CHLOPICKI
picki , qui se trouvait à l'armée en qualité de simple volontaire. Ce fut lui qui conseilla d'éviter tout combat décisif et qui fit adopter le plan d'une campagne strictement défensive ; ce fut lui aussi qui commanda dans les sanglantes journées des 19, 20 et 25 février, dans les plaines de Grochow. Là, oubliant son indécision, Chlopicki redevint lui-même et déploya une vigueur et un courage sans pareils. Mais malheureusement il ne prêtait l'assistance de son génie que par un caprice passager : il était tantôt général en chef, tantôt simple volontaire sans mission. Le 25 février, apr<^ avoir eu trois chevaux tués sous lui dans cette seule journée, il fut blessé aux deux jambes par les éclats d'un obus. Cette blessure , jetant le découragement dans l'armée, fut cause que les Polonais ne purent retirer tout l'avantage de cette bataille et poursuivre l'ennemi, qui se repliait en désordre sur Siedlce. Après le 25 février, Chlopicki , souffrant de ses blessures , se retira à Cracovie, et y vécut sans prendre aucune part aux événements postérieurs de la révolution polonaise. H est inscrit sous le nom, mal orthographié, de Klopiski sur l'arc de Triomphe de l'Étoile. [Enc. des g. du m.]
Conversations-Lexicon.
CHLUMCZANSKi ( Wenzel-LéopoM) , savant et vertueux prélat allemand, né le 15 novembre 1759, mort le 14 juin 1830. Il fut d'abord successivement chapelain à Klaesterte, pasteur àGartiiy,puis à Prague, chancelier du chapitre métropolitain et évêque suffragant de cette dernière ville. Appelé en 1802 au siège de Leitmeritz , il donna l'exemple de toutes les vertus d'un évêque de la primitive Église, fit d'abondantes aumônes, et introduisit de grandes améliorations dans l'enseignement ecclésiastique. L'empereur, voulant récompenser ce père des pauvres, comme il l'appelait lui-même , lui donna le titre de conseiller intime, et lui offrit l'archevêché de Lemberg; mais le modeste prélat refusa cette dei'nière faveur. « Je serais , dit-il , un pasteur étranger à la langue de mon troupeau. >> Promu, en 1814, à l'archevêché de Prague , il consacra presque tous ses revenus au soulagement des classes pauvres , protégea toutes les entreprises utiles , et fit ouvrir deux écoles, l'une à Rakonitz, pour les arts et métiers, l'autre à Reichemberg, pour les opérations commerciales.
Augsburger Allg. Zeitung, 1830.
*CHMEL (Joseph), historien morave, né à Olmûtz, le 16 mars 1798. Il annonça de bonne heure son penchant pour les études historiques; l'histoire de son pays fut surtout l'objet de ses recherches , et l'appui bienveillant que lui procura Michel Ferneth lui permit de se rendre à Vienne pour puiser dans les archives de cette ville les documents nécessaires à son histoire de l'empereur Frédéric IV ( Geschichfe Kaiser FriedricJi's IV; Hambourg, 1840-43, 2 vol.), et en général pour tout ce qui se rap- [lorte à l'histoire de l'Autriche au moyen âge.
CHMELNITZKY 34 1
En 1834 le prince de Mettemich et le comte ci Kolowrat lui firent conférer le titre de deuxiènj archivistedeVienne.il devint premier arch| visteen 1840; et en 1846, lors de la réorgan| sation des archives de l'État, il fut nommé vio directeur de cet établissement. Ses principau ouvrages sont : Die Handschriften der Hoj hïbliothek zu Wien (Extraits et catalogue di manuscrits de la Bibliothèque impériale i Vienne); Vienne, 1840-41, 2 vol.; — Materii lien ziir Œstreichischen Geschichte (Matériai. pour servir à l'histoire d'Autriche); Vienne, 183! 1840, 2 vol.; — Regesta chronologico-dipl matica Ruperti, régis Romanorum; 1834 ; . Regesta chronologico-diplomatica Friderk Romanorum imperatoris ; Vienne, 1838-184» 2^ partie; — Der Œstreichische Geschich forscher ( l'Historien autrichien ); Vienne, 183 1840; — Die Acten-stucke zur Geschich Kroatiens und Sclavoniens in den Jahn 1526 und 1527 (Pièces relatives à l'histoi de la Croatie et de la Sclavonie en 1526 1527); Vienne, 1846; — Herbe.rstein's Gesan schaftsreise nach Spanien 1519(Ambassa( d'Herberstein en Espagne en 1519); Vienni 1846. Ces deux derniers ouvrages forment i tomes I etn des archives d'Hapsbourg (Hap burgischen Archives). Membre de la comrâi sion chargée par l'Académie des sciences 1 Vienne de préparer les archives historiqn d'Autriche, et devenu en même temps édites de ce recueil, Chmel en fait paraître depu 1848 deux cahiers par an.
