‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 116 sur 206 · NECKAM · texte numérisé non relu

NECKAM

des chanoines réguliers dans l'abbaye de Cirencester (1) Enfin, nous le trouvons en 1213 abbé de cette maison et jouissant d'une grande renommée, ainsi que le témoignent plusieurs de ses contemporains.

Cependant tous les ouvrages d'Alexandre Neckam sont inédits, et il est très-difficile d'en dresser un catalogue exact. Nous en ferons du moins connaître quelques-uns.

Le principal a pour titres, dans les manuscrits, Laus Divinx Sapientix, et De IS'aturis rerum. Ces deux titres lui conviennent également. C'est, en effet, une vaste encyclopédie, divisée en sept livres, où l'auteur, traitant à la fois du ciel et de la terre, décrit successivement toutes les parties de la création, et donne même le détail de tontes les sciences humaines. Cet ouvrage n'est pas entremêlé de vers et de prose, comme le prétend M. Daunou; il est écrit tout entier en vers, en distiques. La Bibliothèque impériale, à Paris, en possède un bel exemplaire, qu'aurait du consulter M. Daunou, sous le numéro 376 du fonds de Saint-T.ermain-des- Prés. M. Thomas Wright ayant publié quelques fragments de ce long poème, d'après les manuscrits d'Angleterre, il n'est plus maintenant tout à fait inconnu : il nous paraît néanmoins utile d'en signaler quelques autres passages à l'attention des érudits. Alexandre Neckam est un moine indépendant; il n'aime pas Rome :

Inclut) I elanatro. prlvatam ducerr v'.tara

Opto, me trrretcurta, Roma vale!

Boum ettid faciam ? mentiri ne trio f) ; Hbros

Olllgo. sed llbras respuo. Roma vale!;.. fte«puo dellcUs tantas. taotosque tu mal tus,

Cornutas froote* horreo, Roma vale !

Ces trois distiques d'une assez longue invective font assez connaître que dès la tin du douzième siècle il y avait déjà dans le clergé régulier des ennemis déclarés de la cour romaine , des réformateurs. Mais qu'on ne s'y trompe pas : quand Alexandre Neckam poursuit la ville de Rome de ses véhémentes invectives, il entend parler dans l'intérêt bien entendu de l'Eglise; il ne songe assurément pas à revendiquer contre l'autorité du pontife romain le principe inaliénable de la liberté de penser. On en aura bientôt la preuve. Poursuivant la description des villes principales de l'Europe, Neckam arrive à Toulouse, alors assiégée, menacée d'une ruine presque certaine par le comte de Montfort, comme étant le dernier asile des hérétiques albigeois; et l'auteur la maudit en ces termes :

Fllta terl, Errorem sequerb, ergo dolosa perl!

On ne se lasse pas d'écrire que l'extermination des albigeois fut conseillée par la cour romaine. Voici un détracteur de celte cour qui réclame avec une sauvage énergie sa part de complicité dans le même conseil. En réalité l'iniliative de la croisade contre les albigeois n'appartient

|t) Et non pas d'Eicester, comme l'auure M. Daunou. If) Jurepa), Sat. I.

•r>71 NECKAM à personne : c'était au commencement du treizième siècle une maxime universellement admise que les hérésiarques, c'est-à-dire les hérétiques impénitents, doivent être supprimés par le glaive. Nous citerons encore quelques vers du De Naturis rerum sur la ville de Paris, laissant aux antiquaires le soin de les interpréter :

Jononts templum Vlocentlu» obUnet ;

Praesal Gernianos ^IrxJlcat «se »nni lodlcat rt eiret rtnscrtpUomwna thp;.

Cjprtdh ; lllad Idem rat* rulo Dirait lllud opus fldel de vntlo : Sanctl

Victor!» prope stat rrlllglosa d ornas.

R<t ibl ihrnnarani mtmltlo, raaxirna quondam,

Q'mb rnonU Marti* ferre solcbat opem :

A quo sub terri* ad thrrmas an itrr aptnm

Dnter.it, atqae tuas, S^unna. anbtcr anuaa...

Au poème dont nous venons de citer quelques vers il faut joindre : Svppletio drjectuum operis mng. Alexandri quod deservit Laudi Sapientiœ divinœ. L'imprécation contre la ville de Toulouse indique assez qu'Alexandre Neckam écrivait son granl ouvrage en l'année 1211. C'est, en effet, en cette année que Toulouse fut assiégée par le comte de Monlfort ; mais elle le repoussa, et la prophétie de Neckam ne s'accomplit pas. Le Supplefio defectuum est donc d'une date postérieure. Trouvant, il parait, quelques endroits de son poëme développés d'une manière insuffisante, Neckam y a fait de nombreuses et importantes additions C'est la matière du Supplelio defectuum, que nous offre aussi le num. 376 du manuscrit de Saint-Germain.

Dans le même volume se trouve encore un autre poëme de Neckam, intitulé : Metrtcx Prorogationes Novi Promelfuri. C'est un titre obscur. Le Prométhée de notre docteur paratt être l'espèce humaine, déchirée par les morsures dos (tassions. Voici le premier vers :

Inrfurt abbatem qui plus optabit aroari Quaoi rortul.

Or, s'il est ici question de l'homme en général, les conseils de Neckam vont cependant plutôt à l'adresse d'un abbé et de ses moines qu'à colle des gens du siècle. Ce qui nous porte à croire que 1rs Prorogationes IS'otï Prome.th.ri pourraient être, sous un antre titre, l'ouvrage ainsi désigné par quelques bibliographes anglais : Ad Vins refiginsos

Commendafinnes vint Étrange titre, étranges poèmes Les bibliographes anglais les désignent, et nous remontrons, en effet, dans le volume de S.int Germain, parmi les œuvres de INVckam au moins deux opuscules sur le vin. Le premier commence par

f juum corpus curas, studras tubdncerr coras ; le second par :

Rur*us, ftomhe, tuas Uwdes destrbn WwntFT,

Neckam fut de son temps un poète renommé. Cependant aucun des critiques modernes, si o<n'est M Thomas Wriehl. n'a recherché ses oeuvres. C'est une injustice contre laquelle nous

protestons. Pour des vers latins du donnera? siècle ceux que nous avons sous les yenv t» manquent assurément ni de facilité ni d'esprit Nous aurons achevé le catalogue des œuvra poétiques de Neckam quand nous aurons men tionné, après les anciens bibliographes, un optacule intitulé : De Officia monnehorum; des Fables; et des mélanges : Carmina divena. Le De Officio monachorum n'existe pas dus le recueil de Saint-Germain ; mais on y rencontre du moins quelques-uns des Carmina rfivrrsa avec plusieurs pièces en prose rimfe et diverses fables, VAigleet la Tortue, Phvbm a Borée, Vdne revêtu, de la peau du lion,

La prose de Neckam est beaucoup moins iatéressantequeses vers. On s accorde à kriittribuer un grand nombre d'opuscules théologiques. Cependant, le numéro 376 de Saint Germain ne nous offre que plusieurs oraisons à U Vierge Marie, neuf pièces différentes, mais fort courtes les unes et les autres, sur Marie-Madeleine , et une moralité intitulée : Disputai» cordis et oculi. Ne refusons pas néanmoins notre confiance à Williams Cave, qui nous signale parmi les rruvres théo!ogiqu> s de Jitt\aa divers commentaires sur les Évangiles, l'Ecriésiaste, le Cantique des cantiques, dont il j avait, dit-il. des exemplaires manuscrits à Lincoln, i Oxlord. D'autres parlent encore de commrotaires sur les Proverbes, les Psaumes, Exéebiel : mais ces attributions paraissent moins certaines. Il faut mentionner enfin : Vocobulariva Biblicum, Lectiones Script urorum, Concordantix B»bliorimnt Correctiones B*bl>et E/ucidatorium bibliothecx , si toutefois ce? divers tUres n'ont pas été donnés an même «avrage. Voilà tout ce que nous savons de* écrit* théologiques de Neckam.

