‹ Nouvelle correspondanceChapitre 162 sur 188 · A M. CHARPENTIER · texte numérisé non relu

A M. CHARPENTIER

Je sépare l'ami de l'éditeur, et c'est cet ancien ami que je prends pour intermédiaire auprès de mon éditeur même, ne prétendant lui demander que ce qu'il trouvera strictement juste.

Malgré le chiffre élevé du tirage, la rétribution reste infiniment petite, ce qui fait qu'il est permis de mettre en ligne de compte ce qui doit la grossir un peu ^.

J'ai dû revoir toutes les épreuves de ce volume, et c'est un soin assez long. Je l'eusse fait sans doute dans tous les cas et pour moi-même. Il n'est pas moins vrai que tous mes éditeurs ( Garnier, Michel Lévy ) ont l'habitude de me tenir compte de ce travail à chaque réimpression de volume dont ils sont en tout ou en partie propriétaires.

Enfin, je joins à cette sixième édition un appendice des plus curieux qui ne se lit si couramment que parce que j'ai mis beaucoup de temps et de soins à l'assembler, à le digérer, à le rendre facile sans rien modifier toutefois

L II s'agissait de la dernière édition du roman de Volupté.

DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 355 dans les textes, ni sans rien ajouter, mais en y apportant toutefois un certain goût caché dans la manière de présenter, d'extraire et de choisir. Mon éditeur m'a dit à ce propos que cela ne lui ferait pas vendre un exemplaire de plus. J'aime à croire qu'il se trompe, mais je ne puis comprendre qu'un homme d'esprit et qui ne voit pas dans la littérature un pur commerce, puisse invoquer cet ordre d'argument en présence de textes d'une aussi haute valeur littéraire que ceux de Chateaubriand , George Sand, etc.

Mais, encore une fois, je laisse l'ancien ami dire tout cela à mon éditeur, et je lui serre cordialement la main.

GCCXY.

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