‹ Nouvelle description de StrasbourgChapitre 18 sur 89 · INTÉRIEUR DE LA CATHÉDRALE · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR DE LA CATHÉDRALE

En entrant pour la première fois dans l’intérieur de cet édifice , on éprouve une sensation difficile à décrire : cette immense basilique , ces voûtes en ogives que soutiennent d’énormes colonnes, ce demi-jour reflété à travers des vitraux colorés, ce si-

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lence religieux , interrompu seulement par les prières des fidèles, saisissent l’âme de respect et d’admiration.

Depuis le portail jusqu'au chœur, dixhuit colonnes gothiques supportent l’édifice dans sa longueur, et partagent la nef des deux latéraux. La circonférence de la plus massive de ces colonnes est de soixantedouze pieds deux pouces et demi , et celle de la plus déliée est de vingt-neuf pieds huit pouces et demi. La longueur de la nef est de deux cent quarante-quatre pieds de Strasbourg , et celle du chœur de cent onze pieds six lignes : ce qui porte la longueur totale de l’intérieur à trois cent cinquantecinq pieds six lignes. La largeur de la nef est de cent trente-deux pieds, celle du chœur de soixante-sept. Les fenêtres sont tellement grandes qu’on a été obligé d’avoir recours à des arcs-boutants pour soutenir le poids des voûtes.

Les diverses peintures qui embellissent les vitraux, datent du quatorzième siècle,

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et sont dues en partie à Jean de Kirchheim ; celles qui se trouvent dans la galerie du haut de la nef représentent les soixantequatorze ancêtres de Jésus-Christ, tels que saint Luc les rapporte dans son Évangile. Au-dessus de la galerie sont peints plusieurs vierges et martyrs.

La fenêtre au-dessus de la sacristie du séminaire représente saint Christophe dans une stature colossale.

Les douze Apôtres, sainte Marthe et sainte Marie- Madeleine sont peints dans la chapelle de Sainte-Catherine.

Depuis cette chapelle jusqu’au portail du bas-côté méridional , sont six rangées de fenêtres qui ont chacune seize panneaux. Les quatre premières représentent les principaux mystères de la religion chrétienne, les miracles de Jésus-Christ et plusieurs autres traits tirés du Nouveau Testament; la cinquième dépeint le jugement dernier et la séparation des bons d’avec les méchants. Sur la sixième , Jésus-Christ est

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représenté dans sa gloire, environné des élus.

Au-dessus de la sacristie des chanoines, on voit Jésus-Christ et saint Laurent. La sainte Vierge et saint Jean sont peints à la fenêtre voisine.

Depuis la chapelle de Saint-Laurent jusqu’au portail du bas-côté septentrional , sont aussi six rangées de fenêtres. La première représente les trois Rois qui vont offrir leurs présents à l’enfant Jésus ; la figure de la sainte Vierge , qui le tient entre ses bras , est un ouvrage moderne , peint en 1756 par Jean-Daniel Dannegger. Les quatre rangées suivantes représentent plusieurs rois et empereurs qui ont été la plupart des bienfaiteurs de la cathédrale : au second rang se voient Henri III , Henri IV, Philippe et Frédéric II ; au troisième , Pépin , Charlemagne , Louis-le-Débonnaire et Charles-le-Chauve ; au quatrième, l’empereur Lothaire , et ses trois fils , Louis , Lothaire et Charles ; au cin-

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quième , Henri Ier , Henri II et Frédéric Ier ; le sixième rang contient sept différents traits tirés des sept premiers livres de la Genèse. On voyait encore au commencement du seizième siècle, sur les vitraux à l’entrée de la cathédrale , une peinture représentant Widerold , évêque de Strasbourg, environné de rats et de souris. La légende de sainte Attale dit que ce prélat, qui mourut en 999, fut dévoré par ces animaux , pour avoir voulu faire enlever de l’église de Sainte-Étienne les reliques de cette abbesse.

On remarquait autrefois, sur la première colonne à droite de la nef, l’épitaphe de Turenne , gravée sur marbre.

La longueur de chaque latéral est de trois cent treize pieds quatre pouces six lignes ; leur architecture porte l’empreinte d’une antiquité un peu plus reculée que celle de la nef.

Dans le latéral septentrional , au-dessus de l’entrée de l’ancienne chapelle de Saint-

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Jean-Baptiste , sont deux grands tableaux noirs en forme d’arcs , sur lesquels sont écrits en lettres d’or les dix commandements de Dieu.

On remarquera dans le latéral opposé un pilier auquel sont adaptées un grand nombre de sculptures. Ce pilier passe pour un des chefs-d’œuvre de l’intérieur de cet édifice.

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