Conversations-Lexicon.
* CHMELNITZKY (Nicolttï Ivanovitsck' poète comique russe, né à Saint-Pétersboui^ le 1 1 août 1789, mort dans la même ville, en 184 11 entra d'abord au ministère des affaires étra gères en quahté d'interprète, et fut envoyé pli sieurs fois en courrier dans diverses cours étra gères. Il prit part à la guerre de 1812, comn aide de camp de Koutousof , et eut en mê» temps à remplir quelques missions diploro tiques. En 1814 il fut nommé chef de la chaj' ceilerie «iu gouverneur général Miloradovitsc Appelé, en 1839, aux fonctions de gouverneur! Smolensk , il obtint de l'empereur un million • roubles , et répara en partie les désastres qi cette ville avait éprouvés dans la guerre de 181 Nommé gouverneur d'Archangel, en 1837, quitta ce poste un an après pour cause de sant et se retira à Saint-Pétersbourg. Chmelnitzky; livra au genre comique , prit pour modèles M lière et Regnard , et traduisit d'abord en russe ■ en vers ïambiques de six pieds le Tartufe V École des femmes. La représentation de c deux pièces donna au théâtre (russe une é rection nouvelle, que suivirent plusieurs poëb comiques. Chmelnitzky n'était pas un géni* mais il avait assez de talent" pom* s'essaye comme poète original, dans la comédie. Son sty t est pur, et son vers est particulièrement bci
CHMELNITZRY — CHODOWIECKI
pir l'époque où il écrivait. Du naturel dans les pas, et de la facilité dans leur exécution, un [liogue toujours noble, mais parfois des situatiis forcées, telles sont les qualités de ses pièces [liiiatiques, dont les principales sont : Goworn (le Babillard); — Vosdouschnyîé Zàmki ' ; Châteaux en Espagne ) ; Nierxschitelny '■[A jours de fête dans la semaine, ou l'irré- •i); — Karant'me (la Quarantaine); — Akl.ri mésehdou soboïou (les Acteurs entre eux) ; -Riisski Faust (le Faust russe) ; — Tzarskoïé ; ro (la Parole du Tsar); — Sinowi Bogdan [ nelnitzki , ili prisojedinjénie malorossii
s Lie Bogdan Chmelnitzky, ou l'incorporation lia petite Russie). Les œuvres complètes de >ielmtzky ont paru à Saint-Pétersbourg, 1849, toi. in-S".
m versations-I.exicon.
HMiELECius ou CHMiELNiR (Martin), lecin polonais, né à Lublin, le 5 novembre 9, mort le 3 juillet 1632. Reçu docteur, en 7, à l'université de Bâle, il y obtint, en 1589, chaire de logique, qu'il occupa vingt-et-un et ensuite une chaire de physique, qu'il serva jusqu'à sa mort. On a de lui : Bissera de humoribus; Bâle, 1619, in-4°; — de mentis; ibid. , 1623, iri-4°; — Epistolee îicinales, insérées dans la Cista medica de a Homung; Nuremberg, 1625, in-4°.