Il a de, plus écrit, dit on, sur la pbilowpl m et sur la grammaire. La philosophie loi doit des commentaires sur le Traité de l'âme et les Météores d'Aristote, ainsi que sur le De i\*ftO* Mercurii et Philologie de M irtianos CapelU- C'est, du moins, ce que nous attestent plusifof» bibliographes Quant à ses ouvrages concernant la grammaire, nous avons sur quelques nos d'entre eux des renseignements plus certain* En voici les titres, suivant M. Thomas Wrial» et M. Daunou : tsagogicum de çrammaticn> Cormgatinne* de tropis et ftguris, Repfrtorium vocnbulorwn, Distinctinnes vrrborv*, De Accent u m inédits syllabis. De Vit*** bus, ou plutôt De Nominibus utensdm». U traité De ynmimbns utenstlium existe à Paris dans le numéro 900 du fonds de Saint-Victor, où il est accompagné d'un commentaire ~ préface commence par ces mots : « Sicnt *" Tnlliusin prorr-mio, seu in prologo sua» rira», eloquenlia sine sapientia noect » Ce P^* tit livre est plein de détails curieux menhlement d'une maison à la fin do douzième siècle et sur les rostroments

NFXRAiM —

à l'exercice de diverses professions. Won* recommandons particulièrement à l'attention des archéologues Je chapitre où i) est traité de* outils et autres objets dont on /ai sait usage quand on écrivait sur parchemin. A la suite dn De Utensilitus le même manuscrit de Saint-Victor nous présente un dictionnaire fort peu considérable, qui nous oaralt être l'ouvrage mentionné par les bibli graphes sous le titre de Mepertoriuwn vocabulorum . Quelquos paragraphes de ce dictionnaire offrent quelque intérêt historique; tels sont, par exemple : — « Mercatores super Magnum Pontem habitantes ven-

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travaillant à Augsbourg au milieu du seizième siècle, est regardé |iar quelques auteurs comme étant le fils ilu précédent 11 donna une édition de La Danse macabre (Leipzig, 1572, in-fol.) et un recueil de planches ( Vienne, 1577, in-4°) où l'on remarque les représentations emblématiques des dix âges de l'homme et de la femme, d'après Dents Manliallarl. Une seconde édition de ce recueil, sans bordures ornées, a été faite également a Vienne, par les soins d'Hercule ns Nscxcr, que Ton a supposé être le fils de David. On a encore sous le nom de David une planche extrêmement rare, ayant pour sujet une Vue de la forteresse de ii lasse nbitrg en 1Ù64. K.

scholares Parisiis, vendendoeis cyrothecas siiupliees, et fornidnaspellibusagnicianis, cuniculis, vulpibus et mitas de oorio factas. — Ante portara Saucti Hilarii maoeat aixJiiteaentes, qui faciuat batistas et arcus de acere et vibumo, taxo, et tria et sagiUas de fraxino. » Pour terminer, rappelons que dans le manuscrit de Saint Germain, au verso du feuillet 240, on lit une lettre de S., prieur de Maltneshury, adressée à Walt lier Melidie, chanoine de Cirencester, concernant un livre de Neckam intitulé : De Verborum signification tbus,vel proprietatibœ. Malheureusement cette lettre seule nous est restée : l'ouvrage fait défont. B. Hacréao

Tito mat Wright. BibL Brit. '«Cf., per Anglo-Non* p. U9. — Cjitc, HuU litt. script, eeeles., ad ano. IMS. — Knbrtclu.% HMioth med. et inf. latin., t. I, p. 6«. — Balea*, III, as. — Oii«itn . Comm. de Script. Be&l., X. III. p. 4. — UUtotre HU.tUia Pr+nce* L XVIII, p. m

necKKR ou nbrrr ( Jobst m ) , graveur allemand, vivait dans la première moitié du seizième siècle. On manque de renseignements sur cet artiste; il travaillait à Augsbourg et gravait sur bois. L'attention des amateurs a été appelée sur lui à cause des éditions remarquables qu'il a faites de La Danse des morts d'Holbein. La première contient 42 pl. sur bois (Augsbourg. 1644, in-fol.), et parait être une contrefaçon de celle donnée à Baie en lôaO; eMe a pour signature Jobst D me cher et l'on y trouve une planche, modifiée dans les éditions ultérieures, et représentant un couple adul ère couché que la Mort perce à coups d'épée. Ko revanche, elle ne renferme pas les planches de Y Astrologue et du Guerrier, qui se voient dans l'édition de Lyon. Nacker a présidé lui-même à la réimpression de ce recueil, orné de vers allemands, réimpression qui a eu lieu peu de temps après a Augsbourg (in-fol., a. d. ) ; il est même probable que c'est à lui qu'on doit l'édition de 1561. qui est la troisième. Cet artiste a aussi travaillé au Thcuerdanck et au Triomphe de MaximUten , et il a gravé sur bois une Sainte fterge, d'Albert Durer; L'Enfant prodigue, les portraits de Charles-Quint et de l'impératrice Isabelle, et, d'après Burgkmair, Smnl Sébastien attaché à une colonne (1512), V Ange de la mort, et les bons Chrétiens.

Un graveur du même nom, David db Nbcxer,

!*.i2lor, AVf/ffj AVqrm. KOnttler-lrrflton — RarNeh, VII, «3. - Heller. m. - Masumnn. dans le Kvnstblatt, 1MI, n« 76. - Helnekeo, iv,«9».

nbchkr (Noël- Joseph), botaniste allemand, né en 1729, en Flandre, mort le 30 décembre 1793, à Mannbeim. Reçu docteur en médecine par l'aniversité de Dooai, il se consacra entièrement à l'étude des plantes, vers laquelle un goût particulier l'avait entrainé dès sa plus tendre jeunesse, et il entreprit différents voyages en France, dans les Pays-Bas et en Allemagne, afin d'étendre ses connaissances. 11 devint successivement botaniste de l'électeur palatin , historiographe dn Palatinat ainsi que des duchés de Berg et de Juliers, agrégé honoraire an Collège de médecine de Nancy, et membre de plusieurs sociétés savantes. Neoker avait conçu de ses talents et de ses travaux la plus haute opinion, ce qui explique son irascibilité contre les critiques; l'isolement où ils'était renfermé l'avait rendu brusque et d'humeur sauvage. On ne peut lui contester beaucoup de sagacité et de l'exactitude dans les recherches. Il fit des mousses son étude de prédilection, et la méthode qu'il en a donnée fut adoptée en Allemagne. Hedwig a donné le nom de neckera à un genre de mousses. On a de Necker : Deivcttt Gallo- Belgicm sylvestres, seu tractalus generalis plantarutn galio belgicarum ad gênera relata; Strasbourg, 1768, 2 vol. in-t2; cette flore contient les distinctifs quicoostitoeut.

