‹ Nouvelle description de l'Oberland bernois à l'usage des voyageursChapitre 2 sur 17 · INSTRUCTION PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION PRÉLIMINAIRE

Le cadre de^cet ouTrage, qui ne doit renfermer que VOherland bernois, ne nous permet pas de le dépasser. Nous y resserrant donc nous devons nous borner aux avis que nous croyons utiles au voyageur qui veut visiter cette région montueuse.

Cependant y comme les rapports do cette contrée sont subordonnés à des lois et à des usages généralement observés en Suisse y nous croyons devoir les faire connaitre à l'étranger, autant pour lui épargner des désagréments, que pour le faciliter dans ses courses. Tels s<Hit, entre autres, les poids et mesures, le cours des espèces monnayées, les moyens de transport, etc.

Jusqu'au premier janvier de cette année, 1838, les mesures linéaires en Suisse étaient calculées sur le pied de Berne, qui se divisait en 12 pouces, et toutes les distances indiquées dans cet ouvrage, sont calculées d'après cette échelle, tandis que les hauteurs le sont sur le pied de France dit pied de roi. Aujourd'hui une nouvelle mesure, uniforme pour la Suisse, a été adoptée par la plupart des cantons. C'est le pied misse, qui est divisé en 10 pouces et celui-ci en 10 lignes; son rapport avec l'ancien pied est assez exactement de 87 pieds suisses pour 89 pieds de Berne, soit de 13 pieds suisses pour 12 pieds de France ou pour 39 décimètres.

La lieue de Berne est comptée à 18,000 pieds, et la nouvelle lieu suisse à 16,000; le rapport entre elles est de

«in

mais Pabug a raccessivement introduit celles des autres cantons, bien qu'elles soyent de moindre aloi et prohibées.

On parle encore par. fois dans TOberland bernois de la Krone (couronne),, monnaie imaginaire, dans laquelle on stipulait, les ti:an$actioos notariales; elle est comptée pour 25 batz.

Le rapp<Mrt exact de la parité de largent de France à celui de la Suisse- est de 100 francs de France pour 67^2 firancs suisses.

Nous n'entrerons pas dans de longs détails sur la ma* nière de voyager dans l'Oberland. H suffit de faire connaître qu'on peut aujourd'hui se rendre avec toute voiture de Berne à Interlachen, et que Tadministration des postes donne place dans les diligences qui parcourent régulièrement les routes qui y conduisent. Dans les mois d'été , le beau bateau à vapeur, le Bellevue, fait un service régulier, tous les jours , depuis Thoune au Neiihaus , situé au bord supérieur du lac, où sont constamment stationnés des cabriolets et des chars-à-banc, qui mènent le voyageur, avec célérité, dans tel lieu qu'il veut Outre ces moyens de transport régulier, on trouve toujours des voitures à louer soit à Berne soit à Thoune, et, dans cette dernière ville, on peut aussi se procurer des bateaux particuliers pour remonter le lac. Un tarif régulatif; par n ombre de rames , fixe le prix de ces bateaux ainsi que des cabriolets. Les prix des places dans les difigenees et dans le bateau à vapeur sont très-modiques.

Les voyageurs qui n'auront point engagé de guide à Berne ou à Thoune, en trouveront de très-bons à Unterséen et à Interlachen. En s'adressant à l'aubergiste où Ton est logé, on est sûr d'être bien servi. Ces guides, qui connaissent tous les chemins, ont successivement acquis des connaissances exactes sur la topographie du pays. Il y en a qui parlent plusieurs langues, et qui ont quelques notions de la minéralogie et de la géognosie. Us sont généralement complaisants envers le voyageur qui les traite bien, et lui servent d'interprété auprès des habitans du

pays> qui smiYent ne conlpreiment pfets le langage de Té^ traùger.

Parmi le nombre nous nonàmerons Jean Hery^ Stliri, Haldimann, Tsclïanz frères » Michel frères, Boss frères, Ritter, Schleppi, etc.; ce sont des hommes de toute confiance.

Les guides ne se chargent pas du bagage. (Test la tâche des porteurs, qui appartiennent, pour la plupart, â une classe peu instruite. On' aurait tort de se fier à leurs connaissances topographiques qui souveut ne dépassent pas le village d'où ils sortent.

La meilleure saison pour visiter les montagne^ est, sans contredit, Tété. Il est des années où les- derniers jours da mois de mai et le mois de septembre offrent un temps agréable et très-propice pour parcourir les régions pea élevées. Les pâturages du premier plan sont alors émaillés de fleurs, et peuplés de nombreux troupeaux. Hais» à tout prendre, ce sont les mois de juin^ de juillet et d'août qiii sont les seuls propres pour entreprendre la course dans les glaciers et pour jouir du spectacle des cascades, alors particulièrement riches d'eau, et dans leur plus' brillant effet

Les plaintes que Tétranger fait parfois sur les exigences prétendues outrées des aubergistes dans les montagiaes, sont le plus souvent mal fondées. Il est évident que dans les régions élevées qui ne inroduisent ni céréales ni légumes, on ne peut se procurer les aliments de rhonune qu'en les y faisant arriver à grands frais, et il ne peut échapper à personne que Tarrangement et l'ameublement d'appartements commodes, tels qu'on les offre aujourd'hui au voyageur, ont* nécessité de grandes dépenses. En pesant ces points , et en refléchissant quç les personnes qui viennent servir l'étranger dans des lieux isolés, n'ont que trois ou quatre mois pour récolter les besoins de toute une année pour une famille, que souvent ils abandonnent, on comprendra facilement que les prix qu'on exige ne Sont réellement pas exagérés, et ne peuvent point être comparés à

da matîii est particulièrement à mettre à pT(At dans les vallons y où la chaleur concentrée devient souvent accablante.

n faut traverser la neige et la glace avant que les ray<ms du soleil en ajent amolli la superficie. Qu'on se garde- surtout d'entreprendre ces passages par un temps de dégel.

n ne faut jamais se bazarder sur un glacier après la tombée d'une nouvelle neigjB qui» souvent , recouvre des crevasses dangereuses. Il est en général prudent de ne les aborder, que muni de perches, de cordes , de crampons» etc. Un voile de gaze verte ou noire est bienfaisant pour lœil, qui souflOre par fois de la réverbération du soleil sur la neige.

Il convient de ne pas* trop s'éloigner soit du guide soit de la société avec laquelle on voyage. On se fourvoyé aisément» et Pon gravit souvent une hauteur dont on a peine à redescendre.

Dans les montagnes, Tœil est singulièrement, trompé» Souvent un point qu'on s'imagine pouvcûr atteindre dans peu de minutes» est en réalité éloigné de plus d'une lieue. Qu'on se garde d'y aller sans être assuré de la véritable distance.

En se conformant à ces rensi^gnements généraux» nous croyons le voyageur suffisamment instruit sur les préparatifs et les précautions à prendre pour le voyage dans l'Oberland bernois. Les guides suppléeront consciencieusement sur tous les points d*un détail plus eirconstancié.

Digjtized by

Page 1