‹ Nouvelle correspondance de C. A. Sainte-Beuve: avec des notes de son dernier secrétaireChapitre 10 sur 185 · À M. LOUIS NOBL · texte numérisé non relu

À M. LOUIS NOBL

Paris, -18 décembre -I8S5.

Monsieur,

Vous n'aviez pas besoin de tant de précautions pour me rappeler un souvenir amical qui ne m*était pas du tout échappé. J'ai souvent demandé de vos nouvelles à Tun de nos amis communs, Bussière, que j'ai l'avantage de connaître par vous, mais qui se plaint lui-même de vous avoir perdu de vue (non de pensée) . J'ai su dans le temps les traverses et les malheurs qui vous étaient arrivés, et j'y ai pris part, appréciant quelle est votre sensibilité et votre qualité morale. Après ces années données à la douleur et

1. Ancien disciple de Victor Hugo en 1830, et qui avait connu Sainte-Beuve chez Je poète des Ortentatex, — devenu plus tard professeur au lycée de Saint-Omer.

à l'abattement, vous faites bien de vous reprendre : à votre âge^ on ne donne pas ainsi sa démission de toute activité dans la vie. Même dans l'isolement et dans la province, il est bien des commerces consolateurs qui sont à votre main. Vous aimez Tétude, la poésie; la lecture seule des Anciens, des philosophes ou poètes, vous serait, j*en suis sûr, d'un grand charme. Entremêlée de quelques lectures modernes, elle redoublerait pour vous de saveur et d'à-propos. La composition reviendrait en son temps, si elle doit revenir. Les vers que vous m'adressez sont purs et sentis ; ils ont Vharmonie d'un cœur qui se plaint ; mais leur intérêt tout particulier, et certaines difficultés d'insertion qui se renouvellent ici chaque fois qu'il est question de vers non signés par un des deux ou trois noms en crédit, font que je ne les proposerais à aucune des deux Revues. Mais continuez, monsieur, et ne vous abandonnez plus. La vie des personnes mêmes qui semblent ou heureuses ou glo* rieuses est, à la bien prendre et à la voir de près, si triste, que celle des personnes malheureuses et opprimées du sort doit se trouver plus égale et plus tolérable.

Vous vous êtes fait, je crois, un peu d'illusion dans le temps sur Hugo, et vous vous en faites dans un sens contraire aujourd'hui. Il n'était pas tel autrefois que l'amitié le rêvait; il n'est pas tel aujourd'hui que certaine rumeur injuste le ferait être. Peu de personnes savent exactement ces choses intimes et vraies des hommes célèbres. Après avoir été plus que personne sous le premier diarme, j'en suis venu à savoir bien le vrai sur ce caractère; je me trouve aussi être du très petit nombre qui sait au juste ce qui «n est de sa vie et des causes qui l'ont mené là. Je

dois vous dire que c'est en ce que tant de gens blâment si haut en lui que je le trouve le moins blâmable. Son plus grand tort est dans Torgueil immense et Tégoïsme infini d'une existence qui ne connaît qu'elle : tout le mal vient de là. Quant aux autres faiblesses^ elles appellent l'indulgence tant qu'elles ne sont que des faiblesses. Mais c'est assez vous parler d'un sujet obscur et qui ne doit pas être un obstacle aux personnes qui, comme vous, l'aiment et lui ont quelque obligation d'autrefois, de lui garder un sentiment affectueux et désintéressé. Nous nous sommes tous fait, en entrant dans la vie, des idoles^ une maîtresse, un poète; nous avons tracé en lettres d'or un idéal d'avenir et comme un programme à l'usage de ces personnes admirées; elles n'ont pas rempli notre programme ; elles vont à leur guise, à notre désappointement. Ne leur en veuillons pas trop de nous être trompés sur elles et de ce qu'elles agissent sans nous consulter.

Agréez, monsieur, l'assurance de mon affectueuse estime.

A JEAN-JAGQUES AMPÈRE.

15 juillet 1888.