espèce de plant**, leurs noms communs et pharmaceutiques, les endroits où elles naissent spontanément, leurs propriétés médicales, avec des observations éclairées par les lois de la cliémie; — Methodus muscorum; Mannheiin, 1771, in-8°, fig.; il n'admet qu'une seule classe des mousses, et la divise en trois ordres, dont les (rails distinctifs sont pris des effets de la germinttion ; quant a cette dernière , loin d'être toujours la même, elle est tantôt feuillée, tantôt plumeu»* . et quelquefois a sitnpies bourgeons ; — Physiologia muscorum; Mannbeim, 1774 , in-8° : ouvrage curieux, trad. en français non* ce litre : Physiologie des corps organisést ou examen analytique des animaux et des végétaux comparés ensemble , à dessein de démontrer la chaîne de continuité gui unit les

différents règnes de la nature ( Bouillon , 1775, în-8° ) ; — Éclaircissements sur ta propagation des filicées en général; Mannheim, 1775, in-8°; — Histoire naturelle du tussilage et du pélasite ; Manoheim, 1779, in-8° ; — Traité sur la mycétologie (sic), ou discours sur les champignons en général; Manoheim, 1788, in-8°; — Elementa botanica; Neuwied, 1790, 3 vol. gr. in 8°; « traité élémentaire vraiment unique et original dans son genre, dit Willemet; il est le fruit de douze années de réflexions , de recherches et de profondes méditations. » Necker a fourni des mémoires aux Acla de l'Académie palatine de Manoheim. P. L.

Rémi Wlllemrt, dans U Maqatln mcyctop . «• année, t. I, p. tw.

XBC&ER ( Char les- Frédéric), écrivain allemand , né à Custrin , mort à Genève , en 1 760. Fort instruit dans l'histoire et dan., le droit public, il dirigea d'abord l'éducation duo jeune prince allemand ; charmé de la liberté et des lumières qui régnaient à Genève, il se fixa dans cette ville, où en 172 . il fut appelé à professer le droit public allemand ; il remplit cette chaire jusqu'à sa mort. En 1726 il avait reçu le droit de bourgeoisie. On a de lui : Responsio ad quxslionem juris candidali : Quis sit vents sensus commatis : Satus populi suprema lex eslo, numne liceat ejus causa altquid agere quod legibus naluralibus auf civilibus répugnât , dans la Tempe helvetica, t. VI ; — quatre Lettres sur la discipline ecclésiastique ( contre Le Maître ); Utrecht, 1740, in- 12;— Description du gouvernement présent du corps germanique, appelé vulgairement le Saint Empire romain; Genève, 1742, in-8°. L — z— E.

Seneblcr. Hut. lut. de Genève, t III, p. 80-» t.

rbcrrr (Louis), mathématicien suisse, fils atné du précédent, ué à Genève, en 1 730, mort dans la même ville, en 1804. Il étudia les mathématiques sousd'Alember', et fut nommé professeur de cette science dans sa ville natale (1757). En 1762 il vint à Paris, s'associa à deux banquiers (Girardot et Haller ) , réussit dans ses spéculations, et devint correspondant de l'Acadé mie royale des Sciences. Il avait fondé une maison de commerce à Marseille lorsqu'à la suite des changements causés par la révolution il crut prudent de rentrer dans sa patrie (1791). La disgrâce de son frère puîné, Jacques, contribua surtout à cette détermination. Il mourut dans le repos. Oo a de lui : De Blectrtcitate ; il kl, in-4°; — il résolut ce problème r Trouver la courbe sur laquelle un corps glissant par sa pesanteur dans le vuide, de quelque point de la courbe qu'il commence à descendre, parvienne toujours dans un temps égal au point le plus bas , en supposant la résistance provenant du frottement comme une partie dé terminée de la pression qu'éprouve le corps sur la corde, dans le Recueil de C Académie (gavants étrangers), t. IV. L Necker a aussi

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in-éré plusieurs articles dans Y Encyclopédie.

Senebier, Hitt. litt. de Genève, t. II!, p. ni. NECKER (Jacques), célèbre homme dttit français, frère de précédent, né à Genève, le 30 septembre 1732, mort à Coppet, le 9 avril 1804. Il descendait d'une famille d'origine anglaise et établie en Irlande. Ses ancêtres, convertis au protestantisme, quittèrent l'Irlande pour échapper aux persécutions de la reine Marie. Son père, Charles-Frédéric Necker (v»yn ci-dessus) eût deux fils de son mariage avec M"c Gautier, fille d'un premier syndic de la république de Genève ; l'aîné, Louis Necker, qui prit plus tard le nom de M. de Germany, lot destioé à l'enseignement public. Le cartel, Jacques Necker, voué au commerce, fit d'assez bonnes études classiques, et entra ensuite dans une maison de banque Ses débuts furent pénibles. Son goût très- vif pour la lecture lui faisait trouver insupportables les monotones occupations d'une maison de banque. Ses parents pensèrent qu'il réussirait mieux sur un p!u> grand théâtre, et l'envoyèrent à Paris chei un banquier génevois. M Vernet. Jacques Necker, à peine Agé de dix-huit ans, montra one reoiar quable aptitude pour les affaires, et obtint toute la confiance de son patron. Les rares instants que lui laissaient les affaires étaient consacré» à la culture de son esprit. • Il recherchait arec avidité, dit son petit fils, M. de Slaël-Holstein, toutes les nouvelles productions littéraires; et avant d'avoir atteint l'âge de vingt aos il s'essayait à composer de petites pièces de théâtre. Ces comédies (restées inédites) sont écrites avec beaucoup de verve et de franche gailé : l'une, entre autres, annonce de la facilité pour h versification. M. Necker eut un instant l'idée 4e les faire représenter; mats une raison précoce réprima ce petit mouvement d'ambition littéraire. « Si j'y avais cédé , disait-il plus tard, toute ma carrière s'en fût ressentie ; car jamais la réputation d auteur comique n'eût été compatible avec la dignité sérieuse que l'on exigeait d'un premier ministre. » Vernet, en quittant les affaires (1762), confia à Necker une somme considérable qui lui permit fonder avec MM. Thelusson une maison de banque qui devint bientôt la première de France On a p° dire que cette maison fit époque dans rt»i«toare du crédit. Jusque-là les financiers s'étaient conclus dans les fermes du revenu public. Necker chercha et trouva la fortune dans de grandes spéculations commerciales honnêtement et habilement conduites. Des achats considérable* de grains et des opérations de crédit avec le F** vernement furent les principales sources de « richesse. Kncouragé par le premier inmidre M. de Choiseul, qui avait en lui la plus gr3D"l> confiance, il entreprit de relever la Compaq* .les Indes ; mais au moment où la France vu: de perdre presque toutes ses

