‹ Nouvelle correspondanceChapitre 100 sur 188 · A M. LE BARON LEROY, SÉNATEUR , PRÉFET DE LA SEINE-INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

A M. LE BARON LEROY, SÉNATEUR , PRÉFET DE LA SEINE-INFÉRIEURE

Ce u juin 1868.

Monsieur et très aimable collègue,

Il y a en ce moment un prisonnier ou condamné pour délit de presse, ouvrier ou ancien ouvrier, je crois, C... M..., qui, paraît-il, a l'honneur d'être connu de vous. Pour moi, je ne lui connais d'autre défaut que la manie d'écrire un peu à tort et à travers, et aussi de vouloir assister à toutes les séances de l'Académie française. — Or, un homme qui sollicite à ce point des billets d'Académie ne saurait être bien dangereux. Il me demande de vous prier de vouloir bien vous intéresser encore à lui. Il a tout simplement demandé sa grâce.

Laissez-moi, monsieur et cher collègue, profiter de cette occasion pour vous offrir l'hommage de ma haute considération et de mon dévouement.

A UN COMPATRIOTE

Ce i5 juin 1868.

Cher compatriote,

J'ai reçu votre carte de visite si bien remplie. J'y trouve bien des particularités curieuses. Quant à ce qui est de Hugo, je ne crois pas, du tout, qu'il ait lu la parade de Le Sage, ni qu'il en ait eu besoin pour sa Cour des Miracles, "Victor Hugo lisait très peu; et c'est en fouillant dans son imagination, aidée de Sauvai et de Thistorien Pierre Matthieu, qu'il a édifié sa Notre-Dame, Ce n'est donc qu'une rencontre curieuse, et on vous devra de l'avoir remarquée.

Mille amitiés.

Page 1