Mon cher Ampère,

M. Lenormant m'a donné hier des nouvelles de la colonie de Dieppe et de l'agréable vie que vous y menez, des chants (feux fois divins de Milton que vous y entendez, du travail de chacun (j'ai bien songé au vôtre qui, j'espère,

s*inaugure sous ces belles influences) . Tout cela doit être, en effet, si charmant de près, si enviable et regrettable de loin que, ne pouvant en jouir que par Timagination, je veux du moins y être en quelque chose près de vous, y être mêlé du moins par mon nom prononcé, par un souvenir, et c'est vous que je charge de me rappeler un moment à votre illustre et aimable compagnie. . . B. . . et Fauriel sont les seuls de nos amis que j'aie vus, et nous avons dîné ensemble. Fauriel a déjà imprimé à peu près un volume de son Histoire ^, et il est dans les transes quand il pense aux trois autres volumes qui le menacent encore. B. . . n'a aucune de ces inquiétudes, il sort d'un volume, un autre sera prêt dans quelques jours et deux autres dans un mois; il est dans Paplomb du sage, heureux, et va voyager vers le Rhin. On a songé, à l'Abbaye, pour remplacer Fauriel cette année qui vient (si les trois volumes le tiennent trop), à Quinet, après en avoir, toutefois, déféré à Magnin ; mais il aurait fallu ou il faudrait que Quinet consentît à descendre d* Ahasvérus ou de Bonaparte h un essai de critique, d'histoire littéraire qu'on pût présenter comme échantillon à la Sorbonne, qui agrée les suppléants, et il s'est cabré à cette idée. J'en ai parlé à M. Fauriel, qui craint que, si Quinet ne s'y prête pas, ce ne soit impossible; mais de meilleures influences qui ne cessent de favoriser notre ami errant amèneront peut-être à bon terme ce projet, qui est encore un secret,

Corcelle est venu à Paris l'autre jour. Lui et la famille sont déjà très occupés de la publication des Mémoires du

U Histoire de la Gaule méridionale sous les conquérants ger^ mains.

général Lafayette, qu'on prépare et qui paraîtront dans peu de mois. Mérimée, qui est revenu d'Angleterre et qui achève d'imprimer un Rapport sur tout ce qu'il a visite dans le Midi de la France, repart pour la Bretagne avant peu. Voilà le maigre bulletin d'ici. Mieux vaut vivre comme vous le faites dans cette jolie Dieppe entre l'Océan et le paradis, ramassant des coquillages ou causant par le menu de nos fabuleuses conspirations et de nos comiques évasions. 11 n'y a que la nature, la solitude et l'amitié choisie qui soient sérieuses; le reste n'est qu'une mauvaise plaisanterie, aigre, criarde, desséchante et salissante. Adieu, cher Ampère, replongez-vous dans votre jeunesse, à loisir, ravivant par Part ces émotions qu'on n'a qu'une fois. Encadrez dans votre Rome magnifique ces nuages du Nord qui ont passé sur les âmes de tous les neveux de Werther et de René; réalisez enfin pour tous ce que vous nous avez bien des fois raconté, ou à quelques amis intimes, ou à ces nuages mêmes qu'il faut ressaisir. — M. Ballanche n'est-il pas le plus infatigable promeneur d'entre vous, comme il était ici le plus mondain ? Tâchez qu'il nous donne quelques belles pages ; rappelez-lui que c'est à Dieppe, dans un ci- • metière, je crois^ qu'il a lu, pour la première fois^ cette * Vision d'H^bal que nous relisons. Serrez-lui tendrement la main pour moi< — .Dites à M« de Chateaubriand combien nous sommes assurés que ses ennuis de traduction nous vaudront un nouveau et unique monument; remerciez-le aussi des particulières bontés dont il m'a honoré dans tous ces temps, et dont je demeure si touché. Je le Qirai également pour madame Récamier, qui me fait bien tort quelquefois en paraissant douter de la profonde et respec-

tueuse affeclîon que je dois à cette bonté gracieuse qui fait époque dans la vie; mais non, et c*est un devoir même de cette bonté délicate de ne pas douter de ce qu'elle inspire.

Adieu, cher Ampère ; aimez-moi toujours un peu.

A MADAME PÉLEGRIN.

13 août 1836.

