied au Jardin du roi : elles furent longtemps infructueuses. Je revins plusieurs fois à la charge sans me rebuter ; enfin, la réussite couronna ma
constance Il est inutile d'entrer dans le
détail des soins infinis qu'il me fallut donner à cette plante délicate pendant une longue traversée , et de la peine que j'eus à la sauver des mains d'un homme bassement jaloux du bonheur que J'allais goûter d'être utile à ma patrie, et qui, n'ayant pu parvenir à m'enlever ce pied de café,