dru

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l'Inde , il devenait inutile de maintenir une corn- prévoyance était tellement susceptible et telle pagnie destinée à gouverner et à exploiter des ment scrupuleuse qu'il n'était plus frappé , dans territoire» qui appartenaient maintenant aux les circonstances même les plus pressantes, que Anglais. Le contrôleur général d'Iuvaul résolut des difficultés d une décision quelconque, et ne de la supprimer. Il commença par la faire atta* se déterminait, pour ainsi dire, que forcément à quer par l'abbé Morellet, qui, dans un mémoire vouloir ce qu'il voulait. Prendre un parti sans

au nom de la liberté du un motif qui fût à ses yeux de la dernière évidence semblait un effort au-dessus de son pouvoir, quelquefois même pour les petites choses comme pour les grandes. Je lui ai moi-même

commerce sur les inconvénients des compagnies privilégiées. Necker répondit à Morellet, et sa réfutation, sans être péreraptoire, parut éloquente

et partagea le public. La Compagnie des Indes entendu raconter que, durant les premières an-

n'en fut pas moins supprimée. Ce fut le commencement des discussions entre Necker et les éconoroistes.S'il fut toujours suspect à celte classe d'esprits, il trouva de zélés admirateurs parmi les gens de lettres. Depuis son mariage avec M,Ie Curcliod, en 1764, sa maison était devenue le rendezvous des philosophes et des littérateurs les plus célèbres. On a remarqué que dans son salon il restait ordinairement silencieux. Peut-être craignait-il de trahir dans cette société de beaux

nées de son séjour a Paris, il lui était arrivé cent fois de rester plus d'un quart d'heure dans son nacre avant de parvenir à se décider sur la maison où il devait se faire conduire d'abord. » Cette indécision fut plus tard remarquée quand il eut à conduire l'État dans des circonstances pressantes; mais alors on ne voyait que ses grandes qualités , son bonheur et sa confiance. Quand Turgot succéda a Terray dans le contrôle général des finances , Necker ressentit

esprits les limites de son instruction littéraire ? quelque dépit de voir occupé par un autre une

Il vivait cependant de la réputation d'écrivain, tout en songeant à la gloire plus haute d'homme d'État. Sa position de ministre de la république de Genève le mettait en fréquents rapports avec la cour, et sa position de riche banquier lui permettait de rendre au gouvernement des services essentiels. Les finances de l'État se trouvaient une situation si désespérée que le contré-

place dont il se croyait digne. Il lit de l'opposition au grand ministre qui s'efforçait d'introduire la liberté dans le commerce en attendant qu'il tentât de l'introduire dans l'administration. L'n des premiers actes de Turgot fut d'accorder la liberté illimitée du commerce des grains ( septembre 1774). Le parlement et le peuple s'inquiétèrent de cette mesure, à laquelle ils attrileur général Terray en était réduit à implorer j huèrent le renchérissement du pain. Necker, trop

l'opulent banquier dans les termes les plus hum bles. Il lui écrivait : « Nous vous supplions de nous secourir dans la journée. Daignez venir à notre aide, pour une somme dont nous avons un besoin indispensable. « Il lui écrivait encore : « L'on est à la veille du départ pour Fontainebleau, mais tous les passeports ne sont pas expédiés ; ils sont entre vos mains; le moment presse, et vous êtes notre seule ressource : nous avons

éclairé pour partager ce sentiment, parut pour tant le justifier dans un traité Sur la législation et le commerce des grains, en 1775. II soutenait, contre les partisans de la liberté illimitée du commerce , que le gouvernement doit, dans l'intérêt du peuple, réglementer le commerce des grains et en prohiber l'exportation tiaus certaines circonstances. Comme les économistes appuyaient leur théorie sur le fait que

recours à vptre amour pour la réputation du ; le blé est une propriété et que le gouvernement trésor royal, » Une opération très-avantageuse | n'a aucun droit sur une propriété individuelle,

que Necker fit avec le gouvernement en 177!? Je décida à quitter les affaires. Sa fortune était

Necker contesta ces propositions, et alla jusqu'à prétendre que l'État doit protéger les consomma-

considérable ; mais il aurait pu la décupler par teurs pauvres contre les propriétaires. « Ce sont,

quelques années de plus de travail. Au fond, les dit-il, des lions et des animaux sans défense qui

transactions financières d'une maison de banque vivent ensemble; on ne peut augmenter la part

lui plaisaient peu ; il se croyait né pour de plus , de ceux-ci qu'en trompant la vigilance des autres

grandes affaires : il songeait dès lors à gouver- , et en ne leur laissant pas le temps de s'élancer.»

ner un grand État. Son désir se trahit dans un Éloge de Colbert, qui fut couronné par l'Académie française en 1773. Dans cet Éloge, écrit d'un style embarrassé ef lourd, Necker traçait une sorte d'idéal de ministre des finances, et il laissait deviner qu'il réaliserait cet idéal si jamais il était appelé au pouvoir. Les lumières et l'amour du bien public ne lui manquaient pas pour tenir cette promesse indirecte ; mais il n'avait pas à un degré suffisant la force et la promptitude de volonté. « Son esprit, dit Meister, avait l'habitude de considérer toutes les faces d'une affaire avec tant d'exactitude et de réflexion, sa

ROUV. BIOCR. CÉKÉR. — T. XXXVII.

L'argumentation destinée à soutenir cette théorie sentimentale respectait fort peu la propriété, et M. Louis Blanc en a fait dans le 1" vol. de son Histoire de ta révolution un éloge compromettant (l). Dans le temps quelques écono-

(t) Il disait, par exemple : m Presque toutes les iotti t m Ions civiles ont été faites pour les propriétaire* On eut effraye, en ouvrant le code des lois, de n'y découvrir partout que celle vérité. On dirait qu'un petit nombre d'hommes, après s'être partagé la terre, oot fait des loti d'union et de garantie contre la multitude , comme U* anratrnt mis des abri* dans les bots pour se défendre rte* bêles sauvages. Cependant, on ose le dire, après avoir établi les lois de propriété, de justice et de liberté, un «Se

coup d'emplois dans l'administration des tes, et il en résulta plus d'économie et de célérité dans le service; dans le nouveau bail de la ferme générale , il obtint un bénéfice annuel de 15 millions pour le gouvernement. Justement préoccupé de la répartition équitable des impôt*, il sollicita du roi la création d'assemblées provinciales. Et son projet, quoique moins bien enteodu que celui deTurgot, aurait suffi aux l'administration. Il devait y avoir da

