‹ Nouvelle correspondanceChapitre 126 sur 188 · A M. ADRIEN DESPREZ, RÉDACTEUR DU JOURNAL LE PROGRÈS, DE LYON · texte numérisé non relu

A M. ADRIEN DESPREZ, RÉDACTEUR DU JOURNAL LE PROGRÈS, DE LYON

Ce il octobre 1868.

Monsieur,

Je ne lis que d'aujourd'hui l'article que vous avez bien voulu consacrer à mon dixième tome des Nouveaux Lundis. J'ai beaucoup à vous remercier, et de votre bienveillance personnelle pour l'auteur, et de la forme sous laquelle vous

DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 309 I lui avez présenté quelques objections. J'en reconnais la justesse pour plus d'une. La vérité est que je suis un peu moins décidé en matière de politique qu'en fait de philosophie. J'ai peine en politique à ne pas faire un peu comme les médecins empiriques qui font, à l'occasion, fléchir les principes absolus. Il serait plus aisé dans une courte conversation de m'expliquer, sinon de me justifier entièrement là-dessus. Mais, encore une fois, monsieur, soyez le bien remercié pour votre obligeant et bienveillant article, et veuillez agréer l'assurance de mes sentiments les plus distingués.

GCLXYI.

A M. l'abbé MOIGNO.

Ce 12 octobre 1868.

Monsieur l'abbé,

J'ai lu avec grand intérêt votre magnifique programme. L'apologétique chrétienne a besoin d'être renouvelée de temps en temps, et vous serez l'apologiste, avec un tel ouvrage, du moment présent et de la circonstance moderne. Cette fois, vous aurez fait le Cosmos universel. J'ai assez traversé dans ma vie très variée et d'égale longueur à la vôtre, de phases analogues bien qu'inférieures, pour me figurer ce que pourra être une telle conception remplie par un homme de science et d'imagination qui sait choisir ses points. En vérité, si j'avais à définir l'esprit de l'homme, je crois que je le ferais en disant : « C'est quelque chose

qui sait se retourner dans tous les sens et qui a réponse à tout. » J'ajoute encore^ en vous lisant, ce mot que vous ne désavouerez pas : « La foi est un don . » Je serai très heureux que vous me fassiez Fhonneur de venir causer de ces choses un matin à une heure. C'est un moment où l'on est plus seul. Je suis moi-même un invalide, et je ne sors que peu.

Veuillez agréer, monsieur l'abbé, l'assurance de mes sentiments respectueux.

GGLXVIL

A M. ERNEST RENAN

Ce -12 octobre 1868.

Mon cher ami,

Je regrette bien de n'avoir pas été chez moi la dernière fois que vous y êtes venu. Je désirerais bien enlever votre assentiment pour décider Michel Lévy à publier un choix de Mélanges du docteur Strauss, que M. Charles Ritter, de Morges, a traduits avec grand soin et qu'il lui a proposé d'éditer. Michel Lévy doit vous consulter à son retour. M. Charles Ritter doit vous consulter aussi pour le choix définitif des morceaux. Quelques pages d'introduction de vous décideraient Lévy, à coup sûr. Quelques-uns de ces morceaux de Strauss que j'ai lus m'ont fait l'effet (si j'ose employer cette (comparaison) de ces pages admirables que vous avez consacrées à la mémoire d'une sœur.

Agréez, cher et savant ami, l'hommage de mes sentiments dévoués, et veuillez offrir mes respects à madame Renan.

DE C.-A. SAINTE-BEUVE

CCLXVIIL

A UN CORRECTEUR DE l' IMPRIME RI E IMPÉRIALE POUR LE JOURNAL DES SAVANTS.

Ce 22 octobre 1868.

Monsieur,

J*ai peine à comprendre la manière de faire de l'Imprimerie impériale. J'ai renvoyé une épreuve lundi matin, en demandant une révision. Je n'ai pas reçu cette révision^ et voilà que, ce soir jeudi, M. Pauthier a l'obligeance de me venir apporter une mise en pages de mon article qu'il a reçue par méprise. Mais je n'y trouve pas l'épreuve première, qui peut seule me permettre de vérifier avec certitude, et sur laquelle j'avais fait d'assez nombreuses additions. Il me faut rattraper tout cela de mémoire. Je vous serai obligé, monsieur, défaire rechercher cette épreuve : mais je vous avoue que je ne suis point habitué, si elle ne se retrouve pas, à donner un bon à tirer dans ces conditions, et je vais écrire à M. Lebrun pour qu'il veuille bien ajourner mon article à un prochain cahier.

Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de ma considération très distinguée.

CGLXIX.

Ce 23 octobre 1868.

Monsieur le directeur Veuillez m'excuser si, sans avoir Thonneur de vous connaître personnellement, je viens réclamer votre bienveillance pour un pauvre homme de mon quartier, Brunet, mécanicien, qui allait être reçu, en qualité de graisseur, dans Tadministration, lorsqu*il a passé à la visite d'usage devant Tun des médecins, M. d'H... Celui-ci, Fentendant tousser à son entrée, et sans même l'examiner. Fa déclaré incapable du service comme atteint de bronchite aiguë. Or, il paraît bien que Fétat de cet homme, qui remonte déjà à deux ans, est simplement un asthme qui ne Fempêchera nullement de faire le service, un service qui se fait en plein air, et c'est pour vous prier, monsieur le directeur, de vouloir bien le soumettre à Fexamen d'un des autres médecins de l'administration, plus humain et plus attentif, que je viens solliciter votre indulgence.

Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de ma haute considération.

A UN CORRECTEUR DE l'iMPR IMÊRlÊ IMPÉRtALÈ POUR LE JOURNAL DES SAVANTS.

Ce 23 octobre 1868.

Monsieur,

Je vous prie d'excuser ce que vous appelez la vivacité 1. Sans nom de destinataire.

DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 313 des termes : je sais tout ce que peut occasionner de retard et même d'embarras la superposition des hiérarchies et Tenchevêtrement des ordres. Je subis les conditions de l'illustre établissement auquel j'ai affaire : je croyais cependant avoir stipulé avec M. Lebrun un peu plus de laisser aller et de communication directe de moi avec l'imprimerie et la correction. Il est si simple de me renvoyer à moi directement ce dont M. Pingard et autres n'ont que faire. Je le redirai à M. Lebrun.

Veuillez encore une fois m'excuser, monsieur, et croire que je ne fais rien qu'en vue de l'exactitude et de la bonne correction.

P.-S. — Je m'aperçois qu'à la page 607, j'ai fait une remarque dont les termes vous paraîtront peut-être encore vifs.: j'y regarderai désormais à deux fois.

A M. HONORÉ SGLAFER^

Ce 24 octobre 1868.

Monsieur,

Je voudrais bien pouvoir venir en aide au bon sens dans un cas comme le vôtre. Évidemment, la commission du colportage, au point de vue moral, n'a rien à faire ici, ni môme au point de vue religieux; car ce que vous dites sur le prône ou sur la danse au village me paraît fort modéré : mais aussi que faites- vous! Vous terminez le volume par

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