Madame et amie,

•Au moment où je devrais être chez vous à reprendre les douces habitudes auxquelles vous m'avez déjà si bien et si avant établi, je suis tout surpris et mécontent d'être encore ici et d*y devoir rester deux ou trois ours encore. Je me suis laissé charger de petites notes et corrections d'articles pour la Revue des Deux Mondes qui était en détresse et qui paraît lundi. J'ai voulu aussi chercher un livre que je n'avais point trouvé jusqu'ici pour un article que je projette sur madame de la Fayette; je n'ai trouvé ce livre que hier et je veux en prendre extrait avant de repartir. Voilà, madame, mes seules excuses pour n'être point encore de retour auprès de vous et de madame Gaillard et de toute votre paisible et douce maison...

Paris esl tout tranquille et solitaire même. Il n'y a aucun signe politique, et tout ce qui est grave est en Espaçne comme vous pouvez le voir. Mais ce qu'il y avait pu avoir ici d'émotion à Tépoque des fêtes est passé et s'est trouvé être peu fondé...

J'espère, madame, que vous avez repris un peu de bienêtre; il me tarde de me remettre au courant des nouvelles de Précy, des miracles du rebouteur, des conflits des docteurs, etc., etc.; il me tarde surtout de me retrouver près de votre fauteuil à jouir de votre conversation aflfectueuse. J'ai fait, dimanche dernier, cinq lieues à pied jusqu'après le confluent des deux routes. Vers deux heures environ, et commençant k avoir un peu chaud, j'ai rencontré la voiture qui venait de Beaumont, et elle m'a mis à Paris à cinq heures et demie.

A lundi, madame, ou à mardi au plus tard (car, lundi étant fête, je ne sais s'il y aura voiture) . — Offrez bien mes respects à madame Gaillard, à M. Gaillard, et croyezmoi

Votre bien reconnaissant et dévoué.

Ma mère, qui a bien fait quelque chose pour me tenir cette semaine, vous dit mille choses.

À LÀ MÊME

r.c mardi, xi septembre 1836.

Madame et amie,

11 m'en coûte beaucoup d'être ici à vous écrire cette lettre au lieu de vous porter moi-même ce que j'ai à vous dire et de revenir tout aussitôt dans votre douce hospitalité.

Voilà aujourd'hui le premier beau jour de soleil que nous ayons depuis que j'ai quitté Précy ; et je crains qu'il n*en ait été de même pour vous, malgré l'ei^ception habituelle du lieu. Ce froid humide s'est fait sentir à moi, et je suis yéritablement souffrant, sans aucune force, depuis huit jours. Je les ai passés à travailler, faute de mieux, et j'achève en ce moment ce que j 'aurais mieux aimé continuer là-bas.

J*ai vu M. Gaillard hier soir : il avait pris la peine de venir chez ma mère et je le croyais le lendemain à Fontainebleau, suivant ce qu'il m'avait dit, quand je l'ai rencontré le soir avec M. Viguier i, que je croyais en Hollande. 11 avait fait le projet de voir Fontainebleau avec MH. Leclerc et «Hallays : la mort de M. de Jussieu a fait remettre la partie au lendemain. J'espère qu'à son retour nous dînerons avec lui et M. Viguier.

N'hésitez pas, madame, pour vous, pour vos amis, à venir cet hiver, et, comme l'hiver commence tôt cette année, à venir en octobre à Paris et à vous laisser diriger de près et avec suite par vos médecins. Je vous dis cela avec grande conviction.

Je dirai dans deux ou trois jours à M. Gaillard si je partirai Avec lui, ou si je resterai encore un peu de temps avant d'aller jouir près de vous de quelques dernières bonnes heures, de ces heures qu'on n'a point dans Paris, hélas I et il ne m'est point encore arrivé jamais, je crois, d'y rire comme à Précy.

1. Voir sur M. Viguier, Nouveaux LundiSy t. XI, l'article nécrologique qui lui est consacré.

Présentez tous mes respects et amitiés à madame Gaillard, pour qui yoWe Rousseau de Musset-Palhay. A vous, madame, de cœur et de respect.

A M. l'abbé barbe.

