A M. MO BEL
Ce iO octobre 1835.
Monsieur,
J*ai depuis longtemps à vous remercier, vous ei messieurs vos collaborateurs, pour la bienveillance si parfaite avec laquelle j'ai été traité dans la Revue Française, J'ai déjà remercié M. Chasles; mais croyez que je suis on ne saurait plus sensible à Tindulgence que vous tous, jeunes gens, me témoignez en accueillant de la sorte mon nom et en me traitant en confrère qui n'a eu que le malheur, que je sens trop, d'avoir été jeune moi-même, il y a vingt-cinq ans. Je répare cela autant que je le puis par mes sentiments et par mon gocLt bien sincère pour la poésie et pour les jeunes talents qui en cueillent aujourd'hui les fleurs.
Agréez, je vous prie, l'expression de ma gratitude et de ma sympathie.
A M. NICOLAS MARTIN
Ce 6 juillet 1856.
MoQ cher poète de la Maison des Champs,
J'étais dans un accès de prose quand votre aimable sou* venir est venu : ce n'est qu'après l'accès passé et l'article hebdomadaire produit que je puis vous répondre et vous dire merci. Il n'y a rien de doux comme de se souvenir poétiquement d'une émotion passée et d'un tableau qui s'est gravé en vous, et de s'en souvenir dans un lieu qui est lui-même un cadre habituel de poésie et de bonheur. Vous savez réunir toutes ces conditions charmantes: vous avez porté dans notre vie française, si affairée et si sujette au bruit et à la poussière, quelque chose de la fraîcheur et de la calme félicité allemandes. Votre poésie fait partie des fleurs de votre journée et de vos joies domestiques. Merci encore de votre attention amicale et de l'aimable et riante perspective que vous m'ouvrez avec votre gracieuse campagne dans votre ermitage de Chéry : il y a donc des heureux.
Tout à vous.