‹ Nouvelle correspondance de C. A. Sainte-Beuve: avec des notes de son dernier secrétaireChapitre 164 sur 185 · DE NANCY · texte numérisé non relu

DE NANCY

Ce 12 août 1860.

Cher monsieur.

Je serais impardonnable si je tardais plus longtemps à vous remercier de votre excellente et substantielle lettre qui répond à tout sur Virgile. La plupart des choses que vous voulez bien me dire, je les reconnais et serais bien mal venu à les contester. Je ne doute pas que, si un homme de goût et d'érudition possédait dans son cabinet les trois ou quatre principaux manuscrits de Virgile, qu'il y revînt sans cesse à bâtons rompus et à l'occasion, il ne lui vînt toujours à l'esprit quelque petit perfectionnement possible de texte *. Ce qu'il me semble seulement, c'est que, dans

1. Enéide, VI, 852. M. Benoist était d'avis, qu'au milieu de Tuniverselic enquête dont l'Anliquité latine est Tobjet depuis près de quatre siècles et avec les grands progrès qu'a faits l'étude du latin depuis une trentaine d'années, surtout en Allemagne, les textes des Anciens n'ont encora rien de définitivement assis. Il reconnaissait avec Sainte-Beuve que les manuscrits de Virgile ont à peu près livré leur dernier mot; mais il pensait, et Sainte- Beuve admettait que, pour l'orthographe, les antiquités, le choix entre les diverses variantes, et surtout l'interprétation, la carrière était loin d'être fermée à de nouveaux progrès. (Voir ïlniroduction des deux premiers volumes de Virgile.) (G. L.)

l'état de choses il y a une espèce de limite, passé laquelle il n'y a plus que bien peu à espérer. Ainsi Ribbeck luimême me paraît quelquefois excéder ; dans le beau passage, par exemple: Excndent aW»..., son cedo, corAme vous le faites remarquer, est une intéressante variante ; mais quel plaisir trouve-t-il à mettre : hwc tihi erunt artes ! C'est ce que j'appelle excéder. Mais je balbutie ce qu'il faut apprendre sans cesse et ce que vous savez : je ne veux, cette fois, que vous dire combien je vous suis obligé et reconnaissant. Tout à vous.

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