‹ Nouvelle correspondanceChapitre 106 sur 188 · A M. ERNEST ALLARD · texte numérisé non relu

A M. ERNEST ALLARD

Ce 8 juillet 18G8.

Cher monsieur.

J'ai lu votre morceau. Il y a une pensée élevée, et votre Dernier Faust a pour moi l'avantage que je le comprends, et que la perspective qu'il ouvre n'est pas trop nébuleuse. Mais, à vous parler franc, je ne crois point qu'un tel morceau, trop court, non complété, puisse avoir chance d'être accueilli par la très difficile Revue des Deux Mondes. Les recommandations auprès de ce recueil ne font rien. Le directeur, M. Buloz, plus inflexible h lui seul que Minos, Eaque et Rhadamante, n'insère que ce qui lui convient et ce qu'il croit du goût de ses lecteurs. 11 ne coûterait rien de lui présenter le morceau, mais je vous dis d'avance mon pronostic. — Nous touchons là à une grande difficulté

DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 287 de la vie littéraire: avoir comme les peintres une place où Ton puisse exposer.

Veuillez agréer, cher monsieur, l'assurance de mes sentiments dévoués.

GCXXXIX.

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