A M. DURUY
Ce 28 juillet 1868.
Monsieur et cher ministre^
Je le sais d'avance, vous êtes assiégé, harcelé de demandes à cette approche du 15 août : ce n'est qu'en tremblant que
je viens ajouter une recommandation en faveur d'un écrivain du Moniteur^ M. Octave Lacroix, qui a été mon secrétaire pendant des années. Homme d*esprit, il écrit agréablement en vers et en prose, et il a même autrefois fait représenter une jolie bluette en vers au Théâtre-Français. Cela ne gâte rien à ses titres de rédacteur orditiaire du Moniteur,
Veuillez agréer, monsieur et cher ministre, l'hommage de mon respectueux dévouement.
À M. PRÊVOST-PARADOL.
Ce 30 juillet i868.
Cher et aimable confrère,
Il y a longtemps que je vous aurais remercié pour la lecture de votre beaulet savant livre i, si je n'avais été presque continuellement soufiFrant. Je l'ai lu, médité, — relu par parties ; j'ai goCité cette fermeté sobre dans l'élégance, cette force dans l'atticisme. '
Pins d'un chapitre m'a frappé (toute politique à part et indépendamment do l'opinion que je puis avoir) par sa philosophie et par son élévation. Le chapitre sur la guerre est de ceux-là, et votre raison, en ces matières sévères, continue de ne marcher qu'avec une certaine grâce : elle ne saurait s'en séparer.
Les considérations historiques seraient matière à débats et à disputes sans fin. Votre portrait de Napoléon l^^ n'est
1« La France Nouvelle.
pas si éloigné de Tidée que je m'étais faite du grand homme en de certains jours : Texpression en est originale et vous restera en propre.
Vous savez que je ne regrette pas autant que vous que certains régimes qui n'ont pas su vivre soient tombés. Trop de Louis XVI aurait à la fin moutonné et encotonné la France : il est vrai qu'elle a été terriblement remuée et dantonisée en revanche! Qui pourrait savoir, aprè^ coup, la juste mesure de ce qu'il aurait fallu?
Mais tout cela est bien ingénieux, modéré de forme, piquant d'aiguillon et calculé juste à point pour ne pas faire cabrer même des Athéniens, si tant est que nous le soyons encore.
Tout à vous.
CO 31 joillet 1868.
Monsieur *,
Me permettrez- vous de venir vous recommander particulièrement un employé du bureau de M. L..., M. À... G..., pour lequel M. Delebecque m'a bien voulu promettre sa bienveillance?
11 s'agirait, pour M. G..., de rentrer régulièrement dans l'administration à laquelle il avait appartenu précédemment. C'est sous les auspices de M. Jousselin, inspecteur à Lyon, qu'il lui a été possible de remettre un pied dans les bureaux; mais il n'est pas commissionné; il aspire à l'être. Il est plein de bonne volonté, père de famille, dans une