A M. BIXIO
Ce samedi.
Mon cher Bixio, Puisque vous êtes en correspondance avec Brizeux, voici, au nom d'André Chénier, ce dont je viens vous prier. Renduel veut en publier une deuxième édition complète. Brizeux avait remarqué, h la première édition complète, qui fut faite très négligemment, des erreurs et inadvertances impardonnables ; il en avait pris note. J'ai dit dans ce
temps la chose à Renduel, qui se Test rappelée et qui voudrait avoir la correction de ces fautes pour les corriger. S'il était propriétaire (tandis qu'il n'est qu'éditeur) de V André Chénier^ il ferait faire une édition annotée avec l'indication des imitations grecques et latines au bas des pages, telle que nous en avons souvent causé avec Brizeux.
Mais, en attendant, le mieux et le possible, c'est d'avoir une édition avec le texte le moins fautif.
Veuillez, à l'occasion, écrire de ceci à Brizeux, s'il vous plaît, et croyez-moi bien
Je présente mon respectueux hommage à madame Bixio.
P,-S. — Il suffirait que Brizeux envoyât sur une page ses principales remarques, s'il ne veut pas entrer dans plus de soins.
A UN CORRECTEUR D ' I M P RI M E R ï E .
Ce 16 janvier.
Je prie qu'on veuille bien transmettre à M. le nouveau correcteur à F encre rouge la petite note que voici.
En le remerciant d'avance de ses bons soins, je fais remarquer qu'il est bien convenu que les corrections en dernière ne portent en aucune façon sur le texte, ni même sur la ponctuation, à part quelques cas très simples ; car
DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 377 la ponctuation fait jusqu'à un certain point partie du style. Il y a aussi quelques majuscules auxquelles je tiens plus qu'on ne le fait dans le courant typographique ordinaire. Toutes les fois que M. le correcteur croira voir une faute, de quelque nature qu'elle soit, je lui serai bien obligé de me la signaler par un point d'interrogation à la marge. Si quelquefois je ne tiens pas compte de sa remarque, je le prie de ne pas voir là dedans un manque d'égards, et de ne pas cesser pour cela de continuer ce genre de bons soins. On est trop heureux d'être averti d'une négligence ou d'une inadvertance, la remarque ne tombât-elle juste qu'une fois sur quatre ou cinq.
Je remercie d'avance de cette sorte de collaboration dont j'apprécie toute Futilité.
P. S. — 11 serait bon d'avoir sous les yeux un précédent volume pour s'y conformer en tout typographiquement, lorsqu'il y a des suites d'articles avec les indications de suite^ de fin, etc.
Yll.