Ce i»»- octobre (1836).

Mon cher Barbe,

J'ai été bien contrarié de ce contretemps qui m*a privé de le voir, toi qui venais de si loin. Pourquoi un petit mot d'avance ne m'a-t-il pas prévenu ? Je serais revenu de la campagne un jour plus tôt; nous nous serions remis à cette conversation de l'an dernier. 11 faut désormais venir à Paris dans tes vacances ; ma mère trouvera moyen de te loger, si tu consens à te gêner un peu ; et ce nous serait très doux de t'avoir. J'étais allé aux champs, à une dizaine de lieues, pour me remettre un peu de fraîcheur dans l'esprit et pour y travailler, d'ailleurs, avec un peu de liberté: ce que j'ai fait, autant qu'on le peut dans six semaines. Mon Port-Royal, h quoi je n'ai pas cessé de songer, et dont j'ai de plus en plus mûri la connaissance, n'est pourtant pas, à beaucoup près, terminé. J'ai toujours tant de choses à faire en travers de la principale, tant de nécessité que de caprice. Ainsi j'ai fait à la campagne des vers qui, dans mon idée, sont la mise en train d'un nouveau développement qui me demandera bien une année. Je suis dans l'âge de la production, et je sens qu'il me faut

travailler de toutes mes forces pour réaliser ; car, plus tard, la force diminue , même la pensée demeurant.

Je suis, d'ailleurs, assez triste, mon cher ami, au milieu même d'une vie fort occupée et assez régulière. Humainement, je suis triste de n'avoir pas plus de résultat ni de perspective matérielle de position, de fortune. En effet, je suis, sur ce point, comme au premier jour de mon début ; mon indépendance y gagne, et je sens, de plus en plus, qu'il est bon de voir les hommes, même supérieurs, avec une déférence libre et, autant qu'on le peut, d'égal à égal. Mon ambition, pourtant, et le sentiment de certaines forces inoccupées et sans application me font souffrir. Au reste, c'est encore là un fonds d'inspiration : l'observation s'aiguise à ce rôle, malgré soi contenu. Religieusement et spirituellement, je souffre aussi de l'absence de foi, de règle fixe et de pôle; j'ai le sentiment de ces choses; mais je n'ai pas ces choses mêmes, et bien des raisons s'y opposent. Je m'explique pourquoi je ne les ai pas, j'analyse tout cela ; et, l'analyse faite, je suis plus loin de les avoir. C'est là une souffrance, et qui se redouble de la précédente. Une foi bien fondée serait une guérison à tout. Plus j'y pense, plus (à moins d'un changement divin et d'un rayon) plus donc je ne me crois capable que d'un christianisme, si je l'osais dire, éclectique; choisissant dans le catholicisme, le piétisme, le jansénisme, le martinisme. Mais que faire sous ce grand nuage sans limites ; et comment s'y guider, les jours oii le soleil de Timagi nation ne l'éclairé pas et où tout devient brouillard ? Je sais tout ce qu'on peut m'opposer ; mais, pourtant, je ne me sens pas capable jusqu'ici d'aller sincèrement au delà.

Voilà, mon ami, ce dont il faudrait s'entretenir avec toi ; et puis nous causerions des hommes que je connais trop bien la plupart, pour le malheur de mon enthousiasme. Les ayant abordés presque tous par le côté de Tadmiration et de la louange, je suis allé vite au fond, et je sais, par malheur, toute l'histoire de leur secrète vanité. Cela n'empêche pas, je le sais, qu'ils n'aient grand talent et valeur ; car le propre des choses d'ici-bas est ce mélange, cette contradiction, le faux à côté du vrai, le petit dans le grand, l'un n'empêchant pas l'autre; énigme, raillerie burlesque ou sanglante, qui n'a de solution grave et profonde que dans le christianisme.

Il est aussi des douleurs, une douleur qu'en causant avec toi il me serait difficile de ne pas toucher; je la toucherais seulement, ô mon ami, respectant ta profession grave et scrupuleuse ; je la toucherai pourtant, et tu me le pardonneras, car elle est le fond de mon cœur, et puis la douleur, religieusement gardée, consacre, purifie, expie beaucoup ^ .