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mistes accusèrent le livre de Necker d'avoir ; d'espril et d'infiniment de bonne volonté, il aux séditions que la clterté du pain le fit. En 1780, >1 supprima dans la maison du en 1775. • C'est à tort, dit M. Droz : il ne roi un» foule de places aussi onéreuses que ri* parut que le jour même où les boulangers furent diculement inutiles (l >. Il supprima aussi beaupillés dans Paris. » Turgot fut renvoyé le 12 mai 1776. Clugny, qu'on lui donna pour successeur, Clugny, débauché et incapable, remit les finances dans l'effroyable désordre dont Turgot avait en tant de peine à les tirer. L'opinion publique appelait impérieusement Necker au contrôle. Lui-même ne cachait plus son désir d'obtenir cette place. Par l'intermédiaire du marquis de Pezay, il fit remettre à Maorepas un mémoire dans lequel il indiquait les moyens de combler le déficit. Maurepas fut charmé du mémoire ; mais il n'osa pas proposer au roi d'appeler au ministère un étranger et un protestant. La difficulté f..t éludée. Un conseiller d'ÉM, Taboureau des Réaux, reçut le titre de contrôleur général et Necker lui fut adjoint comme directeur du trésor ( 22 octobre 1776). Quelques mois plus tard Taboureau se retira, et Necker lui succédait avec le titre de directeur général des finances (29 juin 1777). Sa religion n'avait pas permis de lui «tonner entrée au conseil; mais il avait tout le pouvoir d'un ministre des finances. Il en usa d'une manière extrêmement brillante, qui fit illusion aux contemporains La postérité, plus juste, tout en lui reconnaissant les mérites d'un très-habile banquier, ne le place pas au même rang que Machao.lt et que Turgof. Forcé de faire face à un déficit de 30 millions environ, et de subvenir aux dépenses de la guerre qui éclata avec l'Angleterre en t778, Necker eut recours uniquement à l'emprunt. La confiance qu'inspirait Necker facilita le placement de ses emprunts, qui s'élèvèrent en quelques années à 490 millions. C'était une charge beaucoup trop lourde pour des finances aussi mal établies que celles de la monarchie française; il était urgent de donner à l'impôt une assiette plus large et plus solide en l'étendant h toutes les classes du royaume; il était urgent aussi de ne pas laisser perdre entre les mains de courtisant avides les ressources péniblement obtenues par l'impôt. De larges réformes financières et une stricte économie étaient devenues indispensables ; Necker en conçut la nécessité , mais il n'eut pas la force de les exécuter, et par le funeste palliatif des emprunts il laissa croire à la cour que l'on pouvait s'en passer, jusqu'au moment on le mal se trouva si grand que tout remède devint impossible. Personnellement très désintéressé, jusqu'à refuser les appointements de sa charge, il dut s'abstenir de toucher aux pensions scandaleusement prodiguées à des courtisans. Du reste, tout ce que pouvait faire un honnête homme de beaucoup

preMjne rien fait encoe<* nnar ta clause li plus nombreuse de* cria) m*. Que non* Importe ot vos loto de proprlrtr ? pourraient -il» dire, nous ne possédons rien. Vo» lois de pioirrP non* n'avons rien * défendre Vos loi* de Itlwrié? ri nous ne travaillons pa» demain, nous

généralité une assemblé»» formée par portion! égales de membres choisis dans le clergé, dan» la noblesse, dans le tiers état des villes et dm celui des campagnes. Pour la première formation, le roi nommerait un tiers des membres, et ce tiers élirait les antres. Les renouvellement» seraient partiels, et alors les choix seraient MU par les assemblées elles-mêmes. Ce projet attrait institué dans chaque province une sorte d'oligarchie mixte dont il était difficile de prévoir les tendances politiques ; mais il ne reçut qu'un commencement d'exécution. Lorsque Secker sortit dn ministère, deux assemblées seulement, celle du Berry et celle de la Haute-Guienae, étaient en exercice. La première, formée en 1778, avait donné de bons résultats; die avait supprimé la corvée et recueilli en quelques mois deux cent mille livres de contributions volontaires pour objets d'utilité publique.

Sous le ministère de Necker la mainmorte fut abolie dans les domaines royaux ( 1779); la question préparatoire fut également abolie. Ces diverses mesures, quoique bonnes, étaient insuffisante* ; et la situation était loin de s'améliorer. « Necker, dit M. Dix», avait beaucoopd labilete; et cependant ses ressources diminuaient d'une manière alarmante. On n'avait obtenu en t/W que 81 millons d'emprunt , en recourant à la médiation des pays d'états; et l'on avait pourvu aux dépenses excédantes par des anticipa ioni qui s'élevaient à 155 millions. H devenait impossible de subvenir aux frais de la guerre, si l'<* ne trouvait on moyeu de convaincre les capiulistes que la France jouissait d'une prospen> financière qui devait leur donner une en»*" confiance dans le gouvernement. » Il résolût de frapper un urand coup sur l'opinion, et il publia son Compte rendu au roi. Le Compte rendu produisit une immense sensation ; en effet «* conclusions étaient de nature à frapper fortement les esprits ; elles présentaient :

En revenus 2<M,1 54,000 lir.

En dépenses 253,954,000

Excédant I0,2i'0,000

Necker avait entouré ces chiffres éloqoeaU par

(il

Parmi les fonctionnaires supprimé* ie ironnat <J» non 49 via. de* hdteun d# r<Mj,de« c-otopt-* «*

r,8l "NECKER eux-mêmes d'un commentaire bien propre à toucher les esprits. « FI y blâmait la monarchie d'avoir jusqu'alors fait un mystère de Mat des finances. Il dénonçait le mensonge des anciens ♦'•dit* , se raillant de ces préambules, trop souvent les mêmes pour être toujours vrais. Après avoir trace" gravement Te tableau de ses réformes, il en parlait tantAt avec complaisance, tan

abus de confiance. Necker voyant croître le nombre de ses ennemis, voulut leur opposer un témoignage de la faveur royale, et demanda l'entrée au conseil. Maurepas proposa ironiquement qu'on acrueilttt sa demande s'il abjurait les erreurs de Calvin. Necker, irrité , envoya sa démission, qui fut immédiatement acceptée (19 mai 1781). L'opinion publique se prononça avec éner-

tôt avec une modestie qui semblait n'être que la • gie pour le ministre disgracié. 11 s'était retiré à

politesse de «on orgueil. L'ordre qu'il avait introduit dans les affaires du trésor, il le mit dans son exposé, aorte de traité élémentaire et lumineux, évidemment destiné à commencer l'édueation publique en matière d'administration. Profits de la finance, pensions, domaines, forêts, dépenses de la maison du roi, impôts, corvées, commerce des grains , poids et mesures, monnaies, montsde piété, prisons, hôpitaux, il passa tout en revue ; et, après avoir montré du doigt les abus sans nombre qu'il avait réformés, il appela l'attention publique sur les asiles d'où «lie se détourne troj souvent, sur la situation des enfants-trouvés , des indigents, de la population hâve des hospices, de tons les malheureux. La dernière pensée du Compte -rendu fut

sa campagne, près de Saint-Ouen. Beaucoup de personnages de la plus haute noblesse s'empressèrent de lui rendre visite. Le prince de Condé, les ducs d'Orléans et de Chartres, le prince de Reauvau , le duc de Luxembourg , le maréchal de Richelieu, l'archevêque de Paris donnèrent l'exemple. Dans sa retraite triomphante, entouré d'hommages, Necker prépara un emopte rendu nouveau et plus étendu de son administration, lequel parut, en 1784, sous ce titre Administration des finances. L'effet en fut trèsgrand sur l'opinion publique en Franc* et en Europe, et l'on prélend qu'il s'en vendit en peu de temps i'lus de quatre- vingt mille exemplaires. La médiocrité de ses successeurs, Joly de Flcury et d'Ormesson, l'administration dissipa-

une pensée personnelle, mais aussi honorable tiïce de Calonne le faisaient vivement regretter.

