A M. RAULIN
Ce mercredi, 20 juin iSII.
Mon cher ami,
Je reçois votre lettre trop tard ; elle est arrivée hier soir chez ma mère à six heures, et j'étais déjà sorti de dîner pour faire l'article, de sorte qu'on ne me l'a apportée que ce matin. J'y vois que j'ai été bien malheureusement inspiré de toucher précisément avec trop peu de révérence ce qu'il m'aurait été aisé de ménager, et agréable, je vous
1. Il s'agit Ici des remparts de Boulogne, et d'un souvenir es3ei)tiellcment Iqcal,
DE C.-A. SAINtE-BEtIVE. 21
assure, vous m'en priant. Au fond, je n'ai atteint, en rien de sérieux, le noble abbé^ que je tiens pour très honnête homme et digne de toute estime, mais peu estimé assurément. S'il a contresigné les Chartes, il n'en a nullement compris les conditions : il y a une certaine loi d'avril J8i4 contre la presse qui est absurde et de lui. Au reste..., ' l'a assez bien traité. Mais tout ceci est racheté par ma maladresse que je vous prie de me pardonner et d'atténuer, si vous le pouvez, auprès de la personne qui a dû en être choquée. Tout à vous.
À M. EMILE SOUVËSTRE, À BREST.
6 septembre 183B.
Monsieur,
Je n'avais pas attendu votre lettre pour insister auprès de M. fiuloz, directeur de la Revue des Deux Mondes, pour qu'il lût votre article et me promît de l'insérer. Ses occu*pations l'avaient empêché de le lire jusqu'à ces derniers jours ; mais il vient de me dire que l'article lui convenait
1. L'abbé de Montesquiou, mort en cette même année (1832), et remplacé à l'Académie française par M^ Étieûne Jay. On peut lire, au tome II des Premiers Lundis (recueillis pour la première fois en volumes en 1875), l'article du National , consacré à la séiance où M. Etienne Jay, reçu de l'Académie, fit l^éloge de Tabbé de Montesquiou. —Cet article est daté, comme cette le Itret du 20 juin 1832.