m der Linden,€{e Scriptoribus medicis,
HMiELNicKi ( Théophile ou Bogdan ), faix Cosaque., né en 1593, mort le 27 août 7. n était fils d'un gentilhomme polonais, Mi- 1 Chmelnicki, qui, banni de sa patrie pour ilques méfaits, se réfugia en Ukraine, où il se ria et acquit une grande considération. Le e Chmelnicki, dont les Cosaques avaient plus be fois admiré la bravoure, fut député par \ , après leur défaite à Kumeyki , en 1 638, au miadislas lY, pour lui annoncer qu'ils se souptaient de nouveau à la Pologne. Il plut à la
1r de Wladislas , et obtint la charge de secrée des cosaques zaporogues. Il reçut en outre, gi-and-général Koniecpolski , une vaste étende terres, dont l'exploitation lui procura des ienus considérables. En butte , à cause de sa ;une, à la jalousie d'un des courtisans de Ko- Icpolski, il devint suspect, fut bientôt traité inme révolté, et perdit ses domaines. Son fils fuya même publiquement de mauvais traiteints. Ghmielnicki, n'ayant pas obtenu justice Iroi, se retira chez les Cosaques, les excita à se igef de l'oppression que les rois de Pologne Paient peser sur eux, réunit une armée conérable, et fit alliance avec le khan des Tatars, an-Gheraï. Après avoir battu les Polonais dans iix grandes batailles, il ravagea la Lithuanie, Volhynie, la Podolie et la Russie rouge, pétra jusqu'à Leopol et à Zamosc , et revint en jaine avec un immense butin. Après la mort Wladislas, Jean Kasimir offrit à Chmielnicki dignité de hetman des Cosaques sous la suze-
raineté de la Pologne : pour toute réponse, Chmielnicki fit arrêter les envoyés du roi; mais le khan des Tatars ayant abandonné son alliance , il se soumit pour quelque temps. Il ne tarda pas à lever de nouveau l'étendard de la révolte. Les Polonais battirent enfin les Cosaques à Beresteczko, et des négociatfoDS s'ouvrirent entre les deux nations. Alors Chmielnicki se plaça, en 1654, sous la suzeraineté de la Russie avec les Cosaques fidèles à sa fortune. De là la guerre qui s'éleva entre la Russie et la Pologne. La paix fut conclue à Androssowo, en 1667, et la Pologne céda à la Russie Kiow, Smolensk, et toute l'Ukraine en deçà du Dnieper.
Conversations-Lexicon.
CHODKiEwicz {Jean-Charles). Ce fut sous le règne de Wladislas-Jagellon qu'un des fils de Michel Bercyko-Chodzko prit le nom de Chodzkowicz ou Chodkiewicz, qui donne origine à cette famille, à laquelle appartient aussi celle des Chodzko. Jean-Charles , l'un des plus célèbres généraux de la Pologne, né en 1 560, en Lithuanie, mort le 27 septembre 1621, parcourut dans sa jeunesse plusieurs pays de l'Europe , et de retour dans sa patrie, contiibua à réprimer les révoltes fréquentes des Kosaks. En 1600 il fut nommé grand-général de Lithuanie. A cette époque le fanatisme religieux du roi Sigîsmond DI , après lui avoir fait perdre la couronne de Suède, entraîna la Pologne dans une malheureuse guerre avec cette puissance. Chodkievvicz, chargé, de la conservation de la Livonie, remporta en 1605 une victoire près de Kirckholm sur la Dzwina , où 3,700 Polonais mirent en déroute 14,000 Suédois , commandés par le roi Charles TX en personne. Lorsque, avant cette bataille, on cherchait à l'intimider en lui parlant du grand nombre des ennemis : Notre sabre les comptera! répondit-il; et il ordonna de sonner la charge. Dans les guerres de Moskou occasionnées par les faux Démétrius, Chodkiewicz soutint dignement sa réputation de grand capitaine. Enfin, après le désastre de Ceçora, où périt le grand Zolkiev/ski, Chodkiewicz, qui était alors grand-général de la couronne et de Lithuanie ( unique exemple de la réunion de'ces deux dignitôs dans une seule personne ) , remporta une victoire signalée sur les Turcs, près de Chocim, le 7 seplembie 1621, força le sultan Osman à demander la paix, et mourut n'ayant jamais été blessé ni vaincu dans sa longue et glorieuse carrière. {Enc. des g. du m. ]
Adam Naruszewicz, rte de Ch. Chodkiewicz.
CHODOWIECKI (Daniel-Nicolas), peintre et graveur polonais, né à Dantzig, le 16 octobre 1726, mort àBerlin, le 7 février 1801. Jeune encore, et pour subvenir aux besoins de sa mère, restée veijve et sans fortune , il s'adonna avec ardeur à la peinture en miniature, dont son père lui avait appris les premiers éléments. S'étant rendu à Beriin, en 1743;, pour y apprendre le commerce auprès d'un de ses oncles , il con-