que hère. « Je n'.'i sacrifié, disait Necker, ni an crédit ni à la puissance. J'ai dédaigné les jouissances de la vanité. J'ai renoncé à la plus douce des satisfactions privées , celle de servir mes amis, ou d'obtenir la reconnaissance de ceux qui m'entourent. Si quelqu'un doit à ma simple faveur une place, un emploi, qu'on le nomme (l). » Faire appel à l'opinion publique dans l'ancienne monarchie française était une grave innovation, mais parfaitement justifiée par le but ; ce qui est moins justifiable, c'est la manière dont Necker a établi son compte, ne portant que les recettes et les dépenses ordinaires et omettant toutes les cliarges extraordinaires. 11 donnait ainsi un budget normal qui offrait un excédant de 10 millions , au lieu du budget réel , qui aurait accusé un déficit considérable. « En dernier résultat, dit Droi.le Compte-rendu était un travail fort ingénieur, qui paraissait prouver beaucoup, et qui ne prouvait rien. « La faveur de Necker était grande à la cour et auprès «le la reine ; mais il avait des ennemis redoutables parmi ses collègues. Le premier ministre, Maurepas pailla publiquement le Compte rendu, qu'il appelait un conte bleu , parce qu'il était couvert de papier bleu. M. d6 Vergtnnes, minisire des affaires étrangères, s'attacha dans un mémoire confidentiel au roi à prouver qu il était très-dangereux •le laisser dans les mains d'un étranger, d'un républicain, d'un protestant, la plus délicate des administrations du royaume. Un mémoire de Necker sur les administrations provinciales adressé au roi et contenant des vérités dures sur les parlements fut livré à l'impression par uu

(v Louli Blanc, Histoire ée la révolution fronçai*,

t. Il, p. 6«.

n Consultons, écrivait le parlement de Rouen à Louis XVI, au sujet de l'arrêt du 30 août 1784, consultons un ouvrage récent (Y Administration des finances), honoré des regards de Votre Majesté et des applaudissements de la nation, ouvrage patriotique, qui ajoute encore à la haute idée que l'auteur avait donnée de son génie, et qui manifeste avec éclat toutes les ressources de la France. » Calonne, devant un déficit toujours croissant, fut obligé d'exposer devant l'Assemblée des notables la détresse des finances, et en rejeta la faute sur ses prédécesseurs, y compris Necker (février 1787). Il établit un parallèle spirituellement imj>ertinent entre une économie, toute d'ostentation, affichant la rigueur pour les moindres objets, faisant beaucoup pour l'opinion, rien pour la réalité, et une économie qui s'attache à tout ce qui a de l'importance et n'affiche pas l'austérité pour ce qui n'en a aucune. Dans une autre séance, il prétendit qu'en 1781 le déficit était réellement de 70 millions. Or, comme le Compte rendu annonçait un excédant de 10 millions de recettes sur les dépenses, M. de Calonne supposait de la part de Necker une erreur de 80 millions. Necker ne pouvait' rester sous le poids d'une pareille imputation ; contrairement À la volonté de Louis XVI, il publia un mémoire où les accusations de Calonne étaient réfutées avec une habileté spécieuse, et ses prodigalités démontrées avec une évidence impitoyable ( avril 1787 ). il fut immédiatement exilé par lettre de cachet; mais Calonne avait déjà été renversé par l'opposition des notables (l). B rien ne, qui succéda a Calonne dans la

(i) l.a cour des nid*» de Bordeaux, d»n« une lettre adressée au roi, à l'occwlon du renvoi de Calonne. de-

NECKER

direction des finances, ne remédia à rien, et 1789.11 était à craindre qoe les représentants

bientôt les choses empirèrent au point qu'il fit des trois ordres, abandonnés à eux-mêmes, ne

proposer à Necker le contrôle général des finan- . fissent que des mouvements désordonnés ou se

ces. Necker, ne se souciant pas d'être le subor- j lançassent trop loin ; il aurait fallu les aborder

donné d'un ministre impopulaire, répondit que j avec un plan de réformes bien entendues, assez

son dévouement ne pourrait être utile qu'autant j complètes pour satisfaire les griefs de la nation

qu'il aurait seul la direction des finances, avec l'autorité nécessaire sur toutes les branches d'administration qui s'y rapportent. Il fallut subir ses conditions. Brienne donna sa démission, le 25 août 1788, et le lendemain Necker entra au conseil avec le titre de directeur général des finances. Sa rentrée excita un enthousiasme

sans compromettre 1« monarchie. Necker ne prévit rien et ne prépara rien. Tout annonce que ses idées de réforme étaient vagues et incertaines. Ao fond une monarchie tempérée par d»» institutions philanthropiques et contrôlée par l'opinion publiquelui semblait suffisante, et il désirait à peine uuc autre forme de gouvernement ; il ne Gt rien

inouï, et il faut reconnaître que comme finan- i du moins pour la préparer : « Je n'ai jamais été

cier il ne resta pas au-dessous de l'attente pu- j appelé, dit-il, à examiner de près ce que je pou-

blique. « Son second ministère, dit M. Droz, , vais faire, à l'époque de ma rentrée au tninis-

est sous le rapport des finances beaucoup plus : tère, de mon estime si profonde et si particulière

remarquable que le premier. Lorsque cet admi- ; pour le gouvernement d'Angleterre ; car si de

nistrateur fut rappelé, il ne trouva pas cinq bonne heure mes réflexions et mes discours

cent mille livres au trésor; il fallait dans la se- I durent se ressentir de l'opinion dont j'étais pr-

maine plusieurs millions pour les dépenses urgentes ; tous les effets du gouvernement étaient dépréciés; le crédit était nul. Les embarras, déjà si grands, furent bientôt compliqués par des besoins extraordinaires ; la disette rendit la misère générale ; les achats de grains et les secours pécuniaires s'clevèreut à 70 millions. Necker, pendant près d'une année, avec les seules forces que | sèrent aux états généraux ïe soin de traiter au

lui donnaient ses talents et sa réputation, parvint à lutter avec succès contre tant d'obstacles. Une

nétré, de bonne heure aussi je vis l'eloignemeiit du roi pour tout ce qui pouvait ressembler aux usages et aux institutions politiques de l'Angleterre. » Pendant quelques mois Louis XVI suivit docilement les conseils de Necker, sans en rien attendre de bon. L'inertie déliante du monarque, la médiocrité politique du ministre lais-

milieu d'une violente agitation des questions qui auraient pu se résoudre avant la réuniou de

pareille administration tient du prodige. Toutes | cette assemblée. En vain les hommes les plus les ressources de banque, si bien connues de ce j éclairés et les plus modérés, Malouet, Monnier

ministre, furent mises en œuvre ; mais quelle que fût son habileté, elle aurait échoué si elle n'eût pas été soutenue par la confiance qu'inspirait son intégrité. La présence de Necker fit en un jour remonter de trente pour cent le» effets publics. Il prêta au gouvernement deux millions

insistèrent pour que l'on prit des mesures indispensables. Necker, qui voulait plaire à tout le monde, qui craignait extrêmement de blesser la noblesse et le clergé, n'osa pas même arcordet la double représentation du tiers état que l'opinion publique réclamait impérieusement. IV

de sa propre fortune. Quelques capitalistes osé- j peur de se compromettre, il résolut do consulter

les notables, qui à la surprise générale furent rappelés ( novembre 1788). Les notables, à la nuifaibles comparés aux dettes et aux dépenses ; jorité de 112 voix contre 33, se prononcèrent

