ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Nous disions dans l'introduction que Billroth et Rindfleisch ne croyaient pas à l'existence des myomes ; pour eux, ces tumeurs élaient formées par des cellules du tissu conjonctif. Mais aujourd'hui, avec les progrès de l’histologie, on est arrivé à déceler la substance contractile de la fibre-cellule et à montrer qu’elle est une formation musculaire.
Seulement, tous les myomes ne sont pas formés de cellules musculaires typiques. Avant d'arriver à l'état adulte, la cellule musculaire passe par plusieurs stades, depuis la cellule ronde avec protoplasma peu abondant el noyau vésiculaire, jusqu'à la fibre-cellule fusiforme possédant un noyau en bâtonnet, el présentant par la coloration au picro-carmin la teinté rouge acajou caractéristique de la substance contractle.
Avant de rechercher quels sont les éléments de la peau qui peuvent donner naissance à des myomes, disons qu'il peut exister dans la surface cutanée des tumeurs venant des organes voisins el réunis à ceux-C1 par un pédicule plus ou moins long. À l'appui de cette assertion, nous citerons le cas de Marcano (obs. XX),
LAUSTAEE où un myome part des parois du vagin était venu se fixer dans la peau de la grande lèvre. Ce sont ces myomes que l'on à appelés migrateurs.
Les auteurs citent aussi des myomes développés aux dépens de vestiges de cellules qui n'existent pas dans une peau normale.
Tous les autres cas que nous citons ont trait à des tumeurs développées sur place aux dépens d'éléments normaux. Dans les observations VIE, VIII, XI, XII, on les voit nettement en continuité avec les muscles des follicules pileux.
Mais les myomes ne se développent pas exclusivement aux dépens des arrectores pilorum, car comment expliquer la présence de pareilles tumeurs dans la main (cas d'Axel Key, cas de Babès !) (obs. XIX), où les auteurs ne décrivent pas de follicule pileux ?
Nous savons, d'après Besnier, que les myomes dartoïques se développent surtout dans les régions riches en fibres lisses, telles que le mamelon, les bourses, les grandes lèvres, le revêtement cutané de la verge, où on a décrit le dartos, un musele sous-aréolaire, un musele péripénien, et même un musele circulaire lisse du prépuce (Sappey)*. Mais pour n'être pas réunies en un véritable muscle, les fibres lisses n'en existent pas moins dans presque loute l'étendue de la peau, et elles peuvent fort bien donner naissance à des myomes
. Babès. Cas de myome sous-cutané ayant dépassé le volume d'une noix, unique, que portait, depuis son enfance, dans la paume de la main, un jeune homme opéré par le professeur Lumnitzer (Budapest).
? Sappey. Analomue descriptive, {, I,
HONTE (obs. X). Nous pourrions ciler aussi, à ce propos, les tubercules sous-cutanés constitués par des muscles lisses.
Malgré cela, il nous reste encore à expliquer la présence de myomes dans le derme sous-unguéal (obs. XVIII) et dans toutes les régions où les fibres lisses n'existent pas! : paume des mains, plante des pieds. pavillon de l'oreille, paupière, nez, lèvres. Nous en trouvons l’origine dans le tissu musculaire des parois artérielles, et peut-être aussi dans celui des glandes excrétrices el sécrétrices, les glandes sudoripares de préférence.
En effet, dans l'observation IX, les muscles des poils ne sont pas intéressés el la tumeur se continue avec les artères dont la muscularis est très développée.
Dans le cas de myome congénital (obs. XIII), c'est peut-être encore plus net.
La conclusion de ceci est que, partout où il y a du üssu musculaire, on peut s'attendre à trouver des myomes,.
! Sappey, Recherches sur les fibres musculaires lisses de la peau.