À MADAME PÉLE6RIN.

Ce 26 août (i8t7)<

Chère madame, Votre aimable lettre m'est arrfvée quand je quittais Paris,

1. Il y a ici (dans cette fin de lettre) comme un commencement de chapitre de Volupté,

et elle est venue me donner un regret de n'y pouvoir répondre aussitôt, et surtout de la manière qui m'aurait convenu, en me rendant à votre bonne invitation. J'ai passé les deux derniers mois dans une grande réclusion de travail et même de tristesse d'esprit; je croyais bien n'aller nulle part, et déjà les quinze premiers jours de mes vacances s'étaient écoulés dans cette idée, lorsque je me suis trouvé amené à une excursion que je ne comptais pas faire. Toute la disposition de mon temps va s'en ressentir; en retournant dans quelques jours à Paris, je vais retrouver mille petites affaires et occupations accumulées, et cet arriéré, je le crains, me prendra les derniers jours de mes misérables vacances, qui finissent au 15 septembre. Si je pouvais pourtant y rogner quelques jours, ce serait avec un vif plaisir que je reverrais Précy et ses aimables hôtes, et que j'y ressaisirais des souvenirs qui, pour se faire déjà anciens, ne me sont que plus chers et plus présents .

J'ai vu que M. Gaillard avait passé à Paris, et il m'a laissé trace de son passage; mais c'était la veille même de son départ, et je n'ai pu chercher à l'atteindre. Veuillez, chère madame, lui dire mes amitiés, offrir mes affectueux hommages à madame Gaillard, donner un baiser au cher petit *, et recevoir pour vous-même la somme de tout cela et de toute sorte de respects encore que je serais très heureux d'aller vous renouveler de vive voix dans votre aimable et doux pays.

1. M. Jules Gaillard, actuellemeat conseiller général da l'Oise, qui a bien voulu nous communiquer ces lettres.

À LA MÊME

Lausanne, ce 17 mars 1838.

Je suis bien en retard, madame, pour vous remercier de votre si aimable souvenir. C'est que je ne suis plus un homme de loisir, mais monsieur le professeur comme on dit. Je suis fatigué de plus, sans être malade, mais la tête est toute à ce travail inaccoutumé, et il faut faire taire le cœur, qui, d'ailleurs, est assez misérablement saignant. Je vis ici ne voyant personne à la lettre, qu'en masse à mon cours. J'ai eu l'honneur de voir une fois mademoiselle Pauline Gely au commencement de mon séjour : je rencontre plus fréquemment l'actif M. Gely. On avait eu la bonté de m'inviter chez eux à une soirée, mais il m'a fallu refuser. Quand j'ai une fois vociféré mon heure durant, je suis hors d'haleine jusqu'à mon heure du surlendemain. Grâce à tous ces soins, je m'en tirerai. Je ne quitterai pas Lausanne sans avoir acquitté votre petite dette.

Mais vous, madame, comment êtes- vous? où en est votre marche? et madame Gaillard et monsieur, et M. Viguier, et tous? je. n'ose y porter ma pensée; car, si je vivais un peu de ce côté de Paris, je ne tiendrais pas ici, et j'ai encore un long bout de sillon devant moi.

J'ai contracté ici de grandes obligations pour l'accueil et la bienveillance sérieuse et si soutenue. Je ne me flatte pas trop pourtant de ce genre de succès. On est curieux.

on aime assez à se distraire, et^ faute de dislractîon plus vive, Port-Royal durant une heure remplit quelquefois l'objet.

— On dit qu'il y a ici de fort belles dames et qu'il en vient à mon cours. Comme j'ai de mauvais yeux, j'ai le regret de ne pas pouvoir discerner l'une de Tautre. C'est un ensemble rouge et blanc que je vois, et je parle devant...

Veuillez, madame, offrir mes plus vives affections dans le respect k madame Gaillard, à M. Gaillard, et les agréer pour vous-même, et vous dire que ce sera un jour heureux pour moi que celui où je me retrouverai à Précy, près de vous qui cheminerez enfin, sinon bien vite, dans quelque allée du jardin.

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