rent faire des avances ; les notaires de Paris versèrent six millions au trésor. Ces secours étaient

il fallait que des créanciers consentissent à ne recevoir que des à-compte et des promesses ; la

contre le doublement de la représentation 'lu tiers. Necker, désappointé, mais n'osant pas ré-

réputation du directeur général aplanissait les ! sister à l'opinion publique, après avoir montre difficultés. Sa grande force fut toute morale. ». une indécision déplorable et assemblé inutile- Malheureusement Necker, admirable comme ment les notables pour leur demander un avis financier, ne fut pas comme homme politique à la hauteur des circonstances immensément difficiles où se trouvait la France. Avant son entrée aux affaires, il avait été déclaré que

les états généraux se réuniraient le 1er mai

mandait indirectement le rtppH tic Necker. Après le tableau Ir plus flatteur de I administration d- ce ministre, elle ajoutai' : « Un* si belle aurore a" eut convertie en an Jour tenebmu Votre Majextc, abusée, éloigna do maniement dr» alf.iirm un homme «aire amourcoi du bien public, et lut «nbstitua an ministre connu par aa profonde corruption. H** l«>n» unelnflnrnre fatale dirigra toute* le» oprrJt'Onv.. Cet «bus InoiiTt p'-rpetu^ro." t lr ?ouventr de cet □dintnUlraieur, *\ prouveront a jam.ils que le bonheur de» ocuplrs tl^nt au choîi des ministre* , punique «an» eux !<■« r «i» ne conserveraient qoe le vain oe»»r de rendre leur* rajett heureux. •

qu'il ne voulait pas suivre, proposa au roi d'accorder la double représentation. O tte importante décision fut promulguée le 27 décembre. Pour être logique, il aurait fallu accorderen même temps la délibération en commun. Necker nj I songea |ias, et, satisfait de sa popularité, il attendit la réunion des états généraux , malgn Malouet, qui ne cessait de lui ré|>éler : « Nayei pas l'imprudence de livrer aux hasards d'une délibération tumultueuse les bases de PantoriU' royale; faites largement la part des réforme», et défendez résolument la royauté contre le* tentative* anarcliiques. » Les membres les plu* ; eélairés du clergé» M. de Cicé. M. de la Luj terne, lui donnèrent inutilement les même* con-

KFXKRR

seils ; U s'obstina dans son orgueilleuse inertie.

Les états se réunirent le 5 mai 1789. Necker leur présenta un volumineux rapport, spécieux nu point de vue financier, déplorable au point de vue politique. Au lieu d'indiquer nettement, fermement les vues du gouvernement, il annonça en termes vagues d'excellentes intentions et pour le reste s'en remit à douze cents députés sans aucune expérience, avec beaucoup de préjugés et de passions. Les états, livrés à eux-mêmes, Turent bientôt en rupture ouverte sur l'importante question du vote en commun. Plus d'un mois se passa dans d'interminables discussions qui poussèrent jusqu'à la fureur les passions des partis. Enfin Necker prit une résolution vraiment digue d'un nomme d'État. 11 proposa à Louis XY1 de teuir une séance royale et de s'y porter pour médiateur souverain entre les ordres. Le roi annoncerait que pendant la présente session des états généraux les trois ordres délibéreraient en commun sur toutes les affaires générales, et en chambres séparées lorsqu'il s'agirait de privilèges honorifiques, ou de droits attachés aux terres et aux fiefs; il devait déclarer qu'il n'autoriserait jamais l'établissement d'un corps législatif forme d'une seule chambre, et qu'il se réservait le pouvoir exécutif dans toute sa plénitude, particulièrement en ce qui concernait l'armée. Ce projet, très- bien conçu, fut présenté au roi comme une œuvre démagogique, et le monarque, qui l'avait d'abord bien accueilli, lui fit subir des corrections qui le dénaturèrent. La séance eut lieu le 23 juin sans que Necker y assistât, et produisit l'effet le plus fâcheux. Le tiers état refusa d'obéir aux ordres du roi, qui , étonné d'une résistance inattendue, tomba dans le découragement. Necker, que son absence de la séance faisait regarder comme démissionnaire, fut appelé auprès du roi et de la reine, qui le supplièrent de rester aux affaires. Il y consentit, et <*ut le tort grave de ne pas exiger le renvoi des ministres qui avaient conseillé l'acte du 23 juin. Il se contenta d'obtenir la réunion des troi3 ordres (27 juin). La cour céda, et se promit de prendre une revanche éclatante. Le baron de Breteuil et le maréchal de Bcoglie s'occupèrent activement de rassembler les moyens de comprimer par les aimes la résistance de l'Assemblée. Quand la cour se crut suffisamment forte, elle ne ménagea plus Necker. Le 10 juillet le comte d'Artois l'insulta publiquement, et le 11, à trois heures du soir, il reçut un billet du roi qui lui ordonnait de quitter la France promptement et secrètement. Il élai*- à table lorsqu'on lui remit l'ordre d'exil. « Il lut le message d'un air impassible, continua de s'entretenir librement avec ses convives, et à la fin du dtner, prétextant un mal de tète , il pria madame Necker de l'accompagner à un tour de promenade. Ils montèrent aussitôt en voiture, et ils entraient à Bruxelles que la baronne de Staél ignorait encore les circonstances de la chute et de la fuite

de son père , tant le ministre disgracié avait mis de soin à ne pas devenir une occasion de trouble ! Or Lafayette lui avait fait dire : « Si l'on vous renvoie, trente mille Parisiens vous ramèneront à Versailles (I). « La prédiction de Lafayette se réalisa. La nouvelle du renvoi de Necker, apportée à Paris, le 12 juillet vers midi, excita une insurrection ; le 13 l'Assemblée, nationale déclara que Neeker emportait son estime et ses regrets ; le 14 la Bastille fut prise; le 15, le rappel de Necker fut convenu , et le 20 juillet il reçut à Baie la lettre du roi qui le priait de venir reprendre la direction des affaires. 11 ne se dissimulait pas les difficultés de la tâche, et ce ne fut pas sans tristesse qu'il reprit le chemin de Paris. Un enthousiasme inouï accueillit son retour ; mais ces manifestations ne pouvaient changer en rien la réalité des choses. Necker se retrouvait en présence d'un peuple soulevé , d'une cour effrayée et irritée, d'une assemblée disposée à se saisir de tous les pouvoirs. Le lendemain de son arrivée, il se rendit à l'Assemblée, qui l'accueillit par de bruyants applaudissements. Le jour suivant il alla remercier les Parisiens, et dans une effusion d'imprudente bonté il demanda aux électeurs représentants de la commune une amnistie en faveur des royalistes, Besenval entre autres, compromis dans les derniers événements. Dans l'état d'irritation et de défiance des esprits une pareille mesure était prématurée ; dans tous les cas elle n'aurait dû émaner que du roi et de l'Assemblée nationale. Les électeurs de Paris, dans un élan d'enthousiasme, accordèrent tout, et Necker partit heureux de sa popularité, plus heureux de l'usage qu'il venait d'en faire, croyant la révolution terminée t t prévoyant 'pour la France une ère de liberté, de sagesse et de bonheur. Le rêve fut de courte durée. Les agitateurs l'accusèrent de protéger les ennemis du peuple ; les électeurs, revenant sur leur décret par une interprétation qui l'annulait, déclarèrent qu'ils avaient entendu soustraire les inculpés aux fureurs du peuple et non à l'action de la justice; l'Assemblée confirma cette interprétation. Le roi et la reine, qui avaient beaucoup espéré de son retour, voyant que son influence se bornait à obtenir des acclamations , perdirent toute confiance en lui. Il avait de plus un redoutable ennemi dans Mirabeau, ancien adversaire dont il méprisait trop le caractère et n'estimait pas assez les taients. Dès lors, malgré son titre de pre~ mier ministre des finances (6 août 1789), qui semblait le faire chef du cabinet, il s'effaça de plus en plus, et pour un honnête homme orgueilleux comme lui, être inutile et oublié était le plus cruel supplice. Il s'efforça vainement de lutter coutre la désorganisation qui atteignait te gouvernement et l'ordre social tout entier. Son Influence sur l'Assemblée était presque nulle ; ses efforts et son habileté ne purent remédier à la

(l) l-oub Hlanc, Hist, de ta révolution française, t U.

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détresse publique , ni rétablir les finances épui- ! mécs avec un remarquable talent. Depuis risées S'il parvint à faire adopter par l'assemblée loge de Co/bert, son style s ciait beaucoup perle veto suspensif accordé au roi; si, appuyé rectiorroé. Son livre sur Y Importunez desidm par un éloquent et dédaigneux discours de Mi- ^religieuses, publié en 1788, coolient de belles rabeau , qui présenta l'odieux tableau de la ban- pages; si les doctrines theologiqties en sont un queroute prête à dévorer la Krance, il fit voter peu vagues et semblent placées entre la révélation l'impôt extraordinaire du quart du revenu, il vit, et la religion naturelle , les doctrines morales» contre ses vœux et malgré ses efforts pour s'y sont pures et élevées. Les méditations reiiopposer, les biens du clergé mi* à la di>q>osition gieuses, <lont il vantait avec raison l'efficacité et de l'État; 400 millions hypothéqués sur ces biens; qu'il pratiquait sans doute dans sa retraite de les assignats émis à plusieurs reprises. Il s'op- Coppet , ne l'empêchèrent pas de songer à son

posa .encore , au commencement de septembre 1790, à une nouvelle émission de 500 millions d'assignats; mai* l'Assemblée n'écouta pas ses is,et passa outre. Voyant alors son impuisi , il donna sa démission , qui fut acceptée avec indifférence par la cour et par l'Assemblée ;

retour au pouvoir. Le 18 brumaire lui donna quelque espoir. Il eut en 1 800 une entrevue a*ee le premier consul. Voici ce que l'on lit à ce *met dans les M emoires de Napoléon. « Le premier consul arriva à Genève, le 8 mai 1800. Le fameux Necker, qui était dans cette ville, brigua

et il partit pour la Suisse, le 18 septembre 1790, l'honneur d'être présenté au premier consul de laissant au trésor les deux millions qu'il y avait déposés. Tel était le changement opéré à son égard dans l'opinion publique, que ce ne fut pas sans danger qu'il traversa la France; sa voiture fut même arrêtée à Arcis-sur- Aube , et il fallut un ordre de l'Assemblée nationale pour qu'il lui fût permis de continuer sa route A Vesoul il

counit de nouveaux dangers, et n'échappa qu'a- , obligations du Trésor. Le premier consul fut yee peine aux fureurs do peuple. Exemple frap- i dioc rement satisfait de sa conversation. » Déni pant des vicissitudes humaines et de l'incons- ans après, Necker publiait ses Dernières Vues tance de la popularité ! Vers la tin de septembre, , de politique et de finances , où il proposait a» il s'établit dans sa belle terre de Coppet près da/ premier consul deux plans de gouvernement, l'on Genève. Dans cette retraite il ne sut pas se dé- [ pour une république, l'autre pour une tnoaar-

la république française : il s'entretint une heure avec lui, parla beaucoup du crédit public, de la moralité nécessaire à un ministre des finance*; il laissa percer dans tout son discours le désir et l'espoir d'arriver à la direction des finances de la France , et il ne connaissait pas même de quelle manière on faisait le service avec de*

tacher des souvenirs de cette carrière politique qui avait eu pour lui tant de douceur et d'amertume. L'ouvrage qu'il publia sur son administration en 1791 est une glorification sentimentale de*lui-même, et un gémissement perpétuel sur l'ingratitude des hommes et particulièrement de cette Assemblée qui lui devait l'existence. « Quels moyens on a préfères! dit-il. Tandis qu'avec un peu de retenue dans ses systèmes, avec un peu d'égards envers les opprimés , avec nn peu de ménagement pour les antiques opinions, surtout avec un peu d'amour et de bonté,

chie. Dans ces deux plans il faisait à la liberté une part bien plus granrie que ne le désirait Bonaparte, et le premier consul regarda probablement ces Dernières Vues comme les revts dangereux d'un utopiste. Necker mourut deux ans après ce dernier écrit, dans sa soixante-doalième année. Éminent par une rare réunion de qualités morales et intellectuelles, mais dénué de la force de volonté indispensable à un nomme d'État, Necker eut l'apparence d'un gTand ministre lorsqu'il n'était qu'un grand et honnête financier. Plus tard il fut au-dessous de sa ré-

c'est par des liens de soie qu'on eut conduit au j putation et des circonstances , et malgré son mbonheur toute la France. » — « Quelquefois , ajoute-t-il, au pied de ces montagnes, où l'ingratitude particulière des représentants des communes m'a relégué , et dans les moments où j'entends les vents furieux s'efforcer d'ébranler mon asile , et renverser les arbres dont il est environné, il m'arrive alors peut-être de dire comme le roi Lear : - Souillez, vents impétueux ! livre*- vous à votre fureur; je ne vous accuse point d'ingratitndc ; vous ne me devez point votre existence, vous ne tenez point de mol votre empire! » Son traité Du Pouvoir executif dans les grands États (1797) est une critique judicieuse, mais inutile, de la constitution de 1 791 . Plus tard il critiqua avec une sagacité tout anssi vaine la constitution de 1795. Dans ces divers

écrits, où il prodigue des conseils que personne i m-o- ; — our m ui^xanun r» «* — n'écoutait, on trouve des idées fort sages, expri- 1 des grains; Paris, 1773, in-8*; —

tégrité, sa bienfaisance, son amour du bien public, il perdit rapidement sa popularité; s* chute futprompte et irrémédiable, maisellen'eot rien de tragique, pnisqu'elle lui laissa le bonheur domestique et l'opulence. Sa gloire, soi^nruwment défendue par l'admiration de sa femme, de sa fille et de son petit-fils, est venue jusqu'à nous sans trop de diminution, et ceux même qui le jugent sévèrement ne lui contestent pu d'avoir été un des hommei les meilleurs et le* plus honnêtes de son temps.

On a de Necker : Réponse an M^oir* de M. Fabbé Morellet sur la Compagnie des Indes; Paris, 1769, in-4*; — Éloge de J.-Bnpt Colbert , dUcoîtrs qiti a remporta If PrtT de F Académie française en 1773; Paris, 1771, in-8' ; — Sur la Législation et